J. d'Udine, Gluck, 1900, p
Musique frt
i la fin du dix-hu
niSTOIliE DE LA MUSIQUE
XVII" ET XVIII" SIÈCLES
FRANCE
viviliaiit roncours d'un génie hardi et d'une intuition péiii'trante. Au cours de l'étude qui va suivre, nous examinerons successivement : 1° la biographie de GlucU; 2" sa réforme dramatique; 3° la réalisation de celle-ci dans ses cinq opéras français.
Christophe Willibald liluck' naquit à Weidenwang, près de ISeumarkt, dans le haut Palatiiiat, le 2 juillet 1714., d'Alexandre (;iuck et d'Anna Walburga^. Il était l'aîné d'une famille de sept enfants. Son père Alexandre, après avoir appartenu, en qualité de poile-arquebuse, au prince Eugène de Savoie, s'était fixé, comme garde forestier, à Weidenwang, et entrait en 1717 au service du comte Kaunitz. 11 allait alors habiter Neuschloss, dans le nord de la Bohême, devenait, en 1722, maître forestier du comte Kinsky, puis, deux ans plus tard, <lu prince Lobkowitz. Alexandre Gluck mourut en 1747, à Heichstadt, au service de la grande-duchesse de Toscane^.
Pour étudier la vie si agitée et si remplie de Gluck, nous la diviserons en un certain nombre de périodes, dont nous chercherons à dégager la caractéristique.
Son enfance fut forestière et errante, et on a pu dire justement que la forêt a été sa vraie patrie*; il puisa en elle ce profond sentiment de la nature qu'il devait iiisuftler à toutes ses créations. Nous ne pouvons résister à l'envie de citer ici quelques lignes harmonieuses que M. Jean d'L'dine écrit à ce sujet : " Le futur auteur d'Ariiiide écouta dans ces forêts de Bohême les mille frémissements de l'espace, chuchotements de la source et du brin d'herbe, longue plainte du vent dans les aiguilles de pins, concert des oiseaux cachés sous les ramures, musiques totales, dont les musiques humaines ne sont qu'un abrégé synthétique, accommodé à nos moyens vocaux et ins-
1. liiiiLioGKAPHiË GÉNÉHALE DE Gluck. — La liUérature gluckiste est considérable ; nous n'indiquons ici que les ouvrages et articles principaux concernant Gluck et <;a réforme dramatique — Noverre Lettres sur la danse et les ballets [nt}Oi — PltinMi, Dell Opetam Vitsica (1772) — Burney, The l'iesent State of music m Fiame und Italy (1771-1773 2«éd) — Cliabinon Lettre sur les propriHes de la languefian u,^ M ,c > Jinvicrr 3 p ri| - MoImk D, il j ,, , tr Lull I / 1 ,
les reiotutwns de la mustçttt en Frain e (1 s
postliumes de Marmontel, lb20) — De Rossi / /
jjrotp es incontestable que les Fi antais ont fat I —
Coqufau de la Mélopée rhez les anttens et dt la 1/ lodi t! „ let, motiprnes (1778; — Forkel Vusikalich hi itiscke Bibhotlu K « ùbei die VusiL des Jtit tris ion Gluck < (1778-1779) — bemelzneder, le Toli'rantisme musical 117711). — Coquéau, Entretiens sur l'étal actuel de l'Opéra de Paris (1779). — L'abbé Leblond, Mémoires pour servir à l'histoire de la révolution opérée dans la musique par M. le Chevalier GiiicA-(1781). — Arteaga, le Rimluzioni del teatro musicale ilaliano dalla sua origine fine al présente (1785). — Suard, Mélanges de littérature (1803). — Karl Yon Diltcrsdorf, Seine kurze Biographie (1810). — Gerber, Lexikon der Tonkûnstler (1812). — G.-J. Dlabacz. Kunstler Lexikon fur Bôhmiyi (1815). — Siegmcyer, Ueber den Hitler Gluck und seine Werke (isji). — Gluck, par Berlioz [Gazette musicale, 1834). — Miel, A'../n , ,• ( . i, „, ,, (is4D). — J.-G. Schneider, Gesc/iic/i/e rfer 0/)er i".> /. I opernhauses in Berlin [lKi). — Son6, Eludes bio;r> iif/ues et esthétiques sur les compositeurs gui ont ill,>,'r.' !, i mi. aise ; Gluck (ISS3). — Anton Schraid, Christoph Willibald Ilitlfr von Gluck (1834|. — OUo Jahn, W.-A. Mozart (183G). t. II. — A. Adam, Derniers Souvenirs d'un musicien (1857). — Troplong,art. dunslu/tevue contemporaine [31 déc. 1858). — Bertrand, Etude sur l' » Alcestc » de Gluck {Bévue germanique, novembre 1861); — P. Scudo, article dans la Hevue des Deux J/ondes (novembre ISi'.l),— Riehl (W.-H.), Gluck als Liedercomponist (1862). — Adolr-Bcrnhard Marx, Gluck und die Opcr (1862). — Blaze de Bury, le Chevalier Gluck (/(eu. des Deux Mondes, 1866). — F. de "ViUars, les Iphigénies de Gluck (1868). — Ludwig NobI, Gluck und
