‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 265 sur 364 · Gossec, après i · texte numérisé non relu

Gossec, après i

Aux dernières heures delà République, Gossec pouvait considérer avec fierté les progrés accomplis depuis 1790, où seul, avec Bernard Sarrelte,il luttait pour ne pas laisser la musique en dehors du mouvement social qui régénérait la France. Sous l'empire, il conserva toute son ardeur des temps héroïques, mais il la consacra à ses fonctions de professeur au Conservatoire.

Lorsque les Bourbons vinrent, il fut chassé, avec Sarrelte, en 1816, de' l'école qu'on voulait rendre aux habitudes monarchiques. Il quitta en pleurant les élèves auxquels il enseignait la composition avec un zèle patient, qui se résumait dans cette expression favorite : u Mon ami, c'est bien cela ; mais cependant ce n'est pas cela... » Il se retira à Passy, où il vécut dans le souvenir des jours heureux qui avaient vu la réalisation de sa foi artistique, pendant lesquels l'art, alTranchi de la servitude aristocratique et de la protection des princes, avait été oll'ert au peuple et mis au service de ses enthousiasmes.

Gossec mourut le 9 février 1829, âgé de quatre-vingtquinze ans, presque éteint depuis six années déjà, et ayant traîné pendant quinze années la honte d'être

traité en paria par la royauté. On n'avait pu l'arracher à l'Institut, où la République l'avait placé dès la fondation en 179b, et à la Légion d'honneur, où l'Empire l'avait inscrit en 1804. Son élève Panseron composa, pour être exécuté à ses obsèques, un Pie Jesu qui fut souvent entendu depuis. Sa tombe fut creusée au cimetière du Père-Lachaise, près de celles de Grétry, de Méhul, de Monsigny.

Un jour viendra où cette tombe sera visitée avec dévotion. La musique aura alors reconquis la place qu'elle doit occuper dans la Cité, et justice sera rendue au précurseur qui, sur un passé glorieux dont les musiciens du xix» siècle se sont inspirés, a élevé un avenir plus glorieux encore, vers lequel marcheront les musiciens du xx' siècle.

LES COMPOSITEURS QUI POURSUIVENT LEUR CARRIÈRE APRÈS 1789. — MARTINI, DALAYRAC

Page 1