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bon
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point, Si vous n'es . tes Ib!
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bon
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point, bien
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point
Si vous n'es, tes en bon point, bien a point, bien a
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point, bien a point. Quelque
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point, bien a point, Quelque
jour en . gre .
se .
rez
Et a .
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point, bien a point
Quelque jour
en
grès
se
rez
point, bien a point
Quelque jour en - grès . se . rez
Et alors vous le se . rez Quelquejour en . gres.se.rez
Et a. lors vous «le se . rez, se. rez point,
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
point
serez point
serez point .
Nous citerons encore les Hennuyers Jean de Fosxes. né àGosselies; Georges de la Hèle, né en 1543, maître de chapelle de Philippe II, le dernier des polyphonistes néerlandais; Verdelot , Hollander, Canis, H. Van der Rj/st, Vcnlonck (Cornélius) , né à Turhout. Ce compositeur a joui d'une grande célébrité; un monument lui a été élevé dans l'église des Carmé-
lites à Anvers. On possède ses livres de madrigaux à 6 et à 9 voix, des chansons françaises, un Magnifical à a voix, etc. Un madrigal de Verdonck harmonisé par Paul Gilson fut publié à l'occasion de l'Exposition 1910, en commémoration d'Albert et Isabelle (siècle de Rubens), par le Soir-Xocl.
Madrigal de H. \A aelranï v1^971.
Allegro ma non troppo
Mu . siciens
— qui chantez à plai.sir^ qui chantez à plai" . sir,
1826 ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIÙNNAIRE DU CONSERVATOinE
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niSTOinE DE LA MUS/QUE
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JllSTOinE DE LA MUSIQUE
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3han.ter que vous n'a . vez à
Vimlen- Hubert Waeirant, né à Atli ou à Arras, dont nous avons des chansons françaises et italiennes, des cantiques sacrés, et la Symphonie angéliquc (symphonia anr/elica), recueil de 66 madrigaux de Verdonck, V. Ruffo, Angelini, et autres.
Sous Marie de Hongrie : Jean Gossins, B. Appelzelders, Jacques Bucquet . Sigi^^mond Yver, Roger Paihie, etc. — Le rôle de la musique devient de plus en plus secondaire à partir de ce moment. Sous C/irtî'/cs- Quint, Jacques Clcmens [Clemens dit non papa pour le
distinguer du pape Clément, musicien aussi), N. Gombert, auteur de motets et de messes, Thomas Créquillon, dont les ouvrages religieux nous parvinrent, les fils de Roland de Lattre : Ferdinand et Rodolphe, Jacquc de Kerlc, Jean de Mucque , Jean Mmiehui , A. Thiebauld, Philippe le Duc, licnaut del Melle, Florent Canalis, Laurent de Vos, tous vécurent en Italie. Sous Philippe II, le chanoine Chastelain, M Bonmarché, A. P&vernagc, Baston, de Paep, Louis Brooman...
Résumons ce xvi' siècle : il marqua le développement et l'épanouissement premier de la musique poljphonique. Celle-ci était surtout religieuse et
disposée en vue des exéculioiis dans les églises (messes, molels). Les compositions profanes (madrigaux, chansons, elc.) rellétaient le même style, tout en étant plus eariément rytlimées. Ce slyle était tout en imitation. (Voir exemples cités.)
Sur ces entrefaites, l'opéra élait né en Italie (fin du XVI" siècle).
Euridiee de Péri Cacclni (1600), exécuté au Palais Pitli, à Florence, aux noces de Marie deMédicis et de Henri IV; Orfeo (1607), de Monteverdi (lo70 à 1049). Ce dernier, que l'on considère comme l'inventeur (les dissonances de septième prises ex abrupto, bouleversa le style musical.
Dès cette époque, le rôle des musiciens belges, porté à son apogée par les maîtres néerlandais, pâlit ^•t s'elTace pour une longue durée. Leur style disparaît, grâce il l'abandon du concept de l'équivalence des parties, à l'invention de la basse continue, au développement de la pratique instrumentale, à la stylisation du chant monodique'. Le centre du mouvement
musical se déplace délinitivement, les Italiens vont prendre la suprématie, et la garderont jusqu'à nous.
L'apparition du drame lijrii/ue et la réforme pales- Irinienne de la musique religieuse, épurée de la chanson profane, populaire et mondaine, semblent avoir influencé la production de nos compositeurs, c'est-à-dire que la faveur de l'art théâtral à ses débuts ne les toucha point, et maints musicologues ou historiens ont cru pouvoir en arguer pour préjuger de nos facultés dramatiques. Fétis, qui le mieux sans doute étudia le passé musical des provinces belges, après s'être étonné de ce qu'un de Lassus, témoin des premiers essais italiens, n'ait pas compris les ressources qu'olTrait le genre nouveau à son génie, remarque que la forme théâtrale est celle dont les littérateurs et artistes belges se sont le moins préoccupés, celle qu'ils ont appliquée avec le moins de succès. Ils n'ont pas, dit-il, le « génie des concejMom
dramatiques ». Cette assertion, reprise par toute la critique, a peut-être le plus lourdement pesé sur le développement de notre production lyrique, en faveur de laquelle nous poursuivons précisément une lutte active. Depuis quelques générations, nos compositeurs n'ont pu affirmer leurs possibilités dans cette branche de l'art, où de plus en plus la musique veut chercher le contact avec les masses populaires. Ils durent se complaire dans la ai/mphonie, où ils acquirent une incontestaljle mallrise. Mais, en passant, nous tenons à détruire tel préjugé dont les savants sont responsables, et Fétis en particulier. Grétry à lui seul leur a donné un éclatant démenti, et la production moderne, exceptionnellement féconde en partitions pour le théâtre, démontre que, là aussi, peut s'exercer notre talent. Les écrivains belges : Maeterlinck, Van Lerberghe , Lemonnier, Verhaeren, Van Zype, pour ne citer que ceux-là, ont donné des chefsd'œuvre à la scène. Les rares ouvrages musicaux qui furent, malgré l'indilTérence et l'hostilité générales, montés au théâtre, obtinrent, tant en Belgique qu'a l'étranger, le plus encourageant accueil.
Et nous pensons que ce n'est point parce'qu'ils n'en étaient pas capables que les musiciens llamandset wallons du xvii" siècle ne suivirent pas la mode venue de l'Italie; mais les conditions politiques et sociales ne permirent pas, d'une façon générale, à la musique de prendre la grande extension qu'elle venait de connaître. L'art a fleuri surtout aux époques de paix et de richesse; encore qu'il ne soit pas un luxe, — nous le considérons au contraire comme une force première, — il a besoin, pour s'al'lirmor pleinement et pour synthétiser les vœux unanimes d'une génération, d'une race, du recueillement que seule permet une ère de bien-être et de magnificence économiques. Aux stados rhantiques, il participe de l'action. — Il ne l'aiil .in irliri d'autres causes à la pénurie de talents ■■ (lilinilils ", d'œuvres u concrétisées » dans la périudo tourmentée qui marqua les règnes de Charles-QuinI, et surtout de Philippe IL
Nous nous bornerons à mentionner les noms descompositeurs que la postérité n'a pas dédaignés. Anvers, à qui la " trêve » du gouvernement à'Alberl et hidiclli; valut une ellervescem-e artistique dont la splendeur ne fut jamais cncoro éclipsée, à cùté des Uubens, Vau Dyck, Jordaens, Teniers, Van Tbul-
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
(len, etc.; des suvanls illustres : Mercator, Jusle- Lipse, Vésale, Van Helmont, Simon Stevin, connut quelques musiciens : Emmanuel Adriaensens, le premier luthiste du temps. Remarquons que le lutli était l'instrument de prédilection, et qu'il figurait au premier rang dans les ensembles instrumentaux, voiie vocaux. Les autres instruments sont les mêmes que ceux que l'on employait dans tous les pays. Nous croyons donc superflu de nous y arrêter : ils seront étudiés dans le présent ouvrage. Reproduisons toutefois, à titre de document curieux, quelques fragments de toiles du musée ancien de Bruxelles, représentant
des instruments de musique en usage aux l'ays-Ras. (Voir figures ci-contre.)
