‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 99 sur 364 · Tiersot, loco cit., p · texte numérisé non relu

Tiersot, loco cit., p

4. Sur les représentations des Bouffons et l'esthétique de leurs Intermèdes, voir notre étude la Grandr Saison italienne de t75S, Les Bouffons, parue partiellement dans la S. /. M. (juin-juillet 1912), et en tirage à part (1912).

5. Voir P.-M. Masson, Lullisles et Ilamisles [Année musicale, 1911}.

6. Grimm a très bien exposé, dans le passage qui suit, l'importance que Paris donna a la Ouerelle des Bouffons :

• Les brouilleries du Parlement de Paris avec la cour, écrit-il, son

M. Grimm au sujet des Remarques sur « (Jmphale ». Dans cette Lettre, Rousseau, converti à la musique italienne, traitait celle-ci d'hirondelle, et assimilait la musique française à une oie grasse qui se traîne péniblement; il prenait aussi Rameau à parlie, et, après lui avoir reproché ses accompagnements trop savants, il écrivait : « Toutes ces belles finesses de l'art, ces imitations, ces doubles dessins, ces basses contraintes, ces doubles fugues, ne sont que des monstres difformes. »

Aussitôt le succès de la Serra padrona enregistré, les coups pleuvent de toules parts : le coin du Roi, violem ment attaqué dans le Petit Prophète de Bœmischroda de Grimm (1733), et les pamphlets font rage; Voisenon, d'Holbach, etc., discutent avec àpreté, et la Lettre sur la Musique française de Rousseau (1753) suscite un nouveau contingent de combattants, Fréron, Cazotte, Travenol, l'abbé Laugier, Yzo, de Morand, de Bonneval, Bâton, etc.".

Rousseau, se plaçant sur le terrain philologique, prétendait que la langue française était impropre à la musique; il défendait l'unité de mélodie et proscrivait, comme barbares, les fugues, les artifices du contrepoint et tout excès symphonique en général. Cependant, et c'est là un point à noter, il prédisait le rôle psychologique de l'orchestre, en reconnaissant à celui-ci le pouvoir d'exprimer <( par des chants pathétiques et variés ce que l'acteur ne doit que réciter^ ». Il reprochait à la musique française le bruit de son inexpressive harmonie, et prônait l'art italien moins compliqué et plus « naturel' ». Il terminait sa Lettre par la boutade célèbre que « les Français n'ont point de musique et n'en peuvent avoir ».

On retrouve les mêmes préoccupations musicales dans toute l'œuvre de Rouleau, depuis ses Confessions jusqu'à la Nouvelle Héloise, et il convient de remarquer, qu'en dépit de leui-s exagérations et de leurs erreurs, les critiques de Jean-Jacques contenaient une grande part de vérité. C'était justement que Rousseau s'élevait contre le merveilleux et l'emphase solennelle de l'opéra français; c'était à juste raison que, dans la Noui^clle Héloise, il accusait l'opéra français de représenter, « non seulement toutes les merveilles de la nature, mais beaucoup de merveilles bien plus grandes que personne n'a jamais vues », ajoutant que « sûrement Pope a voulu désigner ce bizarre théâtre par celui oii il dit qu'on voit, pêlemêle, des dieux, des lulirrs, des monstres, des rois, des bergers, des fées, de la fureur, de la joie, un feu, une gigue, une bataille et un bal' ».

Tout ce merveilleux, aussi fantastique que décousu, commençait à devenir suranné; la mise en scène et

exil et la grand'cliambre transférée à Pontoise, tous ces événements n'ont été un sujet d'entretien pour Paris que i)endant vingt-quatre heures, et quoi que ce corps respectable ait fait, depuis un an. pour fixer les yeux du public, il n'a jamais pu obtenir la trentième partie de l'attention qu'on a donnée à la révolution arrivée dans la musique. Les acteurs italiens qui jouent depuis dix mois sur le théâtre de I Opéra de Paris, et qu'on nomme ici bouffons, ont tellement absorbé l'attention de Paris, que le Parlement, maigre toutes s-^s démarches et proi'édures qui devaient lui donner de la célébrité, ne pouvait pas manqu'^r de tomber dans un oubli entier. Un homme d'esprit a dit que l'arrivé» de Manelli nous avait évité une guerre civile, parce que, sans cet événement, les esprits oisifs et tranquilles se seraient sans doute occupés des différends du Parlement et du clergé, et que le fanatisme, qui échauffe si aisément les tètes, aurait pu avoir des suites funestes. » (Grimm, Coprespondance (i/tiîrnirei juillet 1753, p. 259.)

7. Voir J.-J. Itottsseau et la psychologie à l'orchestre, par F. Hellouin (19031.

8. Cette lettre provoqua trente réponses. Marpurg en donne une analyse dans ses Beylrdge de 1754 (I, p. 57, 58). Voir P.-M. Masson, les Idées de liousseau sur la musique.

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