‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 217 sur 364 · Ibid., II, p. 279-280, et le Mercure de juin · texte numérisé non relu

Ibid., II, p. 279-280, et le Mercure de juin

et d'Haydn, comnieiirait à exercer sur nos compositions instrumentales. Les symphonies de Guénin furent comparées, au dire de Fétis, à celles d'Haydn; elles comportent, outre le quatuor, deux hautbois obligés et deux cors ad libitum (1776).

Nous pourrions ajouter à cette élude des violonistes français du xviii= siècle le nom de Nicolas Dalayrac', qui, grâce à ses Duos et à ses Quatuors, appartient à l'histoire de la littérature instrumentale. Des Quatuors de Dalayrac, les uns sont dits « concertants », et la composition en revient de toutes pièces à leur auteur; les autres portent le titre de Quatuors d'Airs connus, mis en variation et en dialogue pour deux violons, alto et basse, et se composent d'airs empruntés aux opérascomiques à la mode, airs variés et brodés de mille manières, souvent de façon très habile; les Quatuors concertants, véritables quatuors à cordes, qui, avec ceux de Vachon, constituent les premiers représentants français de ce genre, sont généralement à trois mouvements, A//t>3ro, Alleyretto, Menuets ou Romance. L'écriture présente un certain intérêt, et nous citerons en particulier le quatuor n" 5 de l'œuvre VII, en mib^.

L'influence allemande, à laquelle nous venons de faire allusion, n'est pas la seule qui s'exerce alors sur notre école de violon; les œuvres des violonistes italiens, de mieux en mieux connues, impressionnent profondément les maîtres français, et l'institution du Concert spirituel, en attirant à Paris les virtuoses étrangers les plus notoires, entraine la musique vers le cosmopolilisme. Déjà, ce cosmopolitisme musical, si caractéristique de la fin du xvin° siècle, se faisait jour, en 1768, dans la Sinfoyiia nel gusto di cinque Nazioni, où Ditters de Dittersdorf rassemblait toutes les musiques européennes. Les compositions pour le Tiolon s'enrichissent de pièces pittoresques, ethnographiques, telles que Polonaises, Boléros, Rondos russes. Alla spagnuola, etc. Dans son 7' Concerto, le violoniste Jarnowick introduit un Rondo russe, en même temps qu'il est le premier à confier des Romances aux violons^.

^ Ces diverses influences, jointes à une connaissance parfaite des qualités musicales de notre race, trouvèrent leur équilibre chez un virtuose italien que nous devons considérer comme le fondateur de l'école classique du violon en France, chez Jean- Baptiste Viotti. Non pas qu'il n'existât, avant Viotti, une école française de violon, les lignes qui précèdent montrent combien elle fut brillante et caractéristique. Mais, avec Viotti, s'inaugurent des tendances nouvelles. Viotti a joué, à l'égard de notre école de violon, un rôle assez analogue à celui que LuUi sut remplir jadis vis-à-vis de l'opéra. Il s'est complètement francisé sans abandonner aucune de ses dispositions natives, et a su, à l'aide d'éléments assez

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