Adriacnscns (Hadrianus) a composé des recueils de pièces pour un, deux, trois et même quatre luths, ;i quatre ou cinq parties; Noé Fiaiynient; Mathieu Thalrnan, dont on a des messes; J. Mugi/hiels, auteur de chansons; ,7. de BrouijkfBallhazarliichard, de Mons, qui fut au service de l'Infante et publia en 16.11, chez Pierre Phalèse, ses litanies à'grand chœur. De même Anvers fut le siège' piincipal de l'industrie musicale. C'est là que s'imprimaient les ouvrages de nos musiciens; il s'y trouvait des facteurs d'orgue
renommés, des luthiers, des facteurs de clavecin, i après avoir, au cours des siècles, fait l'orgueil des Rappelonsque le C(ïri;/t))i, qui revientenhonneurdans belfrois et des tours érigés dans la brume, apparut les Flandres et dans certaines villes de Wallonie, I chez nous vers le milieu du xiv'= siècle'. Les itucAers,
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HISTOIRE DE LA MUSIQUE
André et Hans, ont perfectionné le clavecin. Citons encore : Pierre MaiUarl, chanoine et chantre de la cathédrale de Tournay; il a écrit surtout des ouvrages théoriques , dont les Tons, ou discours sur les modes de musique et les Ions de l'église et lu distinction en (ceux; brumal, chantre de Sainte-Croix, à Liège, auteur d'un recueil : Convivium musicale; Georges Messims; Léonard Nervius ; François Tiburce; Jean Van der Elst; Jean Loii-el; Florent; Keiiipis; Mathieu Potlier; J.-B. Loi'itlct, le musicien gantois dont feu M. Alexandre Héon ressuscita plusieurs pages gracieuses; le Liégeois Henri ïhimont, né en 1610, qui occupa les hautes fonctions de maître de musique de Louis XIV, et dont il reste des messes de plain-chant (messes royales), des motels, des cantiques, des chansons et préludes d'orgue; Charles llaekart, de Huy, né en 1640, qui s'établit en Hollande, llackarl, virtuose réputé sur la basse de viole, a écrit des sonates pour cet instrument; llilaire Verloge (l'Opéra français joua sou Ikillcl à la Jeunesse); Léonard Boutmy,c\a.yeciniste né à liruxelles, ayant séjourné à Lisbonne; Bertezen; Nicolas Maiscocque, dont on publia à Anvers, entre autres oeuvres, Harmonia sacra (1688); Cupis, père de la Caniargo; Louis Bourgeois, né à Foiitaiiie-l'Évêque eu 1686, mort à Paris en 1850, auteur de plusieurs ballets avec chant et de nombreuses cantates. (M. A. Wotquenne, préfet des éludes et bibliothécaire du Conservatoire royal de Bruxelles, a publié deux airs de Bourgeois dans son Répertoire classique du chant français [Lemoine, Paris].)
Paris commence à devenir la capitale de l'art musical, pour la Wallonie tout au moins.
Dans la seconde moitié du xvni= siècle, la faveur de la musique renaît dans nos régions, mais, tandis que nous l'avons vue localisée en quelque sorte dans le Hainaut et la Picardie antérieurement, c'est à Liège, désormais, que nous verrons naître ses meilleurs et plus illustres servants.
Pierre Thorcilc, bénéficiaire de la cathédrale de Liège, mort vers 1680, auteur d'une symphonie : la Chasse de Saiat-llubert, que l'on exécute encore à l'église Sainte-Croix; Hubert Rcnotic, organiste à la même cathédrale, compositeur de motels et de sonates, mort en 1747; Lambert Pictkin, chanoine de Saint- Materne, qui publia en 1688 un recueil de motels : Sacri Conccrtus, et ses disciples, dont Henri-Guillaume Hanud, père de Jean-Nocl Hamal, né en 1709, mort en 1778, maître de chapelle de Saint-Lambert à Liège, auteur de symphonies, d'oratorios, dans le genre italien, et des opéras-comiques wallons : H Vocdge di Chaudfonlaine, li Lidgoi- égadgi, li Ficsse di Haute si plout, les ypocoiiles; llaik. né en )6-20, mort en 1664, organiste de la cathédrale d'Anvers; François Dclange (1616 à 1781), compositeur d'opéras, de symphonies, d'ouvertures, de musique de chambre et d'église, invenleur du Totoii harmonique « permetlant à toute personne de composer ■■ ; //. Frainar; Hennis, l'un ■des plus remarquables violonistes du xvui^ siècle,
l'ancêtre de la brillante école du violon qui fait encore la gloire de Liège, dont on possède des concertos et des symphonies, — tous nés en la Cité Ardente, tandis que lîruxelles compte, avec une pléiade de chanteurs et d'acteurs : Xan Maldcren (1724 à 1768), un symphoniste; Adrien Van Hclmont; Pauwcls, compositeur d'opéras; Simon, qui perfeclionna la harpe; Jacque- Antoine Godecharle et son fils Eugène, violonistes; — Anvers : Vanderhacgcn, chef de la musique impériale; Vandcnhrnck; le fadeur d'orgues Louis Hey ; — Gand : le carillonneur P.-J. Le Blan, qui a laissé un livre de clavecin très remarquable. — Liège encore: Chartrain, compositeur- violoniste (1740-1798); Delleplanque (I'li6-ni3), Pieltain (1754 à 18:iH), auteur de quatuors à cordes et de concertos de violon; Duniont (Barthélémy) (1756 à 1841), Gresnick (1752-1791»), compositeur d'opéras « italiens »; Cadet, flûtiste-compositeur; Coppcneur (1780-1851). Mentionnons encore : Sébastien Robson, de Thuin (1734), frère du claveciniste Robson; Schindlocher, né à Mons en 175.3, virtuose violoniste auteur de compositions restées médiles; ./.-./. de Momigtvj, né à Philippeville (1762), organiste; Lambilhlte, de Charleroi (1797), Durai, d'Enghien, elc, etc.
