‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 218 sur 330 · SOT · texte numérisé non relu

SOT

-fë-

at

-Fe-

Sancte

jo - harnnes.

Cet autre spécimen- a été trouvé dans un manuscrit du Micrologue de Gui d'Arezzo, datant du xii° siècle et appartenant à la bibliothèque de Bour-

gogne à Bruxelles. On y voit l'hymne à saint Jean notée en caractères neumatiques, sur trois lignes seulement, de la manière suivante. Le nom des notes est déterminé par les letlres-clés placées au commencement des lignes et des interlignes : C, D, e, F, rj, A indiquent les notes ut, ré, mi, fa, iol, la.

Ut que-ant la — xis Re-so-na

re

fi-b

ris |(1[ ra ges-to -pun

-yA^

-Âr^

|a-niu-li tu-o-r'um So[— ve pol-Iu-ti La-bi-i re - a-tum Sanc -le Jo-ha-nnes

Traduction :

-y-AJ-^J'i

JJJi.L^^.JJJ

Ut que-ant la — xis Re-so-na-re fi'-bris Ji — ra ges-to -rum

,yJ<J'^<Uj|.HjjJj|^.''^J.i-^|JjJjJJ||

Fa-mu-li tu- 0 -rum So[ — ve pol-lu-ti La-bi-i re-a-tum Sanc-te Jo-ha-nnes

lîiifln, voici l'hymne de saint Jean, d'après un I de Sens, et notée en musique de plain-chant (notation manuscrit appartenant au chapitre de la cathédrale I carrée noire).

Utque-aotla — xis Re-so-na-re fi-bris,

i ra ges-to — rum

— ■ MJ 1

Fa -mil - If tu - o-rum, So[ — ve pol-lu-ti La^-bi-i re — a-tum

Sanc - i& Jo-ha-nnes

t. Les ti'oi^ préccdciils cxemiilcs sont extruits do Storia délia )nU' | 3. Note-guiile appelle guidon, dans la inusitiuo di» pluFi-oImnt. C« sica du H. P. Martini (l. I, p. ISI, 18ii). j signe ne se chante pas. Ilindiquc seulement la note par laipu-lle com-

2. Extrait des Essais sia' la musique de PEnnAUD (Lyon, 1877). | menée la portée qui suit.

TECHNIQUE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

ORIGINES DE LA NOTATION 39t

Traduction en notation moderne

Sol — ve pol-lu-ti la-bi -i

fa -mi -li tu - o-rum

Voici comment Gui d'Arezzo explique son procédé dans une lettre écrite par lui au moine Micuil: « Si tu désires (dit-il à son ami) fixer dans ta mémoire un son ou un neume de telle sorte qu'en quelque endroit que tu veuilles, dans quelque chant que ce soit, connu ou ignoré de toi, tu puisses le saisir surle-champ et Tarticuler sans hésiter, tu dois graver dans ta tète ce même son ou ce même neume que tuas déjà entendu dans une mélodie quelle qu'elle soit, et pour chaque son que tu veux retenir, avoir en vue une mélodie de même sorte, qui commence par la même note, telle que cutte mélodie dont j'ai coutume de faire usage pour l'enseignement des enfanis les plus jeunes comme les plus avancés : Ut qucai.t Iaxis, etc. »

On voit, par cette lettre, que Gl'i d'Arezzo, en faisant observer à ses élèves qu'à chacune des premières syllabes de chaque moitié de vers, la note montait d'un degré, leur conseillait de fixer parfaitement dans leur mémoire cette mélodie, afin, leur disait-il, de retenir l'intonation des degrés et de pouvoir, par comparaison, s'en servir pour l'étude d'autres morceaux, lorsqu'ils éprouveraient quelques difficultés.

Cet ingénieux moyen obtint le plus grand succès, et, par la suite, l'usage s'établit de conserver à chaque degré le nom de la syllabe à laquelle il correspondait.

Telle fut l'origine des noms ut, ré, mi, fa, sol, la donnés aux six premiers degrés de la gamme, qui étaient représentés par les lettres C, D, E, F, G, A.

Système des muances. — Cependant, nous demandera-t-on, pourquoi Gui d'Arezzo n'appliqua-t-il son procédé mnémonique qu'aux six premiers degrés de l'échelle, et pourquoi le septième ne fut-il pas compris dans ce procédé? Les lignes suivantes vont répondre à cette question.

A cette époque, « les compositeurs étaient aux prises avec un monstre qui a eu le don de les terroriser jusqu'au delà du moyen âge; c'est l'intervalle de quarte augmentée, le triton, qu'ils appelaient diabolus in musica, le diable dans la musique !

«Ce diabled'intervalle.qui ne se trouve que sur un seul degré de la gamme, ainsi que son renversement, la quinte diminuée [fa-si, si-fa\,leur paraissait tellement étrange et dissonant, qu'ils n'osaient en faire usage qu'en qualité Je note de passage, ce qui les entravait autant dans leurs compositions que dans leurs nomenclalures; car c'est à cause de lui que ni Gui d'Arezzo ni ses successeurs n'avaient voulu donner de nom à la septième note de la gamme, ce qui les avait conduits à adopter un mode de solmisalion des plus incommodes, celui des muances' >'.

Voici, en quelques mots, en quoi consistait ce système :

L'ensemble des sons formant l'échelle générale

te Jo-ha-nnes

fut divisé en sept séries de six sons formant sept hexacorJes, et auxquels furent appliquées indistinctement les six syllabes mnémoniques tirées de l'hymne de saint Jean. Le système lélracordal des Grecs, qui divisait l'échelle par quatre sons, devint donc, sous GuiDO,ou peut-être après lui, un système hexacordai. On appliquait à la première série hexacordale r. A, B, C, D, E, c'est-à-dire aux degrés que nous appelons sol, la, si, ut, ré, »»', les noms ut, ré, mi, fa, sol, la :

(Sol) (la] (Si

lit Ré Mi

puis, on reportait ces mêmes noms à la série commençant une quarte au-dessus C, D, E, F, G, a

Ut

Ré Hi

F G Fa Sol

a La

^gnî:

• Ut. Ré. Wi . Fa. Sol . I.a —

enfin on se servait encore des mêmes syllabes : vt, ré, mi, fa, sol, la pour exprimer la série F, G, a, 6, c, d, c'est-à-dire les degrés que nous appelons fa, sol, la, si h, ut, ré :

F G a D^^ ut re fa sol la

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