CAISSE
Payement des mandats ; perception des revenus ; réalisation des cautionnements ; inscriptions hypothécaires.
La population secourue annuellement par l’administration générale de l’Assistance publique à Paris peut être évaluée à 406,213 personnes,
savoir (1) :
Malades traités dans les hôpitaux (11,739 lits) 137.900
Infirmes ou vieillards entretenus dans les hospices, maisons de retraite
et fondations (10,444 lits) 12.441
Enfants placés en dépôt ;604 lits) 8.000
Aliénés dans les quartiers de Bicêtrc et de la Salpêtrière (1,576 lits). 2.200
Enfants assistés à l’hospice dépositaire (146 lits) 4.500
Enfants assistés existant à la campagne 30.000
Enfants moralement abandonnés 3.600
Enfants secourus 9.000
Indigents secourus à domicile 92.248
Malades traités à domicile 87.300
Accouchées à domicile 11.400
Accouchées chez les sages-femmes de la ville 7.624
Total 406.213
D’après le recensement officiel de 1886, la population de la ville de Paris était de 2,344,500.
Il faut observer que ce chiffre de 406,213 personnes est supérieur au chiffre réel des individus secourus. Car une même personne peut être comptée dans ce nombre à des titres divers. En effet, au cours de la même année, elle peut obtenir un ou plusieurs secours du bureau de bienfaisance, avoir été, comme malade, traitée à domicile et à l’hôpital, enfin, avoir ensuite obtenu son admission dans un hospice.
Nous avons dit que les dépenses effectives de l’Assistance publique de Paris sont d’environ 40 millions par an, ajoutons que l’Assistance publique
(1) Chiffres de 1886.
ASSISTANCE PUBLIQUE EN GÉNÉRAL. 79
do Paris dispose de 23,371 lits, savoir : 11,989 lits d’hôpital et 12,370 lits d'hospice (1).
Les hôpitaux de Paris comprennent aussi 330 lits pour le service des accouchements, et l’on compte 88 sages-femmes agréées auprès des hôpitaux, possédant ensemble 268 lits. En 1888, 8,029 accouchements ont été pratiqués à l’hôpital et 7,382 chez les sages-femmes.
Le corps médical des hôpitaux et hospices de Paris comprend 88 médecins et 40 chirurgiens, plus 9 médecins du service des aliénés et 9 accoucheurs. Sous leurs ordres sont 212 internes, 8 dentistes et 22 pharmaciens, secondés par des élèves. En outre, les écoles d’infirmiers et d’infirmières de Bicêtre, de la Salpêtrière et de la Pitié ont décerné, en 1888, 248 diplômes gagnés dans les cours professionnels de ces écoles.
Enfin, on compte 35 laboratoires annexés aux services hospitaliers, 16 laboratoires réservés aux pharmaciens, et, en outre, 13 laboratoires relevant des cliniques de la Faculté, mais entretenus par l’Assistance publique.
Nous aurons à parler de ces divers services comme aussi des bureaux de bienfaisance, des enfants assistés et moralement abandonnés, des quartiers d’hospice, etc., dans les chapitres ou articles spéciaux. Constatons ici seulement que le service de la protection du premier âge ne relève pas de l’Assistance publique de Paris et disons quelques mots des établissements de service général qui ne trouvent pas leur place ailleurs.
§ Ier. — Etablissements de ser»lee général.
La plupart des denrées et objets nécessaires au service de l’administration générale de l’Assistance publique de Paris sont fabriqués ou centralisés dans des magasins généraux. Il y a ainsi un service de l’approvisionnement aux halles, la boucherie, la boulangerie, la cave, le magasin central et la pharmacie centrale des hôpitaux.
I. Approvisionnements des halles. — Ce service est destiné à assurer la nourriture des 32,000 personnes environ dont l’alimentation est quotidiennement à la charge du budget hospitalier pour les trois quarts, et, pour un quart, à la charge du budget départemental; il préside aux nombreux détails de la manutention de cette masse considérable de denrées : œufs, beurre, fromages, légumes de toute sorte, fruits, poisson, volaille, etc., dont les milliers de kilogrammes, achetés chaque jour, livrés dès l’aube, se trouvent entassés dans la resserre particulière du service, puis pesés et répartis dans la matinée entre les 40 maisons consommatrices dont les voitures viennent chaque matin chercher les commandes de la veille.