Nous devons réserver une place spéciale à Gosscc, né à Vergnies en 1734, mort à Passy en 1829. Ami et protégé de Rameau, il vécut à Paris et y occupa les plus hautes charges, fui le musicien de la Révolution, fonda les Coticerls xpirilurh. lui codirecteur de l'Opéra et fondateur de ï lùnlr lui/alr de chant devenue le Conservatoire de Paris, dossec a écrit des opéras, des cantates, des pièces de musique de chambre et d'église, des symphonies qui ofl'rent un intérêt documentaire. Ces ouvrages sont conservés à la Biblio- Ihrque nationale età celle du Conservatoire de Paris. Plusieurs furent édiles.
Ces musiciens, quoiqu'ils aient attesté d'un réel talent, et tenu, tel Gossec, de prépondérantes fonctions, n'avaient pu rendre à l'art musical belge le lustre que lui avaient donné les maîtres du xvi» siècle. — C'est à Grétrij que la gloire en fut réservée. Grétry naquit à Liège, en 1741. 11 fit sa piemière éducation à Rome, puis revint se fixer à Paris, où il conquit tous les succès que peut ambitionner compositeur. Son ouvrage de débul, les Vendangeuses, avait été représenté à Rome et avait trouvé bon accueil. Le second, les Mariages samnilcs, fut écouté sans enthousiasme par le public de l'Opéra. Bientôt après, néanmoins, Grélry connut un triomphe avec le Huron (à la Comédie Italiennr. t7G8). Il donna successivement ensuite : le Taliieiiu l'iirlant (1769), Sylvain (1770), l'Amitié à féprcaie (1771), /.nnir et Azor (1771), la Fausse Magie (1775), VAmant jaloux (1778), dont nous donnerons la sérénade :
'Sr.YCLOPÈDlE DE LA MUSIQUE ET DICTION NAIUE DU CONSERVATOmE
Grétry. — Sérén,-ide de V Amant Jaloux.
ïtr^fr?
ir r i"
pp siaco.
LJLin
T^iH^
Dans l'om . bre de la nuit, dre Ah! cou . ron . ne l'es.poi
L'A-mour qui S'il ne peut
con
vous
L'A . mour qui tou . jours veil . le. Qu'il puis . se vous en , ten . dre!
insTornE de la musique
Me dit tout bas:
Un mot de vous.
'lens, SUIS mes pas
un mot bien doux.
Voi . ci l'ins.tant du ren . dez - vous Pro .fi .te
Cet es . poir heu . reux et flat . teur Qui, ce
d'un .tin
bon com .
heur
blait
si mon
douxl cœur
Moi Et
pour d'où
dé .
car .
pend
ter tout
es on
bon .
.loux Je fe - rai
.heur, Char . . man
rrrrrrrrmri
ni.ni'^ i i 'm i
18.36 EXCVCLOPÉDIE DE LA MrSIQUE ET DICTIOSSAIRE DV COXSERVATOinE
Lei Evénement imprévus (1779), Aucnssin et Nicolelte (i780), la Caravane du Caire (1783), Théodore et Paulin (1784), enfin son chef-d'œuvre, Richard Cœur de lion (1785). Cette date marque l'apogée et la fin de la production vraiment originale et de la suprématie de Grétry sur l'opéra-comique français.
Les partitions qu'il donna ensuite, Guillaume Tell, Basile, Callinas, Denys le Tyran. Delphis et Mopsa, etc., accommodées au goût nouveau qu'apportaient les Méliul (que certains musicographes rangent au nombre des musiciens wallons; né à Givet, dans l'enclave raosane,si semblable par la configuration, les mœurs, le langage, le caractère, à nos marches d'Ardennes, Méhul pourrait, en effet, à titres égaux, figurer dans notre aperçu) et Cherubini, d'une harmonie plus savante, d'une instrumentation plus riche et plus puissante, d'un sentiment plus vigoureux, ne sont point dignes de l'art qui l'avait illustré. Elles n'eurent plus le succès des premières, dont la vogue toutefois subsistante assura la vieillesse fatiguée du grand artiste. Napoléon le fit chevalier de la Légion d'honneur. 11 fut membre de l'institut et inspecteur du Conservatoire de Paris. Retiré à l'Ermitage de J.-J. Rousseau, Grétry y mourut en 181.3. Il consacra ses dernières années à des écrits littéraires d'un intérêt et d'une valeur très remarquables : Essais sur la Musique, Mémoires (en 3 volumes). Réflexions d'un sol'daire, etc. Bien qu'ayant passé sa vie presque complètement en France et qu'il ait, par l'inlluence et le caractère de son œuvre, plus que tout autre, la qualité de Français, Grétry n'oubliajamais sa ville natale. Celle-ci, qui avait obtenu de garder le « cœur» de son glorieux enfant, vient de commémorer son centenaire avec éclat. Elle a transformé sa maisonnette natale en un musée où désormais vivra sa mémoire parmi des souvenirs pieusement assemblés.
Grétry, peut-être, fut plus inspiré que savant, mais sa mélodie, pure, simple, naturellement marquante, adéquate toujours au sentiment exprimé, a le caractère « vrai >> (je n'ose écrire vàristc, ce terme ayant perdu sa signification) de la mélodie gluckienne; mais son art, fait de légèreté, de sensibilité
nuancée, de verve et d'esprit, a toutes les qualités qui font le charme du 3('»2e français. Son théâtre reste h; type de l'opéra-comique, auquel il donna l'élan définitif.
A la fin du xviiF siècle ou au début du .xix°, naissent encore, dans les parties wallonnes principalement, plusieurs musiciens dont l'un surtout eut une iniluence considérable : François Fétis (Mons, 1784- Bruxelles, 1861). Après avoir étudié l'orgue et la composition dans la cité de Saint-\Vandru, Fétis se rendit à Paris, où il suivit les cours du Conservatoire. Il y professa dans la suite la composition, fut bibliothécaire de l'établissement en même temps qu'il écrivait dans dilférenls journaux, fondait et dirigeait la Revue musicale, organisait des conférences et des concerts historiques. Après la révolution de 1830, il fut appelé à prendre la direction du Conservatoire de Bruxelles, qu'il garda jusqu'à sa mort. Fétis a composé une foule d'œuvres lyriques et dramatiques, des symphonies, de la musique de chambre, remarquables par une facture toute classique, mais qui manquent de réelle valeur artistique. Ses ouvrages musicologiques restent par contre un admirable monument. Sa Biographie universelle des musiciens, écrite à une époque où la science musicologique n'existait pour ainsi dire pas dans les pays de langue française, malgré ses inévitables erreurs, est aujourd'hui encore hautement considérée. Il a publié, en outre de cela, d'innombrables articles et études. Il avait commencé une Histoire gétiérale de la musique. En qualité de directeur du Conservatoire, d'éducateur, Fétis a donné à l'enseignement de la musique en Belgique une impulsion décisive. — L'un de ses fils, Edouard, fut directeur de la Bibliothèque llo3'ale et critique musical de l'Indépendance belge durant près de 50 ans. 11 a écrit une Histoire des inusiciens belges jusqu'il 1829. A part les Fétis, citons encore : Jules Dencfve (1814), directeur de l'Ecole de musique de Mons, dont les chœurs ont survécu ; licnoitFitucoHier, de Fontaine-l'Evêque (1816), auteur de l'opéia-comique : la Pagode: Théodore et Léon .lourd . nés à Ath, compositeurs de mélodies , de chœurs, d'ouvrages lyriques ; Simonin, pianiste re-
IlISTOinE DE LA MUSIQUE
nommé (Schumann lui dédia son Carnavalde Vienne) ; les frères Tolhccque, les frères Godcfroid, de Namur, harpistes célèbres; Stacs, Suremont, Aelster, Burreiiiuns, Van Caiiipcnkont (l'aiileur de la limbanconnc. hymne révolutionnaire devenu chant national), Terby, Ânsiaiu; Jaspar, dont le solfège est encore en usage dans certaines provinces, llcnravd. Ces deux derniers dirigèrent à Liège une école de musique qui fut, en 1826, remplacée par i'Jîco/f Royale dr iini-^i'iue iiuftrumentale et vocale (depuis le Consernili^irc i<,ij<il]. En cette même année 1826 fut fondée VEcuIr ilc nnisique et de chant de Bruxelles, qui devint aussi notre Conservatoire royal'; d'Archainbeau; Conrardij, auteur d'un solfège encore en usage; .laïusetis, qui écrivit les Trois l'riiu-ipi's du chant grégorien; Lcmmens, premier directeur de l'école de musique religieuse de Malines. Ce dernier a laissé de remarquables compositions pour orgue. Ses œuvres complètes ont été éditées par la maison BreitUopff sous la direction d'un musicologue ostendais, M. Duclos. Lenimens a essayé de rythmer la musique la plus usitée à l'église (messes, vêpres, etc.) avec une harmonisation à l'orgue; sa tentative intéressante n'a pas réussi; Riga, enfin, auteur de nombreuses œuvres chorales restées au répertoire de nos orphéons.
