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La marche et le chœur qui suivent ne sont pas moins dignes de l'auteur de Judas Macchabée. Enfin l'œuvre se termine par une Grand Dance, une Chaconne monumentale, avec variations, dans le style de Lalaiide et Hœndel.
La production dramatique de Purcell, déjà si abondante, s'accrut encore, à partir de cette date jusqu'à sa mort. En 1691, en même temps que King Arthur, il écrivit la musique de trois autres pièces; en 1692, de sept pièces (dont The Indian Queen de Dryden), et de la célèbre Ode à Sainte-Cécile; en 1693, de quatre pièces ; en 1694, de six pièces (dont les deux premières parties du Don Quixote de D'Urley), et d'un grand Te Deum, qui resta longtemps célèbre en Angleterre; en 1695, l'année de sa mort, il mit en musique sept pièces (entre autres, Bonduca, une de ses meilleures œuvres, et la troisième partie de Don Quixote), sans parler de beaucoup de musique religieuse '.
Le malheureux Purcell dépensait son génie avec lièvre dans une quantité d'œuvres où la musique jouait un rôle secondaire. 11 était hanté par l'idée de sa mort prochaine. 11 avait perdu son père encore jeune; il avait vu mourir plusieurs de ses enfants-; il s'attendait à disparaître d'une façon subite, et il était plein d'angoisse pour le sort de sa femme et de trois enfants en bas âge. Aussi saisissait-il toutes les occasions de gagner le plus possible, afin d'assurer l'avenir des siens. Il se consuma à la tâche. Il mourut, le 21 novembre 169o. On l'enterra à Westminster, trétait la musique anglaise, qu'on enterrait avec lui.
L'œuvre de cet homme, qui mourut à trente-six ans, est plus étendue que celle d'aucun autre compositeur du siècle. Dans toutes les branches de l'art : musique dramatique, musique religieuse, musique instrumentale^, il excella. 11 eut un esprit cosmopolite, connaissant bien Lully, Carissimi, probablement Monteverdi et les Vénitiens, très certainement les sonates de violon italiennes. En même temps, il resta très anglais et ne perdit jamais contact avec le génie de sa race. Ce fut un grand malheur pour l'art de l'Angleterre qu'il disparut prématurément, comme étaient morts en pleine jeunesse Orlando Gibbons et Pelham Humphrey. Peut-être, d'ailleurs, n'eût-il pas eu la force, s'il eût vécu davantage, d'empêcher l'abdication de la musique anglaise. Son génie avait quelque chose d'un peu féminin, de frêle, de peu résistant. Sa charmante modestie, qui s'humiliait devant la beauté des OHivres étrangères, l'eiil peutêtre amené à se laisser noyer, lui aussi, par le flot de l'art italien; il manquait de ce rude orgueil national, qui est souvent une cause d'étroitesse pour l'esprit,
musique dramatique de Pu certain nombre de ses compositions religieuses, qui ont un tère tliéùti-al. Ainsi, la fameuse scène de Saûl et la Sorcière d' dont l'effet mystérieux et tragique est saisissant. Bien ( scènes sont comme des fragments d'oratorios.