(1) Chiffres de 1889.
Les consommations auxquelles il a dû pourvoir en 1888 se montent, pour quelques denrées, aux chiffres suivants :
Beurre (kil.) 102,200
Fromages frais (kil.) 111,700
OEufs (nombre) 2,750 500
Fruits frais (kil.) 269,000
Légumes de saison (kil.) 784,700
Poisson frais kil.) 255 250
Volaille (kil.) 62 650
Le budget de ces dépenses est prévu pour 1889 à 1,787,000 francs. Dans cette somme le montant des frais généraux entre pour 35,000 fr., soit 1 fr. 95 %.
Le personnel chargé du service comprend un directeur, un économe, un employé auxiliaire, un sous-employé et sept journaliers.
IL Boucherie centrale. — Le service de la boucherie centrale des hôpitaux, installé depuis son origine dans l’abattoir de Villejuif, boulevard de l’Hôpital, comprend une vaste bouverie; il peut même au besoin utiliser les bouveries voisines; et 8 échaudoirs, dont 4 servant à la tuerie, 3 affectés au service du magasin, et un destiné à l’étal, c’est-àdire à la pesée et à la livraison.
Il est dirigé par un directeur assisté d’un employé aux écritures et d’un sous-employé.
A 5 heures en été, à 6 heures en hiver, commencent les opérations du service.
Le directeur procède d’abord à la réception de la viande tuée la veille, qui doit être mise en livraison; puis a lieu la pesée, qui fait connaître le poids des animaux abattus et la quantité de viande due au fournisseur; la viande est ensuite répartie entre les établissements, dans la proportion des commandes, qui doivent être adressées à la boucherie centrale la veille au moins du jour de livraison.
Les livraisons ont lieu, d’après le cahier des charges, aux frais et risques de l’adjudicataire, qui, pour assurer ce service, entretient un matériel de sept voitures, divisées en cases, portant le nom de l'établissement destinataire. Chaque case, contenant la quantité de viande formant l’envoi journalier, est scellée au plomb au moyen d’une pince portant l’empreinte du service, de telle sorte que l’administration se trouve ainsi à l’abri des fraudes à redouterpendant la durée du transport.
A l’arrivée à l’hôpital destinataire, la viande livrée est de nouveau pesée, et récépissé à l’adresse du directeur de la boucherie en est remis au conducteur, auquel restitution est faite, conformément aux prescriptions du cahier des charges, de la graisse fraîche non employée, que le fournisseur est tenu de rendre en viande, poids pour poids.
Dans le cas où le dépeçage dans l’établissement fait découvrir quelque partie défectueuse, le directeur de la maison conserve cette partie en
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dépôt et prévient immédiatement son collègue du service central, qui se rend sur les lieux accompagné d'un des inspecteurs spéciaux de la boucherie, pris comme arbitre. Toute pièce reconnue défectueuse est remplacée.
Au moment du départ de l’abattoir, chaque voiture chargée doit passer sur la bascule de l’octroi qui détermine les quantités pour lesquelles sont dus les droits d’octroi et d’abattage.
Le directeur de la boucherie centrale a pour mission, dès que le service des maisons hospitalières est assuré, d’examiner dans les bouveries les animaux vivants, pour marquer ceux à tuer dans la journée.
Cet examen est fait sans préjudice du contrôle de l’inspecteur-vétérinaire, préposé à l’abattoir et chargé du service de salubrité.
La tuerie commence à 11 heures 1/2, pour la viande destinée aux livraisons du lendemain.
En résumé, l’économie générale du mode de fourniture adopté par l’Administration consiste à centraliser toutes les fournitures de viande nécessaires à la consommation de ses nombreux établissements, qui, sauf Brézin, La Roche-Guyon, Forges, Berck et Thiais, s’approvisionnent tous à ce magasin général, et aussi à la consommation des asiles d’aliénés situés dans Paris.
