‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 112 sur 364 · Cf. Desnoiresterres, Gluck et Piccinni, p · texte numérisé non relu

Cf. Desnoiresterres, Gluck et Piccinni, p

7. A. Marx. Gluck und die Oper. A la Teinkirchc, Gluck aurait étudié sous la direction d'un musicien bohémien qui avait été le mnilre deTartini, le franciscain Czcrnohorsky (Tiersot, 6'0(X(iïi(e ans de la vie de Gluck; .Ménestrel, 18 janvier 1908).

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIRE DU CO.XSERVATOinE

travailla quatre ans avec ce très fécond maître et apprit auprès de lui ce qu'un compositeur d'opéras italiens ne pouvait pas ignorer, assez mince bagage, au demeurant, et dont l'auteur d'Alceste éprouva plus d'une fois l'insuffisance'. Kn revanche, il utilisa quelques formules chères à Sammartini dans les parties syniphoniques des ouvrages de sa première et de sa seconde manière; Reissmann a montré que les ouvertures, notamment, en sont tout à fait conçues dans le style du vieux maître milanais.

Quoiqu'il en soit, l'opéra italien jouissait alors partout d'une suprématie incontestée, et le jeune Gluck ne put que sacrifier à l'idole de son ti-mps. Il suivit donc la voie qui s'offrait tout naturellement à lui, et se mit à écrire des opéras italiens sur des poèmes de Métastase. Il donne ainsi, à Milan, Artaserce (26 décembre 1741), à Venise, Demelrio (mai 1742), à Milan, Demofoonte (26 décembre 1742), Arsace (en collaboration, décembre 1743). A Crema, près de Milan-, on avait représenté eu 1743, pour la foire de septembre, un opéra écrit sur un ancien poème vénitien de 1691 , plusieurs fois remanié et récemment mis en lumière par M. Francesco Piovano, il Tigrane^. Puis, venaient So/'ynis()0* (13 janvier 1744), à Milan, le pasticcio de ta Finla Schiiiva (1744) et Ipermestra (1744), au théâtre de Venise. Turin assistait, le 26 décembre 1744, à la première représentation d'il lie Poro, et Milan, l'année suivante, applaudissait Ippolilo (la Fedra de plusieurs biographes) (31 janvier 1745). Kn moins de cinq ans, Gluck avait donc achevé près de dix opéras italiens, et sa réputation s'étendait à toute l'Italie du Nord, où on le tenait pour le meilleur compositeur dramatique de l'époque ^ C'est alors que lord Middlesexle lit engager au théâtre d'Hayniarket, à Londres. Gluck se met aussitôt en route, accompagné d'un représentant de la famille de ses protecteurs Lobkowitz; il avait 31 ans et une entière confiance en ses moyens. Dès le mois de janvier 1746 (le 7), il débuta par la Cadiita dé Giganli, dans \a.q\ieile il utilise de la musique de ses opéras antérieurs, mais dont, au dire de Burney", les airs surprirent par leur nouveauté, puis il donne Arlamène'' (4 avril 1746); selon la plupart des historiens*, il aurait encore composé, à l'aide de ses meilleurs morceaux, un pasliccio intitulé Pyrame e Thhbe, auquel le public aurait fait mauvais accueil. Rapportée par Suard, celte anecdote est inexacte, et les travaux récents de MM. Wotquenue, Piovano et Tiersot ont montré que Pyraine c Thisbc n'avait jamais existé. Le seul pasticcio londonien de Gluck fut la Cadula. En réfléchissant sur les causes de son échec, Gluck « jugea que toute musique bien faite doit être l'expression propre d'une situation»». C'était là une leçon qui ne fut pas perdue pour le musicien.

Mais son voyagea Londres lui apportait d'autres enseignements, en le mettant en contact avec des

1. M. Tiersot semble attacher peu d'importance à rinfluencoéducatrice que Sammartini aurait exercée sur Gluck {Ménestrel, 25 janvier I90S).

2. Et non pas Crémone, ainsi que l'ont répété la plupart des hisloriiïns. Cf. A. Wotquenne, Catalot/ne thématique des œuvres de Gluck.

3. Voir sur cette question l'article de M. Piovano dans le Hecueil de la Société internatianale de musique, janvier-mars 1008.

Page 1