Théoriquement, il serait possible d'obtenir
sirr- rrn instrunrerrt corrstirrit comme un piano toutes les rrutes Justes, c'est-à-dii-e chacirn des lorrs dn la gamme, sorr diesc et son bémol. .Mais, afirr de diminirer le nombre des conles et le nombre des toirches, le piano est disposé de raarriere à donner les sons de la gamme tempérée, c'est-à-dire, comme rrous lavorrs dit, à donner douze sons équidistarrls clans l'intervalle d'une octave.
Il en résulte que, sur' le piano, seul l'intervalle d'octave est juste ; l'intervalle de quinte est altér-é, mais ti'ès légèrement ; les autres le sont plus ou moins, sans que l'altération dépasse la valeur de un comma.
193. Harpe. — Au point de vrre de l'effet musical, la harpe dilfére essentiellement du piano, en ce que les sons y sont obtenus par- le pincement et rrorr par la percussion îles coi'des ; mais, err prirrcipc, la disposition générale est à peu près la même.
La harpe est composée de trois par lies : la chîssp ou corps sonore, pièce creuse recoirverte d'une table d'harmorrie sur laquelle les cordes sont llxées pai' une de leirrs extr'émités. Celte caisse, qui a une ilirection oblique par rapport à la verticale, repose sur' le sol par' une de ses extrémités ; à Vautre extrémité, elle est invariablement fixée à une seconde , pièce, rigide, la console, qui porte des chevilles sur I lesquelles s'enroirlerrt les cordes et qui ser'vent à len- ' dre et à accorder celles-ci. Une colonne, reliée à sa partie irrférieure à la caisse, supporte à sa partie supérieure l'extrémité libre de la console à laquelle elle dorme un point d'appui nécessaire pour que celle-ci puisse résister à la tensiorr des cordes.
L'ensemble présente à peu prés la forme d'un triangle dont im coté, la console, serait courbe et les cordes sont tendrres parallèlement à la colonne.
Par srrite de cette disposition, les cordes, qui sont au nombre de quararrte-ti'ois, ont des longrreurs drtfél'entes ; mais, comme pour le piano, les diiïéi'errces de longueirr ne sulliiaient pas porrr obtenir les variations de hauteur' qui doivent exister entre les notes les plus graves et les notes les plus aiguës que donne cet instrument.
Pour obtenir cette dilférence, on utilise les variations de diamètre et les variations de densité; les cordes coi'respondant aux notes aiguës sont des coi-des à boyau, celles qui donnent les sons graves sont des cordes lilées. Les cordes sont disposées de manière à donner les notes naturelles de la gamme tempérée ; mais celles-ci sont insuffisantes, et il est nécessair'ede pouvoir' obtenir ces mêmes notes diésées ou béniolisées ; à cet elfet, à la console, au niveau de l'extiémité de chaque corde, se trouve une pièce spéciale, appelée sabot, qui, lorsqu'elle estdéplacée, vient appuyer sur la coi'dè, et diminue d'rrrre petite quantité la longueur de la partie vibrante, de telle sorte que le son produit est plus aigu ; si le raecour'cissement est convenablement choisi, l'élévation correspond précisément à un demi-ton. Une pédale placée à la ntveKe, partie inférieure de la caisse et de la colonne, par l'intermédiaire d'une tige métallique passarrt dans celle-ci, met en mouvement les sabots correspondant airx diverses octaves d'une même note qui se trouvent loutesélevées d'un demi-ton. Il existe sept pédales analogues, une pour cliacime des notes de la gamme.
Il est facile de voir que, gr;\ee à cette disposition, on peut jouer darrs un ton qirelconqne, comme on le fait sur le piano. INous ir'avons pas à insister sur les
TECHMi^t'E, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
ACOUSTIQUE MUSICALE 'mî
difliciillés qui peuvent en résulter au point de vue de l'exécution mu'-icale, pour certaines moilulalions.
M. (!. I.YON a inventé un sysièine de hai'pes dans lesquelles ces dil'ticullés sont évitées, et qui ne possèdent pas de pédales. Dans ces instruments, les cordes sont divisées en deux gioupes, et sont inclinées en sens conlraire et de la même quantité sui' la verticale en se croisant en leur milieu; d'un côlé, les cordes correspondent aux noies données par les louclies Manches du piano; de Taulre, elles coriespondent aux notes données par les touches noires ; de telle sorte qu'on a tous les demi-tons de la gamme tempérée, sans que, pour une octave, les coides qu'uie maTn peut atteindre soient trop nombreuses ou trop rapprochées.
