‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 89 sur 330 · PARTIE · texte numérisé non relu

PARTIE

PIANO

Quel joy . cox dé . li

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Mtde March«(<J: 80),

sa. van

ce Blar.

Dans cet aulre exemple, nous voyons une partie

écrite clans la mesure à-{mesure simple et ternaire)

avec une blanche par temps, tandis que l'autre partie appartient à la mesure composée et binaire à

^ avec une noire pointée par temps. Une mesure

(Panseron, Solfège d'ensemble.)

fi 3

entière à 5 a la durée d'un temps de la mesure à -

et trois mesures à- doivent avoir la même durée

qu'une seule à;,; en conséquence, trois mesures a g

doivent passer sous une mesure à ~-

rfiCH.V/or'fi. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

[Le Crépuscule des Dieux de U. Wagner.)

Dans la scène du bal faisant partie du finale du deuxième acte de Don Juan, le célèbre compositeur

.Mozart fait marcber ensemble un thème de menuet à trois temps et une contredanse à deux temps. Un

temps d'une mesure à- correspond à un temps d'une mesure a- .

On voit ici cet exemple, dans lequel on donne seulement les deux thèmes :

MENUBT V

Divisions binaire et ternaire simultanées. — Dans la musique à plusieurs parties, on voit très souvent une partie écrite dans la division binaire, tandis que l'autre appartient à la division ternaire.

Trois notes contre deux.

Celte superposition du rythme binaire et du rythme ternaire est très fréquemment usitée dans la musique de piano et d'orgue.

DiTÏsion ternaire

rivision binaire

ir.h> .. |-r^M^T^ j^ j 1

etc.

If* ^— f ^f

r^'''.^ '' j iJ \0 O =

hf= — ?-J r . ^f ^ '

six notes contre quatre.

Division binaire

31. La syncope. — Dans leur marche ordinaire, les notes sont le plus souvent articulées sur le temps fort ou sur la partie forte du temps et finissent sur

(Beethoven, Sonates de piano.)

le temps faible suivant ou sur la partie faible du temps suivant (Exemple A).

Ce système n'a rien d'absolu et n'est pas le seul

usité; le contraire a lieu fréquemment avec des notes commençant sur le temps faible ou sur les parties faibles d'un temps et finissant sur le temps fort suivant ou sur la partie forte du temps suivant.

Il résulte de cette nouvelle manière dans l'ordre des notes, un déplacement de racceiituation rythmique désigné sous le nom de iyncope.

La syncope consiste :

l" Dans l'articulation d'un son sur un temps faible et dans la prolongation de ce son sur le temps fort suivant (Exemple B) ;

2" Dans l'articulation d'un son sur la partie faible d'un temps et dans la prolongation de ce son

sur la partie forte du temps suivant (Exemple C).

La prolongation du son s'écrit de deux manières, soit au moyen de la valeur de note employée (Exemple C), soit en décomposant la valeur formant syncope en deux parties équivalentes que l'on réunit au moyen de la liaison (Exemple D). Quand la syncope a lieu entre la fin d'une mesure et le commencement de la mesure suivante, elle est traversée par une barre de mesure ; il faut alors la décomposer en deux parties équivalentes que l'on réunit au moyen de la liaison (Exemple U).

Exemple donnant des sons articulés régulièrement sur les temps forts et prolongés sur les temps faibles :

Temps temps temps temps temps temps temps temps fort faihle demi Tort faible fort faible demi fort faible

Temps:*

Le même exemple disposé avec des syncopes en attaquant les sons sur les temps faibles et en les prolongeant sur les temps forts :

Temps fort

temps temps temps faible demi fort faible

temps temps temps temps

fort faible demi fort faible

-g *^Temps : 1

(Exemple donnant des syncopes avec des sons articulés sur les parties faibles dus temps et prolongés sur les parties fortes des temps suivants.)

u Temps : \

« Parties , 1 2. ,1 2 , , 12, ,1 2,

^ de temps:

Emploi de la liaison comme indication de syncopes :

En analysant les précédents exemples, on voit que la syncope va à contre-temps, et que la succession de deux notes formant syncope marche avec un mouvement contraire à l'ordre'naturel.

