YEN
Salles de jour.
Prémontré
Sainte-Catherine
Saint-Lizier
Rodez . .
Saint-Pierre
Aix
Breuty
Lafond
Bourges
La Chartreuse
Evreux
Bonneval
Saint-Athanase
Braequeville
Gers
Auch .*
Gironde
Bordeaux
id
Cadillac
Saint-Méen
Isère
Saint-Robert
Dôle
Blois
Lozère
Saint-Alban
Maine-et-Loire
Saint-Gemmes
Marne
Châlons
Marne (Hante-)
Saint-Dizier
Mayenne
La Roche-Gandon
Meurthe-et-Moselle
Maréville
Meuse
Fains
Morbihan
Lesvellec
Nièvre
La Charité
Nord
Aruientières
Bailleul
Oise
Clermont
Orne
Alençon
Pas-de-Calais
Saint-Venant
Pyrénées (Basses-)
Pau
Rhéne
Brou
Sarthe
Le Mans
Savoie
Bassens
Seine
Sainte-Anne
Id
Ville-Evrard
Id
Vaucluse
Id
Villejuif
Seine-Inférieure
Saint-You
Id
Quatre-Mares
Somme
Var
Vaucluse
Mont.devergues
Vendée
la Roche-sur-Yon
Vienne (Haute-)
Limoges
Yonne . . !
Auxerre
Quelques chiffres du premier tableau n’ont pas une valeur certaine, soit que les directeurs qui nous les ont fournis n’aient pas compris les éléments de l’enquête que nous entreprenions, soit pour d’autres motifs. Même
manque quelques chiffres qui ne seraient pas peut-être les moins intéressants à connaître.
Le second tableau donne le cube d’air moyen par malade dans chaque établissement et tel que l’encombrement l’a fait à la date du 1er janvier 1892. On y trouve pour les dortoirs quelques chiffres navrants : 19 mètres (Prémontré, Saint-Robert, Alençon, Vaucluse) ; — 18 mètres (Saint-Méen, La Roche-Gandon, La Charité, La Roche-sur-Yon); — 17 mètres (Rlois, Saint-Alban) ; — 16 mètres (Limoges) ; — 12m50 (Rodez) ;
12 mètres (Pau).
Pour les infirmeries; les moyennes sont généralement plus élevées. Toutefois, Alençon n’a en moyenne que 11 mètres cubes pour les malades de ses infirmeries. Rodez n’a que 18 mètres et Saint-Alban 19.
Le cube d’air des salles de jour est réduit à un chiffre tout à fait insuffisant, dans la plupart des établissements, il n’est pas rare qu’il ne soit que de 5 à 6 mètres (Lafond,.Saint-Athanase, Dole, Mareville, Rron, Sainte-Anne, Ville-Evrard), et même qu’il descende à 4 mètres (Vaucluse, Villejuif, Saint-Méen).
Mais ces chiffres, encore une fois, sont des moyennes et ne suffisent pas à caractériser l’encombrement des asiles dont certains dortoirs sont beaucoup plus envahis que d’autres par des lits supplémentaires et dont les cubes minima sont ainsi plus insuffisants encore.
Certains établissements dont le cube moyen paraît à la rigueur acceptable, au moins par comparaison, ont des dortoirs qui cubent par lit 16 mètres (Ville-Evrard) ; — 13 mètres (Vaucluse, Toulouse); — llm85 (Saint-Alban) ; — 9 mètres (Rennes, La Roche-Gandon, Rodez, Alençon) ; — 8 mètres 6 (Limoges).
Le cube de certains dortoirs d’infirmerie descend à des minima de 15 mètres (Vaucluse) ; 14 mètres 85 (Rodez) : 9 mètres (Alençon).
Quant aux salles de jour, certaines ne donnent par malade que 4 mètres (Rourges, La Charité, Saint-Alban) ; — 3 mètres 64 (Vaucluse et Rodez) ; — 3 mètres (Ville-Evrard, Villejuif, Dole).