L’adjudication à laquelle elle procède pour cette fourniture est renouvelée chaque année.
Elle met à la disposition de l’adjudicataire les locaux dont elle a obtenu la concession de la ville, et se charge d’acquitter elle-même les frais et taxes imposés pour l’abatage et l’entrée dans Paris.
En ce qui concerne l’adjudicataire, elle le contraint à livrer sa viande sur pied, se réservant de refuser toute bête qui ne répondrait pas comme poids, âge et qualité, aux stipulations du cahier des charges; elle lui impose l’abatage et le dépeçage qui nécessitent des frais de personnel, la fourniture du linge, des ustensiles et du matériel nécessaire, à ses frais, risques et périls; enfin, le transport des livraisons dans les hôpitaux, qui exige un matériel, une cavalerie ét un personnel spéciaux, dont les conditions sont déterminées dans le marché.
III. Boulangerie centrale. — La fabrication du pain nécessaire à la consommation des hôpitaux et hospices civils de Paris a été, depuis l’an Y, centralisée dans un établissement spécial connu sous le nom de boulangerie Scipion. Ce mode d’approvisionnement est d’ailleurs conforme à l'usage antérieurement suivi par l’Hôpital général et par l’Hôtel-Dieu qui possédaient, l’un et l’autre, leur boulangerie et leur moulin particuliers.
Dans l’état actuel, la boulangerie centrale de l’Assistance publique fournit non seulement tout le pain destiné à l’alimentation des hôpitaux et hospices relevant de cette administration, mais encore elle livre, contre remboursement, à divers services municipaux et départementaux ainsi
Encyclopédre d’hygiène. — V. 6
qu’à plusieurs œuvres de charité privée, le pain et les farines nécessaires à leur consommation.
Elle comprend deux sections distinctes : une minoterie et une boulangerie.
L’organisation économique de ces deux sections permet d’avoir le pain de bonne qualité dans des conditions de bon marché très réel. Il va de soi que ce prix varie chaque année selon le prix moyen du quintal de blé. Dans les 20 dernières années le prix moyen du quintal de blé acheté par l’Assistance publique de Paris a varié de 32.2721 à 23.5810 et le prix de revient du kilogramme de pain de 0 fr. 4286 à 0 fr. 2739.
IV. Cave centrale. — La Cave centrale de l’Assistance publique est située à la Halle aux vins.
Les opérations de ce service consistent dans la réception des vins, leur expertise par une commission de jurés, présidée par un Inspecteur de l’Assistance publique, le coupage, le soutirage, le gerbage des fûts, enfin l’expédition des vins sur les hôpitaux et hospices.
La création de la Cave centrale date de 1816. Elle fut motivée par les plaintes continuelles qui s’élevaient contre les vins livrés par les entrepreneurs, les difficultés de contrôle du mode de fournitures, enfin par le renchérissement des vins employés jusqu’alors (vins du Cher, d’Orléans ou des environs de Paris).
En instituant, par son arrêté du 31 janvier 1816, ce service central, le Conseil général des Hospices sc proposa non seulement de centraliser les réceptions des vins nécessaires à la consommation des hôpitaux et hospices de Paris et d’assurer un contrôle exact de la qualité de ces vins, mais encore d’en faciliter l’approvisionnement en procédant au coupage ou mélange des vins habituels avec des vins du midi.
La fourniture des vins nécessaires au service de l’Assistance publique de Paris était en 1824 d’un million deux cent mille litres; elle atteint aujourd’hui près de trois millions sept cent mille litres.
On avait autrefois la coutume de faire entrer dans les coupages une certaine proportion d’eau, mais depuis 1848, à la suite de critiques formulées par les Inspecteurs généraux, l’Administration renonça à faire entrer l’eau dans ses mélanges.
Actuellement les vins doivent être en parfaite nature, c’est-à-dire n’ayant pas subi de coupage. L’ensemble des échantillons est soumis à l’examen d’une commission de dégustation composée d’experts, choisis parmi les notables commerçants désignés par la Chambre de commerce et parmi les courtiers gourmets assermentés.
