‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 117 sur 330 · EXEMPLE DANS LA GAMME D'IT · texte numérisé non relu

EXEMPLE DANS LA GAMME D'IT

FJ degré 2? deg-ré 3? degrré 4? degré 5? degré 6S degré 7? degré 8f degré

"TT-

inz

Noms:

tonique sus-tonique raédiante

Propriétés; fondamental Utonïqoe

sous sus

dominante dominante dominante sensible octave

tend vers repos tend yers twod & repos

la raédiante secondaire la dominante monter

Dans une gamme quelconque, la tonique [l"' note), la sous-dominunle (4= note) et la dominante (S'note), sons primordiaux des trois accords parfaits générateurs de cette gamme, en sont en même temps les notes tonales. Ces trois notes sont donc les plus importantes dans toutes les gammes, parce qu'elles en caractérisent le sens tonal.

Terminons ce paragraphe en observant que quelques théoriciens ont appelé le second degré sous-mcdiante et le quatrième sus-médlante. Nous leur préférons ceux de sus-tonique et de sous-dominante, en raison de leur voisinage des deux notes essentielles de la gamme. On a également donné une autre origine aux mots dominante et sous -dominante. Nous avons vu que tout son musical faisait résonner harmoniquement un autre son placé à la douzième juste

au-dessus, ou, ce qui équivaut au même, à la quinte juste supérieure.

Nous savons également que tout son musical est engendré par un autre son placé à la douzième juste au-dessous, ou, ce qui est la même chose, à laquinte Juste inférieure.

Gr, pour distinguer les deux quintes d'une note quelconque, l'une supérieure, l'autre inférieure, on a appelé dominante la note formant la quinte juste supérieure, et sous-dominante celle formant quinte juste inférieure.

8. Génération des gammes et des tons. — Après avoir appris en vertu de quel principe naturel la gamme est formée, et quelle est dans cette gamme la fonction de chacun de ses degrés, il nous faut savoir dans

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTION.VAinE DU CONSERVATOIRE

quel ordre se produiseiU les différentes gammes (ou tons) et les altérations nécessaires à leur formation. C'est ce qu'on appelle la génération des tons.

On entend par génération des tons (ou gammes), le sj'Stème pai- lequel tous les tons (ou gammes) naissent les uns des autres pour formel' une c/iaùie dont chaque ton est un anneau : de là l'expression d'enchaînement des tons, également usitée.

Le système de génération des tons peut s'expliquer de deux manières : premièrement, par le principe même de la résonance des corps sonores ; secondement, par l'enchainement des tétracordes, dont il sera parlé plus loin.

9. Génération des tons et des gammes par le principe de la résonance d'un corps sonore. Enchaînement des tons par quintes justes. — On sait que parmi les sons harmoniques d'un son générateur quelconque, il en est un prépondérant, placé à sa douzième supérieure et ramené, pour la commodité de l'exécution vocale, à sa quinte supérieure.

Prenons comme point de départ le son que nous appelons !(^ tonique d'une première gamme que nous connaissons déjà et appelée gamme naturelle d'ut, d'où est formé le ton d'ut.

Cet ut pris comme son générateur porte en lui son harmonique sol, placé une quinte juste plus haut, qui lui-même peut être pris comme tonique d'une nouvelle gamme appelée gamine de sol, d'où est formé le ton de sol.

A son tour ce so/ engendre son harmonique J-é, placé une quinte juste au-dessus, qui devient tonique de la gamme et du ton de ré.

Le ton de cc^ engendre celui de la, placé une quinte juste plus haut; et, ainsi de suite, un ton engendre un ton nouveau placé à une quinte juste ascendante.

On sait également qu'un son générateur peut être lui-même engendré par un autre son placé une douzième juste au-dessous de lui et donnant toujours, pour la commodité de l'exécution vocale, l'intervalle plus rapproché de la quinte juste inférieure.

Par exemple, le son wi est engendré par sa quinte juste inférieure /■(!. Ce fa peut être pris comme tonique d'une nouvelle gamme appelée gamme de fa, d'où est formé le ton de fa. Il est lui-même engendré par une autre quinte inférieure qui est si bémol, et -ce si bémol devient tonique de la gamme et du ton de si bémol; et, ainsi de suite, un ton engendre un ton nouveau placé à une quinte juste descendante.

On voit, par ce qui précède, que tous les tons s'engendrent les uns par une progression de quintes justes ascendantes, les autres par une progression de quintes justes descendantes, en raison du principe fourni par la nature, et par lequel un son générateur porte en lui un autre son appelé harmonique et placé une quinte juste au dessus, et est lui-même engendré par un son générateur placé une quinte juste au dessous.

•10. Modulation. — Le passage d'une gamme à une autre s'appelle modulation. Changer de gamme ou de ton (ce qui est la même chose), c'est moduler et déplacer la tonalité.