Indi'pendamnient des sons que l'on peut olid'nir en pinçant la corde et la laisanl viluer dans toute sa loni;neui', sons (|ui sont oïdinairenient utilisés, on peut produire des sons harmoniipies en ap|uiyant légèrement sur la corde en son milieu par le licirdde la main, en même temps qu'on a^iil plus haut sur la corde avec les doigts On obtient ainsi des sons d'un timbre particulier qui présentent un grand cliarme, mais qui ont peu d'intensité.
106. Guitare, mandoline. — Nous dirons seulement quelipies mot» de la (jiiilare; sa forme générale est celle d'un grand violon à six cordes dont les tables seraient planes; la lable supérieure présente une large ouverture circnlaiie par laquelle l'air inlérieur communique avec laimospliere. Les extrémités iid'érieures des cordes sont attachées à une barre qui est lixée directement sur la table supérieure; les extrémilés supérieures s'enroulent sur des chevilles qui servent à modifier la tension et à obtenir l'accord.
Ce qui dilt'érencie essentiellement la guitare du violon, c'est que, sur le manche, sont disposées Iransversalement des l''Uchef:. pièces légèrement en reliel'au-dessus du manche; lorsqu'on presse la corde avec le doigt sur une touche, oli légèrement en arrière, on limite à la louche la partie de la corde qui vibre, de tel le sorte que le son produit sera d'autant plus aigu qu'on agira sur une touche plus éloignée du sillet. Les touches sont disposées de manière que, surcbaque corde, les sons produits varient de demi-ton en demi-ton. Pour une même corde, les notes seront Justes si les touches ont été bien placées et si la corde est homogène; l'exécutant ne peut aucunement modilier la hauteur des sons produits La guitare est donc un instrument à sons lîxes.
Les sons sont obtenus en pinçant les cordes avec les doigts.
La mandoline, avec des dispositions un peu dili'érentes, est basée sur le même principe que la guitare; comme dans celle-ci, le manche présente des touches qui font de la mandoline un instrument à sons fixes.
Les différences entre les deux instrumenls consistent d'abord dans la nature des cordes; métalliques pour la mandoline, ce sont des cordes de boyau et des cordes lilées pour la puitare, ce qui eniraîne une dilférence de timbre; puis, dans le nombre des cordes, qui •^ont au nombiede deux ou trois pour chaque note dans la mandoline, tandis qu'il n'y en a qu'une dans laguilare; enlin, dans l'attaque des cordes, qui, dans la raandolirre, se fait en grattant les chœurs^ de
1. On ai'perle ainsi Kposomlilc des cor^Ics qui, fiant arrordéos à i'uni^son. donnent la même note.
cordes avec un instrurrrent spécial en corne, écaille ou ivoire, et continuant l'e mouvement aussi Inngtemp< que le son doit être teinr.
A cette famille d'instrumonls à cordes pincées où les sons sont lixes, mais où chaque <;orde peut donner [dusii'urs notes, se r-attachent divei-s aulres instr'urrienls pr'ésenlant des dispositions ariabii^iuis, mais qui ne sont plus en usage et sur lesipiels il serait sans intérêt de s'arr'êter.
l'.lT. Harmonium. — L'harmunium est un instrument dans lequel le son est produit par la vibralion d'anches libres mises en mouvemerrt par un courant d'air.
Cet instrument compreird donc urre snufllerie dans laquelle deux sourtlels,mus par' des [lédales, envoient l'air' dans la cliambi'e à air' qui est analogue aux soui'tlets à lanler ne des oi'gues; un ressor'l à borrdin agissant sur la table supiirieure a^^srrre à l'air' renl'eiiné dans celle chambr'e une pression su lisante; une soupape spéciale per'met réchappement d'une, partie de l'air, lor'sque la pression devient trop considérable.
L'har'monium comprerrd, err ;;énéi'al, un certain nombre de. registres : ensemble d'anches donnant des sons d'un mênie timbre et correspondant à foules les noies comprises entre deux limites déierminées; pour' l'explication du lonclinnnement , nous nous occuperons d'un seul registre, lesairtres registres fonctionnant d'une manière analogue.
Les anches de toutes les noies d'un nii''iire registre sont fixées sur une lame mi'lallii]iie appelée platine, dont noirs allons indiquer' la disposition, et qui conslilue une des parois d'une sorte de caisse cr-^'use, la loge, qui, communiquant avec la chambre à air, se remplit d'air comprimé en même temps que celle-ci lorsque les soulMets sont mis en action.
La platine présente autant d'ouvertures rectangulaires qu'il y a d'anches, chacune d'elles ayant les dimensions justement nécessaires pour' que l'anche puisse y pénétrer sans frottement. Cette lame est appliquée sur une pièce de bois de même longueur, dans laquelle sont pratiquées des cavités au droit de chacune des ouvertures de la platine. Os cavités, closes à leur exiréraité inférieure, débouchent à la face supérieure de la pièce de bois pardes ouverlures circulaires sur lesquelles reposent des soupapes qui les ferment lierinétiquement , mais qui se soulèvent lorsqu'on abaisse la touche corresfiondante du clavier.
