OBSERVATIONS
Institution nationale
Etablissement de l’Etat.
Ecole Braille (Saint-Mandé)
Etablissement départemental.
Institution St-Médard, à Soissons..
Id.
Alençon
Etablissement privé.
Angers, rue des Quinconces
Id.
Arras, rue des Augustines
Id.
Bordeaux, rue de Marseille, 61
Id.
Clermont-Ferrand, rue Sainte-Rose.
Grillaud, près Nantes
Id.
Laon
Id.
Larnay, près Poitiers
Lille, 131, rue Royale
Id.
Id.
Lille-Ronchin
Id.
Lyon-Vaise, 49, route de Saint-Cyr.
Lyon , 9, rue des Charpenues (Villeurbane)
Id.
/ Id.
Marseille, Colline Pierre Puget
Id.
Montpellier, rue St-Vincent-de-Paul.
Id.
Nancy, Côte de Toul
Id.
Paris, Sreurs de Saint-Paul
Id.
Paris, Frères de St-Jeau-de-Dieu . .
Id.
Toulouse, rue Montplaisir
Id.
Totaux
Ensemble
Indépendamment de ces établissements qui sont des éooles et réalisent le mode d 'assistance par l'instruction, il en est d’autres qui reçoivent •seulement des adultes et qui sont des asiles où se pratique surtout Y assistance par le travail.
Deux établissements situés à Paris reçoivent l’un 12 et l’autre 25 hommes. Un établissement situé à Limoges reçoit également des hommes au nombre de 6. A Illiers et à Saintes se trouvent des établissements qui reçoivent quelques femmes. Enfin à Marseille un établissement spécial dont nous dirons un mot tout à l’heure reçoit 28 hommes et 14 femmes.
Notons aussi le vieil établissement des Quinze-Vingts dont nous allons parler plus loin.
Dépenses. — Nous relevons dans le tableau ci-après les dépenses faites par les départements en faveur des aveugles, particulièrement
(1) Renseignements pris en 1889.
pour leur entretien ou leur instruction dans des établissements publics ou privés.
DÉPARTEMENT
DÉPENSES
DÉPARTEMENT
DÉPENSES
Ain
Aisne
Allier
Lot
Alpes (Basses-)
Alpes (Hautes-)
Lozère
Alpes- Maritimes
Maine-et-Loire
Ardèche
Manche
Ardenues
Marne
Ariège
Marue (Haute-)
Aube
Mayenne
Aude
Meurthe-et-Moselle
Aveyron
Meuse
Bouches-du-Rhône
Morbihan
Calvados
Nièvre
Cantal
Nord
Charente
Oise
Charente-1 inférieure
Orne
Cher
Pas-de-Calais
Corrèze
Puy-de-Dôme
Corse
Pyrénées (Basses-)
Côte-d'Or
Pyrénées (Hautes-)
Côtes-du-Nord
Pyrénées-Oricu taies
Creuse
Rhin (Haut-) Belfort
Dordogne
Rhône
Doubs
Saône (Haute-)
Drôme
Saône-et-Loire
Eure
Sarthe
Eure-et-Loir
Savoie
Finistère
Savoie (Haute-)
Gard
Seine
Garonne (Haute )
Seine-Iûférieure
Gers
Seine-et-Marne
Seine-et-Oise
Hérault
Sèvres (Deux-)
Tlle-et-Vilaine
Somme
Indre
Tarn
Indre-et-Loire
Tarn-et-Garonne
Var
Jura
Vaucluse
Landes
Vendée
Loir-et.-Cher
Vienne
Vienne (Haute-)
Loire (Haute )
Vosges
Loire-Inférieure
Yonne
Loiret
A reporter
Totaux
Hospice national des Quinze- Vingts. — Cet établissement est le doyen des établissements nationaux. 11 fut, dit-on, fondé en 1260 par saint Louis qui voulut et ordonna par lettres patentes que 300 (16 x 20) aveugles y fussent admis à perpétuité et que ce nombre de 300 fût toujours tenu au somplet. En réalité, il est probable que rétablissement
ASSISTANCES DIVERSES
existait déjà antérieurement et que le monarque ne fit que donner une organisation à une société d’aveugles déjà existante. Mais la légende veut que les 300 premiers aveugles fussent 300 chevaliers qui avaient suivi saint Louis en Palestine et à qui les Sarrazins avaient crevé les yeux ; vue d’aussi loin la légende fait pa'rtie de l’histoire et celle-ci est touchante et digne d’être conservée. Ce qui est tout à fait certain et ce qui se trouve dans une lettre patente de 1269 qui appartient aux riches archives de l’hospice, c’est que, en 1269, saint Louis donnait aux Quinze-Vingts une rente annuelle et perpétuelle de 30 livres parisis « ad opus potagii ».
L’hospice des Quinze-Vingts occupa d’abord un local qui se trouve sur l’emplacement actuel des rues de Beaujolais et de Rohan ; il était alors administré par le grand aumônier du Roi. Ce fut en 1779 qu'il fut transféré dans l’hôtel des Mousquetaires noirs qu’il occupe encore aujourd’hui, 28, rue de Charenton.
Le 22 juillet 1793, la Convention mit, par décret, la maison des Quinze-Vingts sous la surveillance du département de Paris ; des arrêtés du Directoire des 12 nivôse et 27 prairial an V l’ont placée sous la direction et la surveillance immédiates du Ministre de l’Intérieur. Pendant la Restauration une ordonnance du 8 février 1815 remit les Quinze-Vingts sous l’autorité du grand aumônier. Depuis 1830, l’hospice est rentré dans les attributions du ministère de l’Intérieur.
