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(w^o) «/| sol^ ul.2 îiii.y sol., -j- ;(/.j /r.j iiiii
11 12 13 li 15 IG -f ,50/3 -j- -f- .ï/j iili
Comme nous l'avons déjà dit, on n'a pas toutes les notes de l'octave 3 : il manque le fa et \e la; on a, par contre, les sons 7, 11, 13 et 14 qui n'appartiennent pas à la gamme.
Nous dirons plus loin comment, dans la pratique, on obvie à ces inconvénients. .'
Les conditions sont analogues pour la trompette; seulement, on utilise une moindre étendue de la série des sons partiels, d'abord, parce qu'on ne dépasse pas le douzième son partiel, puis, parce qu'on n'utilise pas les deux premiers'. Si donc nous prenons
1. Sauf dans la trompette en sol, où on fyit usage du dcuxii'nic son partiel.
EAOrJCI'fliJJi l'I I' JI^IS,çib tT LiJ(.JJ< 1\J\A II l L CONSEUVAT ( il L
une Irompette avec ?//, pour son oniUnieriLal, on a la série suivante :
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sur laquelle nous avons à Taire les mêmes observalions que nous avons présentées pour le cor.
172. — Pour une pression donnée du vent, on peut obtenir des sons divers en changeaiil la longueur de la colonne d'air
Deus procédés ililTérenls peuvent iMre employés :
On peut, pai' ' xeuiple, constituei- le luvau par deux parties qui glissent l'une dans l'autre (Irumbone à coulisse), de manière à faire varier la ilistance qui sép.ire les deux e.vlrémités du tube el, par conséquent, la longueur de la colonne d'.iir qui vibre.
Dans le trombone, pas plus que d ms le cor, on n'utilise le son fondameuial, m ils seulement le deuxième son partiel, octave du son ioiidamen tal; seulement, pour un instrument donné, ce son l'ondamental peut varier.
Considérons par exemple le tromlione alto, et supposons qu'où ait réduit au minimum la longueur du tube; il donne alors comme son l'ondimenlal un mi, K mais on utilise seulement le mit-}.
Si, à partir de celte position, on allongeait progressivement et couiinûment la lon^'ueur du tube et par suite celle de la colonne vibrante, on obtiendrait une série également conlimu' de sons jusqu'à celui qui correspond a la plus giMiide lonf;ueur du tube. Mais tous ces sons ne sont p;is uliles, et il sulfit de s'arrèler aus positions qui doune'it naissance à des notes de la gamme.
En réalité, ou a pris sept pûsitions qui, pour le trombone alto, fournissent les note-, suivantes :
ffl/jb. ré-i réj[,, m.,, iit.,[j, .5!,i', /a,.
Dans ces conditions, l'étendue des notes que pourrait fournir l'insli'ument serait très limitée, tandis que, en réalité, elle est considérable.
C'est que, pourcbaque position, oii utilise le principo que nous avons expliquée prnpos du cor et que, par une modification de la pression, on provoque la division de la colonne en coiicamérations, ce qui donne naissance aux harmoniques du son fondamental.
Dans le trombone, on n'utilise des sons partiels que jusqu'au buitième; pour la premièi'e position, on aurait donc la série suivante :
s/J.) niih soi-, si-h
et, bien entendu, des séries analogues pour chacune des autres positions. Il est facile île voir qu'on a ainsi une série cbroinatique complète depuis le /rt,, jusqu'au 7>îùh. A ce point de vue, le Irombone est donc beaucoup plus riche que le cor ou la ti'ornpelte.
173. — Il existe un autre moyen de faiie varier la longueur d'une colonne gazeuse, de la raccourcir; il suHit pour cela de pratiquer une ouverture dans la paroi, lin ce point, l'air intérieur est mis en communication avec l'air extérieur; loutse passe comme si le luvau était limité à cette dislance, la partie vibrante s'éleud do l'emboiicbuie à cette ouverture et la partie située au delà ne joue plus aucun rôle.
Le son rendu dépendra MaturollemenI de la position (le l'ouvei'ture et, si celle-ci est conveuatilcinent placée, ce sou pourra être un des sous appartenant
à la gamme dont la tonique seiait le son lojidamental du (uyau.
>i,pai' un moyen quelconque, ij l'aide du doigt ou àraHled'une soupape, appelée c/e/',on peut à vo onté obturer ou déhoncher l'ouverture, on pcmrra à voloiilô l'aire entendre le son londaniental ou 1- son qui Correspond à la longueur déterminée par Ut i)0silion de l'ouverture.
On peut ainsi p(M'Cer nu certain no'ulue de trous également susceptibles d'être obtuiés, et ou obtiendra un nombre éyal de sons ditféreul>; si les tmus sont convenablement placés, ou pourra laire entendre les notes de la gamme, soit diatonnpie. soit eiiroraalique, suivant le nombre et la pusitioii des imus.
Théoriquement, s'il s'agit d'un tuyau cvlindiique, les lois que nous avons données ,.erniettiaiiMit de préciser exactement la position que devraient necuper ces trous; en réalité, la question n'e.--l pa- aussi simple, parce que, comme nous l'avons dit, ta présence de l'embouchure amène des irrégulai'ités. Aussi, n'est-ce qu'à la suite de tàtonnomeuts que l'on arrive à déterminer une peice satisfaisante
A plus l'orle raison, en est-il ainsi pour l 's instruments dont la colonne n'est pas cyliinli'ique, tels que le hautbois, le basson.
174. — Mais les instruments de ce genre ont une échelle de sons très étendue, trois oi'taves envii on, en général. Pour obtenir chromatiqueineuL tous bassons correspondants, il ne faudiait pas mo ns de trentesix ouvertures munies de Irente-six clefs: l'instatlation de ces clefs et leur maniement seraient ii ii'alisables.
Il est possible d'obtenir le même nonilue île ■-ons avec un moindre nombre d'ouverture--; en .ll'ft. pour une longueur corr'espoudant à l'ouverluK' (l'un irou déterminé, on peut, par une variatinn du courant d'air, faire entendre non seulement le son l'oiidamenlal correspontlant à cette lon;;ueur, mais (uic.ore l'un ou l'autre des sons partiels currespinidants. Le nombre des trous pourra donc être réilnil dans le rapport du uornliie des sons partiels que l'oi niijisera pourcbaque longueur de la colnnui' viluaite.
Suivant la nature des instruments, 1 ■ num re et la nature des sons partiels utilisés vari' iit : r'r-<[ .linsi que, dans la tlûte, qui se comporte comme un luyau ouvert, ou utilise, outre le sou foudamenial. les deuxième, troisième, quatrième et cinquième sons pai'liels.
Dans la clarinette, qu'il faut assimiler à un luyau fermé, seuls les sons partiels d'ordre impaii peuvent servir.
17.Ï. — Les instruments à veut doivent litre rangés en diverses catégories suivant le procède employé pour faire parler le tuyau : rmlourluoe il>' jliile ou anchfs.
