‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 133 sur 330 · TONS VOISINS. — 2» TONS ÉLOIGNÉS. 30 TONS HOMONYMES · texte numérisé non relu

TONS VOISINS. — 2» TONS ÉLOIGNÉS. 30 TONS HOMONYMES

1. Tons voisins. Définition.— Nous avons appris que, par le fait du phénomène naturel de la résonance d'un corps sonore, le son formant la tonique d'un ton porle en lui-même un autre son appelé harmonique et placé scientifiquement à la douzième juste au-dessus, et pratiquement à la quinte juste supérieure. Ce nouveau son devient lui-même tonique d'un nouveau ton, lequel se trouve en état de voisinage direct avec le premier, puisqu'il est engendré par lui.

D'autre part, la tonique de ce premier ton est ellemême engendrée par un autre son placé scientifiquement une douzième juste au-dessous, et pratiquement à une quinte juste inférieure, lequel devient luimême tonique d'un nouveau ton placé une quinte juste au-dessous, et se trouve également en état de voisinage direct avec le premier.

11 résulte de là qu'une tonique, génératrice d'une autre tonique placée une quinte juste au-dessus, et elle-même engendrée par une autre tonique placée une quinte juste au-dessous, forme avec ces deux nouvelles toniques, l'une engendrée et l'autre génératrice, les trois toniques de trois tons (ou gammes) en rapport de voisinage direct. Ces trois tons composent un groupe, dans lequel un principal (le primitif dans l'ordre) est placé entre les deux autres appelés (on le sait déjà) ses tons adjoints.

Les deux tons adjoints d'un ton principal sont en môme temps ses tons voisins. Toutefois, un ton principal a plus de deux tons voisins, nous allons le démontrer.

On n'a pas oublié que deux gammes relatives, l'une dans le mode majeur, l'autre dans le mode mineur, sont relatives entre elles, parce qu'elles sont formées des mêmes sons, des mêmes éléments. Il résulte de cette relation entre deux gammes de modes différents, qu'elles se trouvent en rapport de voisinage tonal. Deux tons relatifs sont donc pour cette raison, et réciproquement, voisins l'un de l'autre.

En conséquence, les tons relatifs des deux tons adjoints et voisins d'un ton principal sont également (OMS voisins avec ce dernier.

On peut déduire de ce qui précède, en premier lieu, pour te mode majeur, qu'un ton majeur principal (ou primitif) étant donné, ce ton a pour tons voisins : 1° son ton relatif mineur; 2° le ton majeur placé une quinte juste au-dessus de sa tonique, celui qui prend pour tonique sa dominante; 3° le ton majeur placé une quinte juste au-dessous de sa tonique, celui qui prend pour tonique sa sous-dominante; 4° le ton mineur relatif du ton majeur placé une quinte juste au-dessus, et dont la tonique est placée une tierce majeure au-dessus de celle de ce ton primitif; 5° le ton mineur relatif du ton majeur placé une quinte juste au-dessous, et dont la tonique est placée une seconde majeure au-dessus de celle de ce ton primitiL

Un ton principal majeur a donc cinq tous voisins ; deux majeurs et trois mineurs.

(ij)) Fa majeur

dbjRii

UT maj

La mineur

Sol majeur (l:jf)

rflf)

Nous allons voir, à présent, quels sont, dans le mode mineur, les tons voisins d'un ton mineur :

Un ton mineur principal (ou primitif) étant donné, ce ton a pour tons voisins: i" son ton relatif majeur; 2° le ton mineur placé une quinte juste au-dessus de sa tonique, celui qui prend pour tonique sa dominante; 3° le ton mineur placé une quinte juste au-dessous de sa tonique, celui qui prend pour tonique sa sous-dominante; 4° le ton majeur relatif du ton mineur placé une quinte juste au-dessus, et dont la tonique est placée une septième mineure audessus de sa tonique ; 5° le ton majeur relatif du ton mineur placé une quinte juste au-dessous, et dont la tonique est placée une sixte mineure au-dessus de sa tonique.