Aujourd’hui, tout en restant fidèle au principe de sa fondation, qui veut que ses revenus soient, avant tout, consacrés au payement de la dépense des 300 pensionnaires internes, l’hospice trouve le moyen de secourir 1,830 aveugles externes, dont 260 reçoivent une pension de 200 fr. ; 470, une de 150 fr. , et 1,100 une de 100 fr. Toutes les nominations, soit à l’internat, soit aux pensions d’externes, sont faites par le Ministre de l’Intérieur. Pour être admis à l’internat, il faut : 1° être Français ; 2° être âgé de 40 ans au moins ; 3° justifier d’une cécité complète et incurable ; 4° établir que l’on est sans moyens suffisants d’existence. Tout aspirant à l’un des secours annuels doit remplir les mêmes conditions, sauf cette différence qu’il peut l’obtenir dès l’àge de 21 ans, mais le grand nombre de candidats ne permet pas de secourir des aveugles âgés de moins de 30 ans.
Les pensionnaires internes appartiennent à l’un ou l’autre sexe. Chacun peut occuper, avec sa famille, un logement particulier et, ils reçoivent à titre gratuit une distribution quotidienne de 625 grammes de pain à laquelle s’ajoute un secours journalier de 1 fr. 50. Cette rétribution en argent peut se trouver augmentée si l’aveugle est marié ou s’il a des enfants au-dessous de 14 ans. Les femmes d’aveugles reçoivent un secours de 0 fr. 30 par jour quel que soit leur âge ; les maris d’aveugles ne touchent ce secours qu’à partir de soixante ans. Chaque enfant de moins de 14 ans reçoit un secours de 0 fr. 15 centimes par jour. Il est mis en apprentissage par les soins de l’administration. Les enfants du
sexe masculin doivent avoir quitté l’hospice à 15 ans et les filles à 21 ans.
A l’hospice national est annexé, depuis 1880, une clinique ophtalmologique ayant pour but d’assurer gratuitement le traitement préventif aux personnes indigentes menacées de cécité. Un certain nombre de malades dont l’affection nécessite des soins spéciaux sont hospitalisés pendant la durée du traitement. Les autres sont admis à la consultation qui a lieu, tous les jours, de midi à deux heures.
La première pierre de la clinique a été posée le 9 mai 1880.
La Clinique ophtalmologique comprend un certain nombre de services annexes, des salles d’attente, de clinique, de réfraction, d’opérations, un laboratoire d’histologie, une bibliothèque spéciale, six salles contenant 25 lits en tout, un logement pour l’interne, un service odontologique.
Par un règlement d’avril 1880, M. le Ministre de l’Intérieur a résolu de recevoir gratuitement à la Clinique de cet hospice les malades de toute la France; l’accueil empressé que toutes les compagnies de chemins de fer ont fait à une circulaire ministérielle en date du 22 décembre 1881, permet au malade le plus pauvre de frapper à cette porte, puisque, sur la seule présentation de son titre d’admission, il lui est délivré au retour un billet de parcours gratuit.
Afin de montrer toute l’organisation de ce service tout nouveau en France, nous reproduisons le bordereau suivant des pièces à fournir à l’appui de toute demande d’admission à la Clinique nationale ophtalmologique desQuinze-Vingts :
Tout malade à diriger sur la Clinique nationale devra, par les soins du maire de sa commune, transmettre au directeur de l’hospice national des Quinze-Vingts, sous le couvert de M. le Ministre de l’Intérieur :
1° Une demande indiquant ses nom, prénoms, âge et profession.
2° Un certificat d’un docteur en médecine désigné par le maire de la commune, attestant l’état d’intégrité absolue ou relative des membranes profondes de l’œil et donnant aussi exactement que possible le diagnostic delà maladie. Ce certificat devra contenir en outre les renseignements relatifs à l’influence héréditaire.
3° Un certificat d’indigence délivré parle maire de la commune et dûment légalisé.
Et s’il est opérable, il recevra du directeur un titre qui lui permettra d’obtenir sur tous les chemins de fer le parcours gratuit ou à demi-place.
Quand nous avons fait le rapport sur les opérations du jury de la classe 64, nous avons établi un tableau indiquant, année par année, la statistique médicale de cette importante clinique.
Nous ne donnerons ici que les résultats totaux : — 11 a été hospitalisé à la Clinique Nationale, du 15 décembre 1880 au 31 décembre 1889, 7,963 malades. Dans le même temps il a été admis à la consultation externe 85,311 malades auxquels ont été donnés 365,433 consultations.
ASSISTANCES DIVERSES
Dépenses. — Le tableau suivant indique les dépenses de l’Hospice National des Quinze-Vingts pendant une année normale (1).
Dépenses ordinaires :
Administration des biens et revenus de l’établissement
Î Administratif et médical
Servant
Pensions et secours de retraite. . .
Chauffage et éclairage. . ,
Blanchissage
Habillement et lingerie
Mobilier
Entretien des bâtiments Dépenses diverses
IPain
Viande.. .
Comestible
Matériel.
Frais d’infirmerie et de pharmacie
Secours viagers aux aveugles externes. .
Secours distribués aux aveugles internes.
Dépenses diverses
Dépenses extraordinaires...
Total