I^a (li'^le et la petite llùte appartieun(Mit à la pi'eniière catégorie'; vers l'exti-émilé l'ermee de l'inslrunient, se trouve percé latéralement dans la paroi un tr'OU légèrement C(Uiiquc qui porte le nom de Irmt de rcmhoitrhure. L'exécutant ap|iliciue ses lèvi-es latéralement a cet orilice et y projette uu ccmranl d'air, qui, venant frapper contre le biseau de la partie opposée du trou, produit l'elfet que nou-^ avons signalé quand nous avons parbi des tuyaux vilir.inls et i|ui fait vibrer la colonne d'air
Suivant la maidére dont est émis le courant d'air par l'exécutant, suivant surtout la [U'ession d(! cet
TEClIXInVli, liSTIIÉTInVE ET PÉDAGOGIE
air. le son produit sera le son foiulamciitalou un des sons partiels.
Le llafjeolel lenire dans celle ealégorie, h laquelle apparliciii éfialenient le siltlet. Disons eiidn que c'est d'une maniiM-e analogue que Ton produil un son en soulllani dans uni' ciel' forée.
Lians une aiilre calégoiie, il faul ranger les iiistrumenls à aiuhes; mais il convient d'étaldii' une su lui ivision suiv.int ([u'il s'agit d'anches propienient diles ou d anrhes nu nilnaneuses.
Dans le cas des anches proprement dites, la vihralion de la colonne gazeuse est provoquée par la vibiatinn de languettes solides qui sont constituées pai- de minces lamelles en roseau. Mais il y a lieu d'éfalilir une division suivant la disposition des anclies, qui n'ont pas la même forme pour les hautbois Ht les hassons que pour les clarinettes et le saxophone.
Dans le hauthnis, le cor anglais et le basson, il y a den.x languettes amincies à une de leurs extrémités et ajustées par l'autre sur un petit tuyau métallique qui ahoulit d'autre part au corps de l'instrument.
Dans les clarinettes et le .^axo|ilione, il n'y a qu'une seule languette i|ui s'applique autt'ede l'instrunient, partie rigide (]ui s'adapte au corps de l'instrunn^nt, et don! l'épaisseur est telle qu'il ne peut entrer en vibration.
Quelle (|u'en soit la forme, les lamelles qui constituetitles anches sont piessées entre les lèvres; sous l'influence du courant d'air lancé par l'exécutant, si la position des lèvres est convenable ainsi que la pression que celles-ci exercent, les lamelles entrent en vihration. Ce l'ait peut se produire, même si les anches sont séparées de l'instrument; le son produil, son firopie îles lamelles, est d'un timbre désagréalile. Mais si l'anche est adaptée au coi'ps de l'insliument, les vibrations des lamelles se communiquent à l'air, qui vibre égah-ment et qui donne naissance à un son d'un fimiire plus agréable, plus plein que celui du son de l'anche. Loisqu'on change la longueur de la colonne vihranle pour produire des sons de diverses hauteurs, il faut que le mode vibratoire de l'anche se modille pour être en concoidance avec celui de l'air. Celle concorilance s'élahlit en partie parce que, s'il y a action de l'anche sur la colonne d'air, il y a réaction de celle-ci sur l'anche, et cela suflit si la dillérence n'est pas grande. Dans le cas contraire, l'exécutant nioililie le* conditions de vibration de l'anche en changeant la force du courant d'air et en chan- -geant le mode de pression des lèvres; si ces diverses variations se trouvent réalisées simultanément d'une manièie convenalile, le son sort franchement et avec une belle qualité de timbre.
17fi. — La dernière catégorie que nous ayons à
, signaler est celle des instruments dits ù bocal, dans
lesquels la mise en vibration de la colonne gazeuse
est obtenue par l'action des lèvres de l'executantqui
agissent comme de véritables anches memhraneuses.
L'embouchure, qui a reçu le nom de bocal, est constiluée par une pièce métallique creuse, conique ou hémisphérique, percée en son fond d'une ouverture par laquelle lair contenu dans le tube de l'instrument communique avec l'air extérieur. L'exécutant applique sa bouche contre cette pièce en contiactant les lèvres de manière à leur donner une certaine rigidité, et lance par l'ouvertuie linéaire qu'elles limitent un courant d'air dans l'instrument.
En pinçant les lèvres et envoyant un courant d'air
avec une cerlaiiie force, on produit un bruit, même lorsque les lèvres sont éloignées de l'embouchure. On arrive plus facilement au résultat si, dans les mêmes conditions, on appliqiu; contre les lèvres un anneau dont le bord limiterorilice etdonne un point <rap pu i; on recounait aisément (|ue, en teiulantou en pinçant plus ou moin-, les lèvres, ou en taisant varier la force du courant d'air, on peut faire varier la hauteur du hiuit produit. Les lignes se comportent alors comme l'anche du hautbois quand on la fait parler, alors qu'elle n'est pas adaptée à l'instrument; ce sont comme on les appelle, de véritaldes dnchca membrancnne):.
Il est alors l'aeiUî de comprendre que, lorsque ces anches particulières seront appliqtn'-es contre le boni du liocal adapté au tulie qui lui fait suite, la colonne gazeuse contenue dans ce tube entrera en vibration sous l'inlluence du mouvement des lèvres, comme cela se passe pour tous les tuyaux à anche, bien entendu, il faut qu'il y ait une certaine concordance entre la hauteur du son produit et les coiulitions do viliration de l'anche, conditions que l'exéculanl fait varier en sériant ou en tendant plus ou moins les lèvres et en moddjaul la force du vent.
177. — Nous avons maintenant les données suflisantes pour délliiii- les divers instiuujents à vent, pour les classer; il va sans ilire que nous traitons la question seuleme it au point de vue acoustique et non au- point de vue musical.
^'ous rangerons les instruments à vent en un certain nombre de lamilles :
Famille de la flûte. — Celte famille comprend seulement la //((/cet la petite flûte ou piccolo; ces instruments parlent à l'aide d'une embouchure libre ou à bec de tlûie : le tuyau est cylindrique.
Les sons que peut rendre la fliVe sont compris chromatiquernent entre Vut-^ et Vut,/, les sons des octaves supéiieui-es qui sont ohterrus par la production des sons partiids élevés exigeant une pression notable sont nroins doux que ceux de l'octave inférieure.
La petite llr!tte rend les mêmes notes que la grande tlûle, mais à l'ociave srrpérieure, soit de uli à iUt.
Les fliMes sont généralement en bois; toutefois, on eu construit en métal (maillechort, argent) ou en cristal.
178. Famille du hautbois. — Les instruments de celte farrrille parlent sous l'action d'une anche double; la colonne gazeuse est conique, ou peut môme avoir une forme plus complexe. Les sons y sont obtenus d'une manière analogue à ceux de la ilfite, c'est-àdire qu'on utilise, suivant la hauteur, soit le son fondamental, soit l'un des sons partiels 2, .!, 4 ou 5.
Cette famille comprend :
Le hauiboii dont l'échelle de sons s'étend chromatiquement du sU au mh.
Le cor angluis, analogue au hautbois, mais plus long; aussi, donne-l-il des sons plus graves; de plus, la lorme du tube vers son extrémité libre diffère de celle du hautbois, ce qui explique la différence de timbre. La note la plus basse que donne cet instrument est une quinte plus grave que pour le hautbois, mais retendue est la même, et comprend chromatiquernent tous les soirs compris entre mi, et hii.
Ou ignore d'où vient le nom de cor anglais donné à cet instrument, qui ne ressemble en rien à un cor,
n; par le mode île production des sons, ni par le timbre di' ceux-ci.