Il n’y aurait qu’un moyen efficace de rémédier à cet encombrement, ce serait que les asiles eussent les ressources nécessaires pour s’agrandir. Il leur suffirait pour cela de recevoir des départements un prix de journée égal au prix de revient d’une journée d’aliéné dans chaque asile d’après le compte moral.
Il est loin d’en être ainsi. Pour ne citer que quelques exemples : le prix de revient de la journée d’aliéné à l’asile de Rodez étant de 1 fr., le département de l’Aveyron ne lui paie que 0 fr. 90 ; — à l’asile de Saint- Pierre le prix de revient est 1 fr. 71, le prix payé par le département 1 fr. 30; — à Rourges : prix de revient 1 fr. 21, prix payé 1 fr. ; — à Rracqueville, prix de revient 1 fr. 44, prix payé 0 fr. 90 ; — à Mareville : prix de revient 1 fr. 39, prix payé 0 fr. 75 ; -—à Montdevergues : prix de revient 1 fr., prix payé 0 fr. 55.
L’appoint est fait soit par le prix demandé aux départements avec qui ces asiles ont traité, soit par les pensionnaires. Il est évidemment très juste que le revenu que se font les asiles avec leurs pensionnats serve à dégréver le département dans une certaine mesure ; il en va de même de l’excédent des prix de journée demandés aux autres départements ; mais ce qui est tout à fait inacceptable c’est que ces économies soient faites au détriment de l’hygiène des aliénés indigents et que ce soit l’encombrement qui soit la condition de ces économies. Il est désirable qu’on puisse exiger que les asiles ne reçoivent des malades étrangers au département qu’autant qu’ils ont la place nécessaire et sans que le cubage par aliéné dans les dortoirs et les salles de jour puisse descendre audessous d’un minimum à déterminer.
Les économies forcées que font souvent les asiles à cause des prix inférieurs payés par les départements les conduisent à ne faire que des améliorations trop lentes et souvent insuffisantes, à ne pas étendre leur domaine cultural en proportion du nombre des aliénés, à diminuer quelquefois la proportion de viande qui entre dans le régime alimentaire.
Tout cela appelle une réforme et c’est une raison de plus pour nous faire souhaiter qu’on détache de la loi future, qu’on ne votera pas de longtemps sans doute, deux ou trois articles destinés à armer le pouvoir central contre ces regrettables abus que nous signalons ici.
On a voulu chercher un remède à l’encombrement des asiles par la création de colonies à l’instar de celle qui existe depuis si longtemps à Gheel en Belgique. Un essai tenté par le département des Vosges n’a pas été très heureux. Le département de la Seine entreprend en ce moment même un essai de ce genre ; il sera intéressant de le suivre mais il n’y a pas lieu d’en parler encore ni de préjuger le résultat.
Dépenses. — Il existe actuellement en France 112 établissements pour le traitement des aliénés, savoir :
1 Etablissement national (Charenton) ;
51 Asiles publics ;
15 Quartiers d’hospice ;
17 Asiles privés faisant fonction d’asiles publics ;
28 Maisons de santé.
Nous avons dit plus haut qu’au 1er janvier 1889, il existait dans ces établissements 55,713 aliénés ; montrons ici le mouvement des malades pendant Tannée qui précédait, c’est-à-dire en 1888.
Aliénés présents au 1er janvier 1888. ..
Entrés en 1888
Aliénés traités en 1888
Hommes
Femmes
Hommes
Femmes
Hommes
Femmes ......
Aliénés sortis en 1888
Restant au 31 décembre 1888
( Hommes 9.948 ^
I Femmes 8.410 (
| Hommes . 26.080 I
I Femmes 29.633 I
Pendant cette année la proportion pour cent des guérisons à la population totale a été de 4,41.
Enfin indiquons par quelques chiffres la dépense moyenne que les aliénés occasionnent pour l’assistance publique.
La statistique des dépenses d’assistance publique, établie par le ministère pour l’année 1885, considérée comme année moyenne, donne les chiffres suivants en ce qui concerne les aliénés :
Total des dépenses 19 . 753 . 345 fr. 48
Subventions de l’Etat 97 . 083 fr. 45
Contingent des familles. . . 1.403.398 86
Contingent des communes. 5.722.735 51
Produits divers 344.562 62
Total 7. 567. 780 fr. 44
Dépenses restées à la charge du département 12. 185.565 fr. 04
§ II. — Maison nationale «le Charenton.
