TIMBALES
Quant au Seirjneur himfahavt ,(\\\e Gluck, irrévérencieusement, traitait de pont-neuf, el que Floquet avait eu beaucoup de peine à faire jouer, tant on cabalait contre lui, il se composait de trois actes précédés d'une ouverture agrémentée d'un solo de galoubet.
Si Floquet, arborant le drapeau piccinniste, avait vainementtentéd'ébranler le colosse gluckiste, Gossec, lui, tenait d'une main ferme l'étendard de la musique française. Dès qu'il prend pied au théâtre, nous le voyons, en effet, s'inféoder soit à Rameau, soit à Gluck : à Rameau avec Sabinus. à Gluck avec Tlicsi'e.
Son Sabinus n'était que la mise en musique d'une ancienne tragédie de Chabanon, Eponine. Représentée à Versailles, le 4 décembre 1773, à l'occasion du mariage du comte d'Artois, cette tragédie avait précédé de deux mois, à l'Opéra, VIphigénie en AuUde de Gluck, et passait le 22 février 1774. Pièce patriotique où figurait le génie de la Gaule, Sabinus palpitait d'un souffle large et fier, et l'influence directe de Rameau s'y faisait jour, aussi bien dans la disposition du récitatif etdes airs, que dans celle des accompagnements^. De plus, et pour la première fois, les trombones pénétraient dans l'orchestre de l'Opéra. Sabinus marque donc une date dans l'histoire de l'instrumentation. Grimm en trouvait la musique « savante », mais regrettait de n'y trouver « ni grâce ni génie »; il comparait Gossec à « une beauté triste et froide qu'on admire sans goût et sans plaisir' ». Avec Philémon et Baiicis (26 septembre 1775), Gossec enregistre son plus beau succès à l'Académie royale, mais c'est dans Thcsre qu'il affirme nettement ses tendances gluckistes. Ici, le musicien ne s'était pas contenté de reprendre le livret de QuinauU; il conservait, de LuUi, l'air d'E-
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