Le fiasaon, dont la forme est diiïérenle de celle du hautliois, mais dans lequel les sons sont produits d'une manière analogue, a une grande étendue, et donne cliromatlqueraent tous les sons compris entre sùIj et siji.
Le contrebasson est analogue au basson, mais donne des sons plus graves, parce que la colonne d'air est plus longue; ces sons sont compris entre rc^ et ffi.,.
Les instruments que nous venons de ciler sont en bois. Par contre, le sarnu'ophonc, qui, par tous ses caractères, appartient àla même 1'amille, est en laiton. Il y en a de plusieurs dimensions, mais ou n'utilise gui'Te que le sarrusophone cou Irebasse qui remplace souvent le contrebasson; les notes qu'il peut fournir sont comprises entre si i etso/-).
no. Famille de la clarinette . — La caractéristique de cette famille, c'est que la mise en vibration de l'tiir est produite par une anche simple en roseau; ''étude de la colonne vibrante montre que si, comme toujours, il y a un ventre à l'extrémité ouverte, il y a un nœud à lanclie; par suite, le tuyau se comporte comme un tuyau fermé, il ne peut donner que les sons partiels impairs; aussi, le timbre a-t-il un caractère particulier et les doigters sont-ils complètement différents de ceux ulilisés dans les instruments précédents.
'Les instruments de cette famille, dont les sons ont cependant un certain air de parenté, différent entre eux sur beaucoup de points.
Le tuyau est cylindrique pour la clarinette^ avec un léger évasement à l'extrémité, évasement qui est plus marqué dans la clarinette alto et dans la clarinette bafisc.
Dans les saxophones, le tuyau est conique. Ces derniers instruments sont en métal; la clarinette est en bois; pour les claiinettes alto et basse» le corps est en bois, mais le pavillon est en métal, ainsi que le tube qui relie l'anche au corps.
.Entrons dans quelques détails sur les principaux instruments de cette famille.
Il n'existe pas une clarinette, mais trois clarinettes qui, analogues en tous points, diffèrent seulement par leur longueur.
La plus courte de ces clarinettes est dite clarinette en u! : elle donne chroniatiqnement tous les sous compris du mi., au so/;;, soit plus de trois octaves.
La clarinette en ,si (^ et là clarinette en la, plus longues que la précédente, sont telles que les sons les plus graves qu'elles peuvent rendre sont respectivement un ton et un toti et demi plus bas que le son le plus gravé de la clarinette en ut; elles ont d'ailleurs la tnême étendue, de telle sorte que les sons que ces clarinettes peuvent rendre sont : Pour la clarinette en si [>, du n'î Du fay,. Pour la clarinette en la, de nt„-^ au ml... Nous n'avons pas à insister sur les dénominations données à ces instruments, ni sur la manicie dont sont écrites sur la portée les notes qu'elles peuvent rendre; ce sont là des questions qui n'ont aucun rapport avec l'acoustique.
Par contre, nous devons insister sur ce iiiic, contrairement à ce qu'on observe pour la llùte et le hautbois, par exemple, où il y a une assez, grande homogénéité de timbre dans loute l'étendue de l'échelle, il y a de grandes dilférences dans la clarinette.
Pour la clarinette en vt , les sons compi-is entre >//(., et ini.j (|ui sont fournis par des sons foiidami-ntaux, vibration de totalité sans concamération, sont dits sdjîs (/e citulwncau. Par l'emploi du tioisifme son partiel (douzième du son fomlamenlal), qui donne les notes de &i^ à si;, on a des sons clairs dits sorts de clairon. Les notes du médium de mi, à si^ sont faibles ; entin les sons plus aigus que si^ sont durs.
La claiinette alto est peu employée; la clarinette basse donne les notes comprises entre rc, et si., \i.
H y a plusieurs types de saxophones: le plus fréquemment utilisé est le saxophone dit en mi {■> dont l'étendue est de réj à lu ■. ..
18{). Famille du cor. — Cette famille comprend le cor et la trompette, instruments en métal à tube conique terminé à l'extrémité libre par un rapide éUugissement appelé pavillon; ces deux conditions contiibueut à donner aux sons un timlire éclatant. Ce sont des instruments à bocal.
Comme nous l'avons dit, les divers sons qile peuvent produire ces instruments [171] sont seulement les harmoniques du son fondamental, et nous avons vu que ceux-ci ne donnent pas toutes les notes de la gamme et, par contre, donnent des notes qui n'appartiennent pas à la gamme, les sons 7, 11, 13 et 14.
Il est possible de modilier la hauteur de ces sons, de les rendre plus graves en introduisant la main dans le pavillon; le même procédé peut d'ailleurs s'appliquer aux autres harmoniques, si bien que l'exécutant, s'il est habile, peut l'aire entendre, plus ou moins nettement, la gamme chromatique comprise entre les harmoniques 8 et 16.
Mais cette manœuvre, en même temps qu'elle change la hauteur du son, raoditie son timhre, qui devient moins net, plus sourd. Les sons ainsi obtenus sont dits sons bouchés, par opposition aux sons ouverts qui coi'respondent aux notes directement fournies parles harmoniques; il convient de les éviter, tant à cause de la difficulté de les produire qu'à cause de leur timbre particulier qui rompt l'homogénéité de la sensation, à moins que, précisément, on ne recherche ce résultat en vue d'un ellet musical déterminé.
Les sons bouchés ne sont pas utilisés dans la trompette.
181. — Les notes que peut fournir le cor en ut que nous avons considéré peuvent être suffisantes pour des morceaux écrits dans le ton d'ut et approximativement pour le ton de fa. Pour les autres tonalités, certaines notes importantes manqui'raient ; c'est ainsi que, par exemple, la note m(; ferait défaut dans le ton de rc ; mais on aurait un instrument qui conviendrait au contraire très bien dans ce cas si, disposé et utilisé de même, il était choisi de manière h avoir un n' comme noie fondamentale, c'est-à-dire s'il avait une longueur dill'érente dé celle du cor en (// ; et ainsi do suite pour d'autres tonalités.
C'est, en eti'et, ainsi que les cors sont employés ; mais il n'y a pas plusieurs instruments de ilillérentes longueurs; seulcnienl.oii peut intercalei' dans le tube ili'S pièces de longueur variable de manière il modifier la longueui totale de la coloinie ua/.euse et, par suite, la hauteur du son fomlamenlal ; ces pièces, qu'on ,i|ipplle des Ions, sont d'autant plus lonj;iies (pie le sou fondamental est plus grave. Les cors utilisés dans l'orchestre possèdent huit tons de rechange.
•Ces mêmes conditions se reirouvent dans la trom-
TECIISIOCE. ESTIIÉTJQIE ET PÉDAGOGIE
pette, qui possède éi:aloniPiit huit tous de lectiangc.
Les tons île lechan^'e qui ont pour elîet d"alU>iif;er la colonne d"aii- s'intercalent entre reniboucliure et lecorpsdoriiislr-ument;ori les snbslilue l'un à l'autre lorsqu'on veut changer la note fondamentale.