La Maison nationale de Charenton est le seul de nos établissements nationaux de bienfaisance qui soit affecté au traitement des aliénés.
L’origine de cet établissement remonte à deux siècles. En 1641, Sébastien Leblanc, contrôleur provincial des guerres, fondait, en lacensive de Charenton-Saint-Maurice, un hôpital de 7 lits, sous le titre de Notre- Dame-de-la-Paix. Il en confia le service à des religieux de la Charité de l’ordre de Saint-Jean-de-Dieu, qui s’étaient déjà établis dans un petit fief dit La Rivière et qui, au moyen des donations successives qui leur furent faites par Sébastien Leblanc, ajoutèrent à l’hôpital un pensionnat pour les aliénés.
L’hôpital primitif subsiste encore aujourd’hui comme annexe et est entretenu comme une charge de la fondation.
Jusqu’en 1789 le pensionnat des aliénés resta entre les mains des Frères de Saint-Jean-de-Dieu. On y recevait alors, concurremment, des réclusionnaires placés par ordre du roi en vertu de lettres de cachet. C’était, comme on voit, autant une maison de force qu’une maison de traitement. Supprimé en l’an III, l’établissement était rétabli par arrêté du Directoire exécutif du 27 prairial an Y et placé sous l’autorité immédiate du Ministre de l’Intérieur.
L’établissement actuel a été reconstruit de 1838 à 1845, Esquirol étant médecin de l’établissement ; ou plutôt ce fut à cette époque que fut fait
ALIÉNÉS
le plan général et que fut reconstruit le quartier des hommes. Le quartier des femmes a été réédifié bien plus récemment.
La Maison nationale de Charenton a pour destination spéciale le traitement des personnes des deux sexes atteintes de maladies mentales. — Le quartier affecté aux femmes est entièrement séparé de celui des malades du sexe masculin. - — - Il y a dans cet établissement trois classes de pensions : la première classe est de 1,800 fr. par an; la deuxième de 1,400 fr., et la troisième de 1,000 fr., non compris l’entretien des malades en vêtements, linge de corps, etc., qui reste à la charge des familles ; le blanchissage, le raccommodage du linge, le chauffage et l’éclairage en commun sont compris dans le prix de pension. Les familles peuvent se décharger de l’entretien des malades (linge et vêtements) moyennant un abonnement annuel de 200, 250 ou 300 fr., suivant la classe. — Un certain nombre de bourses et de demi-bourses, payées sur les fonds de l’État, sont à la nomination du Ministre de l’Intérieur. — Tout malade amené par un membre de sa famille ou par un ami peut être admis dans l’établissement, à la charge par la personne qui le présente de produire un certificat de médecin ayant moins de quinze jours de date et constatant son état de maladie mentale. — On doit également produire, autant que possible, son acte de naissance ou de mariage, et, à l’égard des interdits, un extrait du jugement d’interdiction. Les malades sont reçus tous les jours et à toute heure ; ce cas excepté, les familles ne sont admises à parler au directeur, aux médecins et aux malades que les dimanches et jeudis, de midi à quatre heures.
La Maison nationale de Charenton traite en moyenne 610 personnes, savoir : 273 hommes et 337 femmes.
Le tableau suivant indique les dépenses de la maison nationale de Charenton en 1885.
Dépenses ordinaires:
Pesonnel
1 Administratif et médical
J Servant
j Pensions et secours de retraite
Matériel
1 Chauffage et éclairage
I Blanchissage
J Couchage, habillement
j Mobilier
j Entretien
Dépenses diverses
Alimentation . .
I Pain
\ Vin
') Viande
\ Comestible
A reporter
Report 962.990 60
Frais d’infirmerie et de pharmacie 12.251 14
Dépenses diverses 962 76
Dépenses extraordinaires 1.200 »
Total 977.404 50
A déduire la subvention de l’État 66.410 »
Payé avec les ressources propres de l'établissement 910.994 50