Signe d'accentuation marquée, appuycc, ferme
TEC.IIXIQUE, ESTIIÈTIQVE ET PÉnAGOGIE
de genres JiU'érents, n'aura pas le même degré di' vitesse, d'aniraalion dans tous ces morceaux. Il se modifiera selon le caraclère du morceau et souvent selon l'espèce de mesure dans laquelle est conçu ce morceau. C'est ainsi que le mouvement Allegro w sera pas le même dans une sonate, une symphonie, que dans un morceau militaire. L'Alleyro d'une composition écrite dans la mesure à Dcux-qualre pourra quelquefois èlre plus rapide que celui d'une composilion écrite, par exemple, dans la mesure à Trohquatrc. Je ci(erai encore comme exemple des diverses modifications que peut subir un terme de mouvement, selon le cas où il est utilisé, le mot Moderato, qui indique un mouvement modéré. Il peut aussi bien indiquer un mouvement modéré dans ia lenteur que dans la vitesse. C'est le caractère et le genre du morceau auquel il est attribué qui devra en faire trouver le degré e.xact de rapidité. Il en est de même pour les termes de nuances. II est évident que dans la nuance d'une sonorité forte et dans celle d'une sonorité faible, il y a de nombreux degrés de force et de faiblesse. Ce sont le caractère, la forme, le sentiment expressif et le coloris des phrases musicales pour lesquelles ils sont employés, qui devront faire interpréter ces divers degrés de force ou de faiblesse sonores d'une manière parfaitement concordante avec ce caractère, celte forme, ce sentiment et ce coloris.
Il ne faudrait cependant pas conclure des précédentes observations, que tous les termes expressifs de mouvement, de nuance et d'accentuation n'ont qu'une signification vague. Un compositeur soucieux de la bonne interprétation de son œuvre saura employer, avec un discernement éclairé et réUéchi, le ternie exact pouvant l'aire parfailement comprendre sa pensée et ses intentions.
Chaque terme a certainement son caractère particulier qui le dislingue d'un autre terme ayant avec lui certaines analogies. Par exemple, le mouvement d'un morceau exigera comme ternie indicateur le vnotAdagio, et serait insuffisamment désigné par le mot Lento. Ces deux termes indiquent pareillement un mouvement lent, mais ont cependant chacun une couleur poétique, un caraclère expressif qui leur sont particuliers. Le mouvement d'un autre morceau exigera le terme Yirace comme indication de mouvement, et serait imparfaitement indiqué par le terme Presto, parce qu'il y a une nuance de coloris et de caractère qui dilTérencie ces deux termes de mouvement, lesquels indiquent cependant à peu près le même degré de vitesse animée.
Je le répète : c'est au compositeur à faire un choix judicieux, médité, des indications des mouvements, des nuances et des accentuations nécessaires pour la bonne compréhension de son œuvre par l'exécutant. De son côté, l'exécutant, doué d'une nature délicate et instruite, mettra tous ses soins à se pénétrer exactement du vrai sens de toutes ces indications, afin de les interpréter dans le style de l'œuvre et d'après la pensée et la manière du compositeur.
Un mouvement mal compris peut rendre méconnaissable la composition musicale la plus parfaite.
Les nuances et les accentuations doivent èlre également comprises exactement, sans exagération d'effel, ni mollesse dans l'exécution.
L'interprétation doit en être parfaitement conforme au senliment de la phrase musicale dont elle concourt à faire ressortir la véritable expression. Agir autrement, serait défigurer la plus belle pensée et dénaturer le caractère d'une œuvre.
17. Signes graphiques de nuances et d'accentuations. — On indique certaines nuances et ceilaines accentuations au moyen de signes graphiques spéciaux dont voici les principaux :
l.e soufflet est un signe de puissance correspondaiil aux mots crescendo, decrescendo .ou diminuendo.
Ainsi figuré — ' , il correspond ù cres-
cendo et indique qu'il faut augmenter graduellemcni la force des sons. Dans le sens contraire 7 "" —
il correspond à decrescendo ou diminuendo et indique qu'il faut diminuer progressivemenl les notes au-dessous desquelles il est placé.
