‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 27 sur 330 · SAMSON · texte numérisé non relu

SAMSON

et plus loin (à distance de demi-ton) :

Éë

D'ailleurs, on se souvient de cette harmonie charmante":

Faust de Gounod, à la fin de l'acte du Jaixlin.

et la même appogiature de la tierce, attaquée avec la note réelle, se rencontre fréquemment chez César Franck. Nous ne pensons pas qu'il faille ajouter d'autres exemples que les deux suivants, extraits chacun d'un quatuor à cordes, et dont les auteurs ne sont ni des ignorants, ni des maladroits, ni des ascètes épris d'âpres et rudes sonorités :

Mozart.

Nous avons signalé le respect fâcheux de certains compositeurs d'ordre médiocre, pour les règles conventionnelles de l'harmonie (ce qui ne signifiera jamais : pour la vraie pureté musicale des réalisations) ; celte écriture bâtarde et froide semble heureusement abandonnée aujourd'hui par les meilleurs de nos modernes, ainsi revenus à lajuste tradition : il convient de préciser que l'enseignement de M. André

Gedalge n'y fut point étranger. Ayant formé des générations dans l'amour de Bach et de Mozart, dans une juste conception du style polyphonique, il eut l'intluence la plus heureuse : qu'il nous soit permis de lui rendre ici le plus mérité des hommages.

c) Dissonances et appogiatuvcs irrégulièrement ou non résolues. — Holirgault-Ducoudray nous cita plus d'une fois cet exemple de Hameau, extrait de l'air

TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

LA MUSIQUE FRANÇAISE iH

célèbre de Télaïre, dans Castor et Polliix :

« C'est, disait-il, une liberté de réalisation qu'on ne saurait trop admirer; théoriquement, le /a (i du soprano devrait descendre au sol; or, tout l'accent de la phrase, tout son caractère, résident dans cette large symétrie desdeux périodes; le soi eûtété faible, mièvre, banal; le ml[i est un trait de génie. " On ne saurait dire plus sagement; et, si tous n'ont pas suivi les cours de ce maitre, bien des compositeurs aujourd'hui généralisent ces principes. Très capables d'écrire «correctement », lorsqu'ils le jugent bon, ils n'en discernent pas moins que, plus d'une fois, cette

correction doit faire place à mainte liberté qu'exigent le sentiment expressif et la vie même de la musique. Leurs devanciers ont donné l'exemple : nous avons cité déjà ce passage de Bach :

Quant aux résolutions par « échanges de notes », Beethoven les a pratiquées sans crainte :

Symphonie hérùiqiw, final.

^ Et, chez M. GabrielFauré, d'ailleurs si puriste, elles sont d'un usage courant :

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Mais les dissonances ou les appogiatures non résolues n'apparaissent pas seulement comme des licences tout à fait nécessaires à l'expression; elles sont aussi l'origine de nouveaux accords. En effet, le plus souvent, la genèse des accords dissonants est la suivante : ces agrégations se présentent d'abord sous la forme des notes de passage ou de retard préparés; puis l'oreille, s' accoutumant à ces sonorités, les accepte comme appogiatures'. Enfin, un musisicien se hasarde à considérer l'accord en soi comme

parfaitement admissible et pouvant s'écrire, se traiter aussi librement qu'un simple accord parfait, sans préparation et sans résolution. Ainsi, de la même lignée sont :

Le début du final de la Symphonie pastorale, la fin du Chant du pâtre, de Sapho (Gounod), les quintes, déjà citées, du second acte de Namouna (Lalo) et l'accord^ terminant la mélodie de Debussy intitulée Mandoline.

Quant au suivant :

(Chabribk, Ode h la musique, et pareillement : coda de l'air de Henri de Valois , dans le Roi '• lui).

M. René Lenormand cite à ce sujet (page 0 de l'Etude sur l'harmonie moderne) les curieuses innovations du P. Sabattini, élève du P. Valotti, maitre de ciiapelle

1. Parfois aussi l'appogiature semble même plus ancienne, résultant d'une intention mélodique :

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