‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 180 sur 330 · Aloert LAVinsAC · texte numérisé non relu

Aloert LAVinsAC

i. Georges Kastneb, Grammaire musicale, ^ii^a 10.3,

ApposTgriatures long'ues et inférieures Ancienne écriture

A Anciç

ExécutKin et

écriture actuelle

jl jO • I ji Jj-^^

Aut^es exemples d'Appog-g-iatures loHgrues supérieures et inférieures

^Ancienne écriture k

tixéculiun et écriture actuelle

i;miVU:!f

Si la valeur prii opale sur laquelle se porte et appuie l'appoggiature longue est pointée, celte dernière prend les deux tiers de cette note principale :

.Ancienne écriture

.Exécution et écrltur^a^(:tuelle

Les indications précédentes concernant la durée et la valeur des appoggiatures longues, ne peuvent avoir une signification absolument exacte.

Celte durée dépend beaucoup du mouvement et du caractère du morceau.

Lorsque, dans un accord, la partie supérieure est orn(e d'une appoggiature longue, il faut frapper cette appoggiature en même temps que les noies inférieures, de manière à ce que la résolution ait lieu seulement sur la note supérieure de cet accord :

Ancienne écriture

Les appoggiatures sont placées sur les temps forts ou sur les parties fortes d'un temps.

L'appoggiature brève s'écrit par une petite note ordinaireinnU barrée, pour la dilférencierdela longue. Elle s'exécute très rapidement (d'où sa qualification de brève), et semble se précipiter sur la note principale, dont elle ne prend que le moins possible de valeur :

Appoggiatures brèves

Dans les appoggiatures précédemment étudiées, chaque appoggiature est jtnf^:»/^, parce qu'elle est formée par uiïe seule valeur.

L'appoggialure double esl formée de la réunion de deux appoggiatures simples, dont l'une esl à un degré au-dessus et l'autre à un degré au-dessous de la note principale. Elle doit être exécutée rapidement, et empiunte sa valeur à celle de la note principale. Les deuK notes composant l'appoggialure double forment toujours un intervalle de tierce majeure ou mineure (quelquefois diminuée) :

Ecriture: {avec des petites notes)

3. Les petites notes. — Les petites notes se placent entre deux notes principales; elles sont des noies de passage conduisant del'une à l'autre de ces notes principales. Elles doivent être exécutées rapidement, de manière à diminuer le moins possible la durée de la note principale qui les précède :

■ Ecriture

4. Le grupetto ou groupe. — Le groupe, appelé également le grupetto, mot italien francisé par l'usage et qui veut dire petit groupe, esl un ornement composé de trois ou quatre petites noies brèves précédant ou suivant l'attaque d'une note essentielle, principale, à laquelle il se lie et emprunte sa valeur.

La rapidité plus ou moins grande de son exécution dépend du caractère et du mouvement de la phrase musicale dans laquelle on le trouve.

Le grupetto s'écrit soit en petites notes, appelées notes postiches, soit au moyen d'un petit signe ainsi figuré : co ou c/o .

Les notes formant un grupetto consistent en une note essenlielle ou principale entourée allernalivement à droite et à gauche de sa note conjointe supérieure et de sa note conjointe inférieure. Les notes conjointes entourant une note principale et formant avec cette note un grupetto sont appelées noies auxiliaires ou accessoires.

Le grupetto peut avoir lieu de deux manières : 1° en commençant par la note supérieure; 2° en commençant par la note inférieure.

En commençant par la note supérieure de la note essentielle, le signe représentatii' s'écrivait autrefois de cette manière c/j , avec son crochet de gauche en haut:

, Ecriture

Exécution

Au contraire, ce signe s'écrivait avec le crochet de gauche placé en bas co quand le grupetto commmait par la note inférieure de la note essentielle :

Ecriture Exécution

Cette écriture était parfaitement logique.

Aujourd'hui le signe du grupetto s'écrit le plus souvent avec le crochet de gauche en bas ro . Quand on fait commencer le grupetto par la note inférieure, on l'écrit en toutes notes, sans le secours du signe.

D'ailleurs, par la règle suivante, quelle que soit la forme du signe du grupetto, on est fixé sur la manière de l'exécuter :

Le grupetto commence par la note supérieure quand la note suivante monte :

Le grupetto commence parla note inférieure quand la note suivante descend :

Le signe du grupetto se place soit au-dessus de la note essentielle, soit entre deux notes.