Elle procède à l’examen de chaque échantillon et opère une première élimination basée sur la qualité. A la suite d’un deuxième examen, dans lequel les vins sont étudiés sous le rapport de la qualité combinée avec le prix, les échantillons restants sont classés, après rejet de ceux dont les
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prix sont trop élevés, et l’on arrête la proportion d’un bon coupage, formé avec les échantillons les meilleurs et les plus avantageux, dans la limite d'un maximum de prix fixé d’avance.
Ces opérations sont également suivies pour les fournitures du Banyuls destiné aux grands malades, du vin blanc employé en pharmacie ou consommé dans les cantines des hospices, enfin pour le vinaigre.
La réception des fournitures adjugées est faite à la Cave centrale, avec le concours de la commission d’expertise qui a donné son avis pour leur achat.
Aussitôt reçus, les vins sont jaugés par les employés spéciaux pour le compte du commerce; puis cette opération est contrôlée par le dépotage du dixième des fûts livrés.
Les différences ainsi constatées sont appliquées à l’ensemble et viennent modifier, soit en plus, soit en moins, les résultats donnés par le jaugeage.
Les quantités une fois reconnues et fixées au moyen de cette double opération, chaque pièce reçoit une marque spéciale indiquant sa contenance, qui sert de base à la recette comme à la dépense.
Les vins de coupage, destinés à la consommation du mois suivant, sont ensuite mélangés selon la formule arrêtée par la commission d’expertise ; ce travail est fait dans une cave de la capacité de vingt pièces. Ils sont ensuite collés et rentrés en magasin, puis enfin soutirés au moment de la livraison (1).
Y. Magasin central. — Le magasin central des hôpitaux a été créé, en 1866, pour centraliser les réceptions et les livraisons des divers objets de consommation, et notamment des comestibles susceptibles de conservation, des articles de chauffage et d’éclairage, de blanchissage et de salubrité, ainsi que des objets de coucher, linge, habillement et mobilier nécessaires au service des maisons hospitalières.
Il est chargé en outre de la visite, du raccommodage et de la réforme du linge, enfin de la vente des objets réformés ou abandonnés.
Bien que la création de ce service général date d'une époque récente,
Q) D après la publication intéressante faite par M. Peyron, à propos de l’Expositi. n de 1889 et à laquelle nous empruntons ces renseignements, la composition du coupage de mars
1889 était la suivante :
Gard 1888 15 °/0
Baixas 1888,. 10 °/0
Lézignan 1888 15 °/0
Gers 1888 15 %
Corbières 1 888 . . 20 >'/0
Leucatc 1887 10 °/0
Blaye 1888 10 %
Côtcs-du-Rhônc 1888 5 »|»
L’adjudication avait porté sur 1.860.000 litres et le prix net du litre, droits compris, se trouvait de 0 fr. 5562.
l’idée en est déjà ancienne : elle ne put cependant avoir un commencement de réalisation qu’en 18(54 époque à laquelle le conseil de surveillance vota un projet proposé par la direction, projet qui fut la même année adopté par le conseil municipal et approuvé par le préfet. La construction et l’emménagement furent terminés en trois ans et dès 18(57 cet établissement fonctionnait régulièrement.
Le magasin central est bâti sur un terrain de 17,000 mètres dépendant de la Salpêtrière. Il est chargé de pourvoir aux fournitures suivantes :
1° Denrées.
2° Combustibles.
3° Blanchissage.
4° Coucher linge, habillement, mobilier.
5° Objets de pansements.
6° Transports.
7° Salubrité.
Chocolat, confitures, fromage de Comté, haricots, huile, légumes de conserve, lentilles, macaroni, pâtes, pois secs, poisson salé, poivre, pruneaux, riz, sel, sucre, vermicelle et épices.
I Houille, huile à brûler, chandelle, bougie ordinaire, bougies I d’allume et de visite, mèches, veilleuses et porte-vdlleuses.
I Sel de soude, savon de Marseille, savon noir, bleu, chlorure * de soude.
i Matières premières, lainages et étoffes de laine, de coton et de fil, étoffes diverses, effets confectionnés, mercerie, 'dre à frotter, corderie, brosserie, boissellerie, tonnellerie, vannerie, faïence, porcelaine, po'erie, verrerie, taillanderie, ustensiles 1 en métal, meubles, etc.
