‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 41 sur 364 · II. Lir · texte numérisé non relu

II. Lir

1 les Débuts de l'opéra

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niSTOIRE DE LA MVSIQVE

des plus intéressantes de l'histoire de l'opéra français. Touchant, par une de ses extrémités, à l'art majestueux, nol)le, mais un peu monotone du Flolentin, et, par l'autre, à l'art harmonieux et vivant du Chevalier, elle embrasse l'évolution de la trafjédie lyrique depuis sa forme aristocratique de spectacle de cour jusqu'au drame plus humain et profondément pathétique du chantre d'Alccslc. Tout un siècle s'y montre attentif à la conquête de l'expression musicale, à la culture de l'émotion; en même temps, les ([uerelles esthétiques surgissent et se répercutent en longues et bruyantes batailles d'idées au sein desquelles naît la critique musicale.

A cette période si tumultueuse de l'histoire de la musique française, Rameau confère un éclat particulier. Son art, volontaire et réfléchi, issu des principes lullistcs, ajoute au respect de la déclamation et ù la justesse de l'expression des touches brillantes, des rehauts de couleur empruntés à la musique pure. On dirait que, dans la tragédie lyrique de Lulli, la musique, servante appliquée de la poésie, s'efforce de ne point trop détourner l'altention sur elle-même; elle demeure discrète et un peu effacée, et c'est très exaclement que M. Henry Houssaye a traité de camaïeux les compositions du surintendant de la musique du grand roi. Hameau, lui, brosse des fresques lumineuses et éclatantes; si sa conception théâtrale reste aristocratique, du moins laisse-t-elle bénéficier l'opéra des progrès que l'art des sons a réalisés depuis la fm du xvu« siècle; aussi, Rameau va-t-il joindie à de robustes architectures des décorations plus délicates et plus nouvelles. Combinaisons ingénieuses île rythmes expressifs ou spirituels, utilisation originale des timbres de l'orchestre, il ne négligera rien pour éclairer et parer la tragédie en musique, mais il faudra attendre Gluck pour que cet art à la fois puissant et recherché, pour que cet art de lettrés et de connaisseurs palpite d'un grand souftle d'humanité et de sympathie.

Nous diviserons la présente étude en trois parties : la première sera consacrée à la période, longue de prés d'un demi-siécle, qui sépare la mort de Lulli des premiers opéras de Rameau; nous l'appelons la période préramiste. La seconde traitera de Hameau, et dans la troisième nous essayerons de retiacer le rôle glorieux que le chevalier Gluck a joué dans la réforme de l'opéra.

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