Du verbe latin remanere, rester
Notation de Hiiijbaiid ou Hiicbalil
jj f y
Soi
La
Si
Ut
Rè
lïli
Fa
Sol
ut
re
mi
fa
sol
la
si
ut
Graves ^.
Finales o o ^ ^^
Supérieures
Excellentes
Rema- -nentes
fe
Voici un exemple montrant comment Hucbald se servait de cette notation :
-r'r r cJ r [ r / j-j- h J-.^J-
E - qo sum vi - a ve - ri - tas et vi - ta FoRKEL le traduit ainsi' :
go
sum Yi - a ve
— ri -tas et vi — tq
Lettres d'Hermann Contract. — Au milieu du xi= siècle, un autre moine, bénédictin de l'abbaye de Reichenau, mort vers 1055, nommé Hermann et surnommé Contract (du latin contractits, parce qu'il avait les membres paralysés), fit aussi usage des lettres dans la notation, mais dans une pensée différente de celle deHucHALD. Les lettres d'HERMAN.N Contract déterminent, non les degrés de l'échelle, mais les intervalles parcourus par la voix en allant d'un son à un autre. Voici ce système :
F {œqual)
S (sem'Uoniiim)
T (tonus)
TS (tonus cuiii seiiiiliinio)
TT (dilomis)
D (dialessiiron) A ((linpenle) lis ((linpenle ciim semilonio)
AT (diapenle cnm lono)
AD (diapenle cum dinlessaron)
exprimait l'unisson.
— ■ une seconde mi-
neure ou un demiton.
— une seconde majeure ou un ton.
— un ton et demi ou tierce mineure,
— deux tons ou tierce majeure.
— !a quarte.
— la quinte.
— la quinte plus un demi- ton, ou sixte mineure.
— la quinte ])lus un ton, ou sixte majeure.
— la quinte plus une quarteouoctave.
L'intervalle ascendant était indiqué par ces lettres sans point ; avec un point elles exprimaient un intervalle descendant.
La mesure dans la notation alphabétique. — Il est impossible de dire avec précision de quelle manière
i. Allgemeine Geschiclite der Muii/c, t. Il, p. 310, Leipzig, 1801.
2. Accent tonique, ton plus marqué dont on prononce dans un mot une syllabe particulière, capactérisé d:ins les langues anciennes par une plus grande élévation de la voix, et dans les langues modernes, par une grande intensité (LrrrBi-:).
Une syllabe atone est crlle qui n'a pas d'accent tonique. ' 3. De Cuusskmakeh, écrivain musical distingué, né en 1805, mort en 1876, auteur de ; Histoire de l'IJarmonie au moyen dî/e(1842): L'Art liarmotiifjue au douzième pI au treizième siècle (1864) ; Drames liturgiques du moyen âije (1860).
4. On a également fait dériver neume d'un autre mot grec nenma
la mesura était déterminée dans la notation par lettres alphabétiques. Ces notations étaient des notations d'école dans lesquelles aucune indication de rythme ne peut être trouvée. Le seul rythme que l'on puisse raisonnablement supposer est le rythme oratoire qui repose sur la distinction des syllabes en toniques et atones-.
3. Notation neumatique (moyen âge). — Vers la fi n du xi" siècle, on sort de l'antiquité pour entrer dans la longue période du moyen âge où se place l'histoire de la notation neumatique, dont l'existence ne laisse aucun doute, mais dont l'origine et le sens sont difficiles à déterminer. « La traduction des neumes en notation moderne, dit de Cou,ssemaker^, oITre des difficultés telles qu'on aura toujours la plus giande peine à la résoudre d'une manière satisfaisante. »
Nous ne chercherons pas à analyser ici la question de savoir si les neumes furent usités sous Grégoire LE Grand, ou avant lui, ou après ce grand pontife; nous désirons surtout montrer en quoi consistaient les neumes et quelles furent leurs transformations successives, qui conduisirent progressivement la notation musicale aux usages modernes.
Les neumes étaient des caractères en forme de points, d'accents, destinés à représenter les sons musicaux d'une manière abrégée, parce que le même signe pouvait représenter un groupe de plusieurs sons produits d'un seul souffte par la voix. Pour cette raison on a cherché l'étymologie du mot neume dans le mot grec pneuma, qui signifie souffle^.
Du Cange^ dit que les notes musicales, au moyen âge s'appelaient neumes, et que neumer voulait dire noter.
Les divers mouvements de la voix dans le langage consistant à l'élever naturellement sur certaines syllabes ou à la laisser fléchir sur d'autres, furent appelés accents, dont l'étymologie latine arcentus (de ad, à, et cantus, chant) veut dire accent, ton, inlonalion, accentuation.