C'est en 1830, nous le disions en commençant cet aperçu synoptique, que la Belgique se sépara violemment de la Hollande et proclama son indépendance. L'unité qu'avait rêvée la maison de Bourgogne, dans la conception même de Philippe le Bon, fut alors instaurée, sous la garantie des puissances européennes. Provinces flamandes et wallonnes, au nom d'un idéal de liberté mal défini peut-être, mais commun, au nom d'une sympathie « politique » inspirée par la Iiaine de l'oppresseur, s'unirent pour chasser l'élranger. Cet étranger, à dire vrai, l'était surtout pour les Wallons, qui les premiers, à la voix du Liégeois Charles llogier, coururent aux armes. Pendant quatre-vingts ans, l'union a régné entre les races : une ère de prospérité réelle, aux points de vue économique, intellectuel et artistique, en a résulté. Mais des vexations ont surgi, dont nous n'avons pas à stigmatiser ici les responsables ou fauteurs intéressés. Flamands, Wallons, frères par le travail et par l'art, encore que leurs terres revêtent, du sud au nord, des aspects diliérents, encore qu'ils soient de tendances et de culture opposées, auraient pu s'entr'aider et — pourquoi non? — s'aimer. Les peuples, au labeur, à la communion de souffrance et d'espoir, pouvaient participer d'un idéal humain. Hélas! depuis quelques années nous assistons à une explosion de colères : les haines, les rancœurs ancestrales se réveillent. La fusion des deux races ne s'est pas accomplie. La ligne de forêts qui protégea, naguère, les Ménnpiens de la domination l'omaine, les soustrayant ainsi à l'emprise de la culture latine, marque toujours une frontière de langue, une barrière ethnique presque absolue. Les forces instinctives et ataviques, les rivalités brutales, travaillent obscurément la nation. Le grand conilit des civilisations ennemies — nos songes d'internationalisme doivent bien en connaître — qui se dessine et se prépare.
, 11 y a en Belgique 4 Cous 'ers, Liège; des ticoles de
eruatolres royaux ; Bruxelles, Gand, musique dans les principales villes :
canton. 11 serait oiseux de les citer ouvaiu, Verviers, Tournai, Gharleroi,
dès à présent, atteint nos populations. Nous nous réjouirions d'une émulation dans un sens de nation.ilisme esthétique... mais les Flamands ti'essailliient à l'appel guerrier de Germanie. Les Wallons so ra|iproclient de leur patrie élective, sinon réelle : la France. Ce n'est pas ici l'endroit d'épiloguer au sujcl de ces dissensions. Constatons -les simplement et voyons-y le signe de la dualité que nous avons définie au long de cette histoire...
En réalité, la Wallonie nous a requis le plus souvent. Elle fut le premier foyer musical, non seulement pour la l'.ck'ii|i]i., mais, nous pouvons dire, pour la France : lluchald, .los,[iiin de Prés, Uufay, Roland de Lattre, Cruliy, niarciuiMent les étapes de l'art français. Nous allons voir encore un Liégeois, César Franck, y déterminer la Kenaissance moderne. Sans l'apport de nos musiciens, certes, la musique française ne serait pas ce qu'elle est. « Il n'est aucun domaine — nous le proclamions au premier Congrès des .{milles f'ranralscs — dans lequel la Wallonie ait autant magnifié la France. » C'est dans cette expression, la plus vivante, la plus directe, la plus haute, c'est dans les rythmes de sa musique que son génie, ardent, prime-sautier, naïf, clair, précieux d'une part, épris d'abstraction, de forme pure et subtile de l'autre, est resté : chanson, cœur de la vieille Gaule, harmonie, esprit de la latinité.
Les Flamands, coloristes et peintres, aimant architecture solide et pâte puissante, vastes décors rutilants, lumineux et sonores, se réclament, musicalement, de l'art germanique. N'est-ce pas de leur soi que s'en furent vers l'Allemagne les parents mêmes du grand Beethoven? (Il existe encore, près de Louvain, un village de ce nom : Beethoven, « jardin de betteraves ». L'orthographe van lleethoren est rigoureusement flamande.) Wagner, dont la formidable et despotique étreinte ne brisa que les formules de la musique, pour les pays franco-wallons, a révolutionné profondément et la pensée et la technique des modernes Flamands. Ils subissent immédiatement et ils suivent, en vertu d'une logique correspondance et d'évidentes affinités, tous les mouvements venus du Nord. 11 ne serait pas malaisé de démontrer, par exemple, le slavlsme de certaines œuvres de Paul Gilson. En dehors de la volonté d'être et de rester eux-mêmes, et malgré leur originalité, les Flamands nous décèlent ainsi leur ascendance et leurs sympathies.
Mais reprenons notre exposé chronologique. Nous le verrons, aux approches de 1883, se diviser de plus en plus nettement selon ces directions sporadiques.
Dans la période 1830 à 1870, au théâtre, se produisent : Pellaert (1834) avec Agnès Soiel et un Faust arrangé en opéra-comique, qui eut un énorme succès ; Buschop, le premier en date des prie de Rome, auteur de l'opéra la Toison d'or; Ermel, pianiste de Léopold I"'' ; Vivier, qui écrivit un opéra en un acte, Padillo le Tavernler; on lui doit aussi un Traité d'harmonie; Aimé-Ambroise-Simon Le Borne, père de Fcrnand Le Borne, musicien et critique, naturalisé- Français, auteur de Mudarrah, le Temps de Guerre, etc., etc. Le père Le Borne, prix de Rome en 1820, écrivit aussi plusieurs opéras; Hanssens, qui fut chef d'orchestre au théâtre de la Monnaie-. On lui doit le
Bruges, Courtpai, Ostende, ftlaliaes, Arlon et les faubourgs de Bruxelles : lielles, Saint-Josse de Noode, Scaarbeeck, Saint-Gilles, Etterbeeck, Anderlecht.