Mais on peut concevoir une autre disposition : le tube poiirr.iil être coupé dans sa contiiuiilê. et ce serait en ce point qu'on intercalerait le ton de rechan^je ; ]>lus facileniei\l, co Ion pourrait être lixé a demeure avec un dispositif qui pinnietlrnit à volonté de le laisser en dehors de la colonne gazeuse, ou de l'intercaler dans colle colonne, l'ii piston convenaldenienl disposé ii»'Ut aisément produire cetellet; dés lors, par un simple mouvement de ce piston , on peut a volonté obtenii' la séiie des sons corrospondanl à la longueur ilu tube principal seul, ou celle coirespondant à Ja longueur de ce lid)e augmentée de celle du tube additionnel.
En employaiil deux tubes au.xiliaircs, on aura le moyen d'augmenter la longueur de la colonne aérienne, à volonlé : 1" de la longueur du premier tube auxiliaire ; -2" de la longueur du second tube auxiliaire ; 3"» de la somme des longueurs des deux tubes. Deu.v pistons convenablement disposés peimettent d'arriver à ces diverses combinaisons.
En eniployanl trois luhes auxiliaires, on voitquon peut utiliser sept niodilications de la longueur de la colonne aérienne; dans chaque cas, celle-ci est susceptible de donnei- la série des notes correspondant aux harmoniques qu'elle peut fournir.
Cette disposition remplace avanlageuseraenl , comme on le conçoit, l'emploi des tons de rechange- Un cor muni de ce mécanisme peut donner immédiatement tous les sons qu'il pourrait fournir par l'emploi successif des tons de rechange, c'est-à-diie, comme nous l'avons indiqué, toutes les notes de la gamme chromatique dans l'élendue de trois octaves.
Tel est le cor à pistons ou cor chromatique, qui peimet l'exécution de passages qui seraient impossibles à réaliser avec le cor ordinaire, qui permet même la production facile de sons que celui-ci ne donne que malaisément, et qui rend inutile l'emploi des sons bouchés.
Il faut (lire que la modification de la forme de la colonne d'air amène une modiûcation dans le timbre des sons, modilication qui en réalité n'est pas considérable.
Il est facile de concevoir que la même disposition peut être appliquée à la trompette, qui devient la trompette à pistons ou trompette c/t/oma^tgiic, laquelle n'a pas non plus le même timbre que la trompette.
A cette disposition se rattachent plusieurs autres instruments sur lesquels il n'y a rien de particulier à dire au point de vue acoustique, car leur mode de fonclionneinent est le même que celui de la trompette à pistons. Tels sont le cornet à pistons, les saxhorns, le tuba.
Ces instruments diffèrent de la trompette et ditférenl entre eux par la longueur et la forme de la colonne vibrante, par la disposition du pavillon, ce qui amène non seidement une dill'érence dans la bauteuides sons émis, mais aussi une ditférence dans le timbre.
182. Famille du trombone. — Les trombones sont des instruments à bocal dont le tube est cylindrique, sauf à l'extrémité linre, ou il s'évase largement et se termine par un pavillon.
Nous avons indiqué sul'lisaranient la manière dont
on peut obtenir des sons ilillerents pour (]u'il soit innlile d'y revenir.
(In coin[>reiid que la hauteur absolue de la série des sons produits dépend de la longueur de lac<donne lorsqu'elle est réduite au minimum, lorsque, suivant l'expression consacrée, la coulisse est fermée.
(In pourrait avoir aulant d'instrumeuls ililTérents qu'on prendrait de valeurs dilTérentes pour cette longueur miiuma; en réalité, on utilise seulement trois inoilèles distincts :
le trombone alto : la note la plus grave qu'il puisse donner à la septième position est le /a, ;
It^ trniiihone ténor, qui peiit descendre Jusqu'au îh/,,
et le trombone basse. (|ui peut ilniniei' le si„.
Sauf pour la preniièie position, la place que doit occuper la coulisse n'est indiquée pai'rien,i't ce n'est qu'à la suite de longs exercices que l'exécutant prend l'habitude d'arrêter la coulisse à la position convenable.
On évite cette difficulté dans les trombona à pistons par une disposition analogue à celle c|u8 nous avons signalée dans le cor à pistons, qui permet d'introduire dans la continuité du luhepriiicip.il des tubes accessoires qui allongent la colonne d'air, ce qui produit le même elîet que rallongement elfectif qui a lieu dans le trombone à coulisse.
Un conçoit que ces allongements se font d'ime manière alisolument précise, ce qui évite la difliculté résullant de la nécessilé d'anêter la coulisse à un point exaclement déterminé.
183. Ophicléide. — Nous n'insisterons guère sur cet insirument qui tend à dispaiaitre, non plus que sur le serpent auquel il a suceéilé.
C'est un instrument à bocal, en cuivre, dont le tube est conique; il oITre cette particularité, et c'est pour(pioi nous croyons devoir le signaler', qu'il présente des ouvertures munies de clefs i|ui per'inettent de nio<lilier effectivement la longu 'ur de la colonne vibrante, disposition qui ne se retrouve dans aucun autre instrnriieiU à bocal.
184. Batterie. — La batterie dans l'orchestre comprend, eu première ligne, les timbales, et accessoirement, le tambour, la grosse caisse, les ci/inbales, le triangle, etc.
Une lirrrbale est constituée par un bassin hémisphérique eu laiton sur lequel est tendue irne peau. Comme toutes les membranes tendues, cette peau peut vibrer sous l'action du choc produit par une baguelle lermiuée par une petite sphère en bois nue ou recouviute de peau ou d éponge, suivant que l'on veut produire des sons forts ou faibles, éclalants ou voilés.
La membrane seule ne rendrait qu'un son peu inti'iise; mais la masse d'air située au-dessous, et peul-èli-e aussi les pai'ois mélalliipies, l'ésonnent par intliience, augmentent l'intensité et modilient le limlire.
Pour' une tension déterminée, la lirirbale donne toujours la même note; mais on |ieut faire varàer celte tension à l'aide de vis placées siri- le bord de la caisse; la tension change ainsi d'u le manière continue, et il en est de même de la hauteur du sou produit, de sorte qu'on peut accorder la timbale. iMais cette variation n'est pas très considérable et ne dépasse pas, eir général, l'étendue d'une quinte.
Il y a, le plus souvent, deu.K tiirrliales dais un orchestre; elles sont accordées à iaquaite ou a la quinte.
LWCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOWAIRE DU COSSEliVATOIRE
Cependant, quelques auteurs en ont employé davantai-'e : Iîerlioz, dans son Jieqidcm, utilise huit paires de timbales.
Nous ii'insiàterons pas suv le tambour et la grosxc caisse, dont le son est aussi produit par la vibration d'une peau tendue iH dans lesquels Tair contpnu dans l'instrument contribue éf;alement à la résonance.
On peut faii'e varier dans une certaine mesure la tension de la peau de ces instruments; mais on n'utilise pas cette tension pour obtenii' im son ahsolument déterminé. Ces instruments servent plutôt à accentuer le rythme qu'à concourir à l'harniunie.
iSons en dirons autant des cynd/ales et des triangles; dans ceux-ci, on utilise les vibrations transversales d'une tipe métallique élastique. Les cymbales sont des plaques vibrantes que l'on met en action jiar l'action d'un choc.