^ Coton cardé, gaze mousseline, taffetas gommé, flauelle, toile 1 pour bandages, béquilles, etc.
1 Avoine.
! Désinfectants,' chlorure de zinc, chlorure de chaux, sulfate de fer.
Le magasin central fait les commandes mensuelles ou trimestrielles aux fournisseurs, reçoit les livraisons, provoque les réunions de commissions d’expertises, transmet les résultats de cet examen aux intéressés et distribue, après acceptation,' aux établissements qu’il dessert : tous les mois, les articles de consommation proprement dits, tels que comestibles, articles de chauffage, d’éclairage et de blanchissage, ainsi que l’avoine ; tous les trimestres, les articles de pansement, de coucher, de linge, d’habillement et tous les ustensiles et objets mobiliers.
A l’exception des chaussures, de la bonneterie et de la chapellerie, tous les articles de coucher, de linge et d’habillement sont confectionnés par les soins du magasin central. Ils sont coupés sur place et remis, pour être cousus, aux ateliers de la Salpêtrière et de quelques hôpitaux spéciaux de femmes, ainsi qu’à des ouvriers et ouvrières du dehors.
Les établissements d’aliénés reçoivent seuls des étoffes en pièces et Bicètre est autorisé à coudre dans son atelier de tailleurs les effets d’habillement de son personnel et de ses administrés. Hors ces deux exceptions aucun établissement ne reçoit de toiles et d’étoffes non coupées.
Le magasin central approvisionne tous les établissements à la charge de l’administration, les fondations ayant un revenu spécial, les bureaux de bienfaisance, les quatre asiles d’aliénés et le service des Enfants
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Assistés du département de la Seine. Pour ce service, il confectionne tous les articles composant les maillots, les vètures et les trousseaux, les met en paquets et les tient à la disposition de l'hospice, qui les expédie directement à ses agences, dans la dernière quinzaine du trimestre, pour le trimestre suivant. Plus de 200,000 articles entrent dans la composition de ces paquets et la dépense pour les Enfants Assistés ou moralement abandonnés s’élève à 700,000 francs environ par an.
Tous les mois, les établissements à la charge de l’administration (hôpitaux, hospices et maisons de retraite) envoient au magasin central leurs articles de coucher et de linge à réparer. Ils sont visités : ceux jugés réparables sont réunis à l’atelier de la Salpêtrière, pour être, après réparation, rendus le mois suivant à chaque maison : ceux jugés non réparables sont mis de côté et passent, trimestriellement sous les yeux d’une commission qui approuve ou modifie les propositions du magasin central. Les articles réformés sont dénaturés ; les morceaux en sont employés soit à la réparation des effets, soit à la confection du linge à pansement, soit aux nettoyages ; ce qui reste est vendu trimestriellement. Ce service est fait par les administrées de la Salpêtrière les plus valides, surveillées et dirigées par une surveillante, une sous-surveillante, des suppléantes, des maîtresses d’atelier et quelques ouvrières couturières.
Le magasin central reçoit des établissements les vieux métaux, les ustensiles et objets mobiliers réformés, ainsi que les effets dépendant des successions non réclamées, des malades ou administrés décédés ; il en retire ce qui lui paraît utilisable dans d’autres services et les dépose dans son garde-meubles [tour être livrés aux maisons qui en font la demande. Tout ce qui n’est plus utilisable est réuni au vieux linge, aux rognures, aux déchets des coupes, aux vieux papiers et chiffons, et le tout est vendu trimestriellement par un commissaire-priseur.
L’Administration fait vendre également au magasin central les bijoux provenant de successions hospitalières.
Le produit de ces ventes est de 20 à 25,000 francs par trimestre. La majeure partie des recettes provient du vieux linge et des vieux effets.
Pour assurer le fonctionnement de cet important service le personnel du magasin central est composé de 107 employés permanents de toutes sortes (commis, surveillants et surveillantes, coupeurs et coupeuses couturières, filles de service, hommes de peine, etc.,) sous les ordres d’un directeur et d’un économe. De plus l’administration emploie journellement, 250 à 300 administrées de la Salpêtrière particulièrement pour le raccommodage et 1000 à 1200 ouvriers ou ouvrières à la pièce.
