‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 111 sur 198 · HirmeSt prières notées en musique · texte numérisé non relu

HirmeSt prières notées en musique

était un admirateur du talent de Bortniansky; dans son intéressante brochure Les Soirées de t'orchestre, page 272, il en parle ainsi :

« Bortniansky avait quarante-cinq ans lorsque, après un assez long séjour en Italie, il revint à Saint- Pétersbouig et fut nommé directeur de la Chapelle impériale. Le chœur des chantres, qui existait depuis le règne du tsar Alexis-Michailowitch, laissait encore beaucoup à désirer quand Bortniansky en prit la direction. Cet homme habile, se consacrant exclusivement à sa nouvelle lâche, mit tous ses soins à perfectionner cette belle institution et, pour- atteindre ce but, s'occupa principalement de compositions religieuses. Il mit en musique quarante-cinq psaumes à quatre et à huit parties. On lui doit, en outre, une messe à trois parties et un grand nombre de pièces détachées. Dans toutes ces œuvres, on trouve un véi'itable sentiment religieux, souvent une sorte de mysticisme, qui plonge l'auditeur en de profondes extases, une rare expérience du groupement des masses vocales, une prodigieuse entente des nuances, une harmonie sonore et, chose surprenante, une incroyable liberté dans la disposition des parties, un mépiis souverain des règles respectées par ses prédécesseurs comme par ses contemporains et surtout par les Italiens dont il est censé le disciple. »

Outre ses compositions personnelles sur le texte des prières, Bortniansky fut le premier a étudier les anciennes mélodies du plain-cliant, h les transcrire en harmonie et à les arranger pour plusieurs parties. On dit même que ce compositeur avait en l'intention d'éditer, sans aucun changement, les anciennes mélodies notées par les krukij, et qu'il rêvait de les transcrire pour plusieurs voix, en coopérant ainsi à la création d'un contrepoint essentiellement russe. Ce projet est noté dans le protocole du 2ii avril 1878. Métaloff dit que Bortniansky n'est pas seulement célèbre par ses œuvres comme musicien, mais qu'il est encore cher à son Eglise nationale pour avoir respecté les traditions du plaiii-cliant en transcrivant et harmonisant ses anciennes mélodies.

Dans ses transcriptions, Bortniansky, de même que d'autres compositeurs de son époque, suivit les règles de la musique d'Europe occidentale et, pour cette raison, fut forcé quelquefois de changer la mélodie, tout en gardant scrupuleusement le thème ou motif principal.

Mais, dans ses propres harmonisations de la mélodie religieuse ancienne, il était assez loin de l'idéal rêvé.

<< Il y a deux manières d'harmoniser la mélodie ancienne ecclésiastique russe, dit le professeur Liborio Sacchetti.

Il La première consiste en ce que le compositeur use librement de la mélodie en l'adaptant au rythme et à l'harmonisation selon les règles de la musique de l'Europe occidentale. Bortniansky était de cette école. La seconde consiste dans l'effort pour garder intacte la mélodie religieuse ancienne, comme on la trouve dans les livres du chant ecclésiastique qui sont imprimés depuis 1772. »

Dans le livre d'Albert Soubies, Histoire de la Musique en Russie, nous lisons, à la page 58 :

ic Bortniansky se lit remai-quer dés son enfance par sa belle voix de soprano; son premier maître fut Gall'ppi, qu'il alla ensuite retrouver à Venise. 11 s'exerça plusieurs années sans relâche, produisant un très grand nombre d'œuvres vocales et instrumentales.

Ijé Krrouvimi.

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