‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 186 sur 198 · ANGLETERRE ET SCANDINAVIE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE ET SCANDINAVIE

En Angleterre, le compositeur Elgar est à citer pour la grande correction et la pureté de son orchestre assez mendelssohnien et d'excellente sonorité. En

Scnadinavie, trois noms surtout nous arrêteront :

GriEG, SvENDSEiN et SiNDING.

Bien de très particulier à noter en ce qui regarde ces deux derniers. Le Carnaval à Paris de Svendsen est pittoresque et sonore à souhait. Les symphonies de SiNDi.VG sont remarquablement orchestrées avec des procédés connus et une couleur wagnérienne assez prononcée. Sa Symphonie en ré mineur emploie l'orchestre " par deux >>. L'écriture des tutti est massive avec de nombreux unissons. Souvent, les mêmes rythmes, les mêmes dessins, confiés dans les ensem blés à lous les instruments, réalisent ainsi une vigueur un peu lourde, qui n'est pas sans grandeur.

Compositeur très personnel, mais ayant peu écrit pour l'orchestre, Grieg (1843-1907) n'en apporte pas moins, à son instrumentation, une note particulière encore qu'assez peu variée. Assez sobre de moyens, Gbieg fait de la qualité du son une de ses préoccupations.

Qu'on se rappelle dans cette fraîche pastorale, Le Matin, de la première suite, sur Peer Gynt, les beaux passages des cordes sur les tenues de toute l'har-

EKCYCLOPÉDIK DE LA ilVSIQf'E ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE

Albè.mz. Calalonia (par autorisation spéciale" de M. Durand, édit.

Exemple 23.-..

monie. Plus loin, des arpèges seront conQés aux flûtes et clarinettes sur les pizzicati du quatuor, le cor solo chantant la douce mélodie. Le morceau se tjrmine dans le calme et la sérénité.

La Mort d'Aic piésente un bel elfet de crescendo et de diminuendo au quatuor. Giueg aime à traiter le quatuor seul, et a publié maintes œuvres pour orchestre à cordes où il atteint à une superbe sonorité.

La Danse cVAnilra est un bijou de légfreté et de

délicatesse. Rien que le quatuor encore, en sourdme, la phrase mélodique au violon, le reste en pizzicato, et une note de triangle revenant périodiquement. Puis, les imitations de la phrase circulent, très souples, à l'alto et au violoncelle.

On trouvera un exemple de la façon toute spéciale dont Grieg traite le quintette à cordes dans les MtL todies norvégiennes. Remarquons les divisés nombreux et le redoublement de certaines parties de

TECHNIQUE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

HISTOIRE DE L'ORCHESTRATION 2()r.9

GitiEG, Soi'dischc Weisen, I. Chanson populaire iPeters;. Andante ^ =. =.^ « "

Expniple 23i

Grieg, Nordische Weisen, II. Hanz des Vaches et Danse parjsanne IPelers). au: molto pesante And.inte.

Exemple 235.

2li6ii

ENCYCLOPEDIE DE LA MVSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIliE

l'harmonie en doubles et triples oeUives. Cela donne il l'ensemble une grande plénitude, anf^menléo par d'habiles croisements.

Le soin extrême avec lequel sont marqués les moindres nuances, les accents, les coups d'archet el paifois les doigtés, ajoute à la puissance do l'efTet {ex. iU et i3o).

Uevcnons à Peer (;)n<.Uans la pièce : La Halle du roi des Montagnes, le crescendo est amené de loin. D'abord, un cor bouché, les notes piquées, mystérieuses, des bassons, et le thème, pianissimo, aux basses, rythmé d'un coup sourd de grosse caisse. Un à un, les instruments s'introduisent, lit c'est enfin le « chahut >> un peu sauvage et brutal de la lin, avec les contretemps des trombones et de la batterie.

La Danse Arabe (seconde suite) montre une recherche de pittoresque un peu maigre, avec son début pour deux petites tlûtes accompagnées d'un triangle, de la grosse caisse et des cymbales.

La Chanson de Solveig est presque entièrement au quatuor (auquel Grieg revient toujours avec amour). Le premier violon a constamment la parole, soutenu de quelques touches discrètes des instruments à vent, pédales ou accords. Tout cela est très délicat et expressif.

Page 1