‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 313 sur 364 · JULES COHEN · texte numérisé non relu

JULES COHEN

Jules-Eniilc-David Cohen naquit à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 1830, mourut à Paris en 1901. — Suivant l'excellente notice de M^" H ortense Parent, pianiste, organiste et compositeur, élève de Marmontel, Benoist et Halévy, Jules Cohen fit de très brillantes éludes au Conservatoire de Paris. Accompagnateur à la chapelle impériale sous le second Empire, il fut nommé, en 1870, professeur de la classe d'ensemble vocal au Conservatoire, puis chef des chœurs à l'Opéra. Cohen a écrit de la musique symphonique, religieuse, dramatique, vocale et instrumentale. Citons, pour le piano : Etude de concert, 6 Licdcr sans paroles, Elét/ic (avec ornements ajoutés par M"' Pleyel); les Regrets, op. 50; Marche funèbre (transcr. de l'orchestre), exécutée aux obsèques du compositeur, et spécialement écrite par lui dans cette intention.

Au théâtre Jules Cohen débuta en 1861 à l'Opéra- Comique avec Maître Claude , un des plus curieux exemples d'anachronisme (et d'anachronisme inutile) qu'on puisse citer. La mise en scène se rapportait en effet au xviu" siècle, et l'on constatait d'ailleurs la présence du Royal-Lorraine, régiment créé à la fin du xvn". Or l'action se passait en réalité au commencement du xvn= siècle, et maître Claude n'était autre que le grand paysagiste Claude Lorrain. Présenté comme un maii jaloux, il était forcé de recevoir en passant certain colonel dangereux qui, s'il dédaignait les jeunes filles, poursuivait volontiers les jeunes femmes. Remarquons en passant que ce médiocre livret de Maître Claude avait été jadis accepté, comme celui de la Pagode, par le directeur de l'Opéra, M. Crosnier, et que la musique en avait été alors écrite par Wilfrid d'Indy, l'oncle de M. Vinrent d'Indy, l'auteur applaudi de Wallenstcin et du Chant de la cloche.

Jules Cohen, qu'avait déjà signalé à l'attention du public la musique des chotiurs d'Athalie, vit trois des moiceaux de sa partition bissés le soir de la première; aussi la critique ne manqua-t-elle pas d'écrire : « C'est une musique fleurie d'idées, de motifs, de mélodies. » La pièce eut, du reste, une carrière assez honorable pour justifier ce satisfecit.

Quand on représenta, quelques années plus tard, au même théâtre, .José-Maria, opéra-comique en 3 actes, paroles de Cormon et Meilhac, le musicien eut ce compte rendu... mitigé de Théophile Gautier : « M. Jules Cohen est l'auteur de Maître Claude, des chœurs d'Eslher et d'Athalie; ce n'est donc pas un novice et un débutant. Cependant il a prolité, dans

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