185. — Les cloches, qui sont qirelquefois utilisées dans les orchestres, doivent être considérées comme des plaques vibrantes. Les sons qu'elles produisent ont une hauteur bien déterminée; ils sont d'autant plus graves que la cloche est plus pesante. Le caractère particulier des sons produits par les cloches est drti arrx sons accessoires qui accompagnenr le son l'ondamental et dont on peut aisérirent en distinguer un certain nombre en écoulant atteniivement. On peut aussi se j-endre compte de leur existence en écoulant le son d'une cloche à une certaine dislarrce ; il arrive souvent alors que l'on continue d'entendre les sons accessoires après que le son principal s'est éteint, ou lorsqrr'il est devenu assez faible pourrre pi us être perçu. Les cloches, lorsqu'elles accompagnent l'orchestre, doivent être accordées. On sait d'ailleurs que les carillons sont constitués par une série de cloches donnant les notes de la gamme; on peut arriver à avoir des cloches donnant ces notes avec justesse.
Le son des cloches a une durée assez longrre, surtout lor'sqire la cloche a de grandes dimensions; il faut tenir compte de cette remarque lorsqu'on fait parler successivement plusieurs cloches.
Dans les orchestres et les carillons, les cloches sont immobiles, et on les frappe avec un marteau qu'on tient à la main ou qui est mû à l'aide d'un mécanisme. Mais, en dehors de ces cas, c'est la cloche que l'on met en branle, que l'on fait osciller et qui vient frapper contre le battant.
Le déplacement de la cloche par rapport à l'airditeur donne l'explication d'un effet qire l'on observe assez fréquemment. Lorsqu'un observateur est placé à une cei taine distance et dans une direction convenable, le son qu'il entend présente des variations périodiques d'intensité qui sont isochrones avec les oscillations de la cloche; cet eiïet est dû à l'interférence.
Lorsque la cloche est dirigée de telle sorte que sa base, la partie ouverte, soit en face de l'observateur, celui-ci reçoit des vibrations venant notamment de tous les points de la circoritérence de base. Or nous avons dit que, dans les pla(]ues vibrantes, il s'établissait une division en concamérations telle que deux coricanièrations voisines vibrent en serrs opposé. Il parvient donc à l'oreille de l'observateur des séries de vibr'ations qui sont, à un même instant, de sens contraire, condition qui produit l'interlérence. Ici, les conditions ne sont pas telles que les vibrations opposées s'entie-détruisent absolument, mais elles s'affaiblissent.
Dans l'autre moitié do l'oscillation, une partie de
la cloche est masquée pour l'ohservaleirr par l'aulre partie; elle n'envoie donc pas de vibrations; il ne peut y avoir inlerférence.
Lorsqu'on pi^ut voir la cloche qrri prodrril l'elfetque noirs indiquons, il ne semble [uis toujours que l'aflaiblissernenl corresponde à la position que nous avori^ signalée. Cela est dil à ce que le son ne se [iropage pas instantanément, et il lairl lenir compte lie la ilislance à laquelle se trouve la cloche.
Les poids des cloches varient avec les sons qu'elles doivi'iit renilre. On peut admettre que les poids varient en raison inverse du cube des nombres de vibrations. Une cloche donnant le re, |o90 vibrations) pèse environ loO Uilogrammes; une cloche qui rendrail le/r, (147,5 vibrations) devrait donc peser environ G400 l<ilogramrnes. Ces poids corrsiiiéiables, sans parler des prix qui sont aloi's très élevés, rendent l'emploi de ces cloches très diifrcile dans les théâtres; le cas s'est présenté poirr' l'Opéra Patrie, où précisément une cloche doit l'aire entendre le ré.,. On a pir lever la dilbcirlté en nlilisarrt une ilisposition indi<iuée par M. Sax : une ferrille de laitorr do 1""°,!) d'épaisseur' et du poids de 7 Uilogrammes fulenroulée en forrnede cornet et reçut des renflements circulaires, disposés d'une façon particulière, par un travail au marteau. Sous l'aclion d'un choc, cette cloche donne une note ayant la hauteur- désirée et le timbre d'une cloche ordinair'e; mais ses sons s'éteignaient vile et, pour obtenir l'elfet d'une cloche, on faisait parler en même lerrrps, à l'unisson, un saxhorn basse et un saxhoi'n qui prolongeaient le son, pendant qu'une cloche ordinaire donnait le ré^.
Il parait résulter, d'autre part, de diverses recherches laites par- M. Harkinoton notamment, que des tubes cyliniliiques en métal peuvent r-emplacer- absolument des cloches ayant des poids de Ireauooup supérreurs.
Lorsque les cloches sont de petites dimensions, elles prennent le nom de clochettes; elles dorment également des sous de hauteurs bien déterminées et peuvent être employées pour produire des ellèts mélodiques particuliers, comme dans ]a Fhile 'nchantée. Le plus souvent, maintenant, les clochettes sont mises en vibration par- des marteau.v mus par les louches d'un clavier. L'instrument ainsi constitué est appelé glockenspiel.
On obtient aussi des elîets sonores par la vibration de lames d'acier de longueurs dilférentes qui sont suppoiiées en deux points, généralement à chaque quart à partir de l'extrémité, et que l'on Ir-appe avec un petit marteau. En remplaçant les lames d'acier par des planchettes étroites en bois, on a le claquebnis orr xyloiihone,qm donne des bruits plirlôt que des sons. Toutefois, ces br-uits ont une bauteirr bien déterminée et peuvent cire utilisés ruusicalemenl, comme l'a fait Sai.n't-Sakns dans la Dd/isf macabre.
1S6. Orgue. — Au point de vue de l'acoustique, l'orgue estirn instrirment très intéressant, pai'ce (]u"on y trouve l'application d'un grand nombr-e des jirincipes qire nous avons exposés.
Nous supposons connue la conrposition, 1res complexe d'ailleurs, de cet instrument, aussi bien au point de vue des conditions musicales auxquelles il satisfait, qu'à celui des dispositiorrs mécaniques assurant le fonctionnement de Inutes les par-ties de l'orgire.
L'orgue est un instrument dans lequel, d'irnc maniér-c générale, le son est produit par- des tuyaux
TEUIMQVK. ESrilÉTlQlE ET PÉDAGOGIE
ACOUSTIQUE MUSICALE 'iS9
liriilu'i' cli;ui{:;c avec la ^^raiuliMir de la si'climi ; les sons sont pleins, nourris, si la seo.lion est fiiande; ils sont clairs, mordants, si la section est pelile. Il y a là un élément iniporlant qui est utilisé par les l'aclenis pour oldonir des jeux ayant des caractères diflëi-enls.
On pourrait penser que, pour un même jen, le diapason doit rester constant pour tons les tuyaux ciuelle ([lie soit leur liinf,'ncnr. 1/expérience montre (|iie celle disposition n'es! p;is satisraisanle,el on l'ait varier le rapport de la lonj^iienr au coté de la section à mesure (|ue le sou devient phis yrave ou plus aif-ii.
l'ai' exemple, si, part.uit d'un tuyau doiniant nue noie déterminée, onveul construire le tuyau donnant l'octave i;rave, ou devra doubler, à 1res peu |>rés au moins, la longueur du tuyau. Si on conservait la même valeur pour le diapason, il faudrait doubler le côté du carré qui coiislilue la base du luyau, ce qui rendrait la surface quatre fois plus grande, tandis que, en réalilé, on prend une surface seulement trois fois plus grande, ce qui revient à multiplier le côté par
Ainsi, le côt» de la base du tuyau de buit pieds qui donne r»/|, étant de 0"M8I, pour le tuyau de seize pieds qui donne \'iU„ on piendi'a pour la base un carré dont le côté est 0™,tHl x 1,7:12=0'", 313.