Tant que ces soupapes restent fermées, les anches sont immobiles, malgré la pression de l'air qui est contenu dans la lo^e, parce que ce n'est pas la pression, mais le courant de ce gaz, qui produit la vibration de ces lamelles.
Mais si l'on appuie sur une touche, la soupape correspondante estsoulevée, l'aii' comprimé tioirvant une issue s'échappe, et la languette qui constitue l'anche entre en vibration; le son pi'oduit se contirme tant que le courant d'air subsiste, c'est-à-dire tant que la touche reste abaissée; il cesse lorsque, l'exécutant abandonnant la touche, celle-ci, se relevant sous l'action d'un petil ressort, ferme la soupape et intercepte le passage de l'air.
Ajoutons que, à une certaine drstance nn-dessus dessoupapes, se Ironve une table d'Iiar'rnonie, planche mince de bois élastiipre qui a pour' effet, par sa résonance, d'augmenter l'intensité du sorr, et aussi de modifier rrn peu son timbre. Natiirellemerrt, des ouverturesde grandeur sulfisarrte sont percées dans celte
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DlCTlOS'SAUiE DU COMSERVATOlItE
lable pour donner passage à l'air, qui s'échappe par les oiiveiiures que les soupapes débouchent en se soiilevaiil.
Wous n'avons pas à nous arrèler sur les divers regislres qui peuventèlre employés, non plus que surles disposilions piises pour les faire parler, à volonté, séparément on siniuilanénu'nt.
La liaiileurdes sons produits et leur timbre dépeiideiil des dispositions a.loptées pour les laut;uettes ; celles-ci sont des lamelles rectangulaires en laiton terminées à unedeleuis extrémitéspar une partie élargie traversée par des vis qui lalixent invariablement sur la platine.
Les <iinieMsions des lamelles sont liées à la hauteur des sons qu'elles doivent produire; comme pour toutes les lames vibrantes, elles sont d'autant moindres, d'une manière générale, que le son doit être plus aigu. Poui' les sons très graves, on serait conduit à employeides languettes de grande longueur; on évite cetinconvénienl en les surchargeant à leur extrémité libre d'une masse de plomb. Par contre, pour modifier le tiraille, par exemple, on emploie des lamelles amincies à celte ex 1 ré mité.
La longueur et la largeur d'une languette déterminée sont lixées par celles de l'ouverture correspondaiilede la platine, puisque la languette doit osciller librement dans celte ouveiture, en laissant le moins possible d'ispace libre. On ne peut donc agir sur ces dimensions pour accorder l'anche, c'est-à-dire pour lui l'aire rendre exactement la note représentée par la louche dont l'aliuissemHnt la l'ait parler; c'est sur l'épaisseur seulement que l'on peut agir, et on obtient l'accord en limant la languelte, en tâtonnant, jusqu'à ce qu'elle rende le son dierclié.
D'après ce que nous avons dit, la pression dans la ehamlire reste constante ; il en résulte que les sons produits ont toujours la même intensité, ce qui est un inconvénient au point de vue musical. On obtient Vexftres^sion par l'artilice suivant : le tirage d'un ¥e"istre immobilise la chambre à air, dans laquelle, dès lors, la pression est celle de l'air envoyé parles soul'flets, pression que l'exécutant l'ait varier à volonté en actionnant les pédales plus ou moins tort; la pr'e.ssion de l'air qui l'ait vibrei- l'auche varie de la même façon el, aussi, l'intensité du son produit.
198. Accordéon. — L'accordéon est un instrument de petites ilimeusions, portatif, dans lequel un courant d'air fait parler des anches mélalliques dont le nombre est variable avec le modèle considéré et qui donnent les notes de la gamme chromalique.
Le courant d'air est produit par un souftlet que l'on ■fail mouvoir de la main gauche; il s'échappe par des ouvertures placées en face des anches, e^, qui normalement, sont fermées par des soupapes; celles-ci peuvent être soulevées par l'action de touches qui constituent une sorte de clavier sur lequel on agit avec la main droite. Lorsqu'une touche est jiressée, la soupape correspondanle s'ouvre, et l'anche située en face entre en vibration.
Les sons ju-oduits sont peu intenses; le timbre en est nasillard. Aussi, cet instrument est-il peu employé, au moins eu France ; aux Ktats-Unis, son usage est, au contraire, très fréquent. En tout cas, l'accordéon ne sert que pour accompagner des chants ou des ilanses populaires.
•199. Cymbalon. — .Nous signalerons le ci/mbaloii, qui n'est qu'un perfectionnement du ttimpanoii.
