‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 204 sur 330 · TRANSCRIPTION · texte numérisé non relu

TRANSCRIPTION

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Neumes à noms composés. — Les neumes compris dans les précédents tableaux ont un nom propre et un nom simple.

Les neumes correspondant à des groupes complexes formés de plus de trois noms sont désignés par des sons composés.

Au nom simple du neume on ajoute un qualificalif qui le spécifie.

Ces qualificatifs sont ceux de flexus, de resupinus, de praepunctis, subpunctis, cumpunctis.

Flexus (mot latin signifiant qui fjécldt) qualifie le neume à la fin duquel la voix, au lieu de s'arrêter à l'aigu, doit encore fléchir, c'est-à-dire descendre du degré supérieur cri il finit d'ordinaire, à un degré inférieur.

Resupinus (mot latin qui signifie retourné vers le liaut)esi l'opposé de flsxits. Il s'applique aux neumes dans lesquels le mouvement de la voix, dirigé d'abord vers le bas, se relève ensuite pour finir en haut.

Plusieurs points peuvent être ajoutés à la figure du neume. (Voyez le tableau suivant des neumes de plusieurs sons et désignés par des noms composés.

Supposons, par exemple, quecesoit la Virga qui soit accompagnée de plusieurs points donlellecominaiide la série, cette Virga sera dite :

Virga praepunctis- , si les points sont avant;

Virga subpunctis, si les points sont après;,

Virga cumpunctis, si les points sont avant et après.

Si la figure du neume est accompagnée de plusieurs points, on intercale dans le mot la syllabe bi pour deux points {bis, deux fois), la syllabe tri pour trois points {ter, trois fois). Le terme dialr:isari$ (du grec (//a lessaron, par quatre) indique quatre points et celui de diapcntis (du grec ilia pente, par cinq), cinq points.

1. Du latin pt'x, devant (devant les points), et ^ttb, aprirs (aprts les points).

TECHMQCE. ESTIIÉTIQCÉ ET PÉtMGOGlË

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.r 1. .|. ••'/•• -l- '•'/'• •■'■• Par exemple :

Viiifa prxbipunclis (l), subbipuncUs (2), cumbiptmctis (3).

Yir(ja prxtripunclis [i), subtripunctis (';>], cumlripunctis (6).

Virga prsecliiitussaris {'}, subdiatessaris \i], citmdiatessaris (9), etc.

TABLEAV DES NEUMKS DE i, DE r>, DE 0 SONS DÉSIGNÉS PAR LES NOMS COMPOSÉS

Scaiidicts /If.i«< Forinf de deux accents graves, d'un accent aigu et d'un accent grave.

Porrectms //iMiis. Formé d'un accent aigu, un grave, un aigu, un grave.

Turciilus resHi)iiias Formé d'un accent grave, un ai;;u. un grave, un aigu.

Pes siit/ii^io/c/K. Formé d'un accent grave, un aigu, deux graves.

C.liimicns resupiniis. Formé d'un accent aigu, deux graves, un aigu.

TRANSCUirTION

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Vinfo pnriripaiictis. FQvmê de Irais accents graves et un aigu.

Sciiiiilkttn suf'hiptittcli.'t. ForKïé do deux accents firavps, un aigu, deux graves.

Yiri/n priTitiatex^uria. Formé de quatre accents graves et un aigu.

Yirfffi xubdîapritiis. Formé d'un accent aigu et cinq 'graves.

Virfta siilfiliatessaris restipimi. Formé d'un accent aigu, quatre graves, un aigu.

Quelques neumes composés ont été désignés par différents noms, comme par exemple le porrectus Qezns qui n'est autre chose qu'une cliris répétée deux fois et qu'on appelle également pour cette raison clivis repercussa'; le scandicus flezus qui est une clivis précédée de deux points ou accents graves et dénommée clivis prsbipunctis, c'est-à-dire clivis

1. Bepercuasus, repercussa, mot latin qui sigoîGe répété, répétée, ^frappé deui fois.

avec deux points devant elle. Citons encore, comme exemple, le scandicus subbipunctis qui n'est aulie chose qu'une virga laccent aigu, entourée de quatre points ou accents graves.

En considérant avec attention la figure de chaque neurae, il est facile de se rendre compte que le même neume correspond à un groupe formé d'un certain nombre de notes. Cette figure, composée de plusieurs éléments qui ne sont autre chose que des combinaisons variées du point et de la virgule, représente une

liNCVCLOPÈDlE DE LA MCSIQVE ET DICTIOWAIRE IW COXSERVATOIRE

formule mélodique, un groupe de notes dillérentes dont le nombre équivaut au nombre de ces éléments. La portée musicale, qui fixe avec précision le degré d'élévation de chaque note, était alors inconnue. Le procédé imaginé parles anciens musiciens pourindiquer ce degré d'élévation au mo yen de certains signes graphiques, ne manquait pas d'ingéniosité, tout en étant d'une interprétalion variable, vague, et pouvant se modifier selon la fantaisie de chaque exécutant. Il est évident que les accents neumatiques furent imaginés pour servir à.' aide-mémoire ayant pour but de guider les êléces-chantres dans un enseignement qui était alors (musicalement parlant) exclusivement oral.

Le rythme dans la notation neumatique et dans le chant grégorien. — Le rythme, dans la notation neumatique et dans les pieuses cantilènes du chant gi'égorien, fut-il réellement musical ou, au contraire, vaguement oratoire?