Les signes d'accentuation sont classés en trois espèces :
1° Les accents par lesquels on indique une attaque du son d'une manière marquée, appuyée, renforcée, soutenue, et correspondant aux mots marcato, sforzatido, sostenuto.
Voici les principaux de cette première catégorie :
Le chapeau ainsi figuré ]•
Placé au-
dessus ou au-dessous d'une note, il indique que la note doit être accentuée, marquée fortement, 'avec fermeté.
Le petit soufflet, ainsi figuré p nu J , indique
que la note au-dessus ou au-dessous de laquelle il est placé exige une attaque plus forte suivie immédiatement d'une diminution de sonorité.
La petite barre horizontale, ainsi figurée — J
indique que la note doit être appu3ée avec plus de fermeté que les autres.
2° Les accents au moyen desquels on indique une attaque du son d'une manière détachée, légère, jnquée et correspondant aux mots staccato, détaché, leggicro, léger, picchettato, piqué et dont les plus usités sont les suivants :
Le point allongé » (• J (en forme de virgule
droite) indique que les notes au-dessus ou au-dessous desquelles il est placé doivent être détachées , piquées très légèrement, presque sèchement.
Le point allongé enlève à la noté les trois-quarts de sa valeur.
Exemple :
Le point rond
équivaut à équivaut à
, placé au-dessus ou au-des-
sous des notes, indique que ces notes doivent être quittées légèrement, mais cependant d'une manière moins brève, moins sèche qu'avec le point allongé.
Le point placé au-dessus d'une note est appelé point de diminution et enlève à cette noie la moitié de sa valeur, contrairement au point d'augmentation
E.ycrCLOPÈDlE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
placé à droite de la note, et qui l'augnieiUe de la moitié de sa valeur.
Point de
diminution
if
équivaut à « 7 équivaut ^ fj ^
Point ^
d'augmentation
équivaut a équivaut à
On peut voir, par ce qui précède, que le ■point allongé et le point de diminution se rapportent à la fois à la durée et à V accentuation.
3" Le signe d'accentuation au moyen duquel on indique que plusieurs sons consécutils doivent être exécutés d"une manière liée, et correspondant au motlegato(Iié)ou bien strisciato.qui veut dire coulé, s'appelle la liaison et est ainsi figuré :J
Le jeu lié [legaio) est opposé au jeu détaché {staccato). On a désigné également les notes liées par l'expression de notes coulées, et l'on appela pour cette raison [coulé) la ligne courbe représentant la liaison
Dans la musique de chant avec paroles, lorsque la même syllabe est prolongée sous plusieurs notes, on place une liaison au-dessus de ces notes :
J'ai
La liaison ainsi employée n'est plus seulement un signe d'accentuation, et devient encore une indication syllabique.
On se rappelle qu'en étudiant les signes de durée, la liaison a été considérée comme un signe de durée servante prolonger le son d'une note sur une autre et réunissant ainsi en une seule deux ou plusieurs valeurs :
en la considérant, à présent, comme signe d'accentuation indiquant les sons liés, coulés, exécutés par une seule respiration dans la musique vocale, ou par un seul coup d'archet dans la musique pour instruments à cordes et à archet, nous voyons que la liaison peut avoir plusieurs usages distincts.
On l'utilise en elfet pour indiquer les différentes manières d'accentuer toutes les notes ou un certain nombre de notes d'une mesure :
Les différents sifîues d'accentuation se combinent quelquefois ensemble.
La liaison et le ] oint rond combinés ensemble :
indiquent dans la musique de piano que les notes doivent être attaquées avec une certaine lourdeur et faiblement détaillées. Celte manière d'exécution constitue les notes portées. Dans le jeu porté, les notes sont séparées les unes des autres, ni liées, ni détachées, et le pianislH, a[irès avoir posé un peu lourdement le doigt sur bi touche, lève faiblement la main comme si elle porluit la note.
