LE CHANT POPULAIRE BELGE
Les deux races du pays ont leurs chants populaires asse^; nettement caractérisés. Ces chants sont-ils autochtones? Viennent-ils de la souche primitive, du pays voisin? Kul ne pourrait le dire. A première vue, il semble logique que les chants des régions Uamandes aient une oiigine germanique, tandis que ceux de Wallonie soient de provenance française. Il n'en est pas toujours ainsi.
(Par France nous entendons les provinces immédiatement voisines de la Belgique, auxquelles celle-ci fut souvent réunie. Les plus proches sont \' Artois et la Picardie. Beaucoup de folk-loristes prétendent que c'est de l'Artois que viennent les principales chansons Uamandes. On pourrait, k vrai dire, renverser la proposition. Il y a eu, sans doute, pénétration réciproque. L'infiltration flamande s'est étendue jusqu'au delà de Dunkerque, dont le nom signifie d'ailleurs Eglise des dunes, en flamand. La délimitation actuelle des frontières n'est pas exacte au point de vue « folk-lore », bien que la Flandre française ait été tout à fait francisée. Ou y parle néanmoins encore le flamand à plus
'.NCYCLOPÉniE DE LA Mf'SrQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
d'un endroit. De nombreux chants populaires de la l'iandre française ont des paroles néerlandaises'.)
Des cliants d'origine germanique sont cliantés en Wallonie aussi bien qu'en Flandre. Seulement, tout ce qui est devenu commun aux deux races acquiert une physionomie spéciale, qui les nationalise, en quelque sorte. Ils ont un caractère probablement très différent de celui qu'ils apportèrent du pays d'origine. Pour le localiser, en quelque sorle, c'est la poésie qui s'est adaptée aux phrases musicales. Pour ce faire, l'auteur, ou les auteurs, car il fallut souvent la collaboration de plusieurs poètes pour édifier un texte poétique, ont dû plus ou moins déformer la mélodie originale. De là des variantes, des changements souvent si radicaux qu'il est très difficile de reconnaître le chant primitif. D'ailleurs, qui pourrait reconnaître ou reconstituer le chant originaire? On en est réduit aux conjectures.
Quoi qu'il en soit, voici quelques spécimens de chants populaires des provinces belges, ayant un caractère bien spécial.
Généralement on classe les chants populaires en :
a) Chansons enfantines, jeux d'enfants, berceuses ;
b) Chansons de fête (religieuses et au très, noéis, etc.);
c) Chansons d'amour, de noces;
rf) Chansons de conscrits, militaires et de guerre;
e) Chansons de travail ou de métier;
f) Chansons à boire : comiques, satiriques, politiques, légères, « scies » ;
g) Chansons à danser (rondes, etc.) ; /() Chansons funèbres, de deuil, etc.
Il faudrait y ajouter les chants narratifs, légendes, etc., qui ont généralement beaucoup de couplets.
Une nous est pas possible de donner ici un exemple de tous ces genres. L'important nous parait de choisir des types. On reconnaîtra dans la chanson des Flandres le souvenir des cités héroïques, dont l'histoire est toute d'orgueil, d'indépendance et de révolte. De même, les chants wallons ont la saveur du terroir : la Wallonie est un centre industriel très intense.