NOTIONS PRÉLIMINAIRES
le son. — sons musicaux. — la musique. — l'Échelle musicale. — la théorie musicale.
1. — Avant de passer de l'élat primitif à celui de complet épanouissement, la musique dut parcourir des phases successives.
Nous allons étudier, dans toute leur étendue, les diverses parties dont elle est formée actuellement.
Nous pourrons observer plus tard combien, dans la science musicale, la plupart des principes s'enchaînent et dérivent les uns des autres, en raison d'une même origine naturelle.
Cette origine naturelle est le son.
2. Le son. — Le son est le principe originaire de la musique, sans lequel elle n'existerait pas.
Le Sun est produit parles vibrations d'un corps sonore quelconque. Les vibrations de ce corps sonore causent dans l'air des mouvements ondulatoires qui le font vibrer à son tour, depuis le corps producteur du son jusqu'à l'appareil récepteur, l'oreille.
Tout corps sonore (par exemple, une corde d'instrument tendue par les deux bouts), mis en action par un frottement ou un frappement, sort de son état de repos et produit des mouvements oscillatoires très rapides, dont chacun s'appelle une vibration.
Telle est la définition que les physiciens nous donnent du son, considéré dans son sens général.
3. Sons musicaux. — La musique n'admet pas tous les sons produits dans la nature. Les sons que la science peut définir, analyser, classer et que l'homme peut s'approprierpari'exécution au moyen delà voix ou des instruments de musique, sont appelés sons musicaux. En dehors des sons musicauxi qui sont produits par des vibrations régulières, uni' formes, tous les autres sons doivent être considérés comme des bruits échappant à l'analyse scientifique et musicale, parce que les vibrations qui en sont l'origine sont iriégulières et confuses.
Les phénomènes sonores produits par la nature ont donné naissance à une partie importante des sciences physiques et mathématiques, appelée : l'acoustique.
4. Définition de la musique. — Les lois physiques qui régissent les sons musicaux font de la musique une véritable science ; elle est également un art tirant parti des éléments fournis par la science. On peut donc définir la musique de cette manière: La musique est la science des sons et l'art de les combiner dans des wnditions de convenance à l'organisalion humaine.
5. Échelle musicale. Registres. — La succession progressive de tous les sons musicaux perceptibles par l'oreille humaine, depuis le plus jrare jusqu'au plus aigu, prend le nom d'Echelle musicale.
L'échelle musicale se divise en trois parties appelées registres. Ces trois parties ou registres sont : le registre grave, le registre du médium, le registre aigu. Les sons placés dans le bas de l'échelle forment le grave, tandis que l'aigu est formé par les sons du
haut; les sons comprenant la partie intermédiaire) placée entre le grave et l'aigu, forment le médium (le milieu). La limite de chacun de ces registres n'est pas d'une rigueur absolue.
On a donné le nom d'échelle à l'ensemble de tous les sons musicaux, parce qu'ils se suivent tous, à partir du plus grave jusqu'au plus aigu, un à un par degrés successifs, comme cela a lieu dans un escalier ou dans une échelle.
Le mot registre prend son étymologie dans le verbe latin regerere, qui signifie l'action de porter au delà ou de reporter.
En etfet, les sons appartenant à une région quelconque d'une voix humaine ou d'un instrument de musique peuvent être portés ou leporlês dans une région plus grave ou plus aiguë. Chiicune de ces régions prend alors le nom de registre.
6 . Éléments distinctifs du son musical. — Les sous musicaux dilTèrent entre eux par le timbre, l'intonation, l'intensité, la durée et l'accentuation.
7. Le timbre. — Le timbre, que les Allemands appellent Klangfariîe, ce qui signifie couleur du son, est la qualité sonore et particulière d'un son qui fait que le son d'une vo'ix ou d'un instrument ne ressemble pas à celui d'une autre voix ou d'un autre instrument. Chaque voix et chaque instrument ont un timbre qui leur est propre. Toutes les espèces de voix d'homme, de femme, d'enfant, tous les instruments de musique ont, dans le son, un caractère rfisïî'nca/ indépendant de l'intonation, de l'intensité et de la durée; c'est leur timbre.
Le ti mbie résulte de la forme particulière des vibrations d'un corps sonore et des conditions dans lesquelles elles se produisent.
On fait dériver le mot timbre du latin lympanum et du bas latin tymbris, qui veulent dire tambour. On désigna par ce mot une sorte de cloche, principalement une cloche immobile sur laquelle frappait un marteau. On appela également timbre le son rendu par la cloche et, par extension de signification, le retentissement particulier de tout corps sonore.
8. L'intonation. — L'intonation consiste dans l'action d'émettre le son avec la voix et la manière d'entonner, c'est-à-dire d'attaquer, de produire un son déterminé. Dans la théorie musicale, on donne à ce mot une signification se rattachant, en principe, à la précédente, mais élargissant sa portée; on cousiilère, alors l'intonation comme le degré de hauteur du son'.
Les différences d'intonation sont le résultat du nombre de vibrations appartenant à tel ou tel son.
La science a découvert el fixé avec précision le nombre de vihrations appartenant à chaque son.
Plus les vibrations d'un corps sonore sont rapides et nombreuses, plus le son obtenu est aigu ; au contraire, plus elles sont espacées, lentes, plus le son est grave.
Les petites cordes, les petits tuyaux, les petites cloches produisent des vibrations plus lapides et |ilus nombreuses que les grosses et longues cordes, les gros et longs tuyaux, les grosses cloches.
l. En lisant le iiaragvaplio S «le notre sixième ciilrclini ttiôoriquo, on verra que ce que nous aiipcioiis aujourd'liui so/i ïjNwjt-d/, imlfi, ilrijrê. tut ai»pelé ton par les anciens tliooriciciis. i»u mot ton dériva celui A' intonation, qui est l'ai lion île produire des Ions, c'est-à-dire dos
s ItlS.
TEC HA'JQUE, ESTIIKTIQVE ET PÉDACOC.IE
PRINCIPES DE LA MUSIQUE iss
Les sons aigiis sontproHuits par les petites cordes, les petits tuyaux, les pelileS cloches; inversement, les sons praves proviennent des grosses et longues cordes, des longs et gros tuyaux, des grosses cloches. Par exemple, le la grave du piano, donné par une grosse et longue corde, a 54 vibrations 3/8 par seconde; le la nigu donné par une corde courte et mince, en a 6,96t. I.e la du diapason normal français est produit par .'^Td vibrations par seconde. Au delà d' une certaine limite, au grave et à l'aigu,
les sons deviennent inappréciables à
l'oreille. Le
grand mathématicien Euler
(1707-1783) dit
que tous les
sons sensibles
sont entre les
nombres 30 et
7 332, c'est-àdire que le son
le plus grave
appréciable à
notre oreille
produit 30 vibrations' par sec
que le plus aigu en
dans le même te m
qui renferme à p
octaves.
Lorsque deux corp
nature font, pend
espace de temps,
égal de vibrations,
sent deux sons sem
contraire, lorsqu'
dant le même espace
un nombre de vibrali
rent, ils font entendre deux
sons dune hauteur différente.
Le son le plus grave est donné
par le corps qui vibre le moins
vite.