2. Le Théâtre de la Monnaie fut bâti sur l'ordre de l'électeur de Bavière eu 1095. Son existenee fut assez précaire jusqu'à la Qn du
ENCVCLOPÉniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOinE
Siège de Calais, représenté à la Monnaie, sans succès. Les musiciens de l'époque en parlent comme d'une œuvre de grande valeur. Hanssens était un orchestra, teur très habile. On a de lui des Fantaisies et des Ouvertures qui dénotent un réel talent de compositeur; les périodes de développement de ces œuvres sont notamment des plus intéressantes et même ingénieuses; Gcisar, né à Anvers en 1808, a laissé des ouvrages gracieu.v, restés au répertoire, surtout Bonsoir, Monsieur Pantalon; Limmander de Nicuwenhoven, qui vit ses Monténégrins applaudis en 1869, à Paris; Ballhazar Florence. Ce musicien est encore en vie. Ses pièces de théâtre sont oubliées. On joue encore sa Messe, son concerto de violon, son Sanctus pour chœur d'hommes, œuvre de mérite. Il s'est voué a. la facture des pianos et harmoniums. Stoumon, ancien directeur de la Monnaie. De toutes ses œuvres théâtrales, l'on n'a retenu que la Nuit de .\oël, dont la valse lait encore les délices des petits pianistes; Léon .louret. déjà cité, auteur d'une opérette, le Tricorne enchante: Etienne Soubre, père de Léon Soubrc, qui vient de mourir, et qui fut professeur au conservatoire de Bruxelles et de l'école de musique de Saint-Gilles. Léon Soubre — achevons d'en parler ici — a publié des solfèges et différents recueils de mélodies.
Avec ces compositeurs, Bruxelles connut les chanteurs : De Glimes : il a laissé réputation de bon professeur de chant; Bcgrcz, dont le succès fut prodigieux (on rappelle que le concert organisé à Londres par Weber mourant se donna devant une salle vide parce que Begrez chantait ce soir-là ailleurs) ; Masset, Warot; Wicart, Sylva, Carman (trio belge); Georges Bonheur, longtemps professeur aux conservatoires de Liège et de Gand, auteur d'une méthode, et qui forma d'illustres élèves; Marie Sasse, créatrice de l'A/'ricaine, etc.
C'est alors qu'apparaissent les maîtres violonistes Snel, Servais, Charles de Bériol, fondateur de VEcolc belge du violon, développée par Vieuxtemps. De Bériot (né à Louvain) publia sa méthode chez Schott frères. Vieuxtemps, né à Verviers en 1820, mort à Mustapha (Algérie) eu 1881, fut élève de Lecloux et de Bériot. Il eut une renommée universelle. Il a laissé des œuvres autrement intéressantes, enrichissant le répertoire de son instrument. Il professa au conservatoire de Bruxelles et fut chef d'orchestre des Concerts Populaires fondés par Adolphe Samuel; Hubert Léonard, de Bellaire (près de Liège), 1819-1890, compositeur distingué, un des premiers wagnériens; Massart, .Jacques Dupitis, Colyns, Leenders, qui dirigea r.\cadémie de musique de Tournai, les frères Singelée, .Jehin Prime (Spa, 1830-Montréal, 1899). Citons encore les violoncellistes Decortis, Tolbecquc, François-André Servais, père de Joseph Servais (qui fut le maître de M. Edouard .Jacobs); F. de Munck, Ernest de Munck, qui fit partie du quatuor Maurin à Paris; Jules de Swert, Paque, Adolphe Fischer; les harpistes Félix Godefroid, né à Namur, Hasselmans, mort récemment, professeur au Conservatoire de Paris; les clarinettistes Blaes, compositeur de mélodies qui lui valurent le surnom de Schubert belge; les flûtistes Demeur, Aerts, Dumont, Adolphe Léonard; le corniste Toussaint Radou.r, frère de feu
XVIII» siècle. II connut, de nos jours, des époques brillantes, sous la direction Verdure tout d'abord, Dupont et Lnpissîtfa ensuite. Accueillant toujours i l'Art étramjer, et gardant la réputation de u deuxième scène lyrique du monde » que lui valurent les directions précitées, il n'a pas rempli, au point de vue national, le rôle qu'on eût voiilu lu! faire tenir.— Le Vlaarasche Lyrisch Tooneel (Théâtre
Théodore Kadoux; les chefs d'orchestre Léonard Terri/, compositeur et musicographe;.7osep/iDiyjon« (Ensival, 1838-Bruxelles, 1899), qui fut chef d'orchestre des Concerts Populaires pendant vingt- six ans, dirigea l'orchestre de la Monnaie et fut codirecteur du théâtre, avec Lapissida. Il y conduisit à la victoire les partitions wagnériennes. L'intluence de ce grand et généreux artiste fut des plus fécondes dans ce pays (si Joseph Dupont avail vécu, bien des talents restés dans une pénombre auraient connu raffirmation rayonnante). — On ne l'a point encore remplacée. — Charles-Louis Hanssens déjà cité, Seghers, Mengal, J. Hasselmans, père du harpiste; J.-B. Singelée, Lemaire, etc.; les chefs de musiques militaires : Staps, Panne, Labory, Van Kalk, Sin)ar et ses fils, Clément Waucampt, Van Herzele, Stecnbruggen, Turine, Mahy, Lccail, Vi'alpot, dont les derniers, encore vivants, connus par de brillantes transcriptions et de bonnes compositions originales de musique militaire, etc., etc.
Le chant choral est très en faveur en Belgique. Les orphéons s'y comptent par milliers. Des tournois fort suivis y sont régulièrement organisés. Les grandes phalanges de Gand, Anvers, Malines, Liège et Verviers, celles du Borinage, nombreuses et disciplinées, sont célèbres. Mentionnons les compositeurs Denefve, Lintermans, Vaii Muldcgheni, J.-B. Rongé, Riga, Radoux, Gevaert... Notre école de piano, moins brillante que notre école de violon, fut représentée, dans la génération précédente, par : Messemaekers, Angelot, Jacques de Coninck, Du Bois de Fiennes, Ledent, Solcay, père de l'écrivain et critique musical, Lucien Solvay. Grégoir, dont le frère fut compositeur et musicologue. Il a écrit une Histoire de la musiqite flamande; Stcveniers, Meynne, Auguste Dupont, frère de Joseph Dupont, auteur d'une Méthode élémentaire de piano ; yme picijcl. Van Cromphout, Brassin (bien que né à Aix-la-Chapelle, ce dernier, qui professa au Conservatoire de Bruxelles, a eu une telle action dans notre pays qu'il en acquiert peut-être la qualité de Belge, et en tout cas doit être cité ici). Brassin a formé la plupart de nos virtuoses, avec /Airemsky, un Polonais, brillant élève de Liszt, prédécesseur de M. A. De Gi'cef à la classe de piano de Bruxelles, mort jeune, mais qui a laissé des œuvres prestigieuses, d'une originalité puissante, d'un caractère « chevaleresque » et d'une écriture exceptionnellement raffinée. Zaremsky fut, en ce sens, un précurseur. Les facteurs d'instruments : Loret, Van Peteghem, De Volder. Van Bever, Schryven (orgues); les frères Saa; (Adolphe est l'inventeur des saxhorns, saxotrombas, saxophones); Mahillon, constructeur, auteur de monographies techniques et d'un catalogue du musée instrumental du Conservatoire de Bruxelles. Citons aussi les écrivains et critiques : Delmoth (études sur Roland de Lattre), De Vroye (travaux sur Y Art religieux], De Burbure de Wesenibeck, Adolphe Mathieu (monographie de Roland de Lattre), le chevalier Van Eleivyk; Van des Straeten (histoire de la Musique aux Pays- Bas), Van Lamperen, Snœck; enfin, Gevaert.
