‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 4)Chapitre 27 sur 198 · itf · texte numérisé non relu

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Je rappelle que le petit cornettino en si h est très peu employé, même à l'étranger, et que le cornettino en wn[), employé en Angleterre, pourrait être usité

concurremment avec le petit buglc dans les fanfaresainsi que dans les très grandes harmonies. Nous devons remarquer, d'abord, que le cornet et

TECHNIQUE. ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE

les trompettes en ut et en fa se doublent presque absolument comme étendue.

Pour bien nous rendre compte du rôle du cornet dans Tinstrumentation, et de l'immense popularité qu'il eut au cours de la deuxième période, que nous avons étudiée, nous devons nous reporter pour quelques instants en arriére.

En 1814, lorsque Blijhmel et Stœi.zel inventèrent le système des pistons, ils ne pensaient qu'aux trompettes et aux cors, afin de pouvoir obtenir instantanément les changements de tons de ces instruments qui n'étaient qu'assez rarement les interprètes mélodiques des morceaux dans lesquels ils tifiuraieiit; ce rôle d'instruments chanteurs était surtout rempli par les flûtes, les hautbois, les clarinettes, les trombones, les bassons et, quelques années plus tard, par les ophieléides et surtout par leurs sopranos, les bugles à clés, plus connus sous le nom de " trompettes chromatiques ».

A cette époque, tous les postillons de diligences se servaient, pour faire préparer leurs relais, d'une sorte de petite trompette moins cylindrique et moins longue que la vraie trompette employée alors, mais moins conique que le bugle à clés ou ancien cornet à bouquin.

Qui eut l'idée d'adapter les pistons à ce cornet de poste"? Halary? Périnf.t? un étranger'.' je n'en vois mention nulle part. Mais un fait subsiste, c'est que le cornet à pistons était créé, instrument susceptible, avec les deux pistons qu'il avait alors, de faire le chant v comme la claiinelte »; c'était là la grande affaire, le grand événement, bien plus que la nouvelle voix introduite dans l'orchestre; le nouveau liiubre n'était rien, la possibilité de faire le chant <( comme la clarinette » était tout. Aussi, tous l'es musiciens voulurent-ils jouer du « piston », et l'on créa des t'anl'ares composées de u pistons» pour plus de la moitié de leur effectif.

Cet engouement était bien naturel dans un temps où les cuivres ne possédaient, comme instrument de chant, que le bugle à clés (ophioléide soprano) dont les sous, fort inégaux, laissaient beaucoup à désirer. La grande trompette à pistons était encore à peu près inconnue en France, et. l'aurait-on connue comme on la connaît aujourd'hui, il aurait encore été impossible de lui demander l'exécution des traits rapides dans l'aigu, pour la raison que, bien qu'elle donne les mêmes notes que le cornet, elle donne ces notes dans les harmoniques élevés; il faut donc à l'instrumentiste une sûreté et une souplesse de lèvres considérables pour ne pas produire à chaque instant la note « à côté ■'. Pour éviter cette dilliculté, il n'y aurait eu évidemment qu'à raccourcir la trompette, et à lui faire jouer les mêmes notes dans les harmoniques moyens, comme taisaient les cornets et comme font les petites trompettes modernes. Mais, pour cela, il aurait fallu y penser, et il devait s'écouler encore plus d'un demi-siècle avant que le Christophe Colomb des trompettes trouvât le moyen de faire tenir son œuf debout.

Le bugle abandonna enûu ses clés et les échangea contre des pistons, mais la vogue était au cornet, et les musiciens croyaient déchoir en condescendant à prendre le bugle. Aussi, l'on voyait de petites fanfares posséder dix ou douze cornets et seulement un ou deux bugles; aujourd'hui, les choses ont changé, et les grandes fanfares possèdent trente, trente-cinq

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