MOZART
L'exemple précédent démontre que le port de voix simple, ou appoggiature, se joue sur le temps 'de la note principale essentielle, en l'attaquant sur la note de basse.
On connaissait encore le port de voix feint et le port de voix achevé :
Port
voix feint
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' voix achevé
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A Effet
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Dans la musique instrumentale, le port de voix est simple ou double.
Il consiste dans l'articulation liée de deux notes dont la seconde est la note essentielle ou principale du chant.
Il peut avoir lieu soit en montant, soit en descendant, conjointement ou disjoinleraent.
Le port de voix simple a la même propriété que Vappoggiature, et les Italiens l'appellent appoggiatura (appoggiature). 11 consiste, comme Vappoggiature, dans le voisinage de deux notes conjointes liées (coulées), dont la première, formant appoggiature, est secondaire et se porte sur la seconde, qui est l'essentielle ou note principale.
11 est inutile de redire ici tout ce qui a été déjà expliqué au sujet de Vappoggiature, toutes les explications relatives à cette dernière se rapportant également au port de voix simple, dont voici plusieurs exemples, avec les anciens signes usités dans la musique de clavecin :
EACyni.OPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOSS'AinE DU COysERVATOinE
Ecriture par signes
Ecriture par une petite note postiche
Le port de voix double est la même chose que Vappoggiatiire double. En lisant l'explication de cette dernière, on en aura la définition. Il s'écrit toujours en petites notes postiches.
Il convient cependant d'ajouter que le port de voix double peut avoir une des deux notes qui le composent placée à un intervalle disjoint de la note principale :
Ecriture
Exécution
r' Eif'r EU
16. L'aspiration. L'accent. — L'aspiration est le contraire du port de voix simple. Dans ce dernier, )a note principale essentielle est la seconde, tandis que dans Vaspiratioit la première des deux notes dont elle est composée est la note principale. Elle se fait en montant ou en descendant, par degrés conjoints ou disjoints.
Quand elle se fait par degrés disjoints, la petite note est une anticipation de la note principale qui suit, c'est-à-dire qu'elle reproduit en une valeur brève la note principale suivante :
1 Ecriture par sig-nes
On donna le nom d'accent à une sorte d'aspiration oujd'élévation de la voix qui se faisait ordinairement à la fm d'un son enflé ou diminué.
17. Le martellement. — Le martellement dans la musique vocale se faisait en continuant le son de la première note surlanote suivante, et en ne tombant sur cette seconde note que par un seul coup de gosier:
le Martellement P
^ Effet
il bis. Le flatté. Le guidon. — Datis la musique
lies anciens clavecinistes, trois notes secondaires conjointes, descendant d'une tierce inférieure ou montant d'une tierce supérieure à la note principale et essentielle, forment un nouvel ornement appelé flatté. Cette appellation fut prise dans le sens d'embellissement.
Le /lutté s'indiquait, soit parce signe, appelé guidon -^y , soit par une ligne oblique, soit, plus tard, par deux petites notes postiches:
Ecriture par signes
as
Exécution
Ecriture par petites actes
Exécution
Lorsque la première petite note du /!((Ué est poinlée, on l'exécute de cette manière :
Dans la musique vocale, on appelait autrefois flatté un agrément du chant dont on voit ici l'elfet :
le Flatté
Effet
IS. L'arpègement. — L'arpègement est l'action d'exécuter un arpège. On sait qu'un arjicyi' consiste dans l'exécution successive des notes formant un accord. L'arpègement était simple ou figuré.
[.'arjicgcment simple se faisait en montant ou en ilescendaiit. Il s'indiquait par une banc traversant obliquement la queue de la note supérieure ou de l'inférieure de l'accord. Lorsque l'arpègement devait
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
se faire en montant, la petite barre était placée à la note inférieure; au contraire, s'il devait avoir lieu eu descendant, elle était placée à la note supérieure :
Eifcution
L'arpèiiement simple de deux notes formant un intervalle harmonique de tierce, s'indiquait jiar une petite barre placée obliquement entre les deux notes. Placée de bas en haut, la petite barre indiquait l'arpègenient ascendant; au contraire, placée de haut en bas, elle indiquait le descendant :
Dans Varpègcment figwiS, on fait entendre toutes les notes intermédiaires se trouvant entre les notes des accords écrits:
. Ecriture
Ft^
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Irf —
.Exi'tuUon
^-^fr-—
Ecriture
Execution
Wr 1
Varpègement figuré se combinait avec d'autres ornements, tels que le doublé ou grupello, le ^jort rfe yoi.ï ou appoggiature.
