Cet accord
est écrit aujourd'hui par nos jeunes comme s'il donnait une impression de repos ; el nous revien-
drons plus loin sur la u famille » de ces groupes de quintes superposées.
à Saint-Antoine de Padoue, auteur d'un traité De la 1 Sabattini formula les liarmonies de son maître; à science Ihcoriquc et pratiqui: de muiique moderne [ill'i); \ l'accord parfait, il ajoutait déjà la neuvième :
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Dans les passages où Chabrier emploie cette neuvième, elle prend nettement la forme d'une appogiaiure sans résolution. Cette nouvelle audace ne fut pas sans provoquer le scandale chez les esprits routiniers ;
mais, qu'ils en prennent ou non leur parti, la chose est en passe de devenir classique, à l'heure actuelle. Il est facile de citer d'autres exemples à'appogiatures sans résolulion :
A. Bruneau : le Rêve.
ARKEL
{rê:i, retard, avoc la nnle rccl/e do^, ot non n'-solu)
Cl. Debussy : Pelléas et Mélisande.
... je ne me suis jamais mis en travers d'une desti - ne
M. Ravel : l'Heure espagnole.
M. Ravel : les grands vents vniis d'oui rc-mcr.
Du » retard préparé » à la note de passage sur un temps fort, de celle-ci à l'appogiature par mouvement disjoint, de l'appo^ialure à l'accord lixe et libre qui en dérive, on voit comment s'est agrandi peu à
peu, lo^îiquempnt et 1res simplfmcnt. le domaine déjii si vaste de l'IiarniOMic... Aujourd'luii, ce sont de nouveaux accords; et cette évolution est loin d'être terminée.
TECHSIQVE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
9. Nouvelles formations d'accords. — Mais nos jeunes n'en sonl point reslés là. Après des harmonies analysaliles par les métliodes des traités, — pédales passafières ou à dessins mélodiques, appogiatures non résolues, etc., — les voici, maintenant, voguant à pleines voiles sur des mers incoimues. Effroi des Il anciens ». qui les voient déjà s'abîmer au.x Mdct.'itroins de ces océans mystérieux. Mais ne nous frappons pas : si la musicalité ne les abandonne, ils ne sombreront point dans le goulTre, — à supposer que ce goutl're existe.
L'origine de ces nouveaux moyens est diverse. Parfois ces accords ne sont que la généralisation d'autres groupements moins complexes et fort habituels (par exemple, une série de tierces donnant, non plus la septième ou la neuvième, mais la onzième, la treizième). Mais il est d'autres combinaisons sonores qu'ont suggérées les retards ou les appogiatures. Ainsi, les superpositions de quartes ou de quintes, lesquelles n'ont plus aucun rapport avec la formation classique par tierces successives (chose curieuse, on semble parfois éviter ces tierces, comme un peu
mièvres, et Ton a compris la beauté de la i[uinte à vide) : on écril alors des accords tout là fait nouveaux et d'une grande variété.
Après l'harmonie de la Si/mphonic pastorale :
et de la Chanson du paire, de Gounod
M. Havel, dans Daphnis et Chloé, emploie l'accord suivant :
et l'on trouvait déjà, vers la lin des Vendantes, de M. Ch. Kœchlin :
Une écriture analogue donne, avec des quartes :
Ch. Kœciilin', le Cortèçje d'Amphitrite.
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D'ailleurs les quintes et les quartes peuvent se combiner, ainsi qu'avec les accords parfaits
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTION NAinE DU CONSERVATOIRE
Cil. Kœchlin, Soir d'clé, extrait des Paysages et Marines.
Et l'on rencontre assez souvent des passages" tels que :
Enfin, voici venir la polijtonie, dont les richesses nouvelles sont innombrables, bien que certains musiciens la tiennent pour un dangereux paradoxe.
fOui sait pointant si ces moyens ne réaliseront pas des œuvres que les oreilles de nos descendants jugeront classiques, à leur tour?)
L'idée d'une note étrangère à la tonalité est pourtant fort ancienne. Au début, ces dissonances furent seulement des notes de passage, des appogiatures, des retards. Ainsi :
Mozart, ouverture de Don Juan.
contre do'i à la basse. Présentée de la sorte, la polytonie ne scandalisa personne. Mais on en rencontre des exemples plus bardis :
Extrait d'un Quatuor à cordes de Haydn.
J.-S. Bach, Messe en si mineur.
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R. Wagner : Rêves.
Parfois, la simultanéité d'une sensible et d'une appogiature, en mineur, occasionne la rencontre d'un Jf et d'un '!{ ;
TECHNIQUE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
LA MUSIQUE FRANÇAISE lir.
Beethoven, Sonate op. 106.
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De même :
Léo Delibes, Lakmé.
on trouve des réunions analogues avec le sixième detiré de la gamme mineure :
H.\YDN, final de la Symphonie en sol.
dont le premier mouvement est :
ou bien encore, dans un ordre différent :
Mozart, exemple déjà cité plus liaut.
Et de même, passim, chez Bach et chez Beethoven. I harmonies que semble exiger le caractère même de Parfois aussi ce sont des notes de passage ou des j la phrase :
G. Fauré, Prométhée.
F. Berthet : Spleen, poésie de L. Mercier.
De pau.vres e très ont
pieu re .
de
quoi ?
Ch. Kœchlin, Spleen, poésie de P. Verlaine.
nul le tra-hi soii?
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