La notation neumatique se rencontre dans les manuscrits, à partir du vu» siècle jusqu'au xiii% chez les principaux peuples de l'Europe. « Il s'est trouvé un homme (AiiisTOPHANE de Byzance? Isocrate'?) qui a eu l'excellente idée de noter un des éléments musi-
{en latin nulus), qui signilie signe de tétp, geste; parce que les neumes ne sont auti-e chose qu'u[i retour, sous une forme nouvelle, aui pratiques primitives ayant existé d'abord en Orient, ensuite chez les Grecs, et qui étaient l'art d'accompagner et de diriger par des gestes la voix des chanteurs ; ces gestes dessinaient ta mélodie «lana l'espace, fixés plus tard par l'écriture, ils donnèrent naissance aux accents qui les résument.
5. Du Cani;e (Chaiu.fs Dufresnf., sieur Du Gange), né k Amiens en 1610, mort à Paris en 1688, écrivain érudit, auteur do ; (Itoasarium ad scriplores medix et iii/îmx latinitatis, savant ouvrage dans lequel sont expliqués un grand nomtjre de termes de musique do la basse latinité et du moyen âge.
TECnSiniE. ESTlIKTfniE HT FKIKXGoaiE
eaux contenus dans le langace; il a voulu repiésenler rélévation, l'abaissement et Tintlcxion de la voix sur certaines syllabes, et il a introduit dans l'écriture l'accent aigu (>'), l'accent grave ( S ), l'accent ciiconflexe { /^ ) ' .
Il est difficile de dire d'une manière positive comment avait pu naître l'idée des signes neumatiques, à quelle époque ce procédé de notation apparut pour la première fois et quel en fut le premier auteur.
On a pensé que cet auteur avait peut-être emprunté aux usages hébraïques un procédé qui consistait ;et consiste encore) à noter par signes spéciaux, appelés accents, chacune des formules de la récitation chantée des prières usitées dans les exercices du culte.
i< Les théoriciens des ix', x", xi" siècles déclarent que la notation neumatique, qu'ils qualifient d'usuelle, par opposition aux notations alphabétiques réservées à l'école, est une vieille pratique- ».
Les musiciens du moyen Age se servirent dans leur notation des accents neumatiques pour indiquer les divers mouvements des sons.
Les combinaisons mélodiques de la musique de celte époque étaient peu variées, formées de petits intervalles et limitées à l'étendue des voix humaines. Elles prenaient leur source dans le chant uniforme de la liturgie ecclésiastique du christianisme.
Parmi ces accents, les uns étaient simp/t-s et représentaient des sons isolés; les autres, compo$és. figuraient des groupes de sons se succédant à divers degrés de hauteur, selon le mouvement ascendant ou descendant et le degré d'élévation des notes.
Le Point {Puncinm), qui devient, dans le chant, un accent grave et qui marque l'abaissemeut de la voix, et la Virgule [Virga)oa accent «i^Hqui en marque l'é-
lévation, forment les deux nt'»»ics sù/i///f.< rondanien taux. Toutes les autres ligures neumatiques ne sont autre chose que la combinaison de ces deux accents.
La Paléoi/nipliie musicale des I\. P. Brncdiclins de Solcsmcs dislingue dans la notation neumatique : 1" les neumes ordinaires; 2° les formules liquescentes ou semi-vocales ; i" les neumes particuliers indiquant les ornements ou agréments du clianl ; k" les lettres et les signes appelés romaniens.
Nous allons voir quels étaient les noms, la figure, la signification de ces divers neumes.
Neumes ordinaires. — Parlons d'abord des neumes ordinaires : neumes pris en eux-mêmes dans leurs formes normales et primitives, en tant qu'ils expriment simplement le mouvement du rythme et les traits essentiels du dessin mélodique'.
Un seul neume peut représenter un groupe de plusieurs notes étroitement liées sur une même syllabe. Ce groupe prend le nom de formule (formule neumatique). La même syllabe peut recevoir plusieurs neumes.
Le principe de la notation neumatique, consistant dans certaines formules pour grouper plusieurs sons et les figurer par un seul signe, a donné lieu, plus tard, à l'emploi des notes liées dans la notation de la musique mesurée dont nous parlerons un peu plus loin.
Le nom de neume s'applique non seulement à l'assemblage de sons émis d'un seul souftle par la voix, mais encore au signe noté ou écrit qui représente cet assemblage.
Les tableaux suivants contiennent les figures des principaux neumes et leur signification mélodique indiquée en plain-chant et en notation moderne.
l*' T.\BL1;AC IiKS NEIMES ORDINAIRES DE 1 OU 2 SO.N.S