‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 219 sur 330 · Musique et musiciens d'A. Lavignac [p · texte numérisé non relu

Musique et musiciens d'A. Lavignac [p

Ut. Ré.Wi. Fa Sol La

après quoi on recommençait la même opération pour les séries supérieures, en reprenant à G, à rf, à f; de sorte que les syllabes mi-fa s'appliquaient à tous les demi-tons indistinctement, soit qu'ils se trouvassent réellement entre les notes mi-fa ou entre les noies si-ut ou la-si \i.

De la sorte, le demi-ton mi-fa se trouvait toujours placé entre le troisième et le quatrième degré de chaque hexacorde.

Les sept hexacordes, dont le premier commençait

au sol" grave de la voix de basse

et le septième au sol de la voix de femme

et qui se suivaient en s'emboîtanl en quelque sorte les uns dans les autres, peuvent être réduits à trois principaux, les quatres autres n'étant que la répétition de ceux-ci à l'octave supérieure.

Ces trois hexacordes principaux étaient définis de la sorte :

Le premier, qui s'étendait de sol à mi {solj la, si, ut, ré, mi), s'appelait l'hexacorde dur, parce qu'il contenait le si bécarre (à la troisième note) qui était

figuré par la lettre B avec une forme carrée q et qui prenait le nom de B carré et de B dur. Cet hexacorde

-était qualifié dur, parce que le B dur (q), c'est-à-dire le si, formait un intervalle de triton (de quarte augmentée) quand il venait après le fa (F), intervalle dur à chanter.

L'hexacorde qui allait du fa au ré [fa, sol, la, si h, ut, ré) s'appelait l'hexacorde mol (mou), parce qu'il contenait le si abaissé d'un demi-ton et qu'on représentait par un B arrondi (|i) qu'on appelait B mol, B mou,c'est-à-dire B doux, B adouci, B plus agréable à entendre que le B dur [si) quand il était précédé du fa. L'hexacorde mol était le troisième.

Le second hexacorde, qui s'étendait d'iit à la {ut, ré, mi, fa:, sol, /«), prenait le nom d'hexacorde naturel ou de nature, parce qu'il ne contenait pas le septième son si et qu'on n'y retrouvait aucune de ces altérations, c'est-à-dire ni le B carré [si bécarre) ni le B mol [si bémol).

- Selon que la mélodie était formée avec les sons d'un de ces trois hexacordes, on employait les expressions : chanter par bécarre, par nature, par bémol.

Ces trois formes mélodiques s'appelaient propriétés : propriété de bécarre , propriété de nature, propriété de bémoL

Les manières de solfier par bécarre, par nature ou par bémol s'appelaient déductions, et la propriété consistait dans le genre de la déduction. On entendait par déduction, la progression ascendante des sons de la gamme'.

La réduction consistait dans la marche des sons conjoints de la gamme en descendant.

Toutes les fois que la mélodie ne dépassait pas l'étendue d'un hexacorde, le nom des notes ne changeait pas.

Exemple, dans l'hexacorde naturel d'ut :

VI ) Ré. Mi, Fa, fié I SU, Fa, Sol, La 1 Sol, Fa, Mi, Ré 1 m 1 Ré, Mi, Fa, Ré | Mi, Fa, Sol, La I Sol, Fa, Mi, Ré I

Exemple, dans l'hexacorde mol de fa :

m. Fa, Sol. La, 1 Si],, Vl. La, Si},, 1 Snl, La^ Si\,, Sol. Sol, Ut, Ré, Mi, I Fa, Sol, Mi, Fa, I Ré, Mi, Fa, Ré,

Ut

Mais si le chant avait une extension plus grande que celle de l'hexacorde, il fallait chanijer le nom des noies, afin que l'intervalle exprimé par mi-fa se retrouvât toujours du 3° au 4° degré.

C'est ce qu'on appelait faire la muance ou chanter parmuances-, parce qu'on changeait le nom des deux ou trois notes qui précédaient le demi-ton, de manière à toujours le nommer mi-fa.

En supposant que l'on voulût chanter cette échelle de sons, soit en montant : ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut, ré, mi, ou en descendant : mi, ré, ut, si, la, sol, fa, mi, dans laquelle on passait de nature [ut, ré, mi, fa, sol, la) en bécarre ou b dur (so/, la, si, ut, ré, mi), il fallait opérer la muance en montant, en changeant le nom de la note sol en celui d'ul ; celui de la noie la en celui de ré, etc., pour que le demi-ton mi-fa tombât sur le demi-ton si-ut :

muance rïTl deTnoU,! ^*' Ré, MI, Fa, Sol, La, Sl^ Ut, Ré, Ml SolmisatioD Pt, Ré, Mi, Fa, Ut, Bé, Ui, Fm, Sol, la

Ito'tt I

En descendant, il fallait reprendre la syllabe la, comme suit :

j/2 \tmattce ^

Nom réel Ml, Ré, Ut,°°Sl, La, Sol, Fa, Mi, Ré, Ut

des notes

Solmisation La, Sol Fa, Mi, la, Sol, Fa, Mi, Se, Ût

ItonJ

Il résultait de ce système qu'une noie recevait dans chaque hexacorde un nom différent; ce qui explique l'usage qu'avaient les anciens auteurs de désigner une seule et même note par plusieurs noms syllabiques auxquels on joignait la lettre employée pour l'écriture de cette note.

Parexemple,la note la, représentée parla lettre A, était nommée a, la, mi, ré parce que le second la de l'échelle des sons était appelé, dans le système des muances, tantôt la, tantôt mi, tantôt ré, selon qu'il était solfié par propriété de nature (dans l'hexacorde naturel), suivant la propriélé de bémol (dans l'hexacorde B mol) ou suivant la propriété de bécarre (dans l'hexacorde B carré).

Les tableaux suivants feront facilement comprendre les différentes espèces de muances et le nom des sons qui résultent de celte méthode; il fera également connaître les différents noms attribués à une même note pour la désigner.

1er TABLEAU DES HEXACORDES ET DES MUANCES

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