‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 11 sur 198 · TIMBRE CLAIR · texte numérisé non relu

TIMBRE CLAIR

TIMBRK DOUX.

TECHMQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

ralemeiit employés, sont compris partout le monde), pour lis bois, dis-je, que le timbre cristallin (biseau, flûte), le timbre doux (anche simple, clarinette) et le timbre vibrant (anche double, hautbois), et, pour les cuivres, que le timbre clair (tube cylindrique, trompette) et le timbre doux (tube conique, tuba, bugle, saxhorn), moins la qualité des sons qui, comme plénitude, rondeur, égalité, pureté et justesse, étaient loin d'être ce qu'ils sont maintenant.

Varigot à trois trous semble n'avoir eu, dès cette époque, que le seul emploi qu'il a encore de nos jours dans la France méridionale : accompagné du tambourin, laire danser la jeunesse en longues farandoles.

L'arigot à six trous ou flajol, de même que son descendant le flageolet, ne parait pas avoir jamais eu de rûle dans les orchestres autre que celui de remplacer, à défaut, \& petite jHite.

Le fifre, qui n'est qu'une petite lli^l.e sans clés, était employé, en nombre, avec les lambours en tête des régiments sous François 1*=', et peut-être déjà sous Louis XI, comme il l'est encore de nos jours en Allemagne.

D'une octave au-dessus de la grande llftte, c'est-àdire sonnant comme un quatre pieds d'orgue', le fifre, dont les sons perçants manquent souvent de justesse, ne pouvait être employé pour l'accompagnement de la voix qu'il dépassait à l'aigu et, pour cette raison encore, il ne pouvait figurer dans l'oichestre.

La flûte traoersiire, sonnant en huit pieds d'orgue, était à l'unisson des voix de femmes; donc, elle aurait dû avoir sa place marquée dans les orchestres des xvi» et xvii« siècles, mais tous les essais qui ont été tentés pour construire des tlûtes altos et basses (12 et 16 pieds d'orgue) n'ont jamais donné de bons résultats, et c'est là sans doute qu'il faut clieiclier la raison du délaissement dans lequel on persistait à laisser ce bel instrument, les musiciens d'alors ne semblant vouloir admettre à l'orchestre que des instruments constitués en famille, c'est-àdire offrant la possibilité de reproduire à l'unisson le quatuor vocal.

La fliite à bi-c (droite) remplissait ces conditions; on en faisait de toutes tailles, et d'aucunes, parait-il, avaient jusqu'à cinq pieds de haut, de sorte que, les bras n'étant pas assez longs pour permettre d'atteindre aux derniers trous de notes, le secours des pieds de l'instrumentiste était admis pour obtenir les notes graves. ,.

Aussi, la flûte à bec fut-elle, par excellence, l'instrument à vent de tous les concerts; ses sons pleins de douceur pouvaient accompagner toutes les voix sans jamais les couvrir et, tout en s'alliant parfaitement au timbre des instruments à cordes, ils pouvaient aussi lui servir d'opposition dans les morceaux de dansé qui commençaient à garnir et à varier la plupart des programmes.

Pour les douçaines, la musette, les hautbois, les

1. Il est eutendu que la mention ■ S pieds d'orgue >< se r;t|)purte ii la Dotation normale donnant le la^ à 870 vibrations simples ; la mention • 4 pieds d'orgue ». lorsque les sons sortent une octave plus h.iut qu'ils ne sont écrits ; o 16 pieds d'orgue •>, lorsque les sons sortent une octave plus bas qu'ils ne sont écrits, etc. Par extension et pour ne pas compliquer cette question déjà si embrouill>*e du diapason des instruments, j'indiquerai par 4, 8 ou 16 pieds les instruments en /v', ré\}, si, si\), et la, comme s'ils étaient en nî, et par les mentions (j, H, ou ^-i pieds, les instruments de tonalités intermédiaires comme soi, fa, mi ou mi\^; ainsi y 2 pieds d'orgue voudra dire seulement que l'instrument sonne plus bas que le 8 pieds et plus haut que le i6 pieds.

pommers, les chalemies, les bombardes, les cromornes, le cervelas, lerackell, les bassons, les chalumeaux, les tournpbouts et cetix encore que j'oublie ou néglige> la tâche est plus complexe et plus simple à la fois- Plus complexe, parce qu'il est difficile de parler de toutes ces familles d'instruments, sur lesquelles on n'a que des renseignements très vagues; plus simple, parce que, envisageant que la plupart de ces instruments n'ont de diti'érent que le nom donné dans tel ou tel pays, dans telle ou telle province, ou bien qu'il n'y a entre eux qu'une légère dill'érence de forme, sans que le principe et conséquemment le timbre ne soient en rien cbangés, il est possible de les synthétiser dans le seul type qui les résume tous, et qui a seul survécu.

Les douçaines ou douciiies ont été quelquefois tenues, par confusion, pour des flûtes douces, mais, le plus souvent. Il faut entendre, sous ce nom, des instruments à anclie double, c'est-à-dire, des hautbois.

La musette indique assez souvent un petit hautbois, bien que la vraie musette soit une cornemuse avec soufflet attaché à la ceinture et manœuvré avec le bras. La petite musette, dont je parle ici, est quelquefois désignée sous le nom de hautbois pastoral, et alors il ne peut y avoir de confusion.

A la famille îles hautbois se rattachent, de même, les pommers, les chalemies ou chalemelles, les b(nnbardes et les cromornes.

Le ct-rvelas et le rackett, qu'on représente sous la forme d'un cylindre percé de quelques trous, et dont l'une des bases laisse sortir un tube court terminé par une anche de basson, paraissent ou plutôt parait (car il n'y a là encore qu'un instrument unique sous deux noms différents) avoir été l'ancêtre du basson.

Les chalumeau.r ont été désignés tantôt pour des fliites, tantôt pour des hautbois, et antôt pour des instruments à anche simple (c/artne^c primitive dont les deux gammes n'avaient pas de liaison).

A cette clarinette primitive, doivent se rattacher les tournebouts, autant qu'il est possible d'en juger par 1 s dimensions qu'on donne de ces instr'uments et parla gravité des registres qu'on leur attribue.

Toutefois, quand il s'agit du rapport des longueurs d'instruments aux gravités des registres que l'on trouve dans les ouvrages de l'époque, on ne saurait apporter trop de circonspection; en voici un exemple :

Da.ns V Histoire de l' Instrumentation de H. Lavoix fils, ouvrage récompensé par l'Institut, je lis à la page 9't : « PR.troRius donne à la flûte une famille aussi nombreuse que variée. Depuis AcnicoLA, le registre grave s'est enrichi de deux instruments, et le vieux théoricien compte neuf instruments dili'érents, depuis la basse jusqu'au soprano, depuis les grandes basses avec serpentin, jusqu'au petit flageolet à trois trous*. Voici comment il les classe :

(< 1° Le petit i\ùtel{klein flottlein), une octave plus haut que le cornet^;

CI 2"' La flûte discant, une quarte plus bas;

« 3° La flûte discant, une quinte plus bas que la première;

« 4° La flûte alto, une octave plus bas que la première;

i< o" Laflùte ténor, une quinte plus bas que la quatrième;

Page 1