Schering, loco cit., p
HISTOIRE DE LA MVSIQVl
à « bcii cantare », h chanter avec émotion, et, à partir des Concertos 11 et 18, il adopte l'imposante forme dramatique qui en a fait la renommée. Baillot rapporte que les Tiilli du dix-huitième furent aussi applaudis qu'une des belles symphonies d'Haydn qu'on exécutait alors'.
L'orchestre <raccompagnement des vingt premiers concertos de Violli comprend, outre le quatuor, deux hautbois et deu.K cors; c'est le même que celui qu'avait choisi Jarnowick pour ses compositions analogues; à partir du 21° concerto [Concertos anglais), Viotti augmente le nombre des instruments à vent^
Le style des Sonates est plein de noblesse et de vigueur. Établies géuéralement en trois mouvements, ces œuvres comportent un Allcrjro, un Adagio, et comme morceau final, soit un Amiante varié, soit un Rondo pétillant et spirituel; les sonates en ;ni b majeur et en la majeur du deuxième livre sont particulièrement remarquables.
L'Europe entière ne tarda pas à connaître et à applaudir les concertos de Viotti, et l'école française, sous l'énergique impulsion de ses successeurs, Rode et Kreutzer, affirma une exceptionnelle et retentissante maîtrise.
Dans le champ des violistes et des violoncellistes
la moisson n'est pas moins intéressante que dans celui des violonistes^.
Nous avons dit que l'usage de la basse de viole s'était perpétué fort avant dans le xviii" siècle. On eu a la preuve dans la littérature relativement importante consacrée h cet instrument jusque vers IT'iO ou 1760. En écrivant le singulier pamphlet intitulé : Di'fi'nse de la liasse de viole contre les entreprises dn violon et les prétentions du violoncel (1740), l'abbé Hubert Le Blanc souligne bien l'attachement que nombre de musiciens manifestaient à l'égard de la basse de viole, en dépit des progrès sans cesse croissants du violoncelle ou basse de violon; d'autre part, nous savons, par les Variétés historir/ucs et littéraires (1732), que les divers représentants de la famille des violes restaient en faveur pour la musique de concert et la musique de chambre. Mais si, au cours du xviii» siècle, certaines violes, telle que la viole d'amour, conservent un rôle d'instrument de solo, la plupart de ces anciens instruments se démodent de plus en plus*.
Le plus ancien Livre de viole qui ait paru en France porte la signature de De Machy et la date de 1683; il est précédé d'un Avertissement destiné à faire connaître les principales règles qui enseignent à bien jouer de la viole, et d'une Table des ornements que nous donnons ci-après :
Petit
: Tremblement
Tremblement.
: sans apuier.
: Martellement
Double
Port de V
■t MarteUe
Simple Tnisson. ; Unisson Double.
Deux ans, plus tard, en 1687, apparaissent simultanément le Traité de la Viole de Jean Rousseau et l'Art de jouer de la Viole de Danoville.
Jean Rousseau, qui s'intitulait « maître de musique et de viole », insiste, comme De Machy, sur les Agréments : « On peut dire, écrit-il en tête de son Traité,