Srbering, Geschichte des Iiistmmentalkunzerls, p
4. Baillot ne voyait-il pas dans les concertos de Viotti des « héros d'Homère en action . ?
5. Sur Viotti, voir k.-U. Eymar, Anecdotes sur Viotti (!'• édition, 1792; 2*, 1801), — Fr. Fayolle, Notices sur Corelli, Tartini, Gavini'és.'pugnaniet VioHi{1810). —hMlol, Notice sur J.-B. ViottUDÎô). — Miel, Notice liislorique sur J.-B. Viotti (18î7l. — Francesco Rcgli, 5(oria del violino in Piemonte (1863). — A. Pougio, Viotli et VScole moderne rfe cioion (1888). — Gazetta musicale (Ricordi.â Milan), 1891,
disparates, créer un art neuf, vivant et original. On voit ainsi, à l'aube de la Uévolution, nailre à Paris un type tout nouveau et très caractéristique du Concerto de violon; et, chose curieuse, ce Concerto de l'école française, en raison de ses particularités expressives, en raison de son allure héroïque, guerrière, un peu emphatique, annonce bien le grand mouvement politique qui va s'effecluei-*.
Viotti" était né à Fontanelo, en Piémont, le 23 mai 1733'^. Élève de Pugnani, il voyagea d'abord avec son maître et parcourut en triomphateur une partie de l'Europe. 11 se fit entendre pour la première fois à Paris pendant l'hiver de 1782, au Temple, chez le prince de Conti, et débuta le 17 mars 1782 au Concert spirituel, où il éclipsa Jarnowick". A la fin de 178,3, Viotti, pour des raisons qui ne sont pas encore bien élucidées', quittait le Concert, dirigeait en 1786 les exécutions de la Loge olympique, et avec Léonard, le coiffeur de la reine, prenait l'entreprise du Théâtre italien; puis, en 1789, il demandait, sans l'obtenir, le privilège de l'Opéra et offrait, à cet elTet, un cautionnement de trois millions. En 17',12, Violti, ruiné par l'émigration de la plupart de ses actionnaires, quittait Paris pour Londres. Tel fut son premier séjour en Fiance, au cours duquel il composa un grand nombre de pièces de musique instrumentale, parmi lesquelles nous citerons, d'abord, les vingt premiers Concertos dits parisiens', puis deux Symphonies concertantes pour deux violons, l'une en fa majeur, l'autre en si b, que Guérillot et Imbault jouèrent en mars et avril 1787 au Concert spirituel, ses belles Sonates de violon'", un Concerto pour piano et orchestre (24 déc. 1787) et le premier recueil de ses Duos pour deux vidons (1789), sans compter des transcriptions pour piano et pour violoncelle de ses compositions destinées au violon.
Construit sur le type ternaire consacré par l'usage, le Concerto de Violti reflète peu l'influence de Pugnani; il s'apparente plutôt, au point de vue de la partie purement technique, avec les œuvres de ce Lolli que nous avons vu plus haut inspirant Bertlieaume, et qui fut le prototype du pur virtuose; de ce côté, il touche aussi à l'art élégant et crâne de Jarnowick. Ainsi que l'observe très judicieusement .M. Schering, c'est dans le dernier mouvement, généralement du type Rondo, que s'accumulent toutes les audaces, toutes les originalités du compositeur; c'est là que sa fantaisie étincelle, radieuse et sans cesse renouvelée".
Seulement, le concerto de l'école française pèche par excès de virtuosité; le Solo se dresse héroïquement contre le Tutti, et tous deux se livrent à de véritables combats; si, déclare Baillot, « les premiers concertos de Viotti montrent de toutes parts cette fougue d'imagination qui dépasse le but en visant plus à étonner qu'à plaire », le maestro ne tarde pas à mettre en pratique un de ses aphorismes favoris,
p. 486. — Wasielewski, JJie Violine und ihre Meister (1893), p. 162 et suiv. — Fétis, VII, p. 360 et suiv. — Eitner, X, p. 101. — Schering, Geschichte des Instmmentallconzerts (1905), p. 170, 171 et suiv. — Consulter aussi les Mémoires de M'^' de Genlis, I, p. 144, Leipzitjer Zei- ^ung, 14,435, 22, 5. — M. Brenet, les Concerts en France, lievue internationale de musigue (1903). — Bachaumont cite Viotti au tome X\ de ses Mémoires.