‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 3)Chapitre 90 sur 330 · Voyez ii;s uriijiitcs de la Hutalion btanchc · texte numérisé non relu

Voyez ii;s uriijiitcs de la Hutalion btanchc

nuiltTiic 'Uotutious noire et

TECHNIQUE, ESTHÈTIQVE ET PÉDAGOGIE

PRINCIPES^DE T.k MUSIQUE '223

la mer, nous reconnaissons des ryllinies variés. En considérant le inouvemenl des nuages, ou bien encore les allées et venues de la toule des rues d'une ville, nous trouvons une sorte de rythme muet que nous pouvons analyser, non pas avec le secours de notre organe auditif, mais par celui des yeux'.

Nous trouvons également le rythme dans le chant des oiseaux : la caille mâle chante en rythme ternaire :

etc.

La caille femelle el la pintade donnent pareillement l'impression du rythme ternaire ;

Le pinson chante en rythme binaire :

etc.

elc.

Le coucou donne par son chant l'idée des valeurs muettes appelées s(7c?icps ;

La même remarque peut être faite dans le chant de la chouette

Le rythme n'existe-l-il pas physiologiquement en l'homme par les battements du cœur et du pouls, et surtout par les mouvement de ses membres?

La marche, la danse, les divers travaux opérés par les bras avec le marteau des forgerons, la rame des nautoniers, le maniement des armes, éveillent en nous le sentiment du rythme.

Le choc des idées si multiples et si variées qui naissent dans notre cerveau, les émotions et les impressions diverses ressenties par notre f-lre moral selon l'état d'àrae dans lequel nous jettent les événements, ne forment-ils pas aussi une sorte de rythme résidant en nous-mêmes à l'état psychologique?

L'homme n'ayant aucune culture musicale aussi bien que le musicien le plus érudit, l'enfant comme l'adulle, le cultivateur des champs comme le citadin, subissent également la puissance de l'action rythmique.

Certaines natures resterontinsensibles aux charmes d'une belle mélodie, d'une savante harmonie, et res-

sentiront vivement l'influence du rythme, quelquefois à leur insu.

Le rythme parle à nos sens par la force de ses mouvements. On a dit, non sans raison, que le rythme était la forme du mouvement. Le rythme est compris par tous, parce qu'il répond à un besoin physique et naturel de l'homme, lequel vit, moralement et physiquement, dans un mouvement perpétuel.

Les Grecs de l'antiquité attribuaient au rythme une plus grande puissance qu'à la mélodie : « Le rythme, disaient-ils, est le mâle, et la mélodie, la femelle. »

Le rytlime est constitué par la marche, le mouvement d'un wn vers un autre, semblable ou dissemblable.

Pour former un rythme, il faut au moins deux sons. Un son unique entendu isolément n'est autre chose qu'un son, mais ne peut pas former un rythme.

Le rythme est égal ou inégal. Dans le rythme égal les temps sont égaux.

Exemple :

Le balancier des horloges, avec ses mouvements isochrones-, donne une idée parfaite du rythme égal. Le rythme inégal est formé de sons d'inégale valeur. Exemples du rythme inégal :

ïf u'ï * 'L^Lir'r

If

r nrr t

if >

p t i ii

La symétrie dans le rytlime crée le rythme symétrique, et consiste dans le retour régulier d'une première combinaison rythmique.

Exemple de rythmes symétriques :

r c;t cjt c;"^ r^r 'f^r 'r

Certaines compositions musicales tirent leur caractère propre, non seulement delamesuredans laquelle elles doivent être conçues, mais encore d'une parti-

1. Le Rythme dérive de !a notion de Durée; il domine non pas seulement k musiqvic et les autres arts, mais encore tout l'univers. Il est inséparable de la ronceplion même de la matière et de la vie. Pacl BERfBi.vD, Piécis d'Histoire de la musifiue, page 2.)

cularité rythmique qui leur appartient et les fait distinguer d'une autre composition.

Par exemple : le boléro espagnol est caractérisé

2. Jsocliroiie, du grec isos, égal, et rhronos, temps, indique les mouvements qui se l'ont en lenipi ég.iux, en valeur.s égales. Le mot mouvement est pris ici dans le sens de m«rcl>e d'un son vers un aulr.; son.

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIHE DU COySERVATOIlSE

par ce rythme : ^

issez anime

urr

j 1 , qui donne une

croche suivie de deux doubles pour le premier temps de la mesure.

La mazurka emploie pour le premier temps des premières mesures du morceau le rythme suivant, formé d'une croche pointée et d'une double.

Modéré

La tarentelle est caractérisée par les rythmes sui-

Moovement

.„«»- . c ires animé a

vant=. I ^ p^ ^|„...|| ^j^li

Les marches militaires, les pas redoublés, les sonneries de trompettes pour fanfares, sont facilement reconnus à leur allure accélérée et à un rythme qui les caractérise et qui est formé de la succession d'une croche et de deux doubles croches suivies d'une noire ou d'une croche :

Mouvement animé

Ltrr 'LOT

mu'r

Les marches funèbres, nobles, religieuses, d'un mouvement large et majestueux, utilisent d'une manière caractéristique la succession rythmique dans laquelle on voit une croche pointée suivie d'une double croche aboutissant sur une noire ou sur un autre groupe semblablemeni formé.

Les célèbres marches funèbres de Beethoven et de Chopin ont popularisé cette formule rythmique.

Marche fanêbre de BEETHOVEN ■

Marche fonèhie de CHOEIN

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