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'.NC.YChOPÈniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIHE nU CONSERVATOIRE
Rousseau raconte, dans ses Confessions, que le duc de Richelieu l'avait chaigé de remanier la Princesse de Jiavarre de Voltaire et Rameau, pour la transformer en Fêtes de liamirc. Après avoir expliqué que la partie littéraire de ce travail fut exécutée très rapidement, Rousseau insiste sur la parlie musicale, notamment sur les récitatifs nouveaux, qu'il dut écrire en entier. M. Malherbe s'est montré très sceptique à l'égard de l'importance que Rousseau se donna en cette circonstance', tandis que M. Tiersot a récemment soutenu que la participation de Jean-Jacques fut bien celle qu'indiquent les Confessions''. Toutefois, la question demeure obscure.
Afin d'assurer son existence matérielle, Rousseau copiait de la musique, et on a pu établir qu'en sept années il en copia environ 11.000 pages^ De plus, il fournissait à rBncî/c/op''di(; une série d'articles relatifs à la musique qui, remaniés, devinrent plus tard le Dictionnaire de musique (1767). Enfin, il prenait une part active à la fameuse Querelle des Bouffons ou Guerre des Coins.
On sait qu'elle éclata à la suite de la représentation, à l'Opéra, par la troupe de Manelli et d'Anna ïonelli, de la Serva padrona de Pergolèse (1" août 1752)*. A vrai dire, la guerre entre la musique française et la musique italienne couvait depuis le commencement du siècle, depuis le Parallèle de l'abbé Raguenet et la Comparaison de Lecerf de la Viéville, et l'arrivée des Bouffons à Paris ne fut qu'un épisode plus marqué de cette longue querelle. Durant la première moitié du xww siècle, l'inlluence de l'Italie s'était exercée de façon constante sur notre musique; sans cesse, compositeurs et esthéticiens se préoccupaient soit d'accorder les deux goûts, français et italien , soit d'expliquer leur divergence. Non seulement la musique instrumentale se pénétrait d'éléments italiens, mais encore nombre d'ouvrages dramatiques, tels que ceux de Campra et d'Aubert, par exemple, reflétaient l'action exercée sur leurs auteurs par les artistes transalpins. Rameau lui-même, nous l'avons vu, appréciait vivement Pergolèse et s'entendit traiter d'Italien par les Lrrllistes '.
Quoi qu'il en soit, les hostilités s'ouvrirent sur l'initiative de Grimm, au moment de la reprise de l'Omphalc de Destouches, en janvier t7o2. A peine ce vieil opéra eut-il revu le feu de la rampe, que Grimm l'attaqua violemment; mais, à travers Omphate, la Lettre de M. Grimm sur « Ompluile » atteignait directement toute la musique française. Ce pamphlet provoqua une réponse de l'abbé Raynal, sous le titre de Remarques au sujet de la Lettre de M. Grimm sur « Omphale B, bientôt suivie de la Lettre [de Rousseau] à
i. Rameau, Œm-res complètes, t. XI, p. un du Commentaire bibliographique.
2. J. Tiersot, loco cit., p. 256, 259. Voici en quels termes Rousseau précise sa collaboration : .. Mon travail en musique fut plus long et plus pénible. Outre que j'eus à faire plusieurs niorceauï d'appareil, et entre autres l'Ouvcrture.tout le récitatif, dont j'étais chargé, se trouva d'une difficulté extrême, en ce qu'il fall lit lier souvent en peu de vers et par des modulations très rapides des symphonies et des chcBurs dans des tous fort éloignés ; car, pour que Rameau ne m'accusât pas d'avoir défiguré ses airs, je n'en voulus changer ni transposer aucun. Je réussis à ce récitatif. Il étoit fort bien accentué, plein d'énergie, et surtout excellemment modulé. »