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7. Sur Guillemaiit, »oir Botrearlicle du Cotrrier miuieal du 1" a
Leclair'. Il s'appelait en réalité Joseph-Barnabe Saint- Sevin, dit L'abbé, à cause des fonctions musicales que son père exerçait dans les églises de la ville d'Agen, où il naquit le H juin 1727. En 1739, il entrait en qualité de violoniste à la Comédie française, se produisait au Concert spirituel en 1741, et était admis la même année à l'orchestre de l'Opéra. L'abbé mourut à Paris le 6 thermidor an XI.
Son œuvre de violon, dont le premier livre parut après 1743, consiste en Sonates à quatre et trois mouvements, où se manifeste l'alerte technique de Leclair. L'abbé aimait à broder de variations des mélodies connues; c'est ainsi qu'il en écrivit de fort intéressantes sur le fameux Air des Sauvages de Rameau \.}olis airs ajustés et variés pour un violon seul), où, avec l'aide de son seul instrument, il parvient à donner une impression presque syraphonique. On a aussi de lui un ouvrage pédagogique : Principes de violon, qui parut en 1761.
Ajoutons que L'abbé le fils s'essaya aussi dans la Sijmphonie. La fondation et le développement de notre école de violon, en fournissant aux orchestres d'excellents instrumentistes, favorisaient l'extension du genre symphonique, que de nombreux Mécènes,
entre autres La Pouplinière, cultivaient dans leur.? concerts particuliers, initiant le public à de nouvelles utilisations instrumentales. De plus, les éléments étrangers afiluaient; dès 1748, des cors de chasse allemands s'étaient fait entendre dans une symphonie de Guignon. En iTM, L'abbé donnait, lui aussi, au Concert spirituel, une symphonie à deux cors de chasse; si cette symphonie, qui est malheureusement perdue, utilisait d'autres instruments que les cors, L'abbé aurait précédé ainsi, de quatre ans, l'initiative que devait prendre Jean Stamitz. Jusqu'à ce moment, la flûte, le hautbois et le basson étaient â peu près les seuls instruments à vent qu'on employât concurremment avec les cordes. Les timbales et les trompettes n'apparaissaient que par intermittences et ad libitum, comme dans les Plaisirs de la paix, symphonie en trio avec tirabaleset trompettes de Le Maire (1749). Une fois entré dans la voie symphonique, L'abbé, fidèle à son système de transcriptions, compose, en 1764, une Grande Sijmphonie avec variai ions ])ouv deux violons, alto, violoncelle ou basson, hautbois ou flûtes et deux cors, dans laquelle ces dilïérenls instruments récitent alternativement, et dont le thème consiste dans le Menuet du violoniste Exaudel^ :
En 17j3, il avait publié des symphonies à trois violons et une basse.
Plus modestes dans leur ambition, André -Noël Pagin et Charles-Antoine Branche se bornèrent à la sonate de violon.
Le premier^, né à Paris en 1721 et élève deTartini, débuta en 1747 au Concert spirituel, en jouant des sonates de son maître; il y figure encore en 17o3. 11 était protégé par le comte de Clermont, dont il fut le premier violon, et par le prince de Grimberghen, et Buruey, qui fit sa connaissance en 1770, vante sa belle sonorité. Son livre de Sotiates à violon seul et la basse (1748) révèle un style noble, hardi, plein de trouvailles rythmiques et harmoniques.
De Charles-Antoine Branche*, nous ne savons pas grand'chose. Xé à Vernon en 1722, il appartenait à l'orchestre de la Comédie française et donna, en 1748, un livre de Sonates, d'excellente facture et dont certains passages respirent une émotion pénétrante; Branche manifeste une recherche de l'expression intime à laquelle ses prédécesseurs restaient en général assez indiiférents.
Avec Pierre Vachon i^, nous retrouvons des tendances nettement symphoniques. C'était un Arlésien, élève de Clialiran, et qui se fit entendre au Concert spirituel
1. Sur L.ibbé le fils, voir Vidal, tes Inslmments à archet, II; Laurent Grillet, les Ancêtres du violon et du violoncelle, et Gampardou, l'Acu'h'iitie roijalr de 7mtsiqtie, II, p. 27.
i. A-i l.i 1 V, |,|, Ki;,u(lct était violoniste à l'Opéra. Consulter sur lui Cil " , . i''M.„.Bs ,/e Tiowii (Académie do Caen, 1883,
lions, ih, I ,1,. lin ,1,.^ .\iHiales à violon seul et basse (manuscrites) et six tonales en Iriû ituur deux violons (1751).
3. Sur Pagin, voir Daquin, Lettres sur les Hommes célèbres, p. 1.5G, 138. — Vidal, loco cit. — Wasielewski, Die Violine uiid ihre Meistcr, p. 318-319. — Félis, IV, p. 419.
en 1730. Le prince de Conti, qui l'avait remarqué, l'engagea cinq ans plus tard dans sa musique. Vachon quitta la France 'en 1784; il excellait, selon La Borde, comme quartettiste, et a laissé, outre trois livres de Sonates à violon seul et basse (1769-17701, des Concertos pour violon principal et orchestre et des Quatuors pour instruments à cordes.