En raison de l'usage très fréquent de la liaison comme moyen d'indication de la syncope, il ne faut I

pas confondre les notes liées avec les notes syncopées. Si la liaison commence sur un temps fort, les notes sont simplement liées; si elle commence sur un temps faible ou sur la partie faible d'un temps, les notes sont syncopées.

Temps fort

temps

forî

Temps

faible

temps faible

temps f a i b I e

notes liées

Toute valeur entrant dans la formation d'un temps binaire ou d'un temps ternaire pouvant être divisée en deux parties, l'une forte et l'autre faible, il y a également une syncope quand le son est attaqué

notes syncopées

sur la partie faible de cette valeur et est prolongé sur la partie forte suivante de la même valeur. Dans ce dernier cas la syncope a lieu dans le temps.

(Temps

binaires)

l*.' temps.

2? temps-

(Temps ternaires)

1^.'"temps

2? temps

Syncope binaire. — La syncope tsihinaire i° quand elle commence sur le temps faible d'une mesure à deux temps (mesure binaire) et Unit sur le temps

fort de la mesure suivante; 2° quand elle commence sur la partie faible d'un temps binaire pour finir sur la partie forte du temps binaire suivant.

TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

Exemples :

^^i°"'l^-- (' If -^

Syncope ternaire. — La syncope est ternaire i° quaml, dans une mesure simple ù. trois temps (mesure lernaire), elle commence au deuxième ou au Iroisiènie temps et finit au premier de la mesure suivante;

2" quand, dans les temps ternaires d'une mesure composée, elle commence à la seconde ou ;~i la troisième division du temps et finit à la première du temps suivant :

^!i -r ïjfly iiri '''^p'ri

Syncope égale ou régulière. — La syncope >st égale on réijHlière quand ses deux parties sont formées par deux valeurs égales.

rt „..^...^

■^- — wT^

Fh

Syncope inégale, irrégulière ou brisée. — La syncope est illégale, irregulière ou brisée, quand elle a lieu entre deux valeurs inéeales.

La syncope inégale, irrégulière ou brisée est boiteuse quand elle a lieu entre deux notes dont la seconde est d'une valeur supérieure à la première.

Syncopes consonanteset dissonantes. — Lorsque, dans la musi(|ue à plusieurs parties, toutes les parties marchent à la fois par syncopes et que les accords formés par leur ensemble sont tous consonants, les

syncopes sont alors appelées syncopes consonantes. Lorsque plusieurs accords dissonants marclient en syncopes, ces dernières prennent le nom de syncopes dissonantes.

r f-^r rr

Syncopes longues, brèves, brévissimes. — Los différentes espèces de syncopes se subdivisent en si/ncopes longues, brèves et brévissimes. La brévissime fait le quart d'un temps (dans la mesure à deux temps); la brève en forme la moitié; \a.longuc occupe un temps entier.

Syncope krÉTissime

Syncope brève

Syncope longue

Anciennement, on n'employait pas la liaison pour écrire la syncope égale ayant lieu entre la fin d'une mesure et le coramencenient de la mesure suivante; on findiquait en coupant la note formant syncope par la barre de mesure qui traversait cette note par la moitié.

y f I (^ ^ ■' fj p

Notation ancienne 2 3 i 2

L'n autre ancien procédé d'écriture de la syncope consistait, lorsque la note attaquée sur le temps faible devait être prolongée de la moitié de sa valeur sur le temps fort de la mesure suivante, à indiquer cette syncope au moyen du point d'augmentation ([ue l'on plaçait sur le temps fort de la mesure suivante, à la place où nous écrivons actuellement la note prolongée au moyen de la liaison.

Noittion aetneUe

Dans l'exécution, il faut éviter d'accentuer fortement une sy[ico|ie en heurtant le son prolongé et la section des temps forts ou des parties fortes des temps.

Toutefois, par exception, ce procédé, dur et désagréable dans l'exécution, pourra être utilisé avec fruit par les élèves dans les premières études de solfège, parce qu'ils y treuveront plus de facilité dans

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONS AinE DU CONSERVATOIRE

l'exéculiou de la syncope si difficile à comprendre et à rendre au début des études musicales.

