‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 167 sur 198 · MARIE · texte numérisé non relu

MARIE

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Exomplo 9i.

t-il, avec trop de parcimonie (l'air si dramatique de Max au premier acte paraissait les appeler ainsi que les timbales), on ne s'en plaint guère, lorsqu'on songe à l'abus c|u"en firent depuis Meyerbeer, Al'ber et Hérold Ils produiront, d'ailleurs, tout leur elTet tragique et menaçant dans la scène infernale où ils sont admirablement écrits.

Même là, Weber les réserve encore et ne les prodigue pas à tout forte. Lorsque Max arrive éperdu sur la scène, lorsque, tout angoissé de Irayeui', il

cbante : « Ah! d'épouvanle je frissonne! » au lieu des trombones que l'on pouvait s'attendre à rencontrer ici, la partition ne porte que quatre cors,, fortissimo, soutenus pendant neuf mesures. Kt cela suffit à accentuer le sombre trémolo des cordes jusqu'à la plus acre brutalité.

Toute cette scène serait à anah'ser mesure par mesure. Jamais, on n'avait atteint, avant Webeb, à cet accent de terreur, à ce fantastisque dont le romantisme (un peu suranné pour nous aujourd'hui)

lùSCYC.I.OPÉDlE DU LA MUSKJCE ET DIcriONNAlHE DU CONSEtiVArOIRE

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Exemple 95.

arrive, sràce à la musique, à une évocation dune "randeur sauvape véritablement impressionnante.

Les timbres caverneux sont naturellement recherchés lie préférence, et ce sera le bel et sombre elfet des bassons doublés par les basses, tandis que sonnent, sépulcrales, les noies les plus profondes des clarinettes et celles du troisième trombone (ex. 06) : Et, tlans la chasse infernale qui retentit soudain, les notes glissées des cors seront comme de rauques aboiements; la terreur s'accroîtra encore des sons étranges, un peu faux, du si bémol des cors simples en /"«(moyen repris par Meyerbeer dans les Huguenots).

Tout ce chœur est rageusement accompagné des quatre cors et des deus bassons. El pas de grosse caisse dans cet ensemble! Les trombones et la timbale sont sagement réserves pour l'apparition de Samiel. L'orchestration atteint alors tout son éclat par les moyens les plus simples, et les premiers violons ne seront pourtant doublés qu'à l'aigu par les tlûtes. 'Voilà une sobriété à laquelle l'orchestre des successeurs de Uossini nous avait peu habitués!

L'accent le plus énergique sera également atteint dans l'air de Gaspard, au premier acte : « Viens, viens! toi que ma haine implore. » Les sifllements aigus des petites flOiles percent aisément le déchaînement soif,meusement préparé des forces orchestrales, déchaînement qui ne couvrira pas la voix, car, ici encore, les enivres se feront entendre par intermittence et seulement pour atteindre au summum dynamique de l'ensemble.

Comme contraste, notons le bel et sobre accompagnement de la Prière, effectué par les clarinettes, cors el bassons, timbres gras et onctueux, sur lesquels le violoncelle met l'accent plus émouvant de ses cordes expressives.

Les intentions pittoresques ne manquent pas, du reste, dans cette partition. Voir les acconipagnemeuts sylvestres des chœurs de chasseurs, celui du chœur du premier acte, avec son chant de tlùte doublé deux octaves plus bas par le violoncelle, et l'ori^^inal orchestre de la valse, avec les tenues fortissimo des trompettes et sa terminaison dans le lointain parles trompettes et cors, puis par les cors seuls.

TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

Werer, Le Freuchntz. 2« acte (Pelers (i^r Allegro

Exemple 90.

Weber n'est pas seulement un compositeur dramatique, un admirable musicien de théâtre, c'est encore un symphoniste des plus remarquables. S'il n'a pas écrit de symphonies proprement dites', ses ouvertures sont des payes immortelles, où il prouve à quelle richesse de coloris, à quelle intensité émotionnelle il sait atteindre lorsque, n'ayant plus la

préoccupation des voix à ménager et de la situation scénique à suivre, il peut donner libre essor à son imai-'ination.

Nul n'a su faire parler le cor avec plus d'à-propos, avec un coloris poétique plus senti. Wkrer semble avoir une prédilection pour ce timbre. Et c'est, au début de Vouverlure A'Obéron, le cor magique qui

Weber, Oiiverlure d'Euryanthe (Schlesinger, li. Lienau). AH? cou moHo fuoco

tt-A

Flûtes

Hautbois Clarin.

Bassons

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enmib

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