VI. Pharmacie centrale. — Etablir un mode uniforme dans la préparation des médicaments, assurer un compte régulier des substances consommées, connaître, restreindre dans de justes limites les dépenses, tels ont été les motifs qui ont déterminé l’Administration hospitalière
à créer une pharmacie centrale, c’est-à-dire un laboratoire unique où l’on prépare tous les médicaments dits officinaux. Ce service est établi, depuis 1813, quai de la Tournelle n° 47.
Avant la Révolution, chaque maison hospitalière possédait son « apothicairerie » particulière. L’Hôtel-Dieu, cependant, fournissait de médicaments les deux hôpitaux placés sous sa dépendance : Saint-Louis et Sainte-Anne.
Les « apothicaires », titulaires de ces pharmacies, achetaient directement, la plus grande partie des composés chimiques qui leur étaient nécessaires.
Chacun d’eux avait son mode particulier de préparation, ses recettes, son formulaire; et il arrivait que chaque pharmacie était encombrée de médicaments souvent mal préparés, parfois inutilisés pendant un long espace de temps et par suite exposés à se détériorer.
Dès l’an III, la Commission hospitalière songea à centraliser le service pharmaceutique des hôpitaux dans un local unique, mais elle ne put réaliser ce projet qu’en l’an Y (1796). Ce local changea plusieurs fois jusqu’en 1812, époque à laquelle on installa les locaux actuels qui furent occupés l’année suivante.
L’immeuble du quai de la Tournelle occupe une superficie de 4,722 mètres 30, y compris la surface d’une maison, 12, rue de Pontoise, annexée en 1888 à la pharmacie centrale dans le but d’assurer à l’immeuble, en cas d’incendie, une deuxième issue, ainsi que le demandait le conseil municipal. La surface bâtie est de 2,000 mètres carrés environ.
La pharmacie centrale prépare tous les composés pharmaceutiques et chimiques usités dans les hôpitaux suivant les formules du codex.
Elle prépare en outre les eaux minérales artificielles, les gazes antiseptiques, achète et livre aux hôpitaux les produits chimiques spéciaux, notamment ceux à l’usage des laboratoires. On y rectifie également le chloroforme qui, employé comme anesthésique, doit être livré chimiquemen pur, etc.
Les laboratoires sont fournis de tons les ustensiles et machines nécessaires à des manipulations aussi diverses et aussi considérables.
Les substances pharmaceutiques et produits chimiques sont fournis par voie d’adjudication annuelle, comprenant l’herboristerie, la parfumerie, l’épicerie-droguerie, la droguerie et les produits chimiques.
Quelques-uns de ces articles, peu nombreux, doivent être livrés conformes aux types choisis par l’Administration et déposés avant l'adjudication; le plus grand nombre doit être fourni conforme aux indications d’une nomenclature annexée au cahier des charges, qui, examinée et révisée chaque année par une commission technique, contient les indications nécessaires de qualité et, au besoin, de provenance.
Cette qualité doit toujours être de premier choix et de première fraîcheur.
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Les livraisons sont faites à la Pharmacie centrale.
La réception des marchandises est prononcée par une Commission composée, sous la présidence d’un Inspecteur, du Directeur et de l'Économe de la Pharmacie, de médecins et de pharmaciens des hôpitaux, enfin d’experts désignés par la Chambre de commerce.
Tout produit refusé est remplacé par le fournisseur en marchandise convenable, soumise de nouveau au jugement de la Commission.
Il était impossible, avant la création de la Pharmacie centrale, d’établir le compte des pharmacies hospitalières, parce que chaque chef de service, préparant à son gré, ne comptait que l’achat des drogues, sans rendre compte de l’emploi.
Il fallait, pour connaître exactement les dépenses, suivre et contrôler la destination des substances, créer une comptabilité spéciale.
Un arrêté dn 20 février 1802, modifié par un autre arrêté du 4 mai 1836, a réglé ce point important.