Dans ces deux instruments, on trouve une lable d'harmonie sur laquelle sont tendues des cordes d'acier de longueur et de diamètre dillerents; à une exlrémité, ces cordes sont attachées à un support fixe; à l'autre extrémité, se tiouvent des chevilles d'acier pénétrant à frottenienl très dur dans un sommier (|ui consolide la table d'harmonie. Ces chevilles, qui sonl percées d'un liou cvlindrique de part en part, se termim-nl supérieurement par une partie carrée; les cordes sont introduites dans le trou el. à l'aide d'une clef, on fait tourner la cheville .^ur laquelle s'enroule la corde en se tendant ; la tension peut varier à volonté, en agissant convenablement sur la cheville. V'ers chaque extrén)ilé, les cordes s'appuient sur un sillet, pièce de bois fixée à la table d'harmonie, à laquelle elle transmet les vibrations des cordes, en même temps que ces sillets limitent l'étendue de la partie vibrante de la corde.
Les soiis sont obtenus eu frappant les cordes avec de petits marteaux à manche élastique dont l'exécutant tient un à chaque main; de la manière il'attaquer la note, de l'endroit où elle est frappée, dépendent l'intensité du son et, dans une certaine mesure, son timbi e, comme nous le dirons plus loin.
Chaque corde donne un son, toujours le même; il faut donc autant de cordes que de sons dilléi-ents que l'on veut obtenir. Les différences de hauteur dépendent,d'une part, de la largeur et du diamètre des cordes, dimensions qui, poui' une coi de donnée, restent iuvaiialiles, et, d'autre part, de la tension que l'on peut faire varier, ce qui permet d'accorder l'instrument, c'est-à-dire de disposer chaque corde de manière à domier au son qu'elle rend la hauteur qu'il doit avoir d'après la position orcuj)ée par la corde.
Nous ajouterons que, dans le but d'obtenir plus, de sonorité, une note n'est pas domiée par une seule corde, mais par trois cordes placées parallèlement et liés près les unes des autres, de manière à pouvoir ètie atteintes en même temps parle marteau ; naturellement;, ces cordes doivent être accordées à l'unisson. J
Nous n'insisterons pas davantage sur cet instru- I ment, dont la disposition est simple, etqui n'est guère employé d'une manière counuUe qu'en Hongrie.
:;00. Harmonica, boîte à musique. — ICn signalant
les instruments qui, plus ou moins exceptionnejlemeut, figurent à l'orchestre dans la batterie, nous avons parlé du célesta et du xylophone, dans lesquels le son est produit par des lamelles solides de dimensions convenablement choisies, {jui sont mises euvibiation par un choc.
C'est sur le même principe que repose l'harmonica, qui est un jouet d'enfant plutôt qu'un instrument de musique ; il est analogue au xylophone, mais les lames destinées à vibrer sont en verre ; elles donnent un son franc, d'un timbre agréable, mais de peu d'intensité; nous n'insistons pas sur leur fragilité, qui est un réel inconvénient.
Dans le xylophone et l'harmonica, les lames reposent sur deux points fixes situés environ au premier et au troisième quart do leur longueur. Mais il est d'autres instruments dans lesquels les lami's sont libres dans toute leur longueur et maintenues dans une position absolument invai'iable, encastiécs seulement à une de leurs extrémités. Si une hune ainsi disposée est soumise à l'extrémité libre à une foi'ce qui l'écarle de sa position d'équilibre, elle vibre
T ECU s lut: E, ESTHÉTIQUE ET l'Èn.M'.OGlE
quand la force cesse d'aj^ir, el si les dimensions sont convenables, les viluations sonl assez rapides (tour produire un son, qui est d'aulaut plus aifju que les lames sont plus petites.
Ce sonl de sejublaliles lames qui consliluent lorgane des boites à musique; eu réalilé, ces lames, dont le nombre doit être égal à relui des notes dont on veut dispiiser, ne sonl |ias séparées ; elles sont découpées dans une même lame daciei' rectangulaire dans laquelle on a pratiqué des traits de scie parallèles ; on constitue ainsi une soite de peigne dont les dents, qui sont de longueur régulièrement décroissante d'une e.xtréniité à l'autre, sont les lames vibrantes.