Auguste Gevaert (né en 1828, mort en 1908), après avoir voyagé en Italie, en Allemagne, en Espagne, vécut à Paris de 1853 à 1871. Il y fit jouer ses premières œuvres : Georgette, le Billet de Marguerite, Les
importante depuis vingt ans, grâce à la création d'une soixantaine d'oeuvres belges (flamandes et wallonnes). Les tliéâtres de Liège et de Gand, avec des moyens infiniment plus modestes, ont aussi quelque action. Les autres (Mons, Namur, Tournai, etc.) sont peu dignes d'at-
inSTOIHE DE LA MrsinfE
Lcwandures de Saiillnirrii. (jii,i,lin-DunL>a>-d, le Château TrompcUe, le l'upilninr Ilniriot, que nous cilons Iiour mémoire. Eu 1871, Léopold II lui confia le Conservatoire Je linuelles. Il a écrit nombre d'œuvres : une Messe funèbre, des cantates, dont België, Van Artevelde, etc. Mais c'est le musicologue qui passera a la poslérité. Ses Traités d'instrumentation sont classiques, de même que son Cours méthodique d'orchestration, (ievaert a publié eu outre des recueils de compositions des vieu.\ maîtres, une Histoire de la musique dans l'antiquité, qui donna la clef des modes grecs, et des études sur les origines du chant ecclésiastique.
Aux premières années du xix= siècle, i'individualisme se manifesla en Belgique. Les musiciens /lainands, dès lors, résolurent d'échapper aux empi'ises étrangères, de libérer leur propre instinct des tutelles et des entraves. Ils demandèrent à leur Folklore et à la Littérature flamande l'inspiration originale qui leur manquait encore. Fan der Ghinst, en 1810, composa un opéra sur des paroles flamandes. Un groupe se constitua bientôt qui proclama cette volonté de l'art musical flamand d'être enfin lui-même. Mirij, en 1847, écrit des vaudevilles flamands; Van der Aeker, directeur de l'Opéra flamand, Merlens ensuite, suivent cet exemple. L'idéal entrevu par ces humbles fut repris et formulé pleinement par Peter Benoit, né en 1834, dont la puissante figure incarne l'esprit, les tendances, les revendications « nationalistes », sinon jiurement germanophiles, de la race. Peter Benoît, il est intéressant de le noter, fut, au début de sa carrière, chef d'orchestre au Théâtre des Bouffes Parisiens. Il a composé de nombreuses œuvres : oratorios, cantates, chœurs, opéras, mélodies, le tout sur texte fiamand, et de la musique sacrée. Citons : Te Deum, Requiem, Concerto pour piano. Concerto pour flûte, Lucifer, oratorio, Het Dorp in't gebergte, Isa, De Schelde (l'Escaut), Brama Christi, drame religieux pour soli, chœurs, orgue, violoncelles, contrebasses, trompettes et trombones; De Oorlog (la Guerre), cantate pour
double chœ,ur, soli et grand orchestre ; De Maaicrs (les Faucheurs), symphonie avec chirui', Charlotte Corday. Wil/iriii lie '/.iriii.jrr, inusiqne pniir (li;inio, Rubenscanlitlr. Aulirrrprn. .h,i„,lr„n hn/hrl,/,,,; llucbald, de Rhi/H. un Mrilirf (:! ;ic.lesj, /rs Dry,ii-'r^ Jnws de Pompéi, Sagen en Balladen, pour piano; Liefde in 'tleven (lieder), Liefdedrama (lieder), des motets, une messe, etc. 11 a écrit en outre des articles de critique, des ouvrages d'esthétique en flamand.
Peter Benoit, dans ses vastes fresques orchestrales et chorales, traduit l'aspect extérieur du tempérament flamand, fait de force, d'exubérance, de splendeur décorative et matérielle. Il a dans ses larges compositions ces coups d'ébauche, cette puissance grandiloquente, cette opulence et cette franchise de tonalités et de rythmes que l'on aime dans les chefs-d'œuvre hauts en couleur des maîtres de la peinture flamande. Hichesse des combinaisons, puissance de la conception et de la pensée, masse robuste et carrée, abondance et verve, spontanéité, vigueur d'inspiration populaire, tels sont les caractères de ces esquisses, géniales en vérité. Les dernières œuvres de Benoît furent des tentatives de drame lyrique parlé et accompagné par un commentaire traité dans une façon quasi wagnérienne. Le maître disait que la mélodie, depuis Wagner, se rapprochant de plus en plus de la déclamation, autant valait parler que « chanter » dans le drame lyrique. Des deux œuvres qu'il écrivit dans cette pensée, une seule, Karel Van Gelderland, a vu, sans succès, les feux de la rampe. La seconde, Pompéi, reste inédite. Un autre musicien flamand, Henrij Waeiput, né à Gand en 1843, s'inspira de poèmes de son terroir. 11 fut professeur au Conservatoire d'Anvers, que dirigeait Peter Benoît, puis directeur de l'Académie musicale de Bruges. On lui doit quatre symphonies, des cantates (de Zegen des Wapens, Memling), un drame lyrique, Stella, un Concerto pour flûte, des chœurs et surtout des mélodies d'une admirable tenue, d'une sublime profondeur. Ce sont peut-être les plus beaux lieder que l'on ait écrits en Belgique. — En voici un, des plus poignants :
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zoen . den ons in stom.me smart Ach! schei.den moeten is wel
Scheiden moeten is vv^el hard! Ik zag de
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K,l. E. Uiiillianl el Ck, IS'2. — Brus
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