Nous donnons pour les cini| principaux jeux de l'orgue (|ue nous avons signalés et pour la note ul^, la longueur du tuyau L, le côté de la base / et le rapport j- = l) qui est le diapason.
(iambe n'",6i4 28""", 0 0,046
Principal étroit.. 0 393 39 4 0,066
Principal large .. 0 jSo 43 '6 0,074
Cornet étroil 0 573 o4 3 0,093
Cornet large 0 365 59 5 0,103
On voit combien varie la valeur du diapason avec la nature du jeu considéré. Connaissant cette valeur pour une note donnée d'un jeu considéré, on trouverait aisément sa valeur pour les airtres notes drr même jeu en appliquarrt la règle donnée plus baul.
On remarquera que les divers tuyaux (pie nous avons considérés, donnant la même note, devi-aient avoir la même lorrgrreur, que la règle que nous avons donrrée (ixerait à 0ra,664. En réalité, toutes les longueurs sont dilférentes et aucune n'est égale à celle fournie par la théorie. Cela lient à ce que la présence de la boucbe apporre une perturbation dans les conditions théoriques, et que cette perturbation varie avec la forme et les dimensions de l'embouchure.
Or les dimensions et la forrue de la bouche ayant une iniluence marquée sur le timbre des sons produits, les facteurs, pour dilTérencier les timbres des diver-s jeux, ne se bornent pas à modilier la valeur du diapason, mais ils cliangeiil également les éléments qui caractérisent r(;mboucbure, de telle sorte que les perturbations dont nous venons de signaler l'existence et l'inlluence ne sont pas les mêmes pour les divers jeux; les longueurs réelles des tuyaux correspondants ne doivent pas non plus être les mêmes.
Les tuyaux bouchés ont dos embouchures qui ne sont pas de mêmes dimensions que les tuyaux ouverts; généralement, la hauteur de la bouche est plus grande pour les premiers que pour les seconds, à égalité de largeur.
sonor'>'S doni les ilinieiisions et les formes sont très variables. Ces tuyairx parlent sous rinflueiice d'une souttleiie qiri,ilans les gi-audes orgues, prései\le une grande inifior lance tant au point de vue de la régularité du courant d'air qu'à celui de la qirantité d'air' qui esl nécessaiie.
Celle ([uanlilé, qui esl 1res variable avec la forme et les dimensioirs du luyau, peut être considérable pour certains d'enli'e eux. Nous donnorrs qirelques nombres i]ui fomnissenl des l'enseiguemeirts irrtéi'essanls.
La noli' la pbrs grave ipie donne l'orgue est 1'»/- i, le plus grave de; sous per'eeiitibles. La quantité d'air qui, sous la pression de 94 millimètres d'eau, esl nécessano porrr' faire parler' les ilivers luyairx qrri donnent celle note esl, en litres :
12', •-'2 pruir le jerr de la gambe;
22', 34 pour le principal étroit;
32',!^4 pour le principal large;
43', 40 pour le cornet étroit;
53' ,78 pouV le cornet large.
Les volumes d'air qu'il faut employer' pour les autres notes diminuent à mesure qu'on considère des sons plus aivus; voici, pour Viilj et \'uIt, respectivement pour les mêmes jeux, les volumes d'air exprimés err cenlimelres cubes :
61 o"" ',923 H 43 .333 |ti7o 379 2220 321 2766 943
Si l'on songe que, le plus souveni, plusieurs tuyaux parlent en même temps, on comprendra que la soufflerie doit avoir' irn débit considérable. C'est ains' que l'orgue de Saint-Sulpice, réparé en 1846, conrprend quatre grands réservoirs pouvant couterrir' 4000 litres, et trois petits pouvant en conlenir 1000; Ces l'ései'voiis snni alimentés par des pompes doubles pouvani fournir 317 lilres d'air pai' seconde.
L'ulilité des réservoirs interposés entre les pompes elles tuyaux s'explique, d'abord, par la nécessité d'avoir une pression sensiblement constante, ce qui ne p'ourrail élie obtenu par le passage direct de l'air des pompes aux luyaux ; puis, pour servir de réser've et alimenter les luyaux dans le cas où le total des débils de cei\x qui parlent pour produire irn accord serait supérieur au débit de l'ensenrble des pompes; dans ce cas, le réservoir se vide par'liellemeni, mais il se remplit lorsque, au contraire, le débit des. tuyaux qui parlent est inférieur à celui des pompes.
187. — Les tuyaux qui sont employés dans l'orgue ne sont pas tous de même nature, ni de même forme.
Les luyaux à embouchure de tlrlte ou luyaux à bouche sont, suivant les jeux considérés, en bois ou en métal.
Les tuyaux en bois, de section carrée ou rectangulaire, présentent la disposition que nous avons indiquée [52]; ils ne sont utilisés ni poui' les octaves les plus graves, ni pour les octaves les plirs aiguës. Ils peuvent être ouverts ou bouchés, fermés; dans ce dernier- cas, ils por lent le nom de bourdons. La longueur dépend du nombre de vibrations qiri doivenl être produites en une seconde, c'est-à-dire de la hauteur du son qui doit être produit.
11 n'y a pas une valeur lixe porrr le rapport du côté à la hauteur, rapport que, dans la facture de l'orgue, on appelle diapason. Pour une longueur donnée, le
E.M.yc.LOFÈDIE DE LA Ml SIQVE ET UICTKlWMliE Dl' CnSSEHWVrOIRE
Le pied du tuyau péuètiv directement dans la laide : supérieure du sommier; naturellement, fouverluie dont il est percé doit ùlre sullisanle poui- laisser écouler la quanlili' d'air nécessaire pour faire parler le tuyau sous la pression qui existe dans la lo«e.
fS8. — Les tuyaux à erahouchure de fliUe n'ont pas toujours une section carrée ou rectangulaire; ils se présentent souvent avec une section circulaire; dans ce cas, les parois ne sont pas constituées par du bois, mais par du métal qui est généralement un alliage d'élain, soit avec du cuivre en petite proportion, soit avec du plomj).
Ces modilications de forme ou de nature n'ont que peu d'irilliience sur la qualité du son.
Il n'en est pas de même de la forme de la section loiigitudinaleqni nioililieconsidérahlement le limhre.
Le tuyau peut fire cylindrique; il peut présenter la forme d'un tronc de ci'ine plus ou moins évasé et, suivant les cas, la grande base peut êiro soi! à la parlie inlérieure. soit à la partie supérieure ; il peut être formé d'une partie cylindrique surmontée d'une partie tronc-conique; il peut être formé par la réunion de deux troncs de cône, mais, tanlOt les évasements se suivent dans le même sens, tantôt ils se suivent en sens contraire, c'est-à-dire <iue les deux troncs de cône sont réunis par leurs grandes bases-
A chacune de ces formes corresponil un limhre particulier; on comprend ipie tous les tuyaux appartenant à iin même Jeu doivent avoir la même l'orme et que, seules, leurs dimensions dill'èi'ent.