Cette lame d'acier est solidement (ixée sur un bâti par sa base, qui est la partie non découpée Kn l'ace du coté opposé, représenté par les extrémités libres des lames, se trouve un cylindre métallique auquel un mouvement d'borlogerie communique une rotation umlornie; la surlace du cylindre est 1res voisine des lames, mais ne les touche pas, île telle sorte que sa rotation ne produit aucune aciion. iVlais si, à la surface de ce cylindre, on imtdaule solidement une petite pointe niélallique faisant saillie, lorsque, par suite de la rotation, cette pointe rencontre une des lames, elle l'écarté de sa position d'équilibre, puis l'abandonne, la lame entre en vibration et produit un son. Si plusieurs pointes sonl implantées sur une même génei alrice du cylindre, elles allaqnenl toutes en même temps les lames correspondanles, el on entend un accord formé par la réunion des noies produites par cesdiverses lames. Si lesdiverses pointes sont placées surdes génératrices dili'érentes, les laines sonl attaquées successivement, et, successivement aussi, le^ notes sont entendues, d'autant plus disianles les unes des autres que les gétiéjatrices sont plus éloignées.
Il est aisé de comprendre que, si l'on dispose sur la surlace du cylindre des pointes convenablement placées, on peut faire entendre simultanément on successivement les noirs correspondant à la position des pointes, c'est-à-dire faire entendre une mélodie, seule ou avec accompagnement.
20t. Instruments divers. — Nous avons dit que les verges ou lames solides peuvent vibrer longilndinalement. En général, les sons ainsi produits sonl très aigus et d'un timbre désagréable ; tels sont lesbruits qui prennent naissance lorsque, pour obtenir le ravalement d'une maison, on vienl à gratter la pierre avec un racloir.
La tige de l'instrument vibre alors longiludinalemenl et constitue le corps sonore.
On obtient aussi des vibrations longitudinales en Qxant par sa base uu verre à pied et en frottant le bord avec le doigt mouillé, toujours dans le même sens. Les sons ainsi obtenus sont doux et pénétrants; leurliauteur, qui, d'une manière générale, dépend des dimensions du verre, peul être modiliée aussi en versant dans le vase une certaine quantité de liquide. En employant un nombre sullisant de verres que l'on accorde par tâtonnement, un peut, en les faisant parlei' successivement, faire entendre une mélodie ; mais les sons ne se produisent pas instantanément, ils sonl un peu capricieux ; aussi, ne peut-on reproduire que des morceaux d'un mouvement lent.
On a cbercbé à faire un instrument de musique basé sur le même principe ; il était conslitué par une série de tubes en verre de dimensions couve-
naliles, fixés à une de Icut's extrémités ; en l'ace de cbacun d'eux tournait une roue dont la Janle était rec-nuverte de drap mouillé ; lursque celle-ci était appiocliée du tube sur lequel idLe frollait, lUe y proilui>ail des vibrations longitudinales cl le son correspondant prenait naissanC''. Comme dans le cas précédent, l'attaque de la noie ne se iiroiluil pas loujorirs au moment du contact et peul ètie plus ou moins retardée; aussi, cet insti'ument n'a-t-il pu être utilisé.
202. — La mise en vilualion d'une colonne gazeuse contenue dans un luyau peul, être oblenue aiitr'enienl que par l'emploi d'une einboucbuie de tlûte ou d'une ancbe. L'expéi'ierrce suivante est classique dans tous les cours de cliiniie : à rrri appareil à déf-'agement d'hydrogène, on ailaple un tube terminé paiime parlieeflilèe et l'on enflamme le gaz qirisort parcelle pornle; c'est là ce qui constitue la lampe /iltih'soiiliiqiie. On prend alors un tubc!, de verre en général, que l'on lient verlicalement el que l'on descend de manière à y introduire la llamme; en enl'orrçanl plus ou moins ce tube, on li-oirve une position pour laquelle il se pi'oduit un son d'un timbre assez doux en général ; c'est ce qu'orr appelle Vharmonica chimique. En changeant les dimensions du tulie, on modilie la hauteur' du son ; l'i-ntensilé parait liée à la pression du gaz enllanimé.
La produclion des vibrations, et par conséquent du son, est qirelquefois irrégirliére ; irn tube qui parlait à un certain moment peut rester silencieux lorsqu'on veut recommencer l'expéiieuee, quoique on se soit placé exactement dans les mêmes conditions ; mais le son pourra se produire bi usquement, qirelquefois sans raison appréciable, plus souvent si, dans le voisinage, on a émis un son de même hauteur.
On conçoit que ces irrégularités ne permettent pas d'utiliser dans un orchestre les sons de l'harmonica chiririque, encore qire leur timlu'e soit ai^réable.
M. KAsTNrîR a coiisti-uit,cepen<lanl,un appareil basé sur ce principe et qu'il appelait le /)//rop/t(me; voici l'artrlice qu'il employait pour obtenir au moment voulu la production du son.