Sigiiuloiis ici G. Huberti, qui, bien que né à Liège, lut à ses débuis disciple de Benoit. Il dirigea l'Ecole (le musique de Mons et celle de Saint-Josse-ten- Nooden. Il a écrit des oratorios, des mélodies, des chœurs, — flamands et français, — des pièces pour instruments, des mélodies, et publia une Histnire de la ninalqtie yt'liijieiixc. Edgar Tinel, né à Sinay (près de Saint-Nicolas) en 1854, mort en 1912, qui succéda à Gevaert comme direcleur du Conservatoire de Bruxelles, après avoir remplacé Lenmens à l'École de musique religieuse de Malines, était aussi Flamand. Son œuvre, toutefois, délibérément et volontairement classique. Tille de Haendel et de Bacli, vouée à la réforme liturgique, manque d'un caractère original. 11 a éci'it des mélodies, des clionii-s, de la musique religieuse, trois oratorios dramatiques (Tinel a réfoimé le style de l'oratorio). Saint Fraiinscita, Sainte Coddtevc, Sainte Catherine, œuvres de foi hautaine et de noble tenue. La dernière fut représentée non sans succès au théâtre de la Monnaie. — On lui doit encore un ouvrage théorique : le Chant ijréijorieii. — Nombreux furent les disciples de Peter Benoit qui restèrent fidèles à sa religion. Leenaerts, né en lHï'-2, qui fut chef d'orchestre des Concerts Populiiireu — fondés en 1890 — et de la Grande Harmonie d'Anvers ; Jii »r(v/s, chef d'orchestre et fondateur, avec M. Ilenrij Funtatne, du Théâtre lyrique flamand' d'Anvers, où il resta jusqu'en 1897. 11 est aujourd'hui, ayant gardé une singulière jeunesse d'enthousiasme et de ferveur, direcleur des Concerts de la Zooloç/ie. Jan Block.i-, mort il y a deux ans, le plus brillant élève de Benoît, le remplaça au Conservatoire d'Anvers et fut considéré comme chef, après lui, du mouvement llamand. INé à Anvers en 18ol, Jan Blockx a siii'Iout écrit pour le théâtre, en collaboration avec iMM. iV. de Tière et L. Solvay : lets Vergeten, Princesse d'Auberge, la Fiancée de la Mer, l'une des meilleures partitions théâtrales produites en Belgique, représentée avec succès, de même que la précédente, au théâtre de la Monnaie et sur les principales scènes de l'étranger, Thyl Uylenspicget, De Kapel, Lirfdelied, 3 actes dont les destinées, malgré de très réelles qualités, restent incertaines. Citons encore F. Va7i JJuysc, qui fit représenter quelques œuvres musicales à Gand et à Anvers avant de se consacrer à la musicologie. On lui doit, nous l'avons dit plus haut, le monument de VIHstoire de la chanson populaire flamande, qui, avec les travaux de Bohme, constilue l'un des plus importants recueils de folk-lore.
De son coté, la Wallonie avait vu naître, en ^822, César Franck. Liégeois de naissance, il a passé sa vie eii France et s'est fait naturaliser Français. Des découvertes récentes ont établi que Franck est d'origine germanique. Mais qu'importe? C'est bien un Hls de la terre wallonne. Latin par la subtililé, par la délicatesse, par l'affmement des sens. Latin par l'équilibre et la lucidité de l'esprit. Latin par le style, le génial auteur des Béatitudes personnifie suprêmement les facultés de notre race. Il a gardé son ravissement panlhéiste, son mysticisme ardent et païen;
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son chant serein enclôt la caresse berceuse, lo rêve enveloppant qui plane au large de nos horizons nuancés. Son œuvre : Trio en fa dièse (innovant la u forme cyclique »), liuth (oratorio), Si:r pièces d'orgue. Rédemption, les IIMitmles iim)), l,>s Eotides. huinlette en t'a mineur, VariatK.ns s,/,iiiJn,H,,ii(rs. l'n-liidr, Cho^ rai et Fugue. Synij.h.nne. Sun>ilr /,-//,■ ,,.,lon rt piano 1 1896), dédiée à Eugène 'l saye, l'relu,le. Anu et Final, trois Chorals d'orgue, mélodies, est toute d'inspiralion spirituelle et religieuse, mais elle s'anime d'un immense amour panthéiste dont les élans rejoignent l'infini.
Elle a marqué, musicalement, une rénovation dans le style harmonique et polyphonique et déterminé l'essor de la génération franco-wallonne actuelle.
Conleraporainsde César Franck : Adolphe Samuel, né comme lui à Liège et comme lui d'ascendance étrangère, joua un rôle considérable en Belgique, fonda les Concerts Populaires de Bruxelles, dirigea le Conservatoire de Gand. Ami de Berlioz, de Liszt et de Wagner, Samuel a composé sept Symphonies, des opéras, dés cantates, l'oratorio Christus, où il pressent les innovalions modernes (remarquons que cette œuvre imposante fut écrite par un vieillard de 74 ans; Franck, de même, composa ses plus belles pages vers la soixantième année), des ouvrages didactiques, dont un Traité d'harmonie, que Paul Gilson a complété. — Théodore Radoux (1833-1911) fut directeur du Conservatoire de Liège, où il avait été préféré à César Franck postulant ces fonctions; auteur de plusieurs opéras, cantates, pièces pour instruments, de chœurs d'hommes qui restent des modèles du genre.
Nous devons parler ici de deux musiciens qui appartiennent à notre génération, mais qu'une mort prématuréeempèchad'accomplirleurdestinée : Frans Servais, l'auteur de VApollonidc (1889), sur le poème de Leconte de Lisle, œuvre majestueuse et grave; Guillaume Lckeu, élève de Franck (né à Heusy, près "Verviers, en 1870, mort à Angers en 1894). Lekeu, en qui M. Vincent d'Indy reconnaît une nature « quasi géniale », a laissé quantité d'ouvrages, dont la personnalité, la profondeur et la beauté formelle étonnent chez un adolescent. Citons : Sonate pour violon et jdanii (dédiée à Eugène Vsaye), Etudes symphoniques. Adagio pour violoncelle et quatuor d'orchestre. Fantaisie sur Jcx airs angevins. Poème pour violon et orchestre, An'homède, Barberine, comédies lyriques, les Bitrgra ces , dvàme lyrique. Quintette à cordes, Epithalame pour quintette à cordes, trombones et orgue, etc., etc.
Le caractère de l'Encyclopédie où paraîtront ces pages ne nous permet pas d'exprimer un sentiment personnel sur les musiciens vivants. Nous serons donc bref dans l'énumération des personnalités qui se sont affirmées.