Placé au-dessus de la note, il prend sa valeur sur cette note et s'exécute devant elle :

- Ecri

:ure

txf

^mmu

-TO n

eJ

Placé entre deux noies, il emprunte sa valeur à la première et s'exécute entre ces deux notes en se portant sur la seconde :

A Ecriture

co

co

/)Exe

cutio

Entre deux notes de noms différents, le grupetto est formé de quatre notes :

Ecriture

i Exécution

Lorsqu'une des noies auxiliaires du groupe doit être altérée, le signe d'altération se place au-dessous du signe du grupetto si c'est la note inférieure qui est altérée, et au-dessus si c'est la note supérieure :

TECH.MQVE, ESTHÉTIQUE ET PÈnAGOOIE

PRINCIPES DE LA MUSIQUE 3.iO

Quand les deux notes auxiliaires sont altérées, les signes d'altération s'écrivent au-dessus et au-dessous du signe du grupetto; quelquefois on les trouve placés l'un à côté de l'autre, dans l'ordre où ils se produisent, s'ils sont de natures diirérentes :

Quand un grupetto commence par la note principale et essentielle, au lieu de commencer parla note auxiliaire supérieure ou inférieure, on écrit en petite noie barrée cette note principale à gauche de la même note écrite en caraclére ordinaire :

.EtTiture

Exécution

Les notes d'un grupetto placé enlie deux notes de noms différents doivent être rattachées de 1res près par une exécution brève à la note principale de ce grupetto, et se porter vers la note suivanle dans un mouvement conforme au caractère du morceau :

i Ecriture

Le grupetto, venant après une noie pointée, doit se terminer en même temps que la valeur du point :

0. Le mordant. — Le mordant- (de l'italien mordente, qui a le même sens) est le battement alternatif de deux notes conjointes. C'est une sorte de trille inachevé, tronqué, consistant en trois notes ainsi formées3[;)une note essentielle ou principale, sa noie inférieure (son appoggiature inférieure) placée un

1. On trouve tiaiis d'.iiKiennes éditions le signe du yrupetto placé

droit

i. Appelé également : double pelile noie.

demi-ton diatonique au-dessous et le retour de la note principale. Il se présente également sous celle autre l'orme: une noie principale, sa note supérieure (son appoggiaUire supérieure) placée soit un ton audessus, soit un demi-ton diatonique au-dessus, si le mode est mineur, et le retour de la note principa'.e, sur laquelle se termine l'ornement. Le mordant s'écrit le plus souvent au moyen de petites notes, appelées notes postiches :

Le mordant est quelquefois indiqué, et toujours dans l'ancienne musique, par oe signe (") qui indique le niordanfavec l'appoggiature supérieure de la note principale, et par le même signe Iraveisé par une petite barre verticale (^V ) pour désigner le mordant avec l'appoggiature inférieure de la note principale.

Le mordant s'exécute d'une manière brève, avec rapidité, et prend sa valeur sur la note principale :

Exécut

ion ^p

fe

6. Le pincé. — Au dix-septième et au dix-huitième siècle, dans lesquels les ornements étaient fréquem. nient employés, le mordant était également appelé pincé.

Le mordant ou pincé est simple et coini, ou double et long. Dans les démonstrations précédentes, c'est du simple et court dont il a été question.

Le mordant ou piticê double est celui dans lequel le simple est répété deux fois.

Quand il n'est pas écrit au moyen de petites notes, on l'indique par le prolongement du signe déjà connu :

Le pincé double ou long est indiqué, chez plusleuis anciens compositeurs, par le même signe (|ue celui du pincé simple ou court; c'est la valeur plus longtie qui le détermine :

Ei;riture

Pincé simple

Pincé double

Execution

On trouve le jnncé double également désigné par ces signes [ p , dans des œuvres d'anciens

compositeurs. Ces sipnes ont ]a même valeur que le précédent.

Le pincé fut également exprimé par la petite liijnc

transversale : Ex.-

7. Le brisé. — Le monlanl, formé avec l'appof;- ^'iature supérieure, est quelquefois appelé brisé. On l'appelait anciennement le pincé renversé, pour le distinguer du pincé ordinaire, par lequel on désignait celui avec l'appoggiature inférieure :

Pincé renversé ou brisé

Pincé ordinaire

ro iisi^ -m

8. Le trille. — Le trille (de l'italien trillo, tremble méntjest formé par la répétition alternative de deux notes conjointes formant un ton ou un demi-ton. Le baltcmcnt alternatif et rapide entre une note principale, essentielle, et sa voisine supérieure, constitue cet ornement mélodique.

Il s'indique toujours par les deux lettres tr suivies d'un li-ail en zigzag indiquant la durée, et espacées au-dessus de la note essentielle. 11 ne s'écrit jamais eu toutes notes.

11 commence tantôt par la note essentielle, tantôt pnr la note conjointe supérieure de cette note essentielle.