Dans chaque tube, dont les dimensions étaient en rapport avec la note que l'on voulait obtenir, se trouvaient deux tubes reliés à une conduite de gaz d'éclairage. A leirr extrémité libre était fixé un petit ajUtage par où s'écoulait le gaz que l'on allumait, de manière à avoir deux petites tlanimes très voisines. Si la position de ces flammes était convenable, le tuyau restait silencieux; mais si, à l'aide d'mi mécanisme quelconque, on venait à les rapprocher jusqu'à les confondre, le son prenait immédiatement naissance. Nous avons entendu cet appareil, il y a longtemps déjà ; mais nous ne croyons pas qu'il ait jamais été utilisé.
On n'est pas absolument d'accord sur la cause de la mise err viliration de l'air dans l'harmonica chimique, non plus que sur le mode d'action des deux flammes du pyropbone.
203. Harpe éolienne. — Quoique la harpe i':olicniic rende des sons musicaux el même des accords, on ne peut guère la langer au nombre des instruments de musique, car on ne peul produire ces sons à volonté, ni comme inslarrt de l'émission, ni comme hauteur de la note.
La harpe éolienne est constituée par une table
ESCYCLOPÉDIE DE LA MrSlQUE ET DICTION AIRE DU COXSEnVATniliE
d'harmnnifi sur laquelle sont tendues un certain nonilire de coides, six à huit en général, accordées à l'nnis-on ; cet instrfuiient, disposé de laçon à ce que les cordes y soient verlicalus, esl placé de manière que celles-ci suLiissent l'action d'un courant d'air; des écrans en liois diversement orientés suivant les modèles contribuent ;i diriger le vent sur les cordes.
Lorsque le courant d'air vienl l'rûler une corde, il peut la l'aire vilirer si les circonstances sont favorables; toulefois, il nesemlilepasciui'ce soit.jamuis le son loiiilainentul qui soit émis, mais seulement l'un ou l'aulre des harmoniques ; la moindre modilication de la direction ou de l'intensité du veni cliangeant l'harmonique produit, des sons différents se font entendre successivement, réalisant une sorte de mélodie ilont rien ne peut l'aire prévoir ni l'ordre de succession des notes, ni la durée de celles-ci.
Comme il y a plusieurs cordes, les choses peuvent se passer de la même façon pour chacune d'elles ; mais, en général, quoiqu'elles soient accordées à l'unisson, comme elles ne sont pas placées identiquement de la même manière par rapport au courant d'air, elles ne se comportent pas de la même l'acon. Tantôt, quelques cordes vibrent, ou même une seulement, alors que les autres restent immobiles; ou bien, elles entrent toutes en vibration, mais émettent des sons différents qui constituent des accords harmonieux, car ils sont généralement produits par les premiers sons partiels de ces cordes, sons partiels qui sont cnnsonants. On entend donc, tantôt des sons isolés, tanlôt des accords qui se succèdent, produisant tant par le timbre spécial des sons partiels que par l'harmonie particulière des accords et par la variation d'intensité due aux changements de force du vent, des etlèts musicaux spéciaux, bizarres et qui ne sont pas sans charme.
204. Trompette marine. — Pour terminer, nous dirons quelques mots de la Irompellc mnnnc, qui n'a jamais eu, croyons-nous, une grande importance musicale, mais qu'il convient de citer au point de vue littéraire, parce qu'elle est signalée par Molière, dans le Bourgeois fjentilhomme.
Malgré son nom, la trompette marine est un instrument à corde; elle était constituée par une caisse d'harmonie en forme de tronc de pyramide qui se terminait par un manche, et une tète a. peu près comme celle de la contre basse. Une corde de grande longueur, six pieds environ (prés de 2 m.), était fixée à la partie inférieure, passait sur un chevalet et, après s'être appuyée sur un sillet à la partie supérieure du manche, était attachée à une cheville qui permet tait de la tendre plus ou moins, de l'accorder. , On utilisait seulement les sons harmoniques de cette corde, en la touchant légèrement avec le ponce en un point convenable, et en trottant la corde avec un archet entre ce point et la partie supérieure de la corde.
Il semble, d'après un mémoire de Prin qui était renommé comme habile exécutant sur cet instrument, qu'il obtenait une octave et une note à partir de la douzième du son fondamental que pouvait rendre la corde dans son entier.
Deux dispositions particulières donnaient un timbre spécial aux sous produits par la trompette marine.
D'une part, à l'intérieur do l'inslrumcnt, sous la table d'harmoni(,', se tiouvaient tendues de vingt et une à vingt-quati'e cordes de laiton qui étaient accor-
dées à l'unisson de la corde principale et qui pouvaient vibrer par résonance.
D'autie part, le chevalet était une sorte d'arc dont les deux pieds reposaient sur la table d'harmonie. La corde passait sur ce chevalet, non eu son milieu, mais au-dessus de l'uu de ces pieds qu'elle appuyait sur celle table, tandis que l'autre, qui consM-vait quelque liberté, vibrait avec la corde et venait frôler la talde d'harmonie, produisant un son ou bruit qui, s'ajoulant au son de la corde même, en raoïlillait le timbre. Il semble même qu'il était possible de laisser au chevalet plus ou moins de liberté à volonté, ce qui changeait le son (|u'il produisait et, par suite, modiliait le timbre du son de la corde.