Au groupe llamand appartiennent : Jean 'Van den Eedcn, directeur du Conservatoire de Mons (Académie de musique). Né à Gand en 1841, Van den Eeden a publié des cantates , des œuvres orchestrales et vocales, deux opéras : Numance, représenté à Anvers en 1898, et Mena, dont le succès fut grand au théâtre
Jan Blokci, Wambach, De Boeck,
iiM- ofllcielle; l'administration d'.-lii- .■ un ma?:nifique édifice eu l'une des la soutient et l'encourage par tous
de la Monnaie en 1912; Li-on Du Bois, directeur du Conservatoire de Bruxelles depuis la mort d'Iîdgar Tinel. Il a révélé ses qualités de dramaturge dans de nombreuses partitions, parmi lesquelles : le Mort (d'après Camille Lemonnier), Edénie (livret de C. Lemonnier), conte lyrique représenté au Tlu-àti-e lyrique flamand d'Anvers, et dont on admira les vastes et nobles proportions; Paul Gihon, inspecteur de l'Enseignement musical en Belgique, que consacrèrent des œuvres orchestrales et lyriques puissamment conçues et réalisées. Sa science polyphonique le fait l'égal des Strauss, des d'Indy. L'œuvre de P. Gilson est dès à présent innombrable : citons douze compositions d'orchestre, la Mer, esquisse symphonique, Elégie, pour instruments à cordes; le Démon, drame lyrique; Alvar, musique de scène; Francesca da Rimini, pour soli, chœur et orchestre; Cantates inaugurales (dont la Lumière, cantates des Expositions 1899 et 1910), des chœurs, pièces pour piano, orgue et divers instruments, morceaux d'harmonie et de fanfare. Variations symphonique^, la Cuptive, ballet sur un scénario de Lucien Solvay (bâti sur des motifs orientaux), Princes Zonnesckyn (Princesse Rayon de Soleil), conte en 3 actes, qui dans la traduction française fut donné à la Monnaie, en 1907; Zeevolk (Gens de Mer), drame en 2 a.cles;Rooversliefde, drame lyrique en 1 acte, tous trois représentés au Lyrisch Toonecl d'Anvers, etc., etc. 11 vient de publier un ouvrage, le Tutu orchestral, véritable étude analomique de l'orchestre. — Karel Mesldugh, directeur du Conservatoire de Bruges (Académie) ; — Martin Lunssens, directeur de l'Ecole de musique de Courtrai; Auguste de Boek, professeur au Conservatoire d'Anvers , à qui l'on doit, entre autres ouvrages : Théroigne de Méricourt, Songe d'une nuit d'hiver, le Roi des gnomes. Reinaert de Vos, opéras représentés au Théâtre Lyrique flamand d'Anvers avec succès, Flamma, Cendrillon (ballet), La Phalène, créé à la Monnaie en janvier- 1914. — Emile Wambach, directeur du Conservatoire d'Anvers; Paid Lebrun, directeur de l'Ecole de musique de Louvain; L. Movtelmans, « prince du lied flamand «; Joseph Ryelnndt, compositeur de musique symphonique et religieuse, etc., etc.
Au groupe wallon : Emile Mathieu, né à Lille en 1840, directeur du Conservatoire de Gand, auteur des opéras : lUchildc, l'Enfance de Roland, créé par Rose Caron à la Monnaie; la Reine Vasthi, tragédie inédite. M. Mathieu a composé aussi des cantates descriptives; Le Houyou.r, Freyr, charmants tableaux très spontanés, dénotant un sens proTond du pittoresque de nos paysages. Erasme Raway, dont l'œuvre parnasienne a de fervents admirateurs. Sylvain Rupuis, directeur du Conservatoire de Liège, qui dirigea l'orchestre de la Monnaie et des Concerts Populaires, où il succédait ù Joseph Dupont; directeur de la chorale renommée la Légia. Joseph Jongcn, professeur au Conservatoire de Liège, Victor Vrruh, directeur du Conservatoire de Luxembourg (grand-duché), les, plus représentatifs du groupe issu de César Franck. Théo Ysaye, frère du célèbre violoniste, pianiste de talent lui-même, qui a donné des pages orchestrales de grande envergure, d'une nuance « debussyste », représentée aussi par certains des plus jeunes musiciens «allons. Je citerai encore : Désiré Pâque; N. Daneau. directeur du Conservatoire de Tournai; H. Thiébaul. auteur du Juré, directeur de l'Ecole de musique d'Ixelles; A. Dujntiv, directeur de l'Ecole de musique de Verviers, dont la Monnaie a donné Jean Michel, Marlille; A. Biarcnt, pris de Rome, de l'Académie de Charleroi; F. Russe, directeur de l'Ecole de musique de Saint-Joess-ten-.Noode-Schaarbeek; P.Lagye, auteur de 3 opéras dont il a aussi écrit les livrets, etc. Et enfin, Eugène Samuel- Rolemann, fils d'Adolphe Samuel; il occupe une situation spéciale dans notre mouvement musical. Agé de 50 ans, ce musicien, dont l'œuvre a subi la plus amère et injuste destinée, découvrit, il y a quelque trente ans, la voie des conquêtes modernes. Il employait, dès 1887, en effet, de façon systématique, et à son dire essentielle, les gammes par tons entiers. Il exposa ses théories, qui relient le stade actuel aux lointaines trouvailles de la diaphonie et de l'enharmonisme, dans un opuscule, devenu introuvable, édité par le Guide musical [m^^] . De ses quatre partitions lyriques, la seule connue est la Jeune Fille à la Fenêtre (poème de Camille Lemonnier). Donnons un exemple de son écriture originale :
Modéré
Plus lent
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
11 nous reste à mentionner les virtuoses, clianteurs, chefs d'orchestre et écrivains musicaux. Et tout •l'abord les muilres du violon, continuateurs des De lîériot et Vieuxlemps : Etiijène Ysaije, Cisar Thomson, illustres tous deux mondialement. Ysaye est compositeur. Il a fondé et dirige les Concerts Ysayc, où lurent produits la plupart des compositeurs et virluoses franco- wallons modernes. Cé^av Thomson a publié de nombreux arranj^ements des classiques. Marsick, Parent , Chaiimont, Zimmcr, etc. Les violoncellistes : Joseph Jiicobs (mort à Gand en 1910) et Edouanl hicotjs [né à Hal) ; les chanteurs Van Dyck, M"" Ih^i/lun, Scijuin, Jean Noté, Dufrane, etc., etc.; l'organiste .1. Mailly, le pianiste De Grcef, le hautboïste G. Guidé, codirecteur de la Monnaie, le corniste Maliy; les chefs d'orchestre nuhlmanii (Opéra- Comique de Paris), L. Jeldn (Monte-Carlo), Flon (Lyon), Veibruijgen (Londres), etc., etc.; les musicologues et publicistes Maurice Kiiff'cralh, directeur du Guide miisirnt et de la Monnaie, qui a publié de nombreux ouvrages : le Théâtre de Wagner de Tannhnùser à l'arsifal (0 vol.), l'Art de dtrii/er Vorchcstrc, des Etudes sui- Fidelio, Salotné, des IraducLions, etc., etc.; Octave Manx, directeur de VArt moderne et de la Libre Esthétique; Ernest Closson, professeur au Conservatoire de Uruxelles, musicologue et folk-loriste averti, hergnians, Vanden Borrcn, Divelshauwcrs, archéologues, etc.
Cette nomenclature pourrait, certes, s'allonger, caria Belgique est restée féconde en musiciens. Mais, participant de leur labeur et de leur lutte, nous sommes tenus, redisons-le, à la plus grande réserve en ce qui concerne les compositeurs du moment. Beaucoup n'ont point donné encore la mesure de leur talent. — Ou sait que nous avons voué notre effort d'autre part à l'aflirmation de nos « jeunes ><
foi'ces musiciennes, qui restent, mieux que l'essor économique, industriel et commercial qui lit notre réputation, l'expression du Rythme dont notre peuple marche aux utiles combats. Le simple aperçu que nous achevons (nous le développerons sous peu) a situé notre musique et ses maîtres à leur vraie place, dans l'histoire. — La pléiade actuelle, dans la dualité de ses tendances, rivales à la recherche d'un génie que les clartés lointaines ont si splendidement afhrnié, émules pour la conquête de la Beauté, souveraine au-dessus des individus et des races, nous présage un épanouissement digne sans doute de ce grand passé.