Dans ce dernier cas, le trille est considéré comme une apimr/rjiature rebattue :

Trille commençant par la nota essentielle I Kxécution

Le trille est simp/e ou double. Il est simple quand le battement n'a lieu que deux fois entre la note principale et la note auxiliaire supérieure, sans aucun autre ornement:

Ecriture -^— T

Exécution

s imp le :

Quand la durée d'un trille est prolongée, et qu'il est accompagné d'autres ornements, il est alors appelé double trille. C'est ce qui a lieu dans les exemples qui suivent.

Une petite note barrée, précédant le Ir, indique qu'il doit commencer par la note supérieure. Une ou

Ecriture

Exécution

^rrrrruu^rrrr^^'-

plusieurs petites notes suivant la note principale font connaître la façon dont on doit le terminer. Les trilles de longue durée doivent toujours avoir une terminaison :

Quelques compositeurs écrivent quelquefois la note i Les deux notes formant un trille peuvent être

essentielle par une petite note qui est liée à la même note écrite en caractère ordinaire, afin d'indiquer que le trille doit commencer par la note essentielle:

précéilées par la note conjointe inférieure de la note essentielle. Cette note s'écrit en petite note:

Exécuti on On voit ici plusieurs variétés de trilles avec la manière de les exécuter :

Trille sur la note sensible Trille sur la tonique

TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDACnGIE

PRINCIPES DE LA MUSIQUE .'.l

Trilles de lermi liaisons

l'n dièse ou un bémol placé au-dessus ou au-dessous du tr indique que la note supérieure doit élre all'ectée tie l'un ou de l'autre de ces signes:

Eu l'absence de celle indication, on exécute le

trille avec les notes appartenant à la tonalité régnante.

Dans la succession de plusieurs notes difî'érentes

surmontées de tiilles, les notes de terminaison sont indispensables, surtout en montant, dans le passage d'une note à la suivante:

fr

« tr

-f?fl — 1

ftH

fej

U^iJiJ-ijJ

bJqjbJ

,ÀÀÀ^

Dans un mouvement rapide, un trille placé sur une 1 un y riipc^o commençant par la note essentielle. C'est valeur de courte durée s'exécute quelquefois comme | alors un trUle bref on court.

Ecriture ff.

Exécut ion

Chez les anciens clavecinistes, on voit quelquefois le trille sans terminaison indiqué par deux peiiles

barres transversales

naison par trois petites barres transversales \P

et le trille avec termi-

9. La fioriture. — On appelle fioriture, ou plutôt fioritures, une réunion d'un plus ou moins grand nombre de petites notes formant des gammes, des

traits, des appoggiatures, des trilles, ajoutés soit dans le courant, soit à la fin d'une phrase musicale ou d'un morceau, à la musique vocale ou instrumentale, et pouvant faire valoir l'habileté d'un virtuose. Tous ces traits en petites notes ont une valeur rythmique arbitraire, et interrompent toujours la régularité de la mesure. Dans la musique à plusieurs parties exécutantes, la fioriture ne se place le plus souvent qu'à une seule partie e,\éculante, tandis que les autresparties se taisent tout le temps de sa durée.

Ce mot dérive du vei'be italien fiorire, qui signifie fleurir, et, pris au figuré, indique l'action d'orner, de parer de fleurs mélodiques:

10. Les ornements mélodiques aux seizième, dixseptième et dix-huitième siècles. — Les ornements (ou agréments mélodiques) du chant dont il vient d'être parlé ne furent pas les seuls en usage à la lin du seizième siècle, au dix-septième et au dix-huitième siècle. A cette époque tous ces ornements étaient très nombreux et très en faveur. 11 m'a paru utile de les présenter au lecteur, parce qu'ils contribuèrent à caractériser la manière dans laquelle écrivaient les compositeurs d'alors.

11. Le tremblement. — Le trille, que les Italiens appellent trillo, portait en France au seizième, au dix-septième et au dix-huitième siècle, le nom de tremblement, sans doute en raison du battement précipité et prolongé de deux notes imitant le tremblement d'une VOIX exprimant la frayeur, la peur.

On distinguait six espèces de tremblcrtients, que l'on indiquait au moyen de dilférents signes. Dans le tremblement, le battement commence par la note secondaire.

4° Le tremhlcmenl lié, dilTérant du tremblement détaché par la note supérieure qui est liée avec la même note qui la précède.

1° Le tremblement simple

Ir +

Signes écrits

Kse'cution

2° Le tremblement dcnible se terminant par un ijrupctto, qu'on appelait alors en France doublé :

Signes écrits l J J i '

r^llJ

ev3

iH-i

yl4

fi Eiécution

Lju«

hi^

3° Le tremblement détaché, quand la note supérieure est semblable à celle qui le précède, et qu'on répète cette note en commençant Yornement:

Signes écrits

Execution

Signes d'écriture

Exécution

S" Le tremblement appuyé ou p?'é?par« consistait dans un court arrêt sur la note la plus élevée, avant de faire les battements, ou encore, à commencer lentement pour augmenter progressivement le degré de vitesse.