"iOS. — Nous avons étudié, bien que sominairement, la propagation des vibrations ilans l'air, et nous avons iniintré comment on a pu déterminer la vitesse de profiagalion, soit directement par la méthode de Rrrnai'lt, soit en se basant sur les sensations sonores produites par les ondes aériennes lorsqu'elles sont transmises à l'oreille.
On peut étendre à tout milieu élastique homogène ce que nous avons dit pour l'air ; les ondes se propagent, en effet, aussi bien dans un gaz quelconque, un liquide ou un solide que dans l'air. Mais, pour cliac)ue milieu, il y a une vitesse de propaf,'atioii spéciale dépendant de l'élasticité du milieu, tielte vitesse a pu être déterminée directement on indirectement.
Pour les f-'az, liEON.iULT a pu employer la méthode dont il s'était servi pour l'air, comme nous l'avons dit. Mais on ne pouvait songer à utiliser la méthode du B ireau des longitudes.
On conçoit qu'on ne saurait répéter ces expériences dans un gaz autre que l'air atmosphérique, car elles supposent une masse gazeuse d'une grande étendue. Mais il est possible d'exécuter des recherches analogues sur l'eau qu'on rencontre précisément en grandes masses.
(;es expériences ont été faites sur le lac de tienève par ' OLLADON et Stl'ru; les observateurs étaient placés dans deux barques dont on mesurait très exaclemenl la distance. A l'une de ces barques était suspendue une cloche qui plongeait dans l'eau ; cetle cloche était mise en vibration à l'aide d'un marteau dont le manche tournait autour d'un axe lixe ; l'observateur placé dans la barque soulevait le manche, puis le laissait retomber, de manière qu'il frappât la cloche.
Mais ce manche était muni d'une mèche enllaramée qui venait en contact avec un las de poudre au moment ou le marteau rencontrait la cloche. Il se produisait donc une lueur à l'instant même où les vibrations prenaient naissance.
L'observateur placé dans l'autre barque mettait en marche le chronomètre au moment où il vuyait la lueur, et il l'arrêtait à l'instant où il, entendait le son ; le temps marqué sur le chronomètre donnait la durée de la propagation et, comme précédemmeni, on en pouvait déduire la vitesse.
L'expérience eût été très simple si l'oreille de l'observateur avait été plongée dans l'eau, milieu dans lequel se propageaient les vibrations. Mais on ne pouvait opérer ainsi; en réalité. Il y avait, suspendu à la deuxième barque et plongé dans l'eau, un cornet acoustitiue dont l'ouverture était obturée par une |i:iroi élastique ; l'observateur plaçait son oreille ;i l'extrémité opposée qui était hors de l'eau. Quand les vibrations parvenaient ;i ce cornet, elles
TECHNIQUE, ESTlIÉTIQf'E ET PÉDAGOGIE
faisaient vibrer la paroi élasliiiue qui, elle-même, comrauniqiiail ces vibrations à l'air par l'intermédiaire diiqnel elles airivaieiil à l'oreille.
La valeur de la vitesse de propagaiion fut trouvée égaleà 143o mètres; nous verrons, d'antre part, que Wertheisi est arrivé presque a. la même valeur par une méthode entièrement dilîérenle.
206. Pai- des méthodes diverses reposant sur la lïiPine idée, divers observaleurs cherchèrent à déterminer la viie^se de profiagation du son dans les solides. Nous ne nous y arrêterons pas, et nous dirons seulement quelques mots des recherches de BioT sur celte quesiion, recherches basées sur un principe un peu diUéreut.
BioT utilisait les tuyaux en fonte de Oril mètres de longut-urqui lui avaiiMit seivi pourd'auties expériences : Mti' obs.rvateur frappait sur les parois du tuyau à une extrémité ; un second observateur, placé à l'autre exlrémilé, entendait deux sons successils et, à l'aide d'un compteur, il mesurait le temps écoulé entre ces deux percepi ions. 1,'un des sons, le premier correspondait aux vibralions transmises par. la lonle, le second était produil par les vibrations transmises par l'air.
Dans cette expérience, le retard étaitde2',5. Connaissant la lonsuourdu luyan,9rit mètres, et la vitesse de prnpaf.'ation dans l'air, 337 mètres par seconde à 11», on en déduil que le son a employé pour arriver un temps éi.'al à 931 : 337 = 2s,'70. Le son transmis par le métal avait parcouru le m^nie espace en 2.79— 2,50= 0^29. La viiesse de propagation était donc 951 : 0,29 = 3273 mètres par seconde. Celte valeur n'est pas exacte, parce que la conduite n'était pas homogène, mais était composée de paities séparées par des rondelles de plomh.
