‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 107 sur 364 · Cf. liivista musicale italiana, V, p · texte numérisé non relu

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6. Cf. A. Pougin, André Philidor {Chronique musical' de Paris, 1874, IV). — En 1769, la pièce avait revu le feu de la rampe sous le titre de Sandomir, prince de Danemark,

HISTOIRE DE LA Mt'SIQVE

XVII' ET X Ville SIÈCLES. - FRANCE 1.25

relrouvé « quelques-uns des beaux accents expressits (le Liilli el<le Hameau' » et celle inàle vigueur que les liahiiués de l'Opéra cominençaiont à oublier. Il y a dans sa pièce un crescendo de cors du plus palhéti- (jue elTel (récitatif d'li;rnclinde), et l'orcbestre s'y voit traité souvent de façon trè-i neuve, nolamniPnt dans l'air de Sandomir:.. 0 toi, cbôre âme,» oil se retrouve l'écriture ferme et colorée de l'auleur de Toin Jones. Kniin, le ma;.'nilique chœur ajouté en 1777 : " Jurons sur ces fjlaives sanglants, » donna h la partition un relief que la plupart des ouvrages contemporains ne connaissaient plus.

Cet opéra venait donc à propos pour rehausser le niveau bien abaissé de la production lyrique et pour sortir un peu l'Académie royale du marasme dans lequel elle se débattait depuis une quinzaine d'années; et ce n'est pas faire un mince éloge d'Enielinde que de dire qu'elle put mériter des applaudissements à un moment où Gluck possédait en maître la scène française. Gluck, du reste, avait inspiré Philidor comme il avait inspiré Monsigny, et de nombreux passages d'Ernelinde révèlent chez son auteur une connaissance trop exacte de VOrphée du maître allemand.

GInck et n» réforme drauiatiqiie*

A l'aurore de la période gluckiste de notre histoire musicale, nous rencontrons un gracieux musicien dont le talent s'enlève en touche brillante sur la fade grisaille de l'art contemporain. C'est le Provençal Floquet.

Etienne-Joseph Floquet^ naquit à Aix-en-Provence 16 25 novembre 1748, et montra une grande précocité musicale. Enfant de chœur à la maîtrise de l'église Saint-Sauveur de cette ville, il faisait, selon La Borde, chanter, dès l'âge de il ans, une messe de sa composition. Devenu de très bonne heure, par suite de la mort de son père, le chef de sa famille, il se rendit à Paris avec sa mère et sa sœur pour y chercher fortune. Tout d'abord, il composa de la musique de genre, puis prit part, mais sans succès, au concours institué au Concert spirituel en 1768^. A la fin de l'aimée 1772, il ilonnait à l'église des Petits-Pères une messe en musique pour le ri'pos de l'àme de Mondonville, messe dont on admira le Tubd miriwi, tout en faisant de vives critiques sur l'ensemble. Protégé par le marquis de Flf ury, Floquet parvint à forcer les portes de l'Académie royale de musique; mais l'échec de son opéra d'.4;o/a)i et la terrible concurrence de Gluck le décidèrent à aller compléter son éducation musicale en Italie. Il partit en 1773, sur l'initiative du

1. H. Lavoii, la .WmU/ue française, p. 118. Sur Philido deuxième partie (opéru-corai>|uel ; n La musique de cel opéra yierbc, det'lare Grimm... Vous y trouvez un fond de musique imr il y en a trop; les repos ne sont pas assez ménagés; les conna pourront reprorher à cet ouvrage de n'être pas assez sage, i compositeur s'est ronforme au goût de son pays; il sait que qu

; pas censé avoir ir tomber sur le

fait de la musique. ■• Gri'nm saisit c

it sauvage Ram->au » et ajoute que Philidor « connaît les bonnes sources

et a pillé Jomelli ». (Corr. lui., VIII, p. 262-264.)

