‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 121 sur 330 · Comment on reconnaît le ton d'un morceau · texte numérisé non relu

Comment on reconnaît le ton d'un morceau

— Après avoir analysé tout ce qui concerne Y<n-iiiuture tonale formée des altérations constitutives d'un ton, nous devons chercher par quel moyen on connaît en quel ton est t'crit un morceau de musi^iue quelconque.

Ce moyen nous est fourni par cette armature.

Rappelons-nous d'abord que lorsqu'il y a des dièses â la clé, le dernier dièse fi'jurant à la clé est toujours la note se.nsil^lc du ton (ou de la cjamme) et que la Ionique de ce ton est la note placée un demi-Ion diatonique au dessus. Donc, cette observation étant faite, nous pouvons énoncer le principe suivant :

Quand il y a des dièses à la clé, on connaît le nom de la tonique du ton du morceau par la note placée un demi-ton diatonique au-dessus du dernier dièse figurant à laclé; cette note donne son nom au ton.

E.vemple : il y a quatre dièses à la clé : fa, ut, sol, ré dièses. Le dernier nommé est ré; la note placée un demi-ton diatonique au-dessus de ré dièse est mi; avec quatre dièses à la clé, le morceau est donc éci it dans le ton de mi.

Quand il y a des bémols à la clé, sachant déjèi que le dernier bémol placé à la clé affecte toujours la sousdominante (quatrième degré), pour trouver la tonique cherchée, nous devrons descendre quatre degrés audessous de ce dernier bémol.

Nous pouvons donc d'après cela formuler la règle suivante :

Quand il y a des bémols à la clé, on conna'it le Ion du morceau par la note placée quatre deurés au-dessous du dernier bémol figurant èi l'armature; cette note donne son nom au ton.

Exemple : il y a quatre bémols à la clé : si. mi, la, ré bémols. Le dernier nommé est ré ; la note placée quatre degrés au-dessous de ré bémol étant la bémol, le morceau est donc écrit dans le ton de la bémol. On dit la bémol et non pas la naturel, parce que ce 1(1 figure à l'état de bémol dans l'armature.

Plusieurs bémols figurant à la clé, on connaît éga-r lenient le toti par l'avant-dernier, qui donne son nom au ton. Par exemple, il y a deux Ijémols à la clé : si et )/(/,; l'avant-dernier est si, le morceau est donc en si bémol.

On se rappellera que lorsqu'il n'y a qu'un seul bémol, on est dans le ton de /«. On se rappellera également que lorsque aucun signe d'altération ne figure à l'armature, le morceau est daus le ton à'ut.

Tels sont les principes les plus logiques, pour connaître le ton d'une composition musicale.

22. Comment on reconnaît quelles sont les altérations constitutives d'un ton. — Si, à présent, nous voulons savoir quelle est l'armature tonale d'un ton

•Quelconque, il nous faut avoir recours à un moyen qui va nous être fourni, encore celte fois, par \a.note sensible pour les tons prenant des dièses, et par la seus-doniinante pour ceux prenant des bémols.

Il s'agit, en premier lieu, de savoir si le ton dont 011 désire connaître l'armature prendra des dièses ou des bémols.

Si la note sensible est diésée, le ton jvend des dièses; si elle est une note naturelle ou une note bémolisée, le ton prendra des bémols.

On cherche, par exemple, si le ton de fa prend des dièses ou des bémols. Quelle est la note sensible de /rt? C'est mi; mi étant une note naturelle, le ton de fa prendra un bémol à la clé.

Autre exemple : on cherche si le ton de ré prend des dièses ou des bémols. Quelle est la note sensible du ton de rél C'est ut dièse. Cet ut dièse nous indique que le ton de ré prend des dièses.

Ce premier point étant connu , pour savoir combien un ton prend de dièses à la clé, nous chercherons quelle "ist la note sensible de ce ton, et, sachant déjà que cetln note sensible occupe le dernier rang à l'armature, nous connaîtrons de la sorte celte armature.

Ainsi, on désire connaître l'armature du ton de si. Mous cherchons quelle est la note sensible dans le ton de si, et nous trouvons la dièse. En nommant toute la série des dièses jusqu'à ce la, nous obtenons les cinq dièses : fa, ut, sol, ré, la, qui forment en effet l'armature du ton et de la gamme de si.

D'autre pari, on désire connaître l'armature du ton de mi bémol. Après avoir établi que cette armature ne peut être formée que par des bémols, et en nous rappelant que le dernier bémol de l'armature est le quatrième degré {sous-dominante) du ton cherché, nous trouvons la note la bémol comme quatrième degré (sous-dominante) en mi bémol. Prenant ensuite la série des bémols jusqu'au la bémol, nous obtenons S), mi, la, dont est formée l'armature du ton de mi bémol.

On peut encore savoir quelle est l'armature d'un ton, par le nombre des quintes justes séparantce ton du ton d'ut. On a vu, dans le courant de cet entretien sur la tonalité', que d'autant de quintes justes un ton est élevé au-dessus du ton naturel d'ut, autant il prend de dièses à la clé; et que d'aulant de quintes justes il lui est inférieur, autant il prend de bémols.

Pour connaître l'armature d'un ton, il faut donc compter le nombre de quintes justes qui le sépare du ton d'ut; ce nombre de quintes nous donnera également le nombre des dièses, si le ton naît de la progression ascendante, et le nombre des bémols, si le ton résulte de la progression descendante.

Ainsi, le ton de mi, étant quatre quintes justes audessus du ton d'ut

(Progression ascemlante)

{ut, sol, ré, la, mi),

prend quatre dièses, faH, «(#, solif, rèit, et le ton de

ré h, placé cinq quintes justes au-dessous du ton d'ut

(Pro^'ression descendante)

{ut, fa, sih, mil', la\), ré\,),

recevra cinq bémols à la clé, si\<, mi\,, la\,, réb, sol[>.

9e ENTRETIEN THÉORIQUE

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