WiRTHEiM, par ime méthode analogue, a trouvé 3485 mètres pour le fer.
207. — Nous avons indiqué, sans en donner de démonstration, il est vrai, qu'il y a une relation entre la longueur d'un tuyau, le nombre de vibrations par seconde qui se protluisent quand ce tuyau parle sous l'influence d'un courant d'air, et la viiesse de propagation des ondes dans l'aii-. Nous en avons déduit le nombre de vibrations produites par un tuyau de longueur donnée.
Mais la même formule s'applique à tous les cas où un tuvau parle sous l'intluence d'un couiant d'un fluide quelconque ; si nous cormaissons la longueur du tuyau, si nous évaluons la hauteur du son, que, par suite, nous connaissions le nombre de vibrations correspondant, la formule donnera la vitesse de propagation dans le fluide avec lequel on a fait l'expérience.
Ce procédé a été employé, en effet, notamment par Wertheisi qui a obtenu les résultats suivants pour la température de 0° :
Osysèntf 317""
Acide carbonique 261
Hvdrogène 1 269
Eau 1437
Alcool absolu 1 160
Elher 1 160
Nous avons indiqué, sans insister, parce que le phénomène n'a que peu d'applications praliques, que les verges solides peuvent vibrer longitudinalement Les lois qui régissent ces vibrations sont les mêmes que celles qui régissent les tuyaux.
On comprend donc que la formule que nous venons de rappeler- doit s'applii]uer également à ces vibrations longitudinales; on perri l'nliliser, comme orr l'a fait pour les gaz, à mesirr-er la viiesse de propagation des ondes dans les soliiles. Voici quelques résultats obtenus égalemerrt par Wertheiu :
Arsimt 8057™
Zinc 9 683
Cuivre 11 167
Fep, acier 15 108
208. Réflexion du son. Echo. — Lorsqu'un observateur est placé à uire cer'taine dislance d'un corps sonore, non seulemenl.il perçoit un son dont il peut apprécier les qualilés, intensité, hauteur et timbre, mais encore, il dislirrgue dans quelle direction est le corps, source des vibralions. Sans vouloir insister sur cette question qui est plutôt du domaine de la physiologie, nous dirons que, quoique celte apprécialion puisse résulter de l'audition par une seule oreille, elle est plus pi-éclse quand l'audition est binauricrdaii-e.
(Juoi qu'il en soit, et comme l'observateur n'est alïecté que par des ondes aériennes, il faut que ce soientcelles-ci qui permeltentcette appréciation. Dans les conditions ordinaires, les ondes sont sphériqiies; la droite GA qui joint un point d'uiro onde OD à son centre est nor-male, perpendiculaire à l'onde'. Le fait expérimental qire nous avons signalé signilie donc que nous reportons par la pensée l'origine d'un son sur la normale aux ondes qrri, parvenant à l'oreille, produisent la sensalion sonore.
Lorsque l'oreille recevra des ondes qui, par suite de circonstances quelconques, auront été modifiées dans leur forme ou dans leur direction, si l'observateur n'est pas mis en gar-de par quelques remarques qui lui auront fait corrnaîlre ces modifications, il sera naturellement conduit à juger, comme il le fait ordirrairement, et à supposer que le corps sonore est placé sur la normale à ces ondes, alors que, en réalité, il occupe une position toute dillérente.
Ce cas se produit dans la réflexion des ondes dont nous avons déjà parlé, sans en signaler les effets acousiiques. L'ensemble des phénomènes qui se produisent alors constitue un chapitre particulier de l'acoustique auquel on a donné le nom de catacoustique.
Nous allons examiner quelques cas intéressants se rapportant à cet ordre d'idées.
209. — Disons d'abord que le fait d'apprécier la direction dans laquelle se trouve régulièrement le corps sonore a conduit à employer les mots de rai/on acomtique -.ioni se passe, en elfet, pour' l'oreille en A comme si un agent spécial énrané du corps sonor'e C était envoyé à l'oreille ; et comme le même fait se produit pour toutes les positions de l'observateur par rapport au corps sonore, tout se passe comme si celui-ci émettait des rayons sonores dans toutes les directions. Il y a là une analogie avec les rayons lumineux dont on parle en optique, analogie complète, car les rayons lumineux n'existent pas plus que les rayons sonores, les sensations lumineuses étant produiles par des ondes spéciales qui parviennent à l'œil et mettent en action l'organe de la vision.
Il n'y a aucun inconvénient à parler de rayons sonores pour simplifier les énoncés ou les démons-