BIBERON
Placés.
Décès.
Mortalité.
Garçons
Filles
M. Ledé fait remarquer, en concluant, qu’il est absolument indispensable que des mesures soient prises pour l’élevage au biberon. Le règlement qu’il demande aurait surtout pour but d’interdire le tube de caoutchouc employé dans la fabrication des biberons et, en général, l’emploi de toute substance pouvant s’altérer au contact de la chaleur, telle que le caoutchouc, le celluloïd, etc.
Le biberon, pour le dire en passant, n’est pas un ustensile de récente invention ; — car si l’abandon de l’allaitement maternel a été en augmentant avec les agglomérations des grandes villes et surtout avec la transformation des procédés industriels et la généralisation des machines qui ont entraîné la femme à l’atelier et l’ont éloignée du foyer domestique, le biberon était déjà connu à l’époque gallo-romaine. — Toutefois ce n’étaient pas de vrais biberons qu’on employait alors pour l’allaitement artificiel, c’étaient de petits vases de terre ou de verre, percés de deux ouvertures, l’une large pour recevoir le lait, l’autre étroite pour le verser goutte à goutte dans la bouche de l’enfant. Ces petits vases, appelés gutti, se rencontrent fréquemment dans les tombes des jeunes enfants de l’époque gallo-romaine. On ne les trouve plus pendant la période mérovingienne de notre histoire : puis ils reparaissent assez nombreux au xve siècle.
Au xvie siècle se montrent les biberons en forme de fioles, soit de verre, soit d’étain, avec le goulot muni d’un bout d’éponge ou d’un chiffon.
Plus tard on revient à la faïence et aux formes gallo-romaines modifiées. On donne à ces biberons des formes d’animaux (vache, canard), mais il y a toujours une grande ouverture pour verser le lait, une petite pour alimenter l’enfant.
On se sert aussi de cuillères qui se transforment, s'allongent en bec, s’ornementent, et qu’on fait en bois, en faïence, en étain, en argent, en vermeil.
Le biberon moderne ne constitue pas un perfectionnement sur certains biberons anciens et sur ces cuillères à allaiter. C’est un instrument qui n'a pas gagné en vieillissant, bien qu'il se soit trop généralisé dans ces derniers temps (1).
(I) Il y avait à l'Exposition universelle de 1889 (classe 64 une intéressante collection de biberons anciens.
Quelques-uns des biberons exposés avaient une valeur»qui tenait à la matière dont ils étaient faits (vieux Rouen ou vieux Nevers), d'autres avaient une histoire qui les rendait précieux. C’est ainsi qu'on voyait là le biberon de Paul-Louis Courier, en forme de petite cafetière de