avec doublé ou grupetto
Ir
Ecriture
uJj 1
Eiécution
10. Circolo-mezzo (demi-cercle). — On appelait ainsi anciennement, en Italie, un agrément du chant consistant en 4 notes de même valeur, allant par degrés conjoints et formant à peu près la ligure d'un demi-cercle, d'où cet agrément a tiré son nom : il y avait deux sortes de circolo-mezzo, l'un en montant, l'autre en descendant. C'était une sorte de grupetto :
20. La chute. — Ancien agrément du chant et des instruments ayant lieu d'une note à une autre plus haute ou plus basse.
D'ANGLEBEBT(vers 1689)divisaitlacftu(e; ioenchute sur une note :
Ecriture
Effet
2" en chute sur deux notes :
Ecriture <^ À ^ ' j5
ilfel ffn l f -L*^
tt=^
3" en double chute à une tierce
4° enfin, en double chute sur une note seule :
Ecriturc m ^ »— F=
Effet
Dans ses Eléments de musique, Loulié, qui vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle, dit que c( la chute est une inflexion de la voix d'un son fort, ordinaire, à un petit son plus bas ».
Ecriture
Effet
21. Pourquoi les anciens ornements mélodiques ont été abandonnés. — A part le Itille, tous les ornements ou agréments mélodiques s'éci'ivent de nos jours en toutes notes. L'abandon des dilférents signes désignant les différents ornements a facilité la lecture musicale, en supprimant une interprétation n'ayant rien d'absolument déterminé et variant selon les époques et les compositeurs.
Tous les signes abréviatifs, remplaçant parfois les petites notes, furent le dernier vestige des neumes du moyen âge. Aussi, est-il à remarquer que les compositeurs en restreignirent de plus en plus l'emploi, à
EyCVCLOPÈniE de la MrsiQVE ET DICT.'OX.XAirtE DU COXSERVATOinE
mesure que les progrès du système de notation leur permit de donner à leur pensée une expression plus précise.
Au dix-huitième et au dix-neuvième siècle, l'art du chant prit en Italie un développement considérable et atteignit la plus grande perfection. Afin de faire valoir la virtuosité des chanteurs et des cantatrices, les compositeurs introduisirent dans leurs œuvres des ornements, des vocalises, des traits de toutes sortes, qui devinrent un des caractères particuliers de la musique italienne.
Sous la puissante impulsion des réformes introduites dans le drame lyrique et la déclamation lyrique de notre époque contemporaine, l'orchestre acquit une importance qu'il n'avait pas antéiieurement, et l'art vocal prit une autre l'orme et un autre essor dans lesquels les fioritures du chant italien furent tout à fait abandonnées.
D'autre part, dans la musique instrumentale, l'invention du forté-piano au début du dix-neuxième siècle', qui permit, dans une certaine mesure, de prolonger le son et d'obtenir des nuances douces et fortes, fit abandonner le clavecin, dans lequel les sons étaient secs et sans nuances. C'est parce qu'il était impossible d'obtenir sur le clavecin des sons d'une durée un peu prolongée, que les grands clavecinistes des dixseptième et dix-huitième siècles avaient imaginé de placer dans leurs œuvres cette quantité de petites notes, de fioritures, de trilles, d'ornements mélodiques de toutes sortes qui avaient pour but de masquer la sécheresse de leur instrument au moyen de valeurs courtes et brèves se suivant avec une continuité persistante qui donnait à l'oreille l'illusion d'une sonorité ininterrompue.
En 1867, un musicien distingué, Amédke Méheaux (mort en 1874 à Rouen), publia chez l'éditeur Heugel, à Paris, un ouvrage important : Les. Clavecinistes de 1639 à 1790, œuvres choisies, classées dans leur ordre chronoloijique, revues, doigtées et acccntuéfs, avec les agréments et ornem ents du temps traduits en toutes notes.
Ce remarquable travail donne sur les anciens clavecinistes Frescobaldi, Chauboninières, Louis et François CouPERiN, Purcell, J.-B. Bach, H.endel, Marcello, ScARLATTi, Rameau, etc., et sur les ornements usités dans leurs œuvres, de précieux renseignements auxquels nous avons eu recours pour nous documenter sur la valeur de certains signes.
Les grands progrès apportés dans la facture des instruments à clavier firent adopter d'autres systèmes de composition d'un style plus varié, dans lequel les sons soutenus alternent avec les traits brillants. Les ornements tombèrent alors en défaveur et leur usage ne devint que passager, parce qu'il n'était plus justifié, grâce aux nouvelles ressources d'exécution offertes par le successeur du clavecin : le forté-piano, lequel tira son nom de la possibilité de varier l'intensité du son, c'est-à-dire de jouer fort et doux, en italien forte et piano.
Dans la musique contemporaine, tous les ornements ou agréments mélodiques sont écrits généralement en notes ordinaires et prennent une part intégrante à la formation de la mesure.