‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 124 sur 364 · Karl von Dittersdorfs Lebensbeschreibung · texte numérisé non relu

Karl von Dittersdorfs Lebensbeschreibung

8. Histoire de la vie et des aventures de la ducliesse de Kimjston

brodé d'argent », entouré d'une sjrte de cour, tel un prince, et s'appuyanl sur un jonc à pomme d'or'.

Sur rhomnie moral, nous sommes renseignés d'abord par Anton Sclimid, dont le soin pieux a restitué une biograiihie très ronijilète du Chevalier, puis par MoselS liurney» et Charles de Ditlersdorf, avec qui il voyagea en Italie"; les Mémoires de Favart, les œuvres du comte d'Escheiny, les Mémoires de M'"" de Geiilis et Campan, l'histoire de la vie de la duchesse de Kingston', les nombreux articles que Corancez, qui l'approcliait de près, écrivit pour le .Journal île Paris. le livre que Ginguené consacra h Piccinni' et les récits de Méhul, nous apportent, en outre, une foule de documents intéressants et caractéristiques.

Il était d'abord solennel et guindé, et ne se détendait que lorsqu'on mettait la conversation sur la musique; alors, son visage s'épanouissait, et l'homme devenait aussitôt des plus aimables et des plus spirituels'". Sans doute, il ignoiait toute modestie, mais les grands hommes ont le droit de rester étrangers à ce qui tient lieu de qualités au commun des mortels. Extrêmement habile en atl'aires, il se montrait en toute circonstance insinuant et manœuvrier. Son plus grand défaut fut, sans contredit, un invraisemblable amour du gain, qui l'abaissait, parfois, jusqu'à de louches besognes de brocanteur; il n'hésitait pas, par exemple, à trafiquer mesquinement sur des bijoux, « relilant à quelque maïquise de Versailles, pendant une répétition d'Alcesle, la montre qu'il avait acquise au rabais d'une archiduchesse autrichienne" ». Nul mieux que lui ne savait flatter l'opinion, assiéger les personnalités inlluentes, se ménager des appuis et des protections; sitôt débarqué à Paris, il pénétrait dans les milieux littéraires, cimentant des amitiés utiles, se procurant des défenseurs éventuels, en un mot, amadouant la galerie et u chauffant )> sa presse. Berlioz a blâmé son insouciance et sa paresse d'écriture, qui lui faisaient laisser les fautes les plus grossières dans ses partitions.

Intéressé, âpre au gain, et possesseur d'une fortune considérable, Gluck témoigna, cependant, de grandes et solides qualités de cœur. Toute sa vie, il fut un ami fidèle, et sa femme et sa nièce se partagèrent une alfection qui ne se démentit jamais. S'agissait-il de sa musique, l'homme montrait une susceptibilité et une énergie extrêmes. Impitoyable vis-à-vis des interprètes, il ne laissait rien passer, veillant minutieusement au moindre détail. Une grande et haute flamme s'élevait en lui dès que, assis au clavecin, il essayait avec sa faible voix de traduire les sublimes accents de ses tragédies, et on ne peut lire sans émotion le portrait que fait Reichaerd du vieillard transliguré devant les odes de Klopslock, et pathétique encore en chantant des fragments de son llermannsrhlneht^-.

Ainsi que l'observe Newman, il est presque impossible de dire avec certitude à quelle époque les idées réformatrices de Gluck se firent jour d'une façon

. On peut ajouter à celte liste de sources d'information les Sou- I de il"' Viyée-Lebrun (Paris, 1869). Voir, en particulier, t. I,

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