Si l'écriture en trio conservait encore des adeptes, le développement de la symphonie s'affirmait néanmoins dans un grand nombre d'œuvres destinées aux instruments à archet. C'est ainsi qu'Antoine Dauvergne^ après avoir donné des Trios pour deux violons et la basse et un livre de Sonates à violon seul (1739), apportait, en 1730, son contingent à la production symphonique sous la forme de deux livres de Concertsde Symphonie à quatre parties (op. HI et IV) qui dénotent une grande sûreté d'écriture et une bonne utilisation des registres instrumentaux. Ces Concerts de^ Symphonie comportent deu.\ violons, un alto et la basse; le style en est fier et parfois fort expressif.
Le nom de Pierre Gaviniès'' domine, avec celui de Leclair, l'histoire du violon en France au cours du xviii= siècle.
Pendant longtemps, on ne fut pas bien fixé sur le lieu et sur la date de sa naissance. Etait-il né à Paris
i. Voir Bonnassies, la Miuiçue à là Comédie française.
3. Wasielewski, loco cit., p. 318. — Bacliaumont, t. III (1766), XIX. (1709) (addition). — A. Gouirand, la Musique en Provence (1908)
6. Voir à la partie de ce travail consacrée au motet et à lopéra-
7. Sur Gaviniès, voir Elorje historique de P. Gaviniès par la prin.cesse de Salm, 1801. - Fayolle, Notices sur Corelli, Tarlini, Gaviniès et Viotli, 1810. — Wasielewski, loco cit., p. 32S et suiv. — Constant Pierre, Le Conservatoire de musique et de déclamation, p. 129, 444^ et Les Facteurs d'instruments de musique.
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
ou à Bordeaux? La Borde lui assigne le M mai 1728 pour date de naissance, tandis que M™" de Salm et M. Constant Piene le font naître, la première deux ans plus tôt, le 26 mai t72C), e le second à Bordeaux, le 11 mai 1728'. I résulte des recherches que nous avon:
laites à Bordeaux que Pierre Gaviniés naquit bien dans celte ville le 11 mai 1 de François Gaviniés, luthier, et de Marie Laporte'-. Il débuta en 17il au Concert spirituel, où, en 1744, il occupait la place de premier violon. Après avoir quitté l'orchestre de cet établissement en 1759, il y reparut trois ans plus tard, et mourut ù Paris le 9 septembre 1800, après avoir obtenu, le 22 novembre 1793, la chaire de violon au Conservatoire.
Tous ses contemporains vantent le charme et la i^randeur de son style, qu'il s'efforçait de transmettre ;i ses nombreux élèves, Capron, Paisible, Le Duc aine, l'abbé Uobineau, Guénin, Iinbault, etc.
On a de lui deux livres de Sonates de violon (op. 1 et III) que caractérise l'abondance des variations accumulées dans les Arie et les Andantes. Gaviniés, suivant en cela Guillemain, multiplie ses variations jusqu'à en présenter huit ou neuf sur le même thème. Ce sont là d'excellents exercices de virtuosité, mais le plus souvent ils n'offrent qu'un fort médiocre intérêt musical.
Les six Concertos qu'il a laissés ont d'autres mérites. Ecrits pour violon principal, quatuor, deux hautbois et deux cors, et antérieurs à 1763, date à laquelle (iaviniès en exécuta un au Concert spirituel, mais publiés, par souscription en 1764, ces Concertos comportent trois mouvements : Alletjro, Andante, Allegro, et reflètent évidemment, dans leur orchestration, l'influence exercée par Jean Stamitz sur les musiciens français de son temps. C'est, en effet, en 1754 et en 1733 que le concertmeister allemand faisait entendre au Concert spirituel deux symphonies, l'une avec coi's de chasse et hautbois, l'autre avec clarinettes et cors de chasse.
Dans les Concertos de Gaviniés, les Soli sont largement développés, et leur alternance avec les Tutti se rapproche du type adopté par Leclair : trois groupes de Soli encadrés par des interventions de l'orchestre d'accompagnement.
Un des principaux mérites de Gaviniés, qu'on nommait le Tartiiii français, et qui n'est pas sans présenter de nombreuses analogies avec le maître padouan, consiste dans son initiative pédagogique et dans l'œuvre qu'il consacra, sous le titre : les Vingt-Quatre Matinées df P. Gaviniés, Exercices pour le violon (1794), à l'enseignement rationnel du violon. De la sorte, Gaviniés apparaît comme le précurseur des llode et des Kreutzer; il a judicieusement accumulé les diflicultés de l'instrument dans les études qui composent son recueil et porte son attention sur l'emploi de la double corde ainsi que sur les brusques déman-
1. Ketis, m, 430. et Eitncr. — BacliaumODt (Mémoires et IV (1769). — Cointant Pierre, le Conservatoire de dêctamation, p. 4i4.