H. Emploi des altérations dans la formation des gammes. — On sait que toute gamme nouvelle doit être identiquement semblable à la gamme naturelle et modèle d'utel que, pour cela, il est nécessaire d'altérer certaines notes. Quand on passe du ton d'ut au

ton de sol, on module au ton de la dominante, c'està-dire à la quinte supérieure, parce qu'on prend pour tonique d'ime nouvelle gamme la dominante du ton d'où l'on vient. Or, dans la camme de sol, le fa serait placé à un ton de la tonique.

Il faut donc hausser par un dièse le septième degré fa, afin de le placer à un demi-ton de la tonique sol et de lui donner la qualité de sensible, comme cela a lieu dans la gamme modèle d'ut.

11 résulte de là le principe suivant : Tout enchaînement d'une gamme à une autre gamme placée une quinte juste au dessus, donnant une modulation à la dominante, nécessite l'emploi d'une altération ascendante devant le septième degré de la gamme dans laquelle on module.

En conséquence, pour moduler à la dominante ou à la quinte juste supérieure, on dièse la sous-dominante de la gamme que l'on quitte pour donner une sensible à la gamme dans laquelle a lieu iencha'mement modulatoire.

D'autre part, quand on passe du ton d'ut au ton de fa placé une quinte juste au-dessous, laquelle est la sous-dominante ou quarte juste supérieure du ton d'ut, on module au ton de la sous-dominante, parce qu'on prend pour tonique du nouveau ton la sousdominante du ton d'où l'on vient. Or, dans la gamme de fa, le si serait trop haut s'il était placé à un ton au-dessus du 3" degré au lieu de l'être à un demiton diatonique comme cela a lieu entre le troisième et le quatrième degré de la gamme modèle d'ut.

■ Il faut donc abaisser ce si par une altération descendante, afm d'établir la distance d'un demi-ton entre le troisième et le quatrième degré, comme cela a lieu dans la gamme modèle d'ut.

-^ rt^

Il résulte de là cet autre principe : Tout enchaînement d'une gamme à une autre gamme placée à la qu'tnte juste inférieure, ]yroduisant une modulation a la sous-dominante, nécessite l'emploi d'une altération descendante devant le quatrième degré {sous-dominante) de la gamme dans laquelle on module.

En conséquence, pour moduler au ton de la sousdominante (ou quarte juste supérieure), on met une altération descendante devant la note sensible de la gamme que l'on quitte, pour donner une sous-dominante à la gamme dans laquelle a lieu l'enchaînement modulatoire.

On peut oliserver, par ce qui précède, que lorsque renclia/nenient d'une gamme à la gamme suivante a lieu à la quinte juste ascendante, au ton de la do-

TECUXIQIE, ESTIIÉTIQCE ET PÉDAGOGIE

minanlt', remploi d'un nouveau diéso csl nécessaire. Ce tliêse se place devant la sous-dominante du ton que l'on quitte, laquelle devient note sensible du nouveau ton.

On doit encore observer que lorsque l'encluiinenient d'une gamme à la gamme suivante a lieu à la quinte jusie descendante, qui est la sous-dominante de la premicre gamme, l'emploi d'un nouveau bémol est nécessaire. Ce bémol se place devant la nule sensible du Ion que l'on quitte, la(iuelle devient sousdominante dans le nouveau ton.

Ainsi, en modulant successivement à la dominante par une progression de ijuintes justes asccyiilanlcs à partir du ton à'iit, on obtient les opérations suivantes :

l» Ut, Ionique du Ion d'ut, engendre sa quinte harmonique sol, qui devient tonique du ton de sol^ et la note fa, sous-dominante en ut, devient fa dièse, note sensible en .<o/.

2" Sol, tonique du ton de sol, engendre sa quinte harmonique ré, qui devient Ionique du ton de rt', et la note ut, sous-dominante en sol, devi ent «/ rf/csc, note sensible en ré.

3° lié, Ionique du ton de ré, engendre sa quinte harmonique la, qui devient tonique du Ion de la, et la note sol, sous-dominante en ré, devient sol diùsc,nole sensible en la.

4" La, Ionique du ton de la, engendre sa quinte harmonique »)ii qui devient tonique, et la noie ré, sousdominanle en la, devient ré dièse, note sensible en mi.

5" Mi, tonique du ton de mi, engendre sa quinte harmonique si, qui devient tonique du Ion de si, et la note la, sous-dominante en mi, devient la dièse, note sensible en si.

6» Si, tonique du ton de si, engendre sa quinte harmonique fa dièse, qui devient tonique du ton de fa dièse, et la note mi, sous-dominante en si, devient mi dièse, note sensible en fa dièse.

7° Fa dièse, tonique du ton de fa dièse, engendre sa quinte harmonique ut dièse, qui devient tonique du ton d'ut dièse, et la note si, sous-dominante en fa dtèse, devient si dièse, noie sensible en ut dièse.