« Les arts qui réclament l'intervention spéciale d'un exécutant, comme l'art oratoire et la musique, laissent forcément une certaine liberté d'interprétation, qui favorise l'expression artistique et le jeu des facultés personnelles. Pourquoi nous étonner de rencontrer cette liberté dans des mélodies dont le rythme est ce (ju'il y a de plus libre en fait de rythme, c'eslà-diie le nombre oratoire? »

Telle est l'opinion exprimée par les R. P. Bénédictinsde Solesniesdans la Palêof/raphie musicale (p. 31), ouvrage qui fait autorité en tout ce qui concerne la question des neumes et du chant grégorien : cette opinion est également adoptée par un grand nombre d'écrivains qui se sont intéressés à celte question'.

Ornements neumatiques. — La musique du moyen âge possédait de nombreux ornements ou agréments qui s'indiquaient au moyen de divers signes dans la notation neumatique. Ces signes consistaient en diverses modifications ou adjonctions apportées aux signes connus des principaux neumes ordinaires.

Ou distingue parmi les sons diversement nuancés: les sons syncopés, appuyés, répercutés, tremblés et étouffés ou liquescents-.

Sons syncopés. — Les sons syncopés ont lieu lorsque deux formules, comme par exemple un scandicKs et un climacus, viennent à la suite l'une de l'autre de manière à ce que le premiei' groupe finisse sur le même degré de l'échelle où commence le second, et qu'ainsi les deux notes à l'unisson doivent s'émettre d'une façon continue. Cette réduplication du même son, qui produit un effet analogue à celui de la syncope en musique, n'a pas de signe spécial et s'indique seulement par la juxtaposition des signes A Ici les deux vii'ga font syncope^. ' '

Sons appuyés. — Les sons appuyés, qui ne sont pas sans analogie avec la syncope, ont lieu quand la voix, dans un mouvement descendant, doit s'arrêter ut appuyer foitement sur l'avant-dernière note du groupe. Le signe qui figure le son renforcé et prolongé s'appelle le pressas*, et est représenté dans la

plupart des manuscrits par un trait biisé surmontant un petit point ; le point indique un son faible pour terminer le groupe.

Kigure du pressas :

Pressus Pressas minor major

Le pressus était tniuor, c'est-à-dire plus pclit (mineur), ou major, c'est-à-dire p/!(s sîwirf (majeur), selon la durée de l'arrêt de la voix surl'avant-dernière note du groupe.

Quelques auteurs ont vu dans le pressus un ornement indiquant un son trimoléou vibrant, qui aurait été l'origine du trille usité aux fins de phrases, aux cadences.

Celte manière d'interpréter la valeur mélodique dup)'ess!(svient dece que sur le son renforcé, appuyé, prolongé, quelques chantres faisaient sans doute entendre une sorte de tremblement de la voix avant de terminer la formule mélodique.

L'exéculion d'une même formule mélodique, indiquée par un signe neumatique, devait probablement varier selon la règle plus ou moins sévère des ordres religieux chez lesquels se chantait le plain-chant. Quelques ordres retranchaient une partie de l'ornement mélodique afin d'apporter plus de simplicité dans le chant ; d'autres, au contraire, donnaient au signe neumatique toute sa valeur, toute son expression et, quelquefois, en amplifiaient la signification.

Toutes ces variétés d'exécution pour un même neume devaient entraîner des modifications de forme de la figure représentative de ce neume.

C'est pourquoi on voit si souvent le même neume représenté par diverses figures chez les auteurs qui ont cherché à découvrir les secrets énigmatiques de la notation au moyen âge; c'est pourquoi, également, les auteurs ne s'entendent pas toujours sur la signification précise d'un même signe.

Ajoutons, au sujet du pressus, que [la notation noire ou carrée qui succéda k la notation neumatique utilisa ce nom pour désigner une note qui se place à la fin d'une portée musicale pour indiquer la première note delà ligne suivante. Cette note était figurée par une note losange noire avec une queue inclinée à droite en montant.

Le pressus prit plus tard, en France, le nom de guidon (note guide), qui est encore usité dans les livres de plain-chant, et qui est un signe imaginé pour lier la dernière note d'une portée à la première de la portée suivante. Le guidon empêche l'œil de l'exécutant de s'égarer en sautant d'une ligne à l'autre.

Le guidon, appelé custos mostra en Italie, fut usité pendant plusieurs siècles dans la musique profane. On le trouve encore dans les partitions d'orchestre, dans les solfèges, dans les recueils de musique de la seconde moitié du xviii= siècle. Le signe qui le représente a plusieurs formes :

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^ota. — Los numéros entre parenthtses piaoï'sh Imlroite dosbijines sont riippelésilans le texte quanJ il esl qiicsliou do ces signes. Ces nuiiii^Tus se distin^'uoiit ainsi drs ojjpels de note ordinaires, qui ne conipiTlenl |ias ile par(Mdlii''sos.

1. Oîing deux nuînioircs publiés en 1001 h Paris, M. GKonr.Es Hori)AUD exprime une opinion contraire et semble attribuer aux neumes cl au cbant grégorien un rj tbme ayant un caractère musical,

2. Lr.t Mrloflies i/rf^f/oricnnes (p. io) du U. 1'. 1). Jusei-h I'uthieiu

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