Dans les instninimls à cordes et à archet la combinaison simultanre de la liaison et du point :
indique le jeu détaché, le staccato exécuté d'un seul coup d'archet.
Dans la musique de chant on marque également de cette manière le staccato exécuté sur une seule syllabe par des articulations successives du gosier.
Le point rond peut ètie également combiné avec la petite barre horizontale et le petit chapeau :
Cette accentuation consiste à attaquer la noie lourdement, pesamment, et à la quitter aussitôt d'un manière détachée.
18. Respiration, retard. — Quelques compositeurs désignent les emlroits où l'on doit respirer (dans la musique vocalel par une virgule ou certains signes particuliers, quelquefois encore par la lettre R.
Le célèbre claveciniste Couperin (1668-1733) exprimait le retard, la suspension d'une note parce signe ^, qui produisait lelfet suivant :
Ecritare
tt
Effe<
L'usage de ce signe ne s'est pas répandu.
16e ENTRETIEN THEORIQUE
ORNEMENTS aÉLODlQUES
1. Ornements mélodiques. — Une mélodie (mélodie est pris dans Ir sens d'air, de chanl) et des accords formant harnionie, peuvent se piéscnter de deux manières. Dans la première, on n'admet que des notes essentielles (tablissanl la partie principale, le corps do la mélodie ou des accords. Dans la seconde, autour de ces notes essentielles et principales»
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
on place parfois d'aulies notes secondaires qui pourraient être supprimées sans que le corps même de cette mélodie en fClt déformé.
Ces noies secondaires sont employées pour orner le chant, lui donner plus de variété, de pràce et quelquefois de vigueur. Pour celte raison on leur ;i donné le nom d'ovni'incnts mélodijucs.
« Les ornements mélodiques sont en musique ce que sont, eu architecture et en menuisei-ie, les sculptures el les moulures ornant un monument ou un meuble. Ces sculptures et ces moulures ornent le monument et le meuble sans que, pour cela, leurs parties principales, qui en forment la charpente, puissent perdre de leur importance essentielle'. ■>
Les ornements mélodiques qu'on appelle aussi agréments, notes d'agrément, notes de goût, broderies, embellissements, et encore petites notes, parce que les notes qui les figurent sont plus petites que les notes principales, se placent devant ou après, au-dessus ou au-dessous des notes principales qu'ils doivent orner.
Leur caractère dislinclif est de ne pas compter dans la mesure, el de prendre leur valeur sur la note principale qui les suit ou sur celle qui les précède. Leur durée est arbitraire et peut varier dans d'assez grandes limites, selon le goflt de l'interprète.
Il est assez diflicile d'établir des règles absolument précises " relativement à l'exécution des ornements mélodiques, car ils sonl susceptibles de plusieurs modifications qui sonl absolument déterminées par le goCit et l'expérience- ».
Les principaux ornements mélodiques usités dans la notation moderne contemporaine, sont : l'appoggiature, les petites notes, le groupe, le mordant, le trille, la fioriture.
2. L'appoggiature. — L'appoggiature (de l'ilalien appoggiare, appuyer) est une note d'ornement sur laquelle on ap/)»îe fortement, avant d'attaquer la note principiile, sa voisine, sur laquelle elle se résout.
Quand elle est placée au-dessus de la noie principale, elle prend le nom d'appoggiature supérieure el peuL se trouver à la distance d'un ton ou d'un demiton diatonique de cette note principale. Elle est inférieure lorsqu'elle se trouve placée au-dessous de la note principale, et dans ce cas, elle est toujours à un demi-ton diatonique de celte dernière.
L'appoggiature est longue ou brève, simple ou douille. Elle s'écrivait anciennemenl au moyen de petites notes. Aujourd'hui elle est figurée par des notes réelles qui font partie intégrante de la mesure.
L'appoggiature longue, figurée par une petite note non barrée, prend la moitié de la valeur principale qui la suit, quand cette valeurest binaire, etdoit être plus accentuée que cette dernière :
Appog-g-iatures Iong:ues et supérieures ^Ancienne écriture