Irumentaux, organisé suivant les besoins naturels de nos sens et de notre esprit". >>
Christophe Gluck, en suivant son père au cours de ses dures pérégrinations de garde forestier, ne s'imprégnait pas seulement l'esprit d'images grandioses et fortes, il se constituait une santé solide, un organisme robuste qui allait lui permettre de mener à travers l'Europe une des vies les plus actives qui furent jamais. Il avait douze ans lorsque son père passa au service du prince Lobkowitz; il va alors à l'école d'Eisenherg, où on lui apprend le chant et peut-être le violon; puis, en 1726, il entre au gymnase que les Jésuites tenaient à Kommotau, et y reste six ans. Là, on perfectionna les quelques connaissances musicales acquises à Kisenberg, et, lorsque Christophe quitte Kommotau pour Prague, il se trouve en état de donner des leçons de chant et de violoncelle'', et de se faire entendre dans diverses églises, notamment à la 'l'einkirche''. MM. Desnoiresterres etTiersolont laissé un curieux tableau de la vie de musicien nomade que menait Gluck à cette époque, et à laquelle la protection éclairée du prince Lobkowitz ne lardait pas à donner sa direction définitive. Christophe Gluck fixe alors à Vienne (1736) et se met à travailler l'harmonie, le contrepoint et la composition. Nous remarquerons, avec M. Marx, que, jusqu'à ce moment, son éducation musicale s'était opérée au moyen d'instruments mélodiques, violon et violoncelle.
A partir de 1736, nous entrons dans la seconde période de la vie de Gluck, dans celle que nous appellerons la période d'éducation italienne. Vienne était à cette époque absolument conquise à la musique d'Italie, et le jeune Gluck put y entendre des œuvres de Caldara, de Conti et de Porsile; de plus, il allait rencontrer, chez son protecteur, un grand seigneur lombard, le prince Melzi, qui l'emmena à Milan et le confia à Giovanni Battista Sammartini; Christophe
Wagner (iilO).— Gluck et l'Opéra en 1774 (/ternie britannique, 1872).
— G. Chouquet, Histoire de la musique dramatique on France (1S73). p 153 163 — Desnoiresterres Gluck et Piccinni 17"4 1800 (1875). — Birbedelte Glurk, sa vie, sonsystcme et sea œuires [Muiutiet, 1882).
— Reissmann, Christoph 'Willibald non Gluck (18821 — H Bitter, Die Beform der Oper durch Gluck (iSSi) — Riemann Opern-Handbueh |i^^") —A Loquard la Musique franr n e dei ms I ui iii(18!)l).— n W \ , und Calsablii (l \ll ISIl).
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) I I icien opéra {Revue il s) — J. Tier-
sot / DeiniLi OperadeGluck » Ccho l Valusse (Il ne mus. ital.. 1902) — Arnheim Cinflusi uuf Phitidor und Glukubei Jlousseiu IBecueildelaSoc mt d mus 1003) — A Heuis, Anscitaunij nber das WesenderOitinl r {/ 1 IJ i3 —K^hal, Klopstock und Gluck (Id., 190)) — A W I I thématique des CFuvres de Gluck
(19U4) — R : Il lolution dramatique {Revue de
Pans, 190*) el U i(l'108),p 203,240 -J Tiersol,
Au pays de Glu,!, i/. , ', r'nj!, Soixante ans de la vie de Gluck {.Ménestrel, 1007-l',iûx| et Gluck {les .Maîtres de la musique, 1910). — J. d'Udine, Gluck (1906). — F. Piovano, Un Opéra inconnu de Gluck {Recueil de la Soeiélé int. de musique. 1908). — A. Jullien, .Musiciens d'hier et d'aujourd'hui {inO). — }.-G. Prud'homme. EcriLsde musiciens
{i9li). — Em%lKurtU,DieJugendopernvonGhicl: fi ; m -iil-
teraaussilesf-ditions desœuvresdeGluck, Pellelaii h,. ., i,,,.,
Fétis, Grove, Berlioz(A. Travers chants) elSchiir, i.
On consultera encore sur Gluck : les Mémoires J. I.i. h, ■ h-
1766 à 1786, la Correspondance littéraire de Griiiiiii, clc Ivnliii, la Gluckijesellschaft prépare, sous la direction do M. Aberl, une publication annuelle sur la biographie et l'esthétique de Gluck.
î. C'est à M. Schmid que l'on est redevable de la découverte de l'acte de naissance de Gluck. — Voir dans son ouvrage, snpiil., p. 461.