L'OPÉRA AU XVII" SIÈCLE. — ANGLETERRE
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La scène des adieux et la mort de Didon suffiraient à rendre l'œuvre immortelle. Le récitatit' a l'expression brisée, à bout de souffle, qui rend si poignant le monologue de l'héroïne de Berlioz, dans la même situation. L'air, construit sur une basse
chromatique descendante continue, est certainement issu de l'art italien; il a quelque chose de classique et il est d'une émotion admirable, surtout dans le passage : « Remcmbcr me\ » et dans la conclusion.
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ISSS ENCYCLOPÉDIE DE LA MVSIQVE ET DICTIOWAIRE DU CONSERVATOIRE
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HJSTOinE DE LA MUSIQUE
L'OPÉRA AU XVn<: SIÈCLE. - ANGLETERRE 1s8r.
L'opéra se termine par un pelit chœur, en canon, d'une poésie exquise, qui a la finesse de touche des maîtres madrigalistes de la fin du xvi" siècle; il laisse l'auditeur sous une impression de mélancolie voluptueuse et sereine'. — L'œuvre n'est pas sans défauts : trop d'ornements vocaux, une maigreur de développement, des chœurs homophones et pauvres, à la façon de Lully, enfin, comme dit Nagel, ces cadences abruptes, qui sont un vieil héritage de la musique anglaise. Mais tous ces défauts n'empêchent point que la Didon ne soit l'œuvre d'un compositeur de race et d'un vrai poète.
Purcell était alors sous le charme de l'art italien, et en réaction contre la musique française, dont il parle avec un superbe dédain dans la préface de ses i2 Sonates pour deux violons et basse, de 1683 -. Il devait, par la suite, revenir sur ce jugement trop sévère^, quand la Révolution de 1(588, en expulsant les Stuarts, livrés à l'influence française, permit de rendre justice à des voisins qui dès lors n'étaient plus dangereux*.
La musique du Masque de Betterton, pour le Dioclesian de Beaumont et Fletcher, en 1690, rappelle, en maints endroits, l'art de Lully, mais elle est plus gracile. Purcell a une prédilection pour les harmonies délicates, les dissonances caressantes, les froissements de septièmes et de secondes, le mélange subtil du majeur et du mineur, les nuances fines et changeantes; il se complaît dans une lumière pâle, enve-
loppée, qui sourit comme un soleil de printemps au tréivers du brouillard léger. Dioclesian est un vcrilable petit opéra-ballet, dont les morceaux forment une suite qui se tient du commencement à la fin; il montre, malgré quelque monotonie de sentiment et de rythmes, une maîtrise de forme. Le trio et le chœur final, sur un mouvement de Passacaille : Triumph viclorious Love, a une ampleur de développement toute hcendélienne. L'orchestre est composé de tlijles, hautbois, trompettes et cordes.
Cependant Dryden, qui, suivant la mode du jour, après avoir été francophile, était devenu ardemment nationaliste, avait entrepris d'écrire avec Purcell un opéra britannique. Ce fut le Roi Arthur, le chef-d'œuvre dramatique de Purcell^ (1691). Le poème, en vers blancs, a parfois une forte couleur barbare; et la musique exhale un délicieux arôme du sol natal. L'action se déroule au temps de la lutte des Bretons, sous Arthur, contre les envahisseurs Saxons, établis dans le Kent. La musique, presque tout épisodique, est réservée aux scènes féeriques ou pastorales; elle accompagne aussi un sacrifice religieux et barbare. Elle est imprégnée de la poésie des chansons populaires anglaises. Tel, le chant de victoire du premier acte : u Corne, if you dare », our trumpets sound, le charmant air des bergers au second acte : How btest are skeplierds, et l'air de Cornus, au cinquième acte : Your hay it ismow'd and your corn is reap\l, qui est purement populaire.
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5. King Arthur, or tke British Worthy, a dramalick opéra. — La musique ne fut pas imprimée du vivant do Purcell. Trois ans après sa mort, quelques airs furent publiés dans une anthologie do ses œuvres : VOrpheus Dritannicus, puis d'autres un peu plus tard. Nulle partition complète n'a été conservée. M. Cummings en a publié une reconstitution dans l'édition do la Société Purcell. (Partition réduite, chez Novello.) Les ciemples empruntés.
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