‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 198 sur 364 · M. Brenet, les Tombeaux en musique [Bévue musicale · texte numérisé non relu

M. Brenet, les Tombeaux en musique [Bévue musicale

4. A. Méreaux. lesClavecinisles. — TaonAa Tillel, Premier Supplément au l'amasse français, CGLXXVI, p. 708, 710. — Archives des Maîtres de l'Orgue. II* année, 1" livraison.

Titon du Tillel cite de lui un Livre dori/ue, gravé en 1729. Sa sœur, .M'i- Dandriou, vendait sa musique et possédait, elle .aussi, un remarquable talent de claveciniste et dorganisle. Tilon du Tillet rapporte qu'à la mort de son frère, les raarguillicrs de Saint-Barlhélemy la

Couperin a eu une grande influence, non seulement sur l'école française de clavecin, mais encore sur l'école allemande. Les élèves de Bach jouaient ses pièces, et le cantor de Leipzig, lui-même, ne craignit pas de lui emprunter thèmes et ornements. C'est ainsi que le motif de l'Allemande du premier des Concerts royaux de 1722 se retrouve développé [et transformé dans la fugue en lai, du Clavecin bien tempéré'.

Enfin, au cours de l'Avertissement de son Apothéose de Lulli, Couperin se livre à une intéressante déclaration, en disant qu'il avait fait exécuter cette œuvre sur deux clavecins, chacun des clavecinistes jouant la même basse. Cette pièce est un des nombreux essais de musique à programme que l'on relève dans la musique française de ce temps, chaque morceau s'accompagnant d'une suscription que la musique traduit, le plus souvent, avec un rare bonheur; la mélodie proposée par Lulli est légère et sautillante, tandis que celle qu'exécute Corelli se recommande par des qualités plus tendres et plus élégiaques'-. Il faut voir, dans cette Apothéose, comme dans la Sonate en trio intitulée le Parnasse ou Apothéose de Corelli, un dérivé de l'ancien Tombeau. C'est sous l'influence du style d'opéra, écrit M. Brenet, que Couperin a substitué l'Apothéose au Tombeau-^. Apollon persuade à Lulli et à Corelli que la réunion des goûts français et italien doit assurer la perfection de la musique, et énonce ainsi un aphorisme qui constituait la marotte de cette époque.

Sans atteindre à la hauteur du grand musicien dont nous venons d'esquisser rapidement le caractère, Jean-François Dandrieu Occupe, néanmoins, une place fort enviable parmi les artistes de la première moitié du xviu» siècle'.

Né à Paris vers 1683, il montra de très bonne heure de grandes dispositions pour la musique, puisqu'il rappelle, dans la dédicace de son œuvre I, qu'il n'avait pas cinq ans lorsque Madame l'entendit jouer du clavecin». Organiste à Saint-Merry (1705), à Saint- Barthélémy (1710), et enfin à la chapelle royale, en remplacement de J.-B. Buterne (1721), Dandrieu mourut le 13 avril 1739.

On possède de lui un Livre de Sonates en trio, op. I (1703), écrit pour deux violons et la basse; un Livre de Sonates à violon seul, op. II (1710), trois

une pension de

l'clle

Chargèrent de l'orgue de 1 églis l'Electeur de Bavière.

Il ne faut pas confondre Jean-François Dandrieu avec Pierre Dandrieu, qui fut, lui aussi, organiste à Saint-Barthélémy. — D'après M. Pirro. l'ouvrage intitulé : Noel.i.. 0 fîlii, Chansuns de saint Jacques, Stabat mater et Carillons, le tout reeu, auf/>nente, extrêmejnent varié et 7nis pour l'oryue et le clavecin (s. d.). qui se trouve à la réserve du Conservatoire de P,iris, n'est pas de J.-K. Dandrieu, mais bien de Pierre Dandrieu, le prôtre diffamé par Marchand. Voir Pirro, Esthétique de Bach, p. 201, et, du même, Louis Marchand (Recueil de la Société int. de musique, oct.-nov. 1904).

S. Tilon du Tillet dit qu'il fut elcve de J.-B. Moreau {Suite du Parnasse Français jusqu'en 1143, p. 663, 664).

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

livres de l'icces de rltivrcin portant respectivement les dates de 1724, 1728 et 1734; enlin, un ouvrage didactique : Principes de l'accompagnement du clavecin (1718). Chez Daiidrieu, l'imitation du style de Coupeiin appaïaît manifeste; comme l'auteur des Ordres, il marque une grande prédilection à l'endroit de la musique à programme. C'est ainsi que son premier livre de Pièces de clavecin contient trois pièces descriptives et imitatives intitulées : les Caractères de la Guerre, les Caractères de la Chasse et la FtHe du village. Dans les Caractères de la Guerre, on entend une marche, des fanfares, la charge, on assiste à une mêlée, pendant que retentissent les « plaintes » des blessés ; la pièce se termine par la <i victoire ». Dandrieu, comme Couperin, est un habile rythmicien et atteint fréquemment, grâce à l'emploi de rythmes typiques, à des effets très expressifs; nous citerons, à ce propos, la Contrariante, avec ses spirituelles syncopes. Il a écrit, en outre, des pièces dans le style de l'Ouverture française, témoin la Lully (2° livre), composée d'une introduction lente et d'un allegro en style fugué.

,11 pratique aussi la variation, et fait usage de six espèces d'agréments, dont il donne une table, comprenant quatre soites de tremblements et deux espèces de pinces. Ses fantaisies guerrières l'amènent à fournir des explications sur la façon d'exécuter les « coups de canon ". Daquin, qui le traite « d'organiste estimable, » rapporte a qu'il était surtout connu par la l'acou ingénieuse avec laquelle il touchait des Noèls' >..'

A côté de ses compositions pour le clavecin, l'ouvrage didactique de Dandrieu, les Principes de l'accomiiniinemeut du clavecin, mérite quelque examen, car il nous apporte un précieux résumé de l'état de la science harmonique au début du xviu" siècle-. Cet ouvrage, en etfel, précède de quatre ans seulement l'apparition du célèbre traité de Rameau (1722), et montre à quel point régnait l'empirisme dans la classilicalion des accords, avant que le musicien de Dijon ne fût venu exposer sa théorie du renversement. Sous forme de Tables, dont chacune est consacrée à un accord déterminé, Dandrieu présente des sortes de préludes en notes égales destinés à familiariser les élèves avec la réalisation des accords. Le livre de Dandrieu contient vingt et une tables correspondant à vingt et un accords dilférents dont voici la liste :

i" Accord parfait, majeur ou mineur.

2° Sixte simple (tierce, si.tte, octave).

3" Petite sixte (sixte majeure, tierce mineure, quarte).

i" Fausse quinte (quinte diminuée, sixte, tierce).

5» Sixte doublée (tierce, sixte avec l'octave).

6° Quinte et sixte.

7° Triton (quarte augmentée, seconde, sixte).

8" Quarte (quarte, quinte, octave).

9° Seconde (seconde, quarte, sixte).

10» Septième (tierce, quinte, septième).

11" Neuvième (neuvième, tierce, quinte).

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