‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 110 sur 364 · Ibid.,f.3H · texte numérisé non relu

Ibid.,f.3H

gée : « Faites grâce à mon ùge, » en l'enveloppant seulement d'un nouvel accompagnement (28 février 1782).

L'arrivée de Gluck en France, à l'automne de 1773, avait fixé tous les regards et magnétisé toutes les attentions. On sentait chez le nouveau venu une puissance de réforme, une ardeur créatrice qui devaient tout bouleverser. « 11 me semble, écrivait Voltaire en 1774, que Louis XVI et M. Gluck vont créer un nouveau siècle; » et jamais prophétie ne se trouva plus juste, car, comme le dit M. d'Udine, « la révolution de Gluck coûta moins de sang que l'autre, mais elle fit couler beaucoup d'encre' ».

Ce fut assurément une fortune singulière que celle de ce musicien allemand, d'éducation italienne, qui ne parvint à prendre conscience de son art et de lui-même qu'à Paris, el qui forgea sur l'enclume de la langue française l'incomparable métal de ses cinq chefs-d'œuvre, les deux Iphigi-nies, Orphée, Akeste et Armidc. Et cet homme venu du fond de la Bohême, après avoir parcouru l'Europe entière, nous appartient bien en propre, tout en occupant dans l'histoire de l'opéra mondial, pourrait-on dire, une place éminente. Depuis longtemps, il avait des visées sur la France, pressentant, en quelque sorte, que c'était en ce pays si friand de luttes d'idées, et en ce pays seulement, qu'il arriverait à réaliser les siennes. Durant sa longue carrière cosmopolite, il avait beaucoup vu, beaucoup observé, beaucotip réfléchi; aucun musicien n'entra dans la lutte artistique avec une pareille moisson de documents, aucun musicien ne se montra plus convaincu des nécessités historiques, et à l'évolution dont il avait mesuré la marche, ii apporta le

Page 1