‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 229 sur 364 · FLUTE · texte numérisé non relu

FLUTE

Ces œuvres sont, au demeurant, assez médiocres, et nous ne les signalons qu'en raison de leur curieuse disposition. Mais il importe de remarquer que ces Concertos sont construits sur le type italien en trois parties; quatre d'entre eux adoptent la disposition : Allegro, Largo, Allegro, les deux autres débutent par un mouvement lent que suivent deux Allégros. Ainsi, la forme Concerto en trois parties existait en France dès 1727, où elle était représentée par l'œuvre XV de Boismortier, précédant ainsi de sept années les Concertos de violon de Jacques Aubert.

Michel Corrette', qui rivalise avec Boismortier par son inimaginable fécondité et par la modeste valeur de sa musique, a, lui aussi, laissé des Concertos de flûte. Son œuvre XXVI présente, à cet égard, un certain intérêt; elle comprend : six Concerti a sei strementi,

cimhalo o organo obligato, tre violini, flauto, alto viola e violoncetlo. On le voit, nous sommes ici en présence de véritables pièces symphoniques, écrites à six parties. Corrette manifestait, du reste, une grande prédilection à l'endroit des Concertos; il en a écrit de toutes façons : Concertos spirituels. Concertos pour quatre violoncelles, violes ou bassons. Concertos qu'il intitule comiques, enfin les Récréations du berger fortuné pour musette, vielle, fliite, violon, flûte à bec, hautbois, pardessus de viole et basse continue.

Les Concertos spirituels ou Concertos de Noëls sont au nombre de trois. Ils comportent une flûte, deux violons et la basse. Corrette y introduit des airs populaires de Noéls, et aussi des thèmes liturgiques. Le premier Concerto, par exemple, débute par ÏAllegro suivant, construit sur un thème de Noèl :

que suit le thème de l'hymne Christe redemptor

auquel Corrette inflige un certain nombre de variations. Ces Concertos contiennent trois mouvements.

Quant à ceux qu'il destine à quatre violoncelles, ils sont susceptibles d'être exécutés en trio, en suppri-

Jean-Maiie Leclair laine. Il était, comme son élève, le prot. Bonnier de la Mosson et fut batteur de mesure à l'Opéra. Lo pi livre de sonates en trio de Chéron (1727) contient sept sonates. 1. Sur Boismortier, voir La Borde, Essai, III, p. 392-394. — M net, tes Concerts, p. 20i et suiv. — f étis et Eilner, II, p. 98-99.

niant la seconde basse. 11 en est de même des llêcréatioHS du berger fortuné, pour lesquelles la multiplicité des instruments indiqués par l'auteur ne vise que les diverses adaptations que les pièces peuvent recevoir. Les Concertos comiques, si nombreux dans l'œuvre de

. XXXVII» œuvre de Boismortier (1732). Vi .

, La partition indique qu'on peut jouer aussi ces I.

t H cet effet que la partie de cinquième llùte porte un chiffrage.

. Voir plus haut aui iuslruœeiits.â clavier. Corrette est mort eu 1/93.

IIJSTOIliE DE LA MUSIQUE

('onette, coriiporLeiit tous la participation des instruments à vent. Dans le Mlrtilon, " ouvrage utile aux mélancoliques, » trois llûtes concertent avec la basse ; dans Manjoloii, ce sont trois musettes qui remplissent lo même office; dans Ma mie Mav<jot, Corrette joint deux violons à la lliMe, au hautbois et ù la musette; dans la Tante Toureloiirctte, le pardessus de viole vient se mêler au concert, etc.

Toute cette littérature badine correspond à l'époque où les insti unicnls champêtres, musette, vielle, jouissaient, auprès du public, d'une vogue que l'on expliijuait par un besoin de » simplicité », de >< bergerie ». lioismortier exerçait ses talents do symphoniste en [uibliant les hnsirs du bercail pour une musette ou une vielle et un violon sans basse, et nous avons vu le violoniste Baptiste Anet sacrifier à cette mode pseudopastorale, en écrivant des Suites destinées à deux musettes.

Les principaux fournisseurs d'œuvres pastorales étaient les Chédeville, dont la dynastie se trouvait alliée à celle des Hotteterre'. Tous furent d'excellents hautboïstes et de gracieux joueurs de musette. Il y avait trois frères de ce nom, fils de Pierre Chédeville, de Serez, près d'Evreux.

L'ainé, Pierre, naquit à Oulins en 1604, entra à l'Opéra en 1709 et mourut en 172i), api'ès avoir été survivancierde Louis Hotteterre aux hautbois du roi.

Esprit-Philippe, dit le cadet, puis l'ainé, après la mort de Pierre, était également né à Oulins (1696), et entra à l'Opéra la même année que son aine; il était joueur de muselle de la chambre, et a laissé un bagage musical aussi considérable que caractéristique du goiit de son époque : deux livres de Symphonies pour la musette (1730), convenant naturellement aux vielles, flûtes et hautbois, des Concerts champêtres en trio, des Sonates et SonatiUes pour la muselle, des Duos ijalunts et des Fêtes pastorales. 11 mourut le '.) mars 1762.

Nicolas, dit le jeune, puis le cadet, naquit à Serez en 170o, entra à l'Opéra en 1723, et fut survivancier de son frère Esprit -Philippe à la musique de la chambre. Excellent professeur, il se vil très apprécié, à ce titre, par la haute société, et mourut en 178.3, après avoir composé quatorze ouvrages, auxquels il allribue trop facilement l'épithète d'amusants : Amusements champêtres, Sonates amusantes. Galanteries amusantes, etc.

Quittons ces badinages, et revenons aux flûtistes. Ils sont particulièrement nombreux à partir de 1750. Pierre Taillard passait pour un des meilleurs instrumentistes du Concert spirituel, et publiait, en 1731, une Méthode de /lùte'-. Araable Lavaux donnait, vers la même époque, quatre livres de sonates de llùte, pendant que Benoist Guillemant écrivait des Sonates en trio (1746) et même des Sonates en quatuor, toutes compositions conçues dans le type à trois mouvements, généralement adopté pour les pièces à plusieurs instruments. Antoine Mahaut ou Mahault

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