11 s'écrit ainsi :

6" Le tremblement coulé consistait en un tremblement précédé d'un coulé en descendant ou en montant :

Mgnes écrits

Exécution

12. Le coulé. — Le coulé est un procédé d'exécution liée, opposé au jeu détaché (staccato) et dans lequel on fait passer deux ou trois notes sous la même articulation, en prolongeant la même inspiration si l'on cbante, ou en continuant de tirer ou de pousser le même coup d'archet sur toutes les notes couvertes d'un cou/é dans la musique de violon. Le coulé s'indique par une liaison couvrant toutes les notes qu'il doit embrasser :

Coulé

Délaché

Dans la musique de chant, le coulé se faisait autrefois en descendant d'un ton ou d'un demi-ton, et s'indiquait par une petite note non bairée :

le Coulé (m

Effet

le Coulé

Effet

tremblement et au trille le nom de cadence (en italien, cadenza).

Dans une phrase musicale, on appelle cadence l'endroit où cette phrase se termine, où se prépare sa conclusion.

Ce mot dérive du latin cadcre, qui veut dire tomber. La cadence indique en effet la chute, c'est-à-dire la fin d'un morceau ou d'une phrase musicale.

Cadence mélodique ou trille final. — La cadence mélodique consiste dans le battement précipité de deux notes conjointes, que nous avons délini précédemment sous le nom de trille, et que l'on trouve souvent sur l'avant-dernière note d'une phrase musicale. Ce trille, placé à la fin de la phrase, a pris, sans doute à cause de cela, le nom de cadence, fa.rce qu'il aboutit (il tombe) sur la note finale de cette phrase.

Lacadence était autrefois considérée comme pleine, parfaite ou achevée, quand on ne commençait le trille qu'après en avoir appuyé la note supérieure. La cadence était appelée brisée quand le trille se faisait sans préparation.

La cadence parfaite ou achevée se piéparait sur la noti^ iinmédialemenl au-dessus de celle qui devait être tremblée. Elle s'indiquait par ce signe -|-:

Cadence achevée pleine ou parfaite

Effet

La cadence, cadenza. — On donna encore au I

TECUXIQUE, ESTnÉTIQfE ET PÉDAGOGIE

PRINCIPES DE LA MUSIQUE si,:!

Dans la cadence brisée, la préparation était moins appuyée que la précédente:

On appelle également cadence ou point d'orgue une suite de phrases musicnles plus ou moins développées contenant des traits les plus convenables à faire briller la virtuosité d'un chanteur ou d'un instrumentiste, et que l'auteur du morceau laisse à la volonté de ce chanteur ou de cet instrumentiste.

Souvent même, ces phrases musicales formant ^loi'n/s d'orgue sont improvisées par l'exécutant.

On donne à celte partie d'un morceau le nom de cadence (en italien cadenza), parce qu'elle a lieu au moment de la cadence finale, c'est-à-dire immédiatement avant la terminaison du morceau.

Les Italiens appellent cette cadence finale arbitrio, mot qui veut dire caprice, volonté, fantaisie, à cause de la liberté laissée à l'exécutant de se livrer à ses idées selon son propre goût, son caprice, sa fantaisie.

14. Le balancement. — On appelait anciennement balancement la répétition plus ou moins prolongée d'une même note :

i r.ftLff)]

^ff^

^f^fffff?.ffff

On appela également ce procédé d'exécution du nom de tremblement, en italien, trémolo, qui servait pareillement à désigner le ti-ille ou le battement de plusieurs notes différentes.

la. Le port de voix. — Le port de voix consiste dans le passage d'une noie à une autre, en liant les sons. C'est l'opposé de l'exécution détachée, désignée parle mot italien sïctcca^o.

Le pori de voix (en italien ;)or/a?;!e)Uo) est vocal ou instrumental. Dans la musique de chant, il y a deux manières de porter la voix dans l'émission des sons : la première a lieu en liant, sans respirer, plusieurs sons conjoints et disjoints d'égale valeur. Elle s'indique par le signe de la liaison:

Dans sa seconde manière, le porl de voix a lieu entre deux sons disjoints formant un intervalle plus ou moins grand. L'articulation de ces deux sons se fait en les unissant par un léger glissement de voix, partant du premier pour passer à l'autre par une articulation anticipée, prenant sur la fin de la valeur du premier son :

I Port, de voix

1 Ecriture

^tcriiure

lEsécution

^fe

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