Nous avons déjà sig-ialé que les luyaux ouverts et les tuyaux bouchés produisent des sons de timbre dillérent. Il y a une catéf.'orie de luyaux qui sonl, pour ainsi dire, intermédiaires entre ces deux sortes de tuyaux; ce sont les Luyaux it cheminrc. On peut les considérer comme des tuyaux bouchés, sur le fond supéiieur desquels on a pratiqué une ouverture qui sert de base à un luyan cylindrique ouvert de dianaèlre nolablemenl inférieur à celui du luyau principal; la présence de cette cheminée modifie non seulement la hauteur, mais aussi le timbre du son émis, et la variation de timbre dépend des dimensions de la cheminée.
I8i). — Les tuyaux à embouchure de flûte ne sont pas les seuls qui sont utilisés dans l'orgue, oij on emploie un grand nombre de luyaux à anche produisant des sons d'un timbre très différent, pins éclatant, plus mordant, qui contribuent puissamment à la variété des etlél> que l'exécutant poiil produire.
Les anches utilisées dans l'orgue (lig. 37) n'ont pas, en général, la loi nie que nous avons décrite précédemment \âi]\ on y retrouve cependant les mêmes éléments, et le mode de fonctionniuienlest le même. AB est le tuyau par lequell'air arrive de la soulllerie. D est le tuyau sonore, le tuyau qui contient l'air qui doit vibrer; entre les deux, se trouve nue boite métallique C présentant une partie plane dans laquelbest pi'atiquée une ouverture ah qui fait commtmiquer les luyaux A et U. Devant l'ouverture ah se trouve la langucllc cd, pièce métallique élastique fixée à la boite par sa partie supérieure en c.
Si cette laniiuelle élait immobile, l'air passerait d'une manière continue de A en L).
Mais, sous I iullnence du courant d'air et en vertu de son élaslicile, la languette entre en vibration, modilie périodiquement le passage par 'où se fait
l'écoulement de l'air qui, à son tour, vibre et fait parler le luyau.
Comme nous l'avons dit, l'anche seule rendrait un son, mais faible; son intensité est augrrcnlée par l'action de l'air du tuyau.
Nous avons dit également qu'il fallait qu'il y eût cerlaines relations entre les modes vibratoires propres de la lame élastique et de l'air du tii>au. Aussii laut-il faire varier la longueur et l'épaisseur de la langiielte suirant les dimensions du luyau.
Fis. 3-.
Mais, quelle que soit l'exactitude avec laquelle aient été déterminées à l'avance les dimensions de la langnetle, il est nécessaire de pouvoir modilier son mode vibratoire pour accorder exactement le tuyau. On arrive à ce résultat par l'emploi de la ra-^ette : c'est un lil métallique ri^'ide ef qui glisse à frottement dur à travers le fond BB', et dont l'extrémité inlérieure f est recourbée de manière à s'appliquer contre la languette: elle immobilise la parlie de celleci qui est située au-dessus, de telle sorte que, en déplaçant la rasette, ou fait varier la longueur fd de la partie vibrante.
Comme pour les tuyaux à embouchure de Aille, on obtient des variations dans le timbre des sons produits par les luyaux à anche en modilianl la forme de ceii.\-ci; nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit précédemmeni sur ce sujet.
Nous n'avons pas à nous arrêler sur diverses dispositions mécaniques fort intéressantes qui lonl, par exemple, qu'une même touche d'un clavier |>eiit taire parler successivement des tuyaux appartenant à des jeux dilTérents, ou encore qu'une même touche peut laiie parler siniullanément deux luyaux produisant des sous à l'octave. Ces conditions et beaucoup d'autres, capitales au point de vue de l'exécution, n'ont aucun rapport avec l'acoustique.
190. — Mais il est deux dispositions sur lesquelles, au contraire, nous devons donner quelques détails.
Les jeux de mutation on fourniture^ sont tels que l'abaissement d'une touche du clavier fait parler siniullanément, non pus un luyau, mais plusieurs tuyaux donnant des notes dilférenles ; le nomlu-e de ces tuyaux varie avec l'importaiice de l'orgue, de Irois a sept. En réalité, on eiilead, non pas une note, mais un accord ; cependant, si les sons surajoutés onl élé bien choisis, on n'a pas la sensation d'un
TKCHMiil E. Ésrili/riQl E ET FÈnACOClE
ircord, mais seuloniptil d'une note dont le timbre st plus plt'iii, |ilus loiirni. pins riche.
Ci-lte pialir|ii(> psl usitée di'puis fort loni;leraps. mais on ni> connaissait pas l'cxplicalion de l'eilt'l produit. Olte explication découle directonieiil de ce que nous avons dit précédemmenl 13i-j en indiquant le rôle que jouent dans la loriiiation du timbre les sons surajoutés au son lonthiinenlal.
Kiilin, ou emploie éjialenient une disposition telle que, en abaissant une noie d'un clavier, on l'ail parler deux tuvaux cjui rendent des sons très voisins, mais qui ne sont pas absolument à l'unisson. .Nous savons que, dans ce cas, il se produit des battements; si ceux-ci sont assez rapides, on ne les distingue plus isolément, et il en résulte seulement la sensation d'une sorte de chevrotement qui peut être utilisé pour produire certains eH'ets musicaux.
loi. Piano. — l.e piano, dont la forme est trop connue pour qu'il soit nécessaire delà rappelfi-, est un inslnin»€tit à sons lixes; les sons sont produits par la mise en viliration de cordes métalliques fixées sur une table d'harmonie, et cette mise en vibration est obtenu.! par le choc d'un marteau ; il t'aul autant de mdrteaux que le piano peut produire de notes ditïérentes. Chaque marteau est mis eti action par le mouvement d'abaissement d'une touche mobile autour d'un axe horizontal et reliée au manche du marteau par diverses pièces intermédiaires. L'ensemble de ces touches constitue le clavier.
La talde d'harmonie est une des parties les plus importantes de l'inslrumerri: elle doit entrer facilement en vibration, car c'est de ses vibrations que dépend la sonorité du piano; sauf quelques rares exceptions, elle est constituée en bois assez mince. Mais il iaut. eu outre, que cette table puisse résister à l'elVort considérable résultant de l'ensemble des tensions de toutes les cordes dont les extrémités v sont Usées; la tension totale n'est pas moindre de l.'idODà 2(i000 kilogrammes. Aussi, la table d'harmonie est-ell>' maintenant montée sur un cadre métallique capable de résister à lelTort des cordes, effoi t qui n'est pas transmis à la table d'harmonie, qui, par là, conserve plus de facilité pour vibrer.
C'est sur deux des pièces métalliques constituant le cadi-e, sur les sommien:, que sont lixées les extrémités des cordes; l'un des points d'attache est invariable, tixe; l'autre est constitué par une cheville que l'on peut faire tourner à l'aide d'une clef pour modilier la tension de la corde de manière à lui l'aire rendre un son dp hauteur déterminée. Deux sillets sqr lesquels passent les cordes limitent la partie qui entre en vibralion. partin qui est parallèle à la table d'harmonie. C'est par l'intermédiaire des sill«ts que celle-ci recevra les vibrations des cordes.
Le piaiK) actuel comprend sept octaves environ ; si les cordes avaient toutes même diamètre, même densité et même tension, les longueurs de ces cordes devraient varier de i à 2',c'est-à-Jiredans le rapport de 1 à 128. On ne saurait, pour les notes les plus aiijués, prendre des cordes très courtes, car alors, elles (lonneraient des sons trop faibles; en réalité, ces cordes ont une lon):ueur de O"",!)» environ; les notes les plus u'iaves, avec ces mêmes cordes, exigeraient une longueur de e^jlO, ce qui est inadmissible.
