‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 198 sur 198 · HARPE · texte numérisé non relu

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Exemple 305.

avis que la description pour la description est une chose dangereuse et d'une mode éphémère), on ne peut que louer l'adresse des moyens et la puissance indéniable de l'ensemble.

<i D'ailleurs, nous dit l'auteur, ce que j'ai cherché dans Pacific, ce n'est pas l'imitation des bruits de la locomotive, mais la traduclion d'une impression visuelle et d'une jouissance physique par une construction musicale : la tranquille respiration de la machine, le repos, l'efîort du démarrage, puis l'accroissement progressif de la vitesse, pour aboutir à l'état lyrique, au paihétiquc du train de .300 tonnes lancé eu pleine nuit à 120 à l'heure. »

La partition comprend l'orchestre par trois; la percussion ne fait usage que de la caisse roulante, de la grosse caisse, des cymbales et d'un tamtam ;

tout cela adroitement employé, pioduisaut le maximum d'effet.

On remarquera le début tout en harmoniquesjdes cordes sur un trille des contrebasses et un frémissement des cymbales, avec les notes très graves d'un cor, par places.

L'auteur tire un heureux efl'et du trémolo (llatterzunge) des cors et trompettes avec sourdines, sur des trémolos harmoniques des cordes (ex. 307).

Et c'est le rythme acharné et le tapage grandissant, le désaccord aussi volontaii'ement augmenté peu à peu, dans l'accélération toujours du mouvement (ex. .•Î08 et 300).

D'autres noms pourraient se joindre à ceux-là. Où s'arrêter? De plus longues analyses ne nous apprendraient plus rien. Nous avons vu suffisamment ce

TECHM{ti'E, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

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ENCYCLOrÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIBE DU CONSERVATOIRE

Artii. IIONKGGKR, Vacijic 2;il (par autorisation spéciale de M. Sénart.

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Exemple 30S.

qu'était devenu le tout petit orchestre de Haydn aux mains des musiciens d'avant f;uerre. Le « kolossal » orchestre allemand semble aujourd'hui vouloir se réduire. L'individualité est recherchée, la nudité aussi quelquefois. Les outiancfs d'une harmonie qui voudrait s'appuyer sur de nouvelles théories, voire sur des lois accousliques neuves elles aussi, habituent

peu il peu l'oreille à des alliances de sons qui l'auraient autrefois révoltée. Mais les alliances de timbres ont été peu à peu épuisées; pour trouver du nouveau (car la jeunesse est toujours assoiirée d'originalité), il faudrait introduire d'autres timbres dans l'orchestre. Jusqu'à ce que les facteurs nous les apportent, et sans mépriser aucune tentative, ne serait-il pas sage de s'en tenir à l'orchestre de Wagner, à celui de Strauss, à celui de Dukas et de d'Indy? Mais peut-être, reviendrat-on à plus de simplicité. On semble un peu fatigué d'une trop grande abondance de matériaux.

L'abus des trompettes bouchées, des glissandos à tous les instruments, des harmoniques aux cordes, de tous les moyens exceptionnels, paraît aussi amener une certaine lassitude.

D'ailleurs, les tendances sont diverses et les elTorts s'éparpillent dans tous les sens. Constatons seulement,*! après cette longue étude, que toutes les époques ont eu l'orchestre qui convenait à leur façon de comprendre et de traduire la musique. Toutes ont obtenu un moment, en les travaux de quelquesjmaîtres, la cristallisation de leur elTort, toutes ont atteint leur sommet. Hach et Haen- DEL nous présentent la perfection du concerto grosso; Beethoven, l'apogée de la symphonie classique. Le poème symphonique triomphe avec Liszt, avec Uimsky IvORSAKOw; le drame lyrique et l'ouverture avec Wagner. Et l'orchestre moderne apparaît grandiose entre les mains de StraviNSKY et de d'Indy; subtil et délicieux en celles d'un Debussy ou d'un Ravel... n'allons pas plus loin, nous n'avons plus le recul nécessaire.

D'autres après nous ferons l'histoire complète de l'orchestre du xx= siècle, nous n'avons voulu, dans cet appendice, qu'esquisser quelques-unes de ses physionomies.

Gadriel PIERNÉet H. WOOLLETT.

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