Gamme et tons homonymes. Définition. — On
appelle gammes homonymes deux gammes formées de notes dont les noms sont semldables, mais dillerent entre elles par leur manière d'être, étant naturelles dans l'une et altérées dans l'autre. Par exemple les gammes d'ut naturel majeur, d'««
1. On trouve également dans quelques auteurs l'appellation de Ions conjoints.
dièse majeur et d'ut bémol; celles de sol naturel et sol 6émo/ majeurs; de mimineurei mi bémol mineur, sont des gammes homonymes.
Les gammes homonymes présentent cette particularité que lorsqu'on les chante en nommant le nom des notes qui les composent, les yeux lisent les notes à leur position exacte, les oreilles entendent le son exact appartenant aux notes, tandis que les lèvres articulent, pour les deux gammes, les mûmes noms de notes, quel que soit l'état naturel ou altéré de ces notes.
Par exemple, si l'on chante en nommant le nom des notes, les trois gammes d'ut naturel, d'ut dièse et d'ut bémol, les lèvres articuleront [pour ces trois gammes les mêmes noms de notes : ut, ré, mi, fa, sol, la, si, alors que les yeux liront et les oreilles entendront :
1" ut, ré, mi, fa, sol, la, si.
2° ut if, ré a, mi», fa Jf, so/fi, la S, si S- 3° ut \i, ré h, mi h, fa b, sol [i, la [>, si b- Quelques théoriciens se sont préoccupés de cet usage anormal et de pure convention, qui fait attribuer dans le solfège le même nom à des sons d'intonations différentes. L'un d'eux- imagina les trois alphabets suivants :
Notes naturelles: ut, ré, mi, fa, sol, la, si. Notes diésées : té, ré, mé, fé, se, lé, je. Notes bémolisées : to, ro, mo, fo, so, lo, jo. Ce procédé n'a pas été adopté par l'usage. Les toniques de deux gammes homonymes sont placées à un demi-ton chromatique de distance. Les notes qui sont naturelles dans l'une sont altérées dans l'autre, et vice versa.
Ces toniques sont séparées entre elles par un intervalle de sept quintes justes ascendantes, c'est-à-dire par sept modulations à la dominante, quand on procède d'une gamme à son homonyme placée un demiton chromatique au-dessus; et par sept quintes justes descendantes, c'est-à-dire par sept modulations à la sous-dominante, quand on procède d'une gamme à son homonyme placée un demi-ton chromatique au-dessous.
Par exemple, entre la gamme de fa majeur et sa gamme homonyme fa dièse majeur, placée un demiton chromatique au-dessus, on parcourt les sept quintes ascendantes suivantes :
En procédant inversement, on trouvera entre la gamme de fait et sa gamme homonyme fa naturel, placée un demi-ton chromatique au-dessous, les sept quintes justes descendantes / ^^ Jt suivantes : \
Kn se rappelant que dans l'enchaîne- (2 ment des gammes chaque quinte juste ascendante amène une altération ascendante et que chaque quinte juste descendante amène une altération descendante, on comprendra facilement que deux gammes homonymes, séparées par sept quintes justes successives, comportent ensemble sept altérations, partagées en deux parts inégales et de natures diflérentes. C'est ce que démontre le tableau de page 282.