‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 187 sur 198 · TCHÉCOSLOVAQUIE · texte numérisé non relu

TCHÉCOSLOVAQUIE

La musique tchèque nous ofl're les noms de deux de ses compositeurs plus particulièremenl connus à l'étranger : Surtana (1824-1884) et Dvorâk. Leurs œuvres sont empreintes d'un profond caractère national. L'auteur de La Fianci'e vendue a laissé de

OvoRAK, Canuivai (Simrock).

Allegro

Fi.i.n

nombreux poèmes symphoniques d'orchestration un peu rude, mais non sans saveur. Le début de Ma Vlast (Ma Patrie) est exposé, après une sorte de cadence de harpes, par un large Ihème de sonorité sombre et grasse, confié aux quatre cors et aux deux bassons. Les effets pittoresques ne manquent pas dans tous les développements jusqu'à l'ascension puissante qui conduira à l'explosion de la tonalité éclatante d'ut majeur. Après un diminuendo bien amené, l'œuvre s'achèvera dans la tristesse sur une pédale des basses, avec les cors et clarinettes soutenus du quatuor. Des roulenienls légers de timbales mettent un frémissement dans cette mélancolie.

L'œuvre est écrite pour petite llùte, 2 grandes llûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 2 trombones, 1 tuba, timbales, triangles, cymbales, 2 harpes et le quintette.

Ce sera à peu près la composition de l'orchestie des autres poèmes : Vltnva, Sarka, Tabor, etc.

Plus près de nous, Dvorak (1841-1904) ne sacrifiera pas davantage aux recherches de belles souolités de l'art moderne. Son orchestre, puissant et bien équilibré, reste assez classique d'écriture, avec parfois des nervosités et des rudesses, des contrastes violents qui soulignent peut-être le tempérament tchèque de l'auteur.

Son Carnaval, écrit pour le grand orchestre moderne, est franc et sonore, avec des côtés pittoresques très réussis, comme cet endroit où les arpèges des harpes alternent avec les cymbales. Les basses se taisent, seuls répondent des arpèges de fiûtes et clarinettes et un Irait de violon (ex. 236) :

Exempte 2aG.

TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

La Symphonie en sol est confiée à Tancien orchestre habituel de symphonie. Dvorak n'est pas un innovateur. Le début en est d'excellent elfel, exposé par 2 clarinettes, 2 bassons, 2 trombones, 2 cors et les violoncelles, sur les pizzicati des altos et contrebasses.

A signaler une belle et mystérieuse rentrée du motif principal, avec les sonneries bouchées des cors et trompettes. D'heureuses combinaisons se rencontrent : page 31, le chant en tierces des altos doublant les clarinettes, la pédale aiguë des violons et le charmant contrepoint des flûtes. Orchestre adroit, où se rencontrent des passages d'harmonie seule fort bien traités.

Page 69, l'ensemble est très fin; les traits légers des violons mettent leur broderie sous le chant lié de la tlTite et du hautbois que les accords piqués des clarinettes, bassons et cors accompagnent avec un beau pizzicato des violoncelles.

Page 83, le même passage, orchestré tout différemment, sonnera avec non moins de délicatesse.

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