Il faut remonter au xiv» siècle pour trouver l'usage de la syncope, époque à la(|uelle on la voit appai-aitre dans les chansons à plusieurs parties vocales. On tira partie de la syncope dans les dissonances artificielles et les retards des consonances, lesquels, attaqués sur les temps faibles ou certaines parties faibles des temps des mesures, opèrent leur mouvement (leur résolution) sur les temps forts des mesures suivantes ou sur les parties faibles du temps. Elle fut alors appelée ligalure.

Dans l'ancienne notation du moyen âge (avant l'emploi des barres de mesure, qu'on appela primitivement traits de mesure, du j^oint d'augme)itation,de la ligne courbe appelée liaison, et qu'on appela trait de ligaturé), la ligature était primitivement un trait calligraphique utilisé pour indiquer certains mouve-

If ^ r

ments de noies et certaines divisions du temps'-

32. Le contre-temps. — Lorsque les notes articulées sur un temps faible ou sur la partie faible d'un temps ne se prolongent pas sur le temps fort suivant ou sur la partie forte du temps suivant, ce ne sont plus des syncopes qui se produisent, mais des contre-temps, c'est-à-dire des notes articulées contre le temps, à côté du temps, ou à côté de la partie de temps sur lesquels elles devraient être articulées dans l'ordre le plus naturel et le plus simple.

Le contre-temps est un son articulé sur un temps faible ou sur la partie faible d'un temps, mais qui ne se prolonge pas sur le temps fort suivant ou sur la partie forte du temps suivant.

C'est un silrnce qui occupe la place de la note qui dans la syncope est prolongée par la liaison.

Exemples de contre-temps attaqués sur les temps faibles :

p iif ^ p ^ n 1 i II

Exemples de contre-temps atlaqués sur les parties faibles du temps :

c yrvr7mi|yffypi|yryryr

Exemples de contre-temps Jaus les mesures composées :

i2£s-^ci2j^^^i^^m:

Le contre-temps ayant lieu entre deux valeurs (note et silence) dejnème durée est égal ou régulier. Il est inégal ou irrégulier quand l'une des parties est d'une durée plus longue que l'autre.

n - ' — rr ' — rr

Contre-temps égaux : ^ 7 f ' f ' ' f

Il ^VTT^

pN p

ir'^rl'rr'?'

Contre-temps inégaux : C*P '^ff "^ ^f '^rr"8^r ^Tf'

33. Parallèle entre le rythme et la mesure. Propriétés esthétiques. — Nous avons appris tous les procédés usités dans l'écriture musicale pour la formation du rythme et de la mesure.

Avant de terminer cet entretien théorique sur la durée, voyons quelles sont les propriétés esthétiques du rythme et de la mesure.

Les mots mesure et rythme ne sont pas sans rapports, en ce sens qu'ils prennent également leur signification de la division de la durée.

Il ne faut pas, toutefois, les confondre. La mesure exprime le retour périodique, régulier des divisions d'une phrase musicale. L'ensemble de ces divisions forme la composition de cette phrase. Chaque petite partie divisante d'une phrase musicale, appelée également mesM)-e, contient elle-même un certain nombre de parties dont chacune est représentée par une unité de durée ayant une valeur déterminée et pouvant se subdiviser en plusieurs valeurs équivalentes. Le rythme est la division de ces unités, auxquelles on donne le nom de temps, au moyen du mélange varié à l'infini des difféi'ents signes de durée.

Le rythme conli'ibuo à la formation de la mesure,

laquelle, pour cette raison, a pu être définie : un ensemble de plusieurs rythmes égaux ou inégaux.

On entend souvent dire : « Telle personne joue sans mesure ; telle autre a une exécution qui manque de rythme. »

Ces deux particularités ont deux significations différentes, bien qu'elles résultent pareillement d'un même principe : la division de la durée.

Jouer sans mesure consiste à ne pas observer exactement la valeur des notes composant les temps d'une mesure. Un jeu dénué de rythme est un jeu dans lequel les articulations des temps sont rendues sans accent ni précision. Une exécution peut être déplorable quant à l'accentuation rythmique, tout en étant très régulière dans l'observaliou des lois de la mesure.

Le rythme existe dans la nature sous forme de phénomènes pouvant attirer notre attention. En écoutant la chute de l'eau des cascades, les feuilles des arbres agitées parle vent, le llux cl le rellux de

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