On ne peut faire varier la tension qu'entre des limites assez rapprochées; il faut que les cordes soient assez tendues pour bien vibrer, et on ne peut
auiiiiiHiiter notablement la lensiou sous peine il arriver à la rupture.
(^est en agissant sur les autres éléments, concurremment avec les variations de longueur, qu'on arrive à obtenir tous les sons nécessaires sans dépasser les diuK-Rsioiis qui sont compatibles avec les dispositions matérielles de l'instrument et les usages auxquels il est destiné, la lonirueur ne pouvant dépasser -2 mètres.
Les cordes sont en acier, capables de résisler sans rompre à une loice de 2t)0 kilogrammes environ par millimétré carré de section; elles sont df diarniHre variable, les plus Unes correspondant naturellement aux notes les plus aiguës.
(Jiiant aux notes les plus graves, elles ne sont pas obtenues par la simple augmentation du diamètre des cordes d'acier. On emploie pour ces notes des cordes fLléi-s, constituées par une âme eu acier sur laquelle on a enroulé suivant une hélice un hl de cuivre, de manière que les spires successives soient en contact. Par celte disposition, non seulement on augmente le diamètre de la cordp, mais encore on au^'mente sa densité movemie, car la riensité du cuivre H,S est supérieure à celle de l'acier 7,8.
C.ràce à ces dispositions, on peut avoir des cordes donnantl'Mfuet dontia longiieurnedêpasse pas l"',:»2.
A chaque note.correspondent deux ou troiscordes, deux pour les notes graves, trois pour le médium et pour les notes aiguës, afin d'obtenir une plus grande intensité.
Des dispositions spéciales sont prises pour que, lorsqu'on aliaisse une touche, le marteau vienne vivement frapper la corde correspondante, et qii'il ' s'en éloigne aussitôt, car si le contact était prolongé, les vibrations seraient arrêtées, le son ne se produirait pas. Le mécanisme qui satisfait à cette condition constitue ce que l'on appelle X'cnhapifmcnt. Il existe des échappements de divers systèmes, mais la question n'a rien qui se rapporte à l'acoustique, et nous n'avons pas à nous y arrêter.
192. — Réduit aux parties que nous venons d'indiquer sommairement, le piano présenterait plusieurs inconvénients
D'abord, on ne serait pas maitre de la durée'd'an son : le son se prolongerait en s'éteiguani progressivement, comme le ferait le mouvement vibratoire de la corde. Si donc plusieurs sons se succédaient un peu rapidement, ilsseraiententendussimultanément, et l'effet cherché serait complètement modilié ; aucune mélodie ne serait entendue nettement d'une part et, d'autre part, les accords, en se superposant, amèneraient lies dissonances non prévues et souvent désagréables.
Mais il y a plus : une note exécutée seule ne serait pas nette; cet elFel serait dii .lux phénomènes de résonance qui se produiraient. Comme nous l'avons dit ailleui-s, lorsqu'une conle serait mise en vibration, une série d'autres cordes vibreraient également: ce sont celles qui correspondent aux harmoniques du son de la première, et les sons qu'elles produiraient s'ajouteraient, se superposeraient au son principal, dont ils masqueraient le caractère dans une certaine mesure.
Ces deux effets sont évités par l'emploi des itouffoiv!^ : ce sont de petits tampons en feutre qui s'appuient sur les cordes et qui s'opposent à ce qu'elles puissent vibrer.
Chacun de ces tampons fait partie de l'échappement qui est relié à la louche correspondante, de
lïyr.ycLopiiDtE of la mi!si()iji-: et nicnowAtuE on covsunvArôiiiE
telle soile que, au moment, où celle-ci s'abaisse, l'étoiilîoir s'écai'le de la curiie mi peu avant que le maftenu vienne frapper celle-ci. Aussi, (|uanil le choc se produit, les vibrations peuvent prendre naissance, puisque i i'^n ne pi'esse sur la corde. Le son se produit et continue ; mais, pour l'éteindre, il sulfit de lai>ser la louclie se relever; par ce mouvement qui se commuinqiie à l'écliappemenl, l'iHouiroir retombe sur la corde et, arrêtant les vibrations, éteint coniplélement et immédiatement le son.
D'autre puit, comrne seul a été mis en action l'étouH'oir coiTPspondant à la corde que l'on taisait parler, il ne peut se produire de résonance parmi les autres cordes, puisqu'elles ne peuvent vibrer, et seule la lésonancc de la table d'barmonie se manifeste; comme elle est à l'unisson du son produit par la corde, elle ne cbanf;e pas celui-ci.
Par contre, lorsqu'on veut prolonger un son en abandonnant la louche coires|jonilante, lorsqu'on veut dorjner' plus de sonorité à rrn accord en utilisant la résonance, il suClit d'écarter tous les étoull'oirs des cordes, et c'est à quoi l'on arrive en aiiissant sur' la pédale.
D'arrire part, on peut désirer obtenir des sons moins puissants, pins doux, et l'on y arrive pai' divers moyens en agissant sur une autre pédale dite sourdine ou pédale douce.
Tanti^t cette pédale déplace une mince lame de bois qui règne dans toute la longueur du sommier, un peu au-ilessus des marleauxdans les pianos droits. Celte lame porte une léi^ère bande de flanelle qui est libre tant qu'on n'agit pas sur la sourdine ; mais l'abaissement de cette pédale déplace la lame de bois, et la bande de flanelle vient se placer en face des marteaux, qiri ne frappent alor-s les cordes qu'à travers l'élolfe, donnarrt ainsi un choc attérrué et, par suite, faisant vibrer la corde avec moins d'amplitude-
Tantôt, le irrouvement de la pédale déplace une lamelle qiri porte de petites prèces recouvertes de feutre qui sorrt or'dinairement à quoiqire dislance des cordes qu'elles laissent vibrer librement. Ces pièces sont prismatiqrres pour les notes qui sont produites par les vibrations simirllanées de trois cordes ; en s'abaissanl, elles s'introduisent entre deux d'entre elles dont elles arrêtent les vibrations, de telle sorte que le son, n'étant plus dr'i qu'à l'action d'une seule corde, se trouve tliminué d'intensité.
193. — Lorsqu'on frappe une corde à l'aide d'un marteau, comme dans le piano, la hauteur du son produit est indépendante de la position du point frappé ; mais il n'en est pas de même du timbre qui, comme norrs l'avons dit 1)34], déperrd des harmoniques accompagnant le son principal, c'est-à-dire des concamérations accessoires dont les vibraliorrs se superposent à la vibration de la corde entière. Or, les concamérations accessoires qui prennent rraissance dépendent de la position du point frappé, car il ne peut y avoir un nœud en ce point; si, par exenrple, le marteau attaquait la corde en sorr milieu, nqn seulement le deuxième son partiel manquerait, puisqu'il est caractérisé précisénrent par la formation d'un nœud en ce point, niais il en serait de même do tous les sons partiels pairs, qui, tous, orrl égalemerrt un nœud au milieu de la corde.
On peut donc élimirrer ainsi certains sons partiels par un choix convenable de la position du marteau.