En second lieu, en modulant successivement par une progression de quintes justes descendantes à par tir du ton d'ut, on obtient les opérations suivantes :

1° l't, tonique du ton d'ut, est engendré par sa

iliiinte jusle inléricurc fa, qui devient Ionique du ton de fa, et si, note sensible en ut, devient si bémol, sonsdominante en fa.

2° Fa, tonique du Ion de fa, est engendré par sa quinte juste inférieure si bémol, qui devient tonique du ton de si bémol, et mi, note sensible en /((, devient mi bémol, sous-doniinanle en si bémol.

'i" Si bémol, tonii|ue du Ion de .si béniol, est engendré par sa quinte juste inférieure mi bémol, qui devient tonique du ton de mi bémol, et la, note sensible en si bémol, devient la bémol, sous-dominante en mi bémol.

4" Mi bémol, tonique ilu ton de mi bémol, est engendré par sa quinte juste inférieure, la bémol, qui devient lonicpie du ton de la bémol, et ré, note sensible en mi bémol, devient ré bémol, sous-dominante en la bémol.

0° La bémol, tonique du ton de la bémol, est engendré par sa quinte juste inférieure ré bémol, qui devient tonique du ton de ré bémol, et sol, note sensible en la bémol, devient sol bémol, sous-doraiiiante en ré bémol.

6° Ré bémol, tonique du ton de ré bémol, est engendré par sa quinte juste inférieure sol bémol, qui devient lonlciue du ton de sol bémol, et ut, note sensible en ré bémol, devient ut bémol, sous-dominante en sol bémol.

1" Sol bémol, tonique du ton de sol bémol, est engendré par sa quinte jusle inférieure ni bémol, qui devient Ionique du ton d'ut bémol, eifa, note sensible en sol bémol, devient fa bémol, sous-dominante en ut bémol.

Les démonstrations précédentes nous feront mieux comprendre renonciation des principes suivants :

1° Le nombre de quintes justes ascendantes séparant le ton d'ut [ou la ;jamme d'ut, ce qui équivaut au même) d'un ton nouveau est égal au nombre do dièses entrant dans la formation de ce ton {ou de celte ijamme).

On peut encore énoncer ce principe sous cette autre forme : Chaque ton (ou yamme] contient autant de dièses qu'il y a de quintes justes ascendantes ou de modulations à la dominante le séparant du ton d'ut, parce que chaque modulation nouvelle à la quinte juste supérieure entraîne la venue d'un nouveau dièse.

Ainsi :

à sol . . .

B'ul

■A ré...

D'iil

Tj'uI

à lui . . .

D'il/

à si . . .

M'ia

à fa^. .

D'iil

une quinte juste

2 quintes justes ut-sol I sul-re

3 quintes justes iit-sol I sol-rè I rè-la

4 quintes justes ul-sol I sol-rè I ré-la \ la-mi

5 quintes justes

iil-siil I sol- ré I ré-la \ la-mi | mi-si

6 quintes justes

ul-siil I sol-ré I re-la | la-mi | mi-si | si-fuj^

7 quintes justes

ul-sol I rol-ré \ ré-la | la-mi | mi-si | si-fa^ | fa if-iil jf.

1 dièse.

2 dièses.

2° Le nombre de bémols entrant dans la formationd'union {ou d'une gamme) est égal au nombre de quintes justes descendantes sépjarant le ton d'ut de ce ton [ou de cette gamme).

On peut également énoncer le même principe sous celte autre forme : Chaque ton {ou gamme', contient

autant de bémols ^u'il y a de modulations à la sousdominante le séparant du ton d'ut, parce que chaque modulation nouvelle ii laquinte juste descendante constituant une modulation â la sous-dominante entraîne la venue d'un nouveau bémol.

Ainsi :

ENCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOWAIliE DU CONSERVATOIRE

D ut

ri

une quinte juste descendante

D'ttt

mi}r

D'iil

ltt\f

D'iil

Ti\>

D'ut

Slll\f

D'tit

quin

tes

justes descendantes

3 quintes justes descendantes

ut

fa

sib

mi b

■i quintes justes descendantes

ut

mi b

fa

SI il

va r

5 quintes justes descendantes

Ht

si\>

mib

6 quintes justes descendantes

ut fa

si'b

réb

fa 1 seb

7 quintes justes descendantes

ut

fa sib

mi b

lab

réb

mi

;rb

so/b

1 bémol

2 bémols

sc'b so/b

"'bl

Les sept notes de la gamme prises par succession de quintes justes ascendantes engendrent donc sept modulations à la dominante à partir du ton d'ut jusqu'au ton d'ut dièse, d'où proviennent sept gammes (ou Ions) prenant de un à sept dièses.

Gamme ou ton i'ut :

Toutes notes naturelles :

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