2. Sur Floquel, consulter l.a I!»rde, Essai, III. p. 417-418. — De Charraois. Pn.ri". ';/,,. .; K.-J. Floquet, in Almanach litté-

Floquet lUnu.- ri i, . ,,V di Paris, et Extrait, 1863). —

M. Brenel, les rnnr. , . i ,,„,,, ,,. 286-321. — Abbé iMarbot, les ilailre.s de chapelie de Samt .sauveur au dix-huiliéme siècle (1903), p. 13-14. — F. Huot, Elude biographique sur E.-Jos. Floquel {Mt, 19031. — A. Gouirand, la Musique en Provence (1908), p. 104-108. — J.-G. Prod'hoTnme, Ecrits de musiciens (1912), p. 433, 430. — Consulter aussi 0. Chouquel, ^oco cil., p. 152-133, et Grimm, Corr. litt., X. XI, .VllclXlll.

comte de .Maillebois, travailla le contrepoint avec Sala à Naples, puis avec le P. Martini à Hologiie, où, après une épreuve brillamment subie, il lut reçu membre de l'Académie des Pkilhaimoniques. Rentré en France, Floquet offrait aux habitués du Concert spirituel un Te Dnim c à grand chœur et à deux orchestres » (29 mai 1777), qu'il avait composé à Naples, et qui fut froidement accueilli*. Trois ans après, il donnait avec succès, à l'Opéra, le Seigneur binfnisant, et mourait le 10 mai l78o, après avoir follement cherche à concurrencer Gluck lui-même, en reprenant le sujet àWIcesle.

Les ouvrages lyriques laissés par Floquet sont : l'Union de l'Amour et des Arts (7 septembre 1773), ballet héroïque; Azolan, tiré d'un conte de Voltaire (15 novembre 1774') ; Hetlé (r, janv. 1779); le HeUpieur hinifaisani (14 décembre 1780) ; enfin, la XonvrlieOmphale, comédie en trois actes mêlée d'arieltes, jouée d'abord à Versailles, puis à la Comédie italienne, le 2G novembre 1782, avec un grand succès.

Floquet, racontent ses biographes, ne péchait point par excès de modeslie, et son orgueil frisait le ridicule; les entreprises que, en dépit des cabales, il dirigea contre Gluck témoignent suffisamment de sa naïveté, naïveté dont sa musique garde des traces; mais, pour son plus grand bien, il faut le dire, Floquet n'était pas harmoniste; il séduisait par la jeunesse et la fraîcheur de ses idées, et Grimm le comparait à une jeune nymphe qui plail malgré l'irrégularité de ses traits. Mélodiste gracieux et caressant, il se laissait souvent aller à son exliènie facilité, d'où un style mou et lâche que relèvent parfois de délicats détails d'orchestre. Nous ne retiendrons ici de l'œuvre de ce musicien que ses ballets de l'Union de l'Amour et des Arts et du Seiijneur bienfaisant.

.K l'occasion du premier, dont Lemonnier lui avait fourni le livret, le succès, qu'enregistrent Bachaumont, Grimm et le Mercure, fut tel que Floquet se vit appelé sur la scène; c'était la première fois que pareil honneur arrivait à un compositeur, et l'honneur s'augmentait des difficullés qui se dressaient alors devant tout musicien susceptible d'encombrer la voie triomphale réservée au Chevalier^ Durement, impitoyablement, les partisans de Gluck écartaient les intrus, faisaient choir les importuns, et, plus d'une fois, P^loquet éprouva la déloyauté de leurs al laques''. C'est ainsi que le succès de l'Union d>' l'Amour et des Arls incita les gluckistes à prendre leur revanche sur Azolan. Ajoutons que, seuls, dans l'Union de l'Amour et des Arts, les airs de ballet présentent quelque intérêt. La chaconne à 2/4 du 11= acte, l'acte de Théodore, fut longtemps célèbre'. En voici le début :

l'ode de J.-B.

bliutlifquc na-

3. Floquet avait écrit la Gloire du Seii/n Rousseau. Sa composition, dont le manuscrit tionale, est longue et prétentieuse.

4. Floquet s'était présenté au public sous les couleurs piccinnistes. On l'accusa d'un pillage continue!. Voir Mémoires secrets. 30 mai 1777; Mercure, juin 1777, p. IG.ï.

5. Le ballet liéro'ique d,' Azolan fut appelé Désolant. On raconte que la chute de cet ouvrage fut provoquée par les manœuvres déloyales des gluckistes.

6. Fréron déclarait que les chœurs du ballet de Floquet étaient du plus grand effet, que les chants en étaient expressifs, et les accorapagneracnts riches.

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