La Pharmacie centrale doit être considérée comme formant deux sections distinctes : le laboratoire où se font les remèdes, et le magasin où on les conserve et où l’on reçoit, emmagasine et livre les produits.
Le magasin remet au laboratoire toutes les substances à préparer et en fait dépense, en indiquant l’objet pour lequel elles sont employées.
Elles sont portées sur un journal des préparations tenu par le laboratoire et indiquant la nature et la quantité des substances employées, la nature et la quantité des nouveaux produits.
Les médicaments résultant de ces préparations sont ensuite remis au magasin, qui compare les quantités employées avec celles par lui délivrées et donne reçu sur le registre.
Chaque produit, chaque médicament, a un compte ouvert de recette et de dépense ; de même chaque maison hospitalière a son compte particulier.
La Pharmacie centrale fournit, en dehors des établissements relevant de l’Assistance publique, au nombre de 43, les prisons du département de la Seine, les postes médicaux de la Préfecture de police, les asiles d’aliénés du département, les asiles et instituts nationaux de Charenton, de Vincennes, du Vésinet, des Quinze-Yingts, des jeunes aveugles et des sourds-muets, les maisons d’éducation de la Légion d’honneur : Saint-Denis, Ecouen, les Loges; les chemins de fer du Nord et de Lyon, un certain nombre d’établissements privés ou autres, notamment l’hôpital Rothschild, certains orphelinats, la maison des Incurables de Neuillv, l’hôpital communal de Saint-Denis, les hôpitaux français situés à l’étranger, principalement dans le Levant: ceux de Beyrouth et d’Alexandrie, etc.
La direction de la Pharmacie , la surveillance et la préparation des médicaments sont confiées à un pharmacien en chef, chargé en outre de l’inspection des pharmacies des établissements hospitaliers.
La section du laboratoire est dirigée par un chef et un sous-chef des laboratoires.
La section du magasin est confiée à un chef de magasin assisté d’un sous-chef.
Un Économe, ayant sous ses ordres des employés aux écritures, est chargé de la tenue de la comptabilité et de la responsabilité générale du magasin.
Services généraux des hospices de Lyon. — On peut rapprocher avec intérêt de cette organisation des Services généraux de l’Assistance publique de Paris, ce qui a été fait à Lyon.
Les hospices de Lyon ont un régime spécial établi par la législation, régime que nous aurons à signaler au chapitre des Hôpitaux et Hospices.
La sphère d’action de l’administration des hospices civils de Lyon est considérable ; elle a doublé d’importance depuis moins d’un demi-siècle, c’est pourquoi on a dû songer à Lyon comme à Paris à centraliser un certain nombre de services généraux. En 1875, on a fondé une boucherie centrale ; le bétail est acheté sur pied, dépecé à l'abattoir de la ville et réparti entre les 7 hôpitaux ou hospices qui font partie de l’administration. Le prix moyen du kilogramme de viande a varié de 1 fr. 381m (1883) à 1 fr. 028m (1887). La consommation annuelle dépasse 350,000 kilos.
Une meunerie-boulangerie centrale permet d’avoir un pain de bonne qualité, supérieur au pain de ménage mis en vente chez les boulangers et dont le prix de revient est inférieur de cinq centimes environ par kilo à celui de la taxe officieuse établie à Lyon par le syndicat de la boulangerie. La quantité de pain consommée annuellement dans les établissements hospitaliers de Lyon est appproximativement de 000,000 kilos.
Une cave centrale pourvue des foudres nécessaires pour loger 0,000 hectolitres, a été créée en 1880. La consommation actuelle dépasse 7,000 hectolitres, vins de pharmacie compris.
Le service pharmaceutique est assuré par une pharmacie centrale installée à l’Hôtel-Dieu, et par 7 pharmacies réparties dans les hôpitaux et approvisionnées par la pharmacie centrale. Ces pharmacies sont chargées, indépendamment des ordonnances hospitalières, de la préparation des ordonnances délivrées par les médecins du bureau de bienfaisance. Le nombre de ces ordonnances s’est élevé, en 1888, à 40,082, représentant une valeur de 55,474 fr. 40 (1).