Un ton principal mineur a donc également cinq tons voisins : deux mineurs et trois majeurs.

Les deux tons mineurs adjoints et voisins d'un ton principal mineur prenant, le premier, une altération ascendante en plus de ce ton, et le second une allération descendante en plus, les relatifs majeurs du ton principal et de ses deux tons adjoints et voisins ayant avec ces tons une armature commune, on peut donc, comme nous l'avons fait pour le mode majeur, énoncer le principe suivant : Un ton mineur étant donné a pour ionsvoisins : 1" le ton qui prend la même armature que lui, c'est-à-dire son relatif majeur ; 2° le ton mineur prenant une altération ascendante en plus et le relatif majeur de ce ton; 3" le ton mineur prenant une altération descendante en plus et le relatif majeur de ce ton.

Exemple :

(IJ)) Fa majeur

(![)) Ré mineur

Tons voisins de La mineur.

Ut majeur

"LA mineur

Sol majeur (l#)

urll#)

En comparant le tableau des tons voisins à'ut majeur, placé plus haut, avec celui des tons voisins de la mineur, relatif à'ut majeur, on observera que les tons voisins de ces deux tons sont absolument les

TECHNIQUE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

mêmes. Il résulte de là renonciation du principe suivant :

Deux tons relatifs, en raison de leur relation, ont tout naturellement les nu'mes tons voisins.

C'est ce que démontre le tableau ci-après (voyez p. 280 et 281), dans lequel on trouvera l'indication des tons voisins de tous les tons majeurs et de tous les tons mineurs usités. Les tons majeurs sont placés dans la colonne de gauche. Dans la colonne de droite on voit les tons mineurs; chaque ton mineur étant placé en regard de son relatif majeur.

Chaque ton principal est désigné par des lettres majuscules. Les Ions voisins sont indiqués par des lettres ordinaires. A côté de chaque ton, sont indiquées, entre parenthèses, les altérations constitutives lui appartenant.

Quelques théoriciens désignent les tons voisins par les mots tons relatifs^.

Cette appellation a l'inconvénient de créer une équivoque entre les loyis voisins et les tons relatifs de deux modes dilTérents, mais correspondant l'un à l'autre, en raison de leur armature commune.

2. Tons éloignés. — Un ton principal étant donné, tous les autres tons qui diffèrent avec lui par plus d'une altération constitutive sont apjjetés : tons éloignés de ce ton.

Or, tous les tons, autres que les cinq tons voisins d'un ton principal, sont, par rapport à ce ton, des tons éloignés.

Ainsi, par rapport au ton d'ut majeur, les tons de mi, de si, de fni, de mi h, sont des Ions éloignés, parce qu'ils dilTèrent aver le ton d'ut majeur par plus d'une altération constitutive.

Une remarque utile doit être faite relativement au degré de voisinage ou d'éloigncment d'un ton, par rapporta un autre: Ce n'est pas l'intervalle i)lus ou moins grand séparant les toniques de deux tons qui établit entre eux la qualité de tons voisins ou d'éloignés. Seide, la différence par plus d'une altération constitutive à l'armature d'un ton donne à ce ton le caractère de ton voisin ou de ton éloigné par rapport à un autre ton.

Prenons, par exemple, le ton de sol majeur qui prend un dièse constitutif à la clé ; la tonique la plus rapprochée de la tonique du ton de sol est celle du ton de la bémol majeur, placée une seconde mineure plus haut. Les toniques de ces deux tons sont en effet très voisines l'une de l'autre ; mais le ton de la \y, qui prend quatre bémols constitutifs à la clé, est malgré cela un ton éloigné par rapport au ton de sol, parce que le ton de la h, prenant quatre bémols, diffère par plus d'une altération constitutive avec celui de soi, qui ne prend qu'un dièse.

Au contraire le ton ré majeur (avec ses deux dièses fa et ut), dont la tonique est bien plus éloignée de celle du ton de sol que la tonique du ton de la h, est ton voisin avec celui de sol, parce qu'il ne prend